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Sonatæ Delorme : une sang-pure unique.

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AuteurMessage
Sang-Pure
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Age : 17

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: aucun
Pouvoir :: Sang Pur
MessageSujet: Sonatæ Delorme : une sang-pure unique. Jeu 9 Fév - 19:56
~ Carte d'identité ~

  • Nom : Delorme
  • Prénom : Sonatæ (pour faire le æ, c’est Alt+145)
  • Âge : 17 de corps.
  • Race : Capienne
  • Particularité de la race : C’est selon mon corps, mais celui-ci est droitier.
  • Sexe : Féminin
  • Orientation sexuelle : À tester.
  • Logement : Je vais faire dans la simplicité : quartier Capien.
  • Métier : Princesse de remplacement ?
~ Biographie du personnage ~


Pour le plaisir d'avoir une présentation en continue avec mes idées, j'ai mis l'histoire avant les descriptions. J'espère que cela ne dérangera en rien mes lecteurs. Amusez-vous bien~♥

Le ciel était clair cette journée là. Par la fenêtre, je pouvais apercevoir un couple de colombes s’aimer sur une petite fontaine blanche. Des nuages cotonneux dérivaient mollement, assombrissant de temps en temps ce tableau appelant à la mélancolie. Le Printemps me rendait toujours heureuse. De un, c’était la saison qui promettait la hausse des températures et, de deux, elle annonçait les vacances. Et j’en avais définitivement besoin…
    « Sonatæ ! Sonatæ ! Sonatæ !! »

Une règle fulgurante tapa la vitre que je contemplais avec nonchalance. Sur le coup, je m’effrayai et sursautai.
    « - Sonatæ ! Vous m’écoutez ? Non ! Comme d’habitude !
    - C’est bon Mme la Gouvernante, c’était juste pour les dernières minutes…
    - C’était quoi notre première leçon.. ? »

Ah… Heuuu… Je plantai mon regard turquoise dans celui froid et dur de mon enseignante… Aller, au culot !
    « Les dérivations ? »

La règle frôla mes doigts que je repliai par réflexe. Je déglutis en voyant avec quelle force le coup s’était abattu. Celui-là devait faire super mal… D’ailleurs, l’outil venait de se fendre…
    « C’était y’a trois jours… Là, on est en pleine histoire-géo. »

À nouveau, je déglutis. Effectivement… Je soupirai en écho à ma gouvernante. Je ne suis pas faite pour les cours, je suis incapable de me focaliser sur des paroles si hypnotisantes… Assise là, derrière un bureau lugubre dans une atmosphère sombre et oppressante… Je voudrais être dehors et sentir la bise fraîche jouer avec mes longs cheveux chocolat, danser avec les éléments, dessiner les émotions du monde, jouer des mélodies reflétant mon entrain et mon avidité envers la vie. Je veux voir, je veux tester, je veux ressentir !

C’est avec découragement que Mme la Gouvernante s’assit sur son bureau en chêne massif. Par nervosité (je la connais comme si c’était ma mère), elle nettoya frénétiquement ses petites lunettes rondes qui rendaient son air si sévère. Sans elles, elle était tellement douce, belle, naturelle… À croire que cet objet était la distance nécessaire pour que je la respecte.
    « N°15… Espérons que quelqu’un soit pris avant vous… Sinon, je serai humiliée sur des générations… »


N°15… On me connaît plus sous cette appellation que sous mon vrai nom. ‘Oh, regardez, c’est N°15 !’… ‘N°15, puis-je vous servir quelque chose à manger ?’… ‘N°15, je vous propose de vous repaître de mon sang, cela serait un honneur.’ … ‘N°15 ?! KYYAAAA je suis trop fan de vous ! Vous allez réussir !’ …


Merde ! Je déteste ça !!! Comment faire disparaître sa singularité en juste quatre symboles ! J’ai l’impression d’être une réfugiée des camps de concentration. On me vole mon futur et mes désirs.. ! Et pourtant, je n’ai pas le droit de rouspéter. Tout le monde voudrait être à ma place tant ‘l’honneur’ est grand. J’vous l’refourgue si vous voulez ! Pfff… Je suis tellement connue que je suis confinée dans ce château morose jusqu’au jour J. Si je sortais, je serai assaillie voire, mise en pièce par des fous furieux. Dire que je voulais être normale, juste, normale. Une Capienne de ce qui est de plus banal : aller au lycée comme les autres, avoir des amies que JE choisirai, avoir de bonnes et de mauvaises notes selon mes humeurs (là, j’en ai que des mauvaises…), danser et faire la fête, finir bourrée ou tester les limites de mon corps jusqu’à le regretter. Je veux VIVRE ! Simplement vivre… !
Prenez soin de ce corps N°15.’… ‘Vous êtes si jolie N°15… À croquer.’…‘Vous serez la gloire de la famille Delorme’…‘Quel bonheur de vous compter parmi nous.’… ‘Ne m’oubliez pas lors de votre transformation’.

De l’air les rapaces.

À chaque fois qu’on m’appelle ainsi, j’ai envie de hurler ‘JE M’APPELLE SONATÆ !’ et fuir. Juste fuir…

Aurais-je les épaules assez larges pour supporter cette pression jusqu’à ce jour si… fatidique ? Longtemps je me suis posée la question… Mais est-ce au moins vrai ? Plus les années passent et plus je me dis que les adultes ne se donneraient pas autant de mal pour une simple farce. C’est songeuse que je croisai N°9. D’un contact visuel, nous nous saluons sans plus de cérémonie. Alors que je continuai mon chemin, assez découragée, l’absence d’écho me fit tiquer. Je m’arrêtai et me retournai. Je surpris n°9 en train de me reluquer intensément.
    « - Un souci ?
    -
    - Xavier ?
    - … … C’est toujours étrange d’entendre son nom. N’est-ce pas ? »

Une boule de rage incendia mon cœur et échauffa mes joues :
    « Comment peux-tu… ?! Moi c’est totalement l’inverse ! Je hais qu’on m’appelle par cette stupide numérotation ! Nous ne sommes pas des animaux ! Je suis Sonatæ ! Sonatæ Delorme ! Fière de porter ce nom ! Fière d’être l’unique descendante ! Et c’est pas cette tradition archaïque qui m’arrachera ce que je suis et surtout pas Qui je suis ! »

Hurlai-je et pas un seul instant le regret ne m’habita. Surpris, le jeune homme posa un regard étrange sur moi. Quelques serviteurs apparurent des pièces adjacentes… et encore plus n’osaient en sortir. Le feu qui m’habitait contrastait en tout point avec cette élégance et cette politesse trop… trop…

RAAH !

