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Ladies & gentlemen, the show must go on! - Aby

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Quartier d'habitation :: Asuras
Métier :: Magicienne/Voyante
Pouvoir :: Invocation d'esprit
MessageSujet: Ladies & gentlemen, the show must go on! - Aby Sam 8 Juil - 19:37
~ Carte d'identité ~

  • Nom : Sangassan
  • Prénom : Abygaëlle mais on me surnomme Aby
  • Âge : 118 ans mais 21 d'apparence
  • Race : Asura
  • Particularité de la race : Mon tatouage brille au fond de mes yeux, bleu clair dessinant la plupart du temps un croix au milieu du bleu de la mer.
  • Sexe : Féminin, je sais, ça ne se voit pas.
  • Orientation sexuelle : Y a-t-il besoin d'une orientation sexuelle lorsque l'on préfère des amitiés plutôt que des amours?
  • Logement : Le quartier Asura
  • Métier : Magicienne, voyante si vous le désirez, escroc parcourant les rues pour vous jouer des tours.
~ Biographie du personnage ~

  • Description physique :Regardez-moi dans les yeux, croisez-moi dans la rue et dévisagez-moi comme si je sortais tout droit du monde fantomatique de vos pires cauchemars. Suis-je moi-même une ombre, un simple fantôme qui erre sans but dans les allées de cette île ? Oh non, je n’ai rien de tout cela, je suis bel et bien faite de chair et d’os même si vous ne semblez ne pas me croire. Mes yeux bleus ciels dans l’ombre et bleus clairs au soleil vous impressionnent puisqu’ils peuvent refléter votre peur la plus grande mais sachez que j’en suis fière. Pourquoi les cacher aux yeux des autres derrières des lunettes de soleil plus opaques que la nuit elle-même ? Ne cherchez pas trop loin, il faut craindre ce que l’on ne connaît pas, qui l’on ne connaît pas. C’est pourquoi mes yeux restent couverts la plupart du temps pour que je puisse éviter de me faire remarquer. Se fondre dans la masse n’est pas ce que je fais de mieux mais ce serait me mettre en danger que de montrer mes deux magnifiques pupilles au monde entier. Une beauté froide, une rose aux épines plus piquantes que le fil d’un rasoir, mes cheveux font tourner des têtes et je m’y suis à présent habituée. J’ensorcelle avec ma chevelure aussi froide que les flocons qui tombent en hiver, parsemées des reflets d’un bleu gelé comme l’eau d’un lac lorsque la température chute.

    Je suis un clown, une voyante, une magicienne, regardez ma tenue, elle décrit mon activité du jour. Je fais rire lorsque je porte ma petite chemise blanche, ma salopette ébène et mon nœud rouge sang. Il ne me manque que le nez rouge et je suis la plus belle clown que vous n’ayez jamais vu. Je me transforme en bohémienne, diseuse de bonne aventure, quand sur les pavés, je me démarque dans une longue robe rouge. Vous pouvez me voir faire des acrobaties sur les toits des bâtiments autour de vous de temps en temps si dans un élan d’énergie, j’ai enfilé un long maillot serrant mon corps dans des couleurs pourpres et bleues nuit. La joueuse de carte est dans chacun de ses personnages dont je suis si fière. L’Abygaëlle véritable se cache dans les détails de mes tenues, en-dessous des semelles usées de mon unique paire de scandales brunes, dans le reflet de mes boucles d’oreilles rondes et brillantes, au creux de l’inscription gravée de mon bracelet doré par le soleil. Chaque matin, je me lève en me demandant quel habit mettre même si je n’en ai que trois. Mon favoris reste la salopette, je dois bien l’avouer, c’est sûrement dans ce vêtement que vous me voyez le plus souvent. Mes ongles sont vernis par la seule couleur que je possède et que je souhaite posséder, la même que celle qui brille dans mes cheveux. Ceux-ci, teints régulièrement grâce à l’argent peu légal que je gagne, sont attachés en une large tresse par un élastique décoré par deux petites billes bleues. Trouvez-moi charmante comme les fleurs naissant au printemps, effrayante comme les esprits des pires films d’horreur, hypnotiseuse comme l’aiguille d’une montre à gousset. Imaginez-moi invoquant les démons d’un autre monde si vous le voulez, je ne suis pas de ce côté, l’obscur m’attire mais je prends mon temps avant de m’y engloutir totalement. Changez de trottoir en me croisant ou approchez-vous de moi pour que je lise votre avenir dans les lignes de votre main. Si vous le demandez, je retirerais mes lunettes de soleil mais vous risquez d’être effrayé en vous plongeant dans mon regard changeant…