Xavier me fixa encore pendant de longues secondes… puis vint délicatement vers moi. Avant qu’il ne puisse s’approcher, il lança un regard mauvais vers quelqu’un/quelque chose de plus grand que moi.
    « - Rentre tes crocs Capien…
    - Gab…
    - Gabriel. Je fus coupée par Xavier. Le dernier rejeton de la protection des Delorme… … Prends en soin. Et prends garde à ce qu’elle n’aboie pas trop. Elle risque d’attirer… des convoitises. » Fit-il malicieusement.

N°9 disparut dans la pièce d’où je sortais. Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Pourquoi est-ce que…
    « Oh… Hé ! »

Gabriel me prit la manche et me tira sans ménagement. Il semblait si énervé… Je n’osai pas lui parler. Une fois que sa colère s’était dissipée, ses pas s’écourtèrent et son aura se radoucit. Il soupira avant de me prendre des mains mes lourds livres de cours. Je perdis mon regard dans le sien, sombre.
    « - Qu’est-ce…
    - Rien Sonat’, rien. Puis il tapa sans force le sommet de ma tête avec mes livres et prit son ton de reproche : Comment peux-tu dire tout ça à voix haute, idiote ? Tu veux juste les soucis ? J’peux pas être là tout le temps !
    - Et ho ! T’m’parles sur un autre ton toi ! J’ai l’droit d’être moi !
    - … Tu t’es encore fait engueuler par la Gouvernante ?
    - … …
    - J’le savais.
    - Comment ça ‘j’le savais’ ?
    - Tu as tes petits yeux coupables.
    - »

Il me connaît que trop bien… Je baissai mon regard vers le sol, un peu boudeuse.
    « Aller. Rentrons. »


Les vingt-trois vivaient tous dans ce château. Seuls étaient acceptés les membres les plus proches d’eux. Quelques frères et sœurs traînaient mais bien souvent, c’était le couple parental qui suivait leurs enfants. Étant fille unique et peu prompt aux caprices, il n’y avait que mes parents dans mes locaux. C’est à la fois une fierté mais aussi un lourd fardeau : toute la journée, ils étaient confinés ici, sans pouvoir travailler, sans pouvoir voir leurs proches, sans pouvoir vivre dans leur maison… Je serai devenue folle à leur place. Mais au fond de moi, je savais que c’était le plus beau cadeau qu’ils ne pouvaient jamais m’offrir : être toujours là quand j’avais besoin d’eux. Ils se sacrifiaient avec bonheur et sans animosité, par simple générosité. Et rien que pour ça, j’avais envie de les rendre fiers de moi.

Gabriel et moi avions traversé tout le château pour arriver dans mes appartements. Mes parents étaient assis dans le salon, devant un feu crépitant et derrière un plateau de gourmandises. Quand j’ouvris la porte, mon père se leva de bon cœur et vint m’enlacer avec amour. J’en fis de même. On a trop tendance à dire ce que nous n’aimons pas et avoir honte ou trop de fierté pour dire qu’on aime quelqu’un. Je trouve ça stupide. Tous les jours, je disais à mes parents à quel point ils étaient important pour moi et que j’étais reconnaissante de tous leurs sacrifices.
    « Ma fille… Comment vas-tu aujourd’hui ? Ouh, je connais cette mine. Tu en as encore fait à ta tête ? »

Mais.. Mais… Merde quoi ! Mon visage me trahit tout le temps ! J’entendis un léger rire derrière moi. Silence la mouette ! Mise ainsi à nue, découragée, mon regard se perdit dans le vague. Sentant ma résignation, il resserra l’étreinte et murmura :
    « C’est là où je te reconnais ma petite Sonat’. »

Ohhhhwwww… ! Mon petit papa d’amouuuuuuurrr ! Je lui fis un bisou sur la joue, touchée par ces quelques mots qui raisonnaient au plus profond de mon cœur.
    « - Et moi on m’évince… ? J’ai aussi envie d’avoir des câlins de ma fille !
    - Mère… Non non ! Ne bougez pas, restez assise.
    - Je ne suis pas en sucre, laissez-moi vivre !
    - Héhé, je connais ça. »

Mais elle ne se leva tout de même pas. Ses mains étaient posées sur son ventre rond et rien qu’à son regard, je voyais qu’elle était exténuée. C’est avec douceur que je vins vers elle la prendre un peu maladroitement dans mes bras. C’est là que bébé donna un coup. Toi aussi tu veux de l’amour hein.. ? Je fis la bise à ma mère puis, posai mes paumes sur son ventre… Je lui fis aussi un bisou. Je posai mon oreille sur le ventre et écoutai avec plaisir la vie qui s’écoulait dans mon petit frère…
    « - Ça sera un garçon. J’en suis sûre.
    - Nous ne savions pas pour toi et nous ne voulons pas savoir pour lui. Qu’importe son sexe, nous l’aimerons.
    - T’as de la chance d’atterrir dans cette famille, veinard. Lui susurrais-je. Tu seras le petit prince. Le chouchou…
    - Gabriel, pourriez-vous nous faire votre thé dont vous avez le secret ?
    - Avec plaisir Monsieur. »

Et il se retira dans la cuisine. Je ressentais à chaque fois une légère gêne quand il devait assister à ces scènes. Ses parents étaient morts depuis dix ans et il devait regarder cet amour s’échanger sans jamais pouvoir y toucher. Froideur, distance… il n’est qu’un valet. Et pourtant, jamais il ne s’en est plaint. Était-ce naturel à présent ? Grappillait-il des miettes ? Les Delorme sont connus pour leur gentillesse, ce qui n’est pas une grande vertu dans le monde Capien. À vrai dire, c’est même assez critiqué.
    « - Sonatæ, tu as entendu que N°3, 8, 11, 14, 19 et 21 ont été congédiés ?
    - Quoi ?!
    - Apparemment, les pouvoirs qu’ils ont développés n’étaient pas les bons et, par empirisme, ils savent qu’ils seront rejetés d’office.
    - Mais… Ça veut dire que…
    - Que tu passes N°11. »

Je blêmis. Mes parents virent la détresse qui me submergea subitement et avec tendresse, la main de ma mère caressa la mienne. Mon père se leva pour la cuisine : une tasse venait de se briser.
    « On sera toujours là pour toi. »

Une douloureuse larme coula sur ma joue.

J’avais besoin d’être seule. Si mes parents purent boire leur thé à la rose, moi, j’avais l’estomac noué. Ils savaient pertinemment que j’ai été choisie contre mon gré… et contre le leur. Nous étions tous mus par l’espoir que ce ne soit pas moi qui soit désignée mais, par honneur de la tâche, personne n’avait jamais osé le dire à haute voix. Suis-je si mauvaise dans ma formation par pur rébellion ? Est-ce inconscient ? Et pire… si ce n’était pas inconscient ? Tsss… Trop de questions pour si peu de réponses… J’en deviens folle. J’ai envie de me téléporter au jour suivant et vivre comme s’il n’avait jamais existé, sans ses conséquences qui me terrifient comme me donnent l’espoir.
    « Raaahhh… ! »

Accord disharmonieux

Assise sur le tabouret de mon piano, dans la pénombre, juste éclairée par la lune, je me cachais. Je me torturais l’esprit comme je savais si bien le faire. Ressasser… Et si cela, et si ceci, et en disant ça… Je refaisais entièrement ma vie. J’ai tellement envie de voir mon petit frère vivre et grandir… l’aider et lui montrer le chemin comme une grande sœur digne de ce nom. J’ai envie d’être la fierté de mes parents tout en n’étant pas déshonorée de ne pas être choisie. J’ai envie de sortir de là…

Une larme tomba sur une touche noire.

Je ne veux pas mais j’y suis contrainte… Esclave des traditions débiles… Tellement d’autres voudraient être à ma place, m’envient… Et moi, je suis consumée par la colère, la jalousie et l’amertume. Je n’arrive pas à supporter cette idée au point de supposer et espérer que ce n’est qu’un énorme bluff.

Soudain, je sentis une présence et maladroitement, je séchai mes larmes du revers de ma robe. Faut-il toujours sauver les apparences ?
    « Je savais que tu étais ici… »

Gabriel? Je reconnaissais sa grande silhouette élancée qui se découpait dans l’embrasure de la porte. Une fois celle-ci fermée, il n’y avait que les reflets nébuleux de la lune pour le distinguer. En fait, je ne suis pas si surprise que ça.
    « Joue-moi quelque chose. »

Ce n’était pas un ordre… c’était une thérapie pour moi et il le savait. Je mis mes mains fines et élancées sur les touches et.. Naturellement, de beaux accords sortirent du piano, reflétant mon âme torturée. Alors que la mélodie s’envolait telle une offrande à je ne sais quel Dieu, il vint s’asseoir à mes côtés. Il aimait me voir jouer et surtout, m’écouter.

Combien de temps s’était-il écoulé ? Assez pour que la lune finisse sa révolution et laisse la nuit aux étoiles. J’étais fatiguée, j’avais mis toutes mes émotions dans ces notes et à présent, je me sentais calme. Sans pudeur, je posai ma tête sur son épaule, lasse.
    « C’est… C’est terrible… »

Une larme coula silencieusement le long de mon nez. Je ne voyais pas son visage caché par ses cheveux noirs mais sentis une main affective sur ma nuque. Je sanglotais en hoquetant de temps en temps tandis qu’il ne trouvait pas les mots pour me rassurer.

Gabriel a sept ans de plus que moi et nous avons été éduqué par mes parents avec un amour inégal. Il n’a jamais été plus que le valet et pourtant, chaque noël, il avait le droit à son cadeau. Ils lui auraient payé de grandes écoles, ils lui auraient donné un autre avenir… S’il n’avait pas toujours refusé pour être avec moi. C’est lui qui a demandé à être mon gardien dans cette ruche. Il est un peu mon grand frère… et au moins mon meilleur ami voire mon pilier. On se connaît parfaitement et sommes irrémédiablement attirés par l’autre. Me priver de Gabriel serait me priver de mon cœur droit.

Doucement, je me redressais, quittant cette épaule qui avait été sculptée pour mes pommettes (ou par elles ?). Je croisai son regard en biais, mystérieux. Si lui savait lire en moi, l’inverse était assez faux. Une pensée coupable imbiba mon esprit mais rapidement, fut chassée… Mais au rythme où elle refluait, mes joues rougirent et mon regard se perdit dans les lattes lustrées du parquet. Quand je sentis sa main sur mon menton, je ne fus pas surprise ni gênée. Et quand ses lèvres touchèrent les miennes, un sentiment de paix contrastait avec mon cœur qui battait la chamade.
    « Ah… »

Ça me sera toujours aussi désagréable, malgré les répétitions. Et une larme pourpre coula de mon œil. Mais pas des siens…