  • Description mentale : Une arnaqueuse, un escroc dans l’âme. Manipulatrice, je vous en ferais voir de toutes les couleurs de mes cartes pour vous hypnotiser, détourner votre attention et obtenir ce que je veux. Mes tours de magie dont vous chercherez en vain une explication ne seront qu’un prétexte et une ruse pour vous manipuler. Vous vous méfierez et vous avez bien raisons parce que je ne cherche pas à amuser ceux qui sont adultes avec un jeu de cartes. Mes mots sont soigneusement choisis pour vous mettre dans le trouble et vous déstabiliser, vous douterez et je vous utiliserais grâce à cela. Si vous êtes crédules, ce sera à mon avantage. Approchez approchez, petits curieux, je suis au milieu d’une foule à faire ce que vous appelez de la magie ou des numéros et je vous attends… Inquiétante, j’observe ce qui m’entoure et je planifie chaque tour et coup que je fais. Je ris, souvent, mais d’un rire à vous donner froid dans le dos, comme celui des méchants dans les Disneys. Je m’approche et j’aborde en impressionnant, en jouant avec mes cartes comme si elles savaient voler pour que les gens se méfient de moi. Je vous tournerais autour comme les oiseaux au-dessus de leurs proies et vous ne saurez pas m’échapper. Je suis plus qu’une magicienne et je vous attirerais par des promesses, des mots susurrés à votre oreille pour vous convaincre. Ma voix sera votre guide et si vous manquez d’intelligence, si vous imaginez que me suivre dans ce bâtiment délabré va être amusant et distrayant, vous vous trompez. Entrer dans mon monde et vous en sauver sans être plus pauvre est impossible. Je fais peur, c’est vrai, mais ce qui inquiète attire n’est-ce-pas ? L’argent ou l’amusement ? Je suis un clown ne l’oubliez pas mais je ne veux pas amuser les autres : c’est moi qui veux m’amuser. Vous êtes mes marionnettes dans ce jeu et je ris en tirant sur les fils qui me permettent de faire de vous ce que je souhaite. Je ne pleure pas, je veux en être incapable et seules vos expressions ébahies puis étonnées pour ensuite être déconfites peuvent me distraire de la tristesse de ma vie, telle est la vie d’un clown. Je danse chaque jour dans les ruelles, saute dans les flaques pour vous éclabousser sur mon passage, insultez-moi et je vous rirais au nez. Seuls les enfants méritent l’innocence à mes yeux et c’est à eux que je réserve des tours sans mauvaises attentions, de leur part, seul leur sourire émerveillé peuvent me satisfaire. Jamais seule, trop bavarde pour cela. Animaux ou humains, tout type d’être vivants est un compagnon pour moi. Insectes, volatiles, chats de gouttières et évidemment humains, où que je sois, j'arriverais à parler à quelqu’un, qui que ce soit. Je pourrais parler aux murs pour me distraire, c’est ce que je fais le soir dans ma chambre, parfois. Je change de costume et joue seule à me faire la conversation. Des amis, j’en ai, il y a des personnes que je croise dans mon public et qui ne m’intéresse pas pour mon amusement. Antipathique ou sadique ? Les deux sans hésiter, je ne ressens rien pour ceux que j’attire dans mes petits jeux à part de la satisfaction, je me ris de leur problème et de leur tristesse ou colère quand ils se rendent compte qu’ils se sont fait avoir comme des mouches dans une toile d’araignée. C’est mon show et ils se sont simplement trop approchés pour ne pas en subir les conséquences. La vie, ma vie est un spectacle qui ne s’arrête jamais, mes tours de magie n’ont pas de fins, surtout lorsque mon public se dissipe en s’imaginant que je vais tirer ma révérence