Je vomissais tripes et boyaux, mon père dans mon dos, me tenant les cheveux. Trois mois s’étaient écoulés et à présent, on est à quelques heures du… du… *Réflexe vomitif* Le stress m’avait empêché de manger quoi que ce soit depuis une semaine révolue. Depuis 24h, je ne faisais que vomir de la bile dès que j’humidifiais mes lèvres. Mon père me donna de quoi laver ma bouche et me prit dans ses bras. Je sentais qu’il se voulait être fort mais je voyais bien dans ses yeux que la fêlure de la tristesse allait bientôt céder. Maman était sur le point d’accoucher et moi, j’étais une loque. Gabriel prenait soin de ma mère et veillait sur elle. Nous avions confiance en lui et nous pouvions nous concentrer sur nos propres soucis.
    « - Père… je ne veux pas être… je ne veux pas… Je veux être avec vous. Je veux vivre avec vous… J’ai peur… j’ai peur d’Elle, j’ai peur du rite… Je ne veux pas vous abandonner…
    - Jamais nous ne t’abandonnerons… Courage…
    - Père…
    - Tu t’en sortiras avec brio… Tu-tu es ma fille et qu’importe ce qui se passera, nous… nous… »

C’est la première fois que je voyais mon père mentir aussi mal. Tout son corps hurlait qu’il ne voulait m’abandonner dans cette arène mais son devoir était de m’y envoyer. Je pouvais sentir tout le poids de la société sur ses épaules mais aussi son cœur qui se brisait au fur et à mesure qu’il tentait de se raisonner.

Je chouinais comme une gamine capricieuse alors que je sentais au plus profond de moi que.. Que j’allais semer la détresse autour de moi. J’en étais convaincue et… ça me désespérait d’autant plus.

Le jour J. Ce jour si.. Particulier. Ce jour que j’ai tellement redouté est arrivé bien trop vite. Mécaniquement, je mis le costume que la famille Delorme m’avait acheté. Sur mesure… mais noir et monotone. J’avais l’impression de m’habiller pour un enterrement. Je serrai les mâchoires de rage et d’impuissance. Ma vie n’était pas en jeu et pourtant, j’étais stressé et agacé comme un lion en cage. J’ai hâte et en même temps, je recule… À chaque battement de mon cœur, une prière s’élevait à qui voulait bien l’entendre.
‘Ne me la prenez pas… Ne me la prenez pas… Ne me la prenez pas…’
Comme une litanie, comme pour m’en convaincre… Je passai une main nerveuse dans mes cheveux mi-longs noirs avant de me reluquer dans ce miroir. Il me renvoyait en pleine face l’image d’un jeune homme désespéré. Je ne peux garder cette attitude, même elle le verrait… et elle a besoin d’être rassurée. Surtout aujourd’hui. Je tentais de mettre mon masque mais je n’y arrivais pas…
‘Ne me la prenez pas… Ne me la prenez pas… !’

Toc toc

« Gabriel.. ? »

Sonatæ. Après un dernier regard maudissant ce reflet, je vins lui ouvrir. Quand la porte s’entre bailla, elle se faufila rapidement et claqua derrière elle. Sa robe noire était magnifique, la dentelle sobre mais élégante, ses chaussures n’étaient pas faites pour elle : je la voyais qui galérait à garder son équilibre, ses mains gantées étaient encore plus élancées et m’appelaient à la mélancolie mais là où… Où…

Son visage était blême et ses yeux vert-bleutés étaient vides de lumière. Ses cheveux si légers et doux étaient rassemblés en un chignon strict et impersonnel, l’assombrissant encore plus… l’éloignant toujours plus de qui elle est et de ce qu’elle est. Sous cette coque de tissu, je voyais bien les kilos perdus et les traquas qui faisaient saillir ses os. Elle m’intima le silence par son index qu’elle mit sur ses lèvres rehaussées par un discret rouge à lèvre. Des pas effrénés passèrent dans le couloir.

« N° 15 ! Où êtes-vous ?! N°15 ! N°15 ! »

Silence…

« J’ai bien cru qu’ils allaient me retrouver… »

Je la reconnaissais bien. Il n’y avait qu’elle qui avait le toupet de leurrer ses instructeurs et de le faire avec panache. Cette vie, cette lumière… cette insouciance dont elle irradie..

« - Est-ce que ça va ? Tu me regardes bizarrement.
- Tu es.. C’est plutôt à moi de te poser cette question.
- Comme le jour où tout va se décider. J’ai envie de me mettre dans un trou de souris… »

Silence… Nous savons tous les deux ce qui allait se passer et, en chœur, refusions de l’admettre. Son père n’avait pas pu être là car le petit avait choisi cette maudite date pour instiller un peu de bonheur en cette journée de mort.

Dans toute sa beauté, une larme le long de sa joue, elle me posa une question. La question.

« Qu’allons nous devenir, Gabriel.. ? »

Elle osait me poser cette question avec ce charme enfantin qui lui était propre… avec la pureté de sa tristesse… avec cette sincérité qui me transperçait. Cette question qui n’était qu’un poison… Je comprenais bien que le ‘nous’ en question ne regroupait qu’elle et moi… Le couple maudit que la nature a lié pour se gausser.

Sans réfléchir, mû par mes instincts, je la pris dans mes bras et lui murmurai :

« Tu me reviendras… »

Suis-je en train de m'en convaincre ?


Finalement, nous fûmes séparés par les anciens. Elle partit vers l’abattoir et moi, je restais planté là… Une petite voix hurlait en moi ‘Kidnappe-la le temps de cette journée ! Fais quelque chose ! Je t’en prie, bouge-toi ! Tu l’aimes ! Sacrifie-toi ! N’importe quoi mais bouge !!!’ alors que mes jambes étaient enracinées… Que puis-je faire… ? Autre que prier.. ?

Sans qu’elle ne s’en aperçoive réellement, elle fut rapidement la favorite. Entre son corps élastique et élégant et ses attitudes dissidentes, les anciens voyaient en elle le réceptacle idéal. Selon les rumeurs, ils ont connus l’ancienne réincarnation qui lui ressemblait drôlement… (‘Drôlement’ ? Il n’y a rien de drôle là dedans !) De plus, la famille Delorme est la descendante directe de cette âme. Mais elle n’a pas été première sur la liste pour ses faibles capacités de travail et son âge avancé. C’est pour cela qu’il lui fallait un protecteur : les autres étaient capables de tout pour lui nuire et l’évincer. Seule façon : la tuer. Devais-je la laisser mourir ou bien tenter ma chance en espérant la récupérer après ce rite ? Il m’était de toute façon impossible de laisser les autres s’approcher d’elle. Donc la question ne se posait pas.

Sonatæ avait prié des nuits entières pour que son petit frère ne naisse qu’après le rituel. Sinon, il aurait basculé en N°1 et ses parents auraient été amputés au summum de leur bonheur. Dix-sept années de refoulement pour finalement se voir priver d’un fils qu’ils n’auraient pu connaître. Même moi je les imaginais imploser.


Je ne sais trop comment, mais j’étais assis sur une estrade, un des derniers rangs. Pourquoi ne me souvenais-je de rien.. ? Sans doute le contre coup de ce stress… J'étais comme anesthésié, prostré, dans un monde de coton. Tous les Capiens du monde pouvaient prendre place dans cet énorme Colisée. Je repérais à peine si le présentateur était une femme ou un homme. Il y avait de la musique, les gens étaient heureux alors que moi… je fanais.

Après un discours vide expliquant que les candidats devront boire quelques gouttes du sang originel pour se révéler à l’Âme de leur fondatrice, N°1 s’avança sous les applaudissements. C’était un petit garçon qui marchait à peine. C’est là que j’eus un flash. Sonat’ qui me disait ‘Et en plus, ce sang est dégeu’ : tellement concentré qu’il coupe immédiatement l’appétit. De quoi rajouter de l’huile sur le feu. Et pourquoi pas tuer celui qui le boit ? Foutaises ! Ça sent l’bluff à mon avis.’ J’espère tellement Sonatæ… j’espère tellement. Tout mon corps se contracta quand le petio but le liquide : déclenche-toi… Déclenche-toi…

Silence de mort dans l’assemblée…

Seuls les hurlements du bambin qui recrachait avec dégoût brisèrent le silence. Non… ce n’était pas lui. J’étais déçu mais je gardais espoir. Il y en avait encore d’autres.
N°2 était une petite fille du même acabit mais plus âgée. Elle en jouait avec sa belle robe de princesse et c’était presque en dansant qu’elle s’approcha du vioc’ qui distribuait ce poison. À nouveau, silence et respiration coupée… Viens à elle et laisse l’âme de Sonat’ tranquille…
Mais elle vomit tout ce qu’elle avait dans le ventre, tombant sur le sol, pleurant toutes les larmes de son corps entrecoupées par ces spasmes. Seule la mère était proche d’elle quand la petiote se vida de son sang par la bouche… C’était donc une des possibilités à l’ingestion du liquide pourpre… Toute l’équipe médicale courut vers elle mais…
N°4 n’eut rien. Il repartit aussi vite qu’il était arrivé, se demandant pourquoi tout ce rassemblement.
À chaque fiole vidée, je priais. J’exhortais quelqu’un/quelque chose à se révéler à nous. Et chaque fois avec plus de rage et de peur. Suis-je si mauvaise d’espérer cette ultime punition à quelqu’un pour protéger la femme que j’aime ? Espérer que cette personne meure à la place de Sonatæ ? N’est-ce pas… légitime.. ?

N°5 refusa de boire et jeta par terre le récipient, sous les murmures consternés de la foule.
N°6 avait environ 8 ans et fit la même réaction que N°2. Cependant les secours vinrent bien plus vite.
Aller… N°7, j’te sens bien. Fais venir cette âme en toi. En plus, t’es un sale gosse, tu gagnerais au change.
Mais rien…. Rien… AUCUNE RÉACTION ! Bordel !

L’angoisse me rongeait et me rendait de plus en plus mauvais… Je ne supportais que mal d’être mis ainsi sous pression, si impuissant…

Puis c’était le tour de N°9, ce petit impertinent qui a sans doute plus de boutons que de synapses dans son cerveau… Aller ! Je t’en prie ! Prends-le lui, c’est un rat de bibliothèque ! Et puis, tu étais bien un homme à ta dernière réincarnation non ?

Et là, l’espoir.

Il hurla à mort, se plia en deux, chut sur ses genoux… Oui… Aller… oui… ? Il posa une main tremblante sur le sol sableux et claudiqua… vers le banc. PUTAIN ! Le faux espoir. De frustration, je serrai les mâchoires : mon corps était devenu le synonyme de douleur.
N°10 ne vint pas à l’appel de son nom. Beau culot. Mais ça m’arrangeait pas.
N° 12 avait quinze ans et semblait femme dans sa longue robe de soirée. Ma rage se muait doucement en désespoir et en prostration. Plus que deux… S’il te plait… Je t’en supplie… ne me l’arrache pas…
Aucune réaction.
Non… Non… pitié…
N°13 avait un costard et 16 ans. Je tremblais tellement, ma vie était sur le point de basculer. À peine ses lèvres touchèrent le liquide qu’il tomba au sol… coma ou sans vie ? Le corps désactivé fut vite transporté hors de la vue de ces rapaces…
Non… Pas déjà…

« N°15 : Sonatæ Delorme. »

C’est avec élégance qu’elle se leva de sa chaise et après deux pas, tomba à cause de ses talons. Quelques moqueries consolèrent mon cœur vide. Il n’y avait que toi pour faire ça devant tant de monde. Le temps de marche me sembla douloureusement long. Je voyais sa nuque si délicate, ce port de tête, ce sérieux qui n’avait rien d’elle… Je savais qu’on me l’avait déjà prise.

« Ne la prends pas… Pars… Jette-la… Qu’importe mais pas ça… »

Quand l’ancien lui donna la fiole, elle prit le temps de la contempler… de regarder la foule et surtout, de me trouver.

« Je t’en prie… T’en supplie… Tout mais pas ça… »

Même si je ne voyais pas la délicatesse de son satin noir, je pouvais sentir le poids de ses turquoises sur moi. Et ce que je ressentis à cet instant me tétanisa : c’était un adieu.

« Non… Non… Pitié… »

Et elle but cette maudite fiole. Mon souffle se coupa… et mon âme se déchira en écho à la sienne.

Elle se plia soudainement en deux, prise de spasmes. Elle respirait difficilement et se retenait de ne pas vomir. Elle chut sur ses genoux et posa une main sur le sol, l’autre sur son ventre douloureux. Elle tremblait et résistait péniblement aux assauts de son estomac. Doucement… trop doucement par rapport à N°9, son corps se calmait et elle put s’assoir sur ses jambes, étourdie.
Regagne le banc. Regagne le banc… Comme N°9…

Mais ce fut vers le centre qu’elle se dirigea. Et quand les acclamations de tous les Capiens scandaient leur bonheur, moi j’étais… J’étais…

« Sonatæ Delorme, Impératrice de Sang-pur ! »

Tous s’agenouillèrent alors que moi, je m’effondrais.


Ce corps était si léger, si pur, si élégant. Je me sentais à mon aise. Je dirais même plus : comme si je l’avais depuis toujours habité. Je n’arrêtais pas de me mirer, apprenant mes nouvelles lignes… Il n’y a pas à dire, il était magnifique. C’est alors que je sentis en moi une chaleur, entendis quelques soupirs… Effectivement, je ne devais pas m’exprimer ainsi car ceci, c’est moi. Je suis Sonatæ Delorme, l’unique descendante. Enfin, plus vraiment unique depuis peu. Mais je devais me faire à l’idée qu’elle était moi et moi, elle…

On toqua à ma porte mais je congédiai l’homme qui était venu m’offrir son sang : j'étais repue et je désirais être seule. Car… cette après-midi, juste après ma résurrection, je suis allée féliciter les Delorme.. mes… parents..? (Que c’est étrange de se le dire) Si au départ le père m'enlaça, très vite il déchanta et prit de la distance. Je voyais bien dans leurs yeux la déception, la résignation mais avant tout, la rage à mon encontre. Je sais que ce rite est de ce qui est de plus barbare pour les familles choisies et jamais je ne leur en voudrais… Même si leur courroux m’avait plus d’une fois causé des soucis. C’est pour ça que j’ai fait ce que je devais faire… J’ai… J’ai…

J’ai totalement effacé Sonatæ de leurs mémoires. À présent, je ne suis qu’une cousine éloignée qu’ils ne connaissent pas. Ainsi, ils peuvent entièrement se concentrer sur leur unique fils si mignon et plein de vie. Thibaut Delorme. Quand il me vit, il serra si fort mon doigt que mon cœur se brisa. C’est mieux pour eux.. Oui… Mais… Par ce fait, j’étais devenue orpheline. Et pourtant, je leur donnerai mon amour car je suis tout de même leur fille… Je les aime… Tous ces souvenirs… Tous ces rires… Tous ces moments… Que je ne pourrais plus jamais étoffer de nouvelles aventures… Mon petit frère… Une larme coula sur ma joue alors qu’en moi, la peine et la tristesse me tordaient les boyaux. Je venais de leur voler définitivement leur fille, de l’arracher des générations et du temps… Suis-je un monstre ou une bienfaitrice.. ? J’ai beau me cacher derrière ces belles paroles, mon cœur coupable saigne…

Cette fois-ci, on ne prit pas la peine de toquer et un individu entra directement dans ma chambre. Étrangement, je savais qui était cet homme et… j’étais attirée par lui. Mais je n’eus pas le temps de m’approcher qu’il m’enserra douloureusement le cou et me plaqua contre le miroir, le brisant.
    « COMMENT AS-TU OSÉ ?! POURQUOI ELLE ?!! Bon sang ! POURQUOI ELLE !!!!!?? RENDS-LA MOI !!! »

L’air me manquait et je tentais maladroitement de retirer l’étau autour de ma gorge. Impossible : ce corps était trop frêle et moi, sans pouvoir.
    « G-Gabriel… Je t’en prie… »

Je sentis la surprise desserrer la main strangulatoire avant qu’elle ne m’asphyxie avec plus de poigne.
    « - COMMENT OSES-TU PRENDRE SA VOIX ????!
    - CAR JE SUIS ELLE ! »

Le temps infini que prit ce jeune à comprendre ce que je venais de dire, se conclut par ma libération. Je toussais à m’en arracher les poumons et sentais autour de moi un nombre impressionnant d’âmes : tous derrière la porte, attirées par le sang que je venais de verser. De l’air les rapaces…
    « - J-je suis elle Kof Kof. Elle est moi. Si j’ai pu entrer dans ce corps, cela veut dire que nos âmes Kof Kof sont jumelles et suffisamment proche pour n’être qu’une. Kof Kof Kof…
    - Rends-la moi.
    - Impossible. Nous sommes une.
    - Rends-la moi… Sépare-toi d’elle.
    - Impossible… si je me retire, elle meure.
    - Non. Tu me mens.
    - Penses-tu être le seul à avoir déjà eu cette idée… ?
    - NE ME REGARDE PAS COMME ÇA !!! PAS AVEC CES YEUX !!! »

Je vis sa main libre chercher le fourreau qui pendait à sa taille. Mon cœur apeuré se mit à battre plus fort : je savais qu'était cette arme ainsi que sa puissance...
    « Ne me regarde pas ainsi… Toi… Je sais que tu n’es pas elle ! Arrête... »

L’homme devant moi était totalement tiraillé entre l’ancienne et la nouvelle.
    « - Tu l’aimais non ? Tu n’aurais laissé personne lui faire du mal, n’est-ce pas ?
    - NE PARLE PAS D’ELLE AU PASSÉ !
    - Alors protège-la ! De toi… ! »

Ses phalanges se desserrèrent et moi, je chus, vidée de toute force…
    « T-tu vas me tuer… et elle aussi… Ce n’est pas ce que tu veux, non ? »

Mes yeux se fermèrent tant le vide m’appelait. Je sentis quelqu’un me prendre dans ses bras, m’y serrer et à la fois, garder de la distance. J’entendis un dernier murmure :
    « Jamais je ne te pardonnerai… »

◘ Description physique :

Furieux, je défonçai les portes qui me séparaient d’Elle. Je venais de visiter les Delorme à l’hôpital et… ‘Sonatæ ? Pourquoi tout le monde nous en parle ? Nous ne la connaissons que peu…’ Co-comment ? Quoi ?! Une cousine ?! C’est pas vrai… Comment a-t-elle fait ? C’était sans doute cette réponse qui me terrifiait le plus. Impossible de m’en défaire, j’exigeais des éclaircissements. Et quoi de mieux que de lui demander ?

À nouveau, les portes volèrent violemment suite à mon coup de pied, brisant le silence et effrayant les gens qui étaient dans la pièce. Je savais qu’elle était là, je sentais son aura putride mêlée à celle plus douce de Sonatæ. Tous levèrent des yeux apeurés vers moi, sauf l’Autre. Son chien de garde avait déjà dégainé, en garde, prêt à me sauter dessus. Il ne récolta qu’un regard assassin qui le fit tressaillir.

« - N’avance pas plus Humain…
- Apprends à cacher ta peur Capien. Et laissez-nous.
- Je n’ai aucun ordre à recevoir de toi ! Je ne te lai…
- Suffit. Sortez.
- Impératrice de Sang-pur… êtes-vous s…
- Sortez. »

Il s’apprêtait à renchérir quant elle le fit taire d’un mouvement de main. Comment avait-elle pu alors qu’elle ne le regardait pas ? Penaud, il rengaina que trop lentement pour ne pas démontrer son incrédulité. À contre cœur, le garde quitta amèrement la pièce suivi de quelques servantes. Elle comme moi sentions encore sa présence dans le couloir. À moindre bruit suspect, il allait entrer pour me tuer… Tous les prétextes sont bons en ce moment.

C’est alors que je laissais exploser ma rage.

« - Qu’as-tu encore osé faire… ?
- Explicite tes propos.
- Ses parents… Comment as-tu osé.. ?!
- Ne penses-tu pas qu’il en est mieux ainsi ? Qu’ils ne souffrent pas pour une fille qu’ils ne reconnaîtront pas ?
- Tu n’as pas à faire ce choix pour eux !
- Certes non. Mais à présent, ils ne sont plus soucieux… N’est-ce pas l’essentiel ?
- L’essentiel ?! Tu viens d’effacer tout signe de leur fille adorée ! Et tu trouves ça normal ?! »

La colère me consumait et dictait mes actes. Elle n’avait toujours pas relevé ses yeux de ses papiers tandis que je m’approchai d’elle et tapai sur son bureau ébène. Un silence glaçant s’appesantit alors que j’attendais des réponses.

Avec une lenteur calculée, elle prit une lettre qu’elle rédigeait et souffla dessus pour en sécher l’encre. Ses lèvres fines mais dessinées, roses pâles me rappelaient les tendres nuits passées avec elle, enfin, l’ancienne elle. Cela ne faisait qu’accentuer mon dégoût. S’en souvient-elle, elle aussi.. ? Pitié non.

Ses longs cheveux chocolat avaient fait place à une blancheur pure : malgré le traitement subi, ils restaient soyeux et légers. Rien que pour ce changement, je la détestais : comment avait-elle osé défigurer ainsi Sonatæ ?! Elle en avait gardé la forme cependant : une mèche sur le front en biais, des boucles et des cascades tombant jusqu’à la chute de ses reins. J’aimais tellement jouer avec, les sentir et me graver en mémoire leur odeur ou leur texture… Parfois, je la coiffais pour le plaisir. Mais là, ils ne m’inspiraient rien que de l’aversion. Et de la tristesse.

Cependant, d'une certaine manière, j'étais heureux qu'elle marque une réelle scissure entre elle et Sonatæ. Cela me permettait de garder la distance nécessaire et rappelait à mon cœur blessé qu'elle ne reviendra jamais.

Délicatement, elle reposa la feuille sur son bureau : elle était ornée d’un entête étrange ‘YK’. Ses doigts longs et aériens ainsi couvert de satin, m’évoquaient son amour pour le piano et les journées entières passées à l’écouter. Sa manucure était toujours impeccable ainsi que sa toilette. Elle prenait un malin plaisir à s’habiller de manière élégante. Bon, elle avait aussi ses jours sans et mettait des joggings mais cela n’arrivait que rarement. Et une étrange impression me susurrait que cela n’allait pas changer.

En soi, si je ne savais pas qui elle était devenue, je serai pris au piège. Son corps n’avait pas bougé d’un iota : un mètre soixante-cinq, un petit bonnet B, de longues jambes, un ventre plat et des fesses… respectables. Enfin, comme une jeune de 17 ans qui doit prendre soin de son corps. Elle n’était pas la plus parfaite des femmes mais jamais je ne lui aurais demandé de changer quoique ce soit.

Finalement, avec désinvolture, elle posa enfin son regard sur moi. Son visage fin et racé, aux traits dessinés à l’aquarelle la rendait pure, un peu comme une fleur perlée de rosée. Ses yeux en amande, ornés d’un savant mélange de bleu et de vert les rendaient indéfinissables. Son nez était juste assez fier pour ne pas être trop visible. De sa voix clair et chantante vinrent les mots qui me tétanisèrent à jamais :

« Ne voudrais-tu pas que j’en fasse de même avec toi ? »


◘ Description mentale :

Inutile de dire que mon dernier entretien avec Gabriel s’est très mal passé… Heureusement que mon gardien était attentif sinon, je ne serais plus là pour en parler. Malheureusement, il avait refusé ma proposition, préférant chérir ses souvenirs et ainsi, cultiver sa haine envers moi. Comprenant qu’il était temps que je parte, ce fut en secret que je m’échappais de la France pour Yasashi Koji. J’avais reçu une étrange missive venant de la Princesse, recherchant une forme d’autorité alors qu’elle était appelée sur le continent pour une chasse d’exception. N’ayant plus aucune attache, ce fut un réel soulagement de partir et de sentir les embruns sur ma peau blanche.

Rebelle, joueuse, souriante, solaire même… Beaucoup d’adjectifs me collent. Je n’ai rien perdu de ma précédente vie, autant la sienne que la mienne. Je reste quelqu’un de positif tout en étant objectif. Je suis de ceux qui peuvent changer d’angle de vision et ainsi, toujours trouver une solution incongrue. Un brin perfectionniste, je sais aussi dire ouvertement ce que j’aime (et surtout ce que je n’aime pas) ou bien trouver le velours des mots pour imposer mes idées. Un peu politique, un peu menteuse, bonne actrice, je sais faire passer mes messages. Je sais aussi taire mes plus profondes envies… ne parler qu’à certaines personnes de certaines choses… Bon, j’avoue : je suis manipulatrice. Ça peut aussi avoir de bons côtés. Si si. Non, ne vous méfiez pas de moi ainsi.

J’ai un côté artiste aussi : le piano est mon instrument. Par lui, je passe toutes mes émotions. Sans lui, je me meure. J’aime tant cette sonorité… je suis bien plus à l’aise avec l’art que les maths ou les sciences. Par mes quelques centenaires vécus, j’ai bien quelques connaissances éparses mais ce n’est que très archaïque par rapport à ce nouveau monde. La technologie ? Qu’est-ce que c’est ? J’ai encore beaucoup à apprendre… De ce point de vu là, je suis assez naïve et candide…

Amitieuse, je ne suis pas de celles qui rejettent. Et pourtant l’aura qui émane de moi est assez toxique. Je fais peur, j’inspire la méfiance malgré mes traits juvéniles et insouciants. Un diable en boîte… je souffre très ouvertement de ma solitude… mais d’un autre coté, je la cultive aussi.

Je suis un enfant dans ce nouveau monde. Avant, nous vivions tous ensemble : les Mythes et les Humains. C’est pourquoi j’ai terriblement du mal à me taire ou à faire attention à ce secret. Pour moi, qui n’ai jamais que connue l’avant-guerre, c’est tout à fait stupide. Et ce, malgré les cours que j’ai eu à travers la mémoire de mon ancienne moi. Encore une chose : je suis fascinée par les Védins. C’est tout nouveau pour moi. C’est magique. J’adore.

[*]Pouvoir : Sang pur.
    Étant une des fondatrices de la race, j’ai en moi le sang originel. Pas très appétissant car très dense, une seule goutte peut nourrir un Capien pour deux semaines. À cause de lui, mon odeur et mon aura sont très particulières : souvent effrayantes ou ombrageuses, appelant à la méfiance (contrastant avec mon tempérament plutôt enjoué). En mordant quelqu’un, je peux l’assujettir… si quelqu’un boit mon sang, il peut s’en retrouver renforcé. Je contrôle entièrement ce liquide pourpre et ainsi le modeler ou le régénérer à ma guise. Mais de quoi suis-je encore capable ? C’est seulement en écrivant avec moi que vous le saurez…~
~ IRL ~

  • Nom : Elise
  • Âge : 22 ans
  • Première impression : Le plus beau avec un contexte qui rosse sa maman !
  • Comment avez-vous découvert le forum ? Fondatrice.. ?
  • Votre Parrain : Sherlock ! Comme ça, ça marche pas ?!
  • D'où provient le personnage sur votre avatar et le nom du personnage ? C’est Veloce Visrin de Carciphona.
  • Votre Skype : elise.rustenholz

  • Acceptez-vous le règlement et vous y soumettez-vous ? [Oui]
  • Code du règlement :
  • Quel est le nom de la guerre qu'engagèrent les Humains face aux mythes ? :

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Métier :: Étudiante
Pouvoir :: Les vecteurs
MessageSujet: Re: Sonatæ Delorme : une sang-pure unique. Sam 25 Fév - 9:06
Bonjour, j'ai l'impression de te connaître, bon passons outre ça, c'est activation time. Encore désolé pour le délai d'ailleurs.

Je n'ai globalement rien à redire sur ta présentation, elle est très bien réalisée. Juste une petite impression de déjà vu avec cette histoire de chiffre et d'élu mais rien de bien grave. On reconnaît bien ta patte, une écriture réalisée avec brio, un style qui se lit facilement.

Peu de fautes d'orthographes, aucune ne m'ont réellement sauté aux yeux. Je te remercie pour le joli belgicisme (amitieuse). Que te dire pour t'améliorer réussir à subjuguer encore plus les sentiments de ton perso, son cas m'as touché mais la larme à l'œil ne m'est pas venu. On ne ressent pas assez le désespoir au sein de son être. Ce n'est bien sûr que mon ressenti et je suis sûr que tu peux faire encore mieux.

Intéressant de donner le point de vue de Gab par sa vision des choses.

Ta note, un joli 7, tu étais pas loin du 8 pourtant mais j'ai foi en toi pour l'atteindre la prochaine fois.

Aucune raison d'empêcher ton activation Wink.

Faites péter le Champomy...

Encore félicitation et je saute tout le blabla relatif aux nouveaux. Tu sais ce que tu as à faire... Bon RP en tout cas et il se pourrait que je prenne un rp avec celui-ci. Mais chut, c'est un secret...
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Sonatæ Delorme : une sang-pure unique.

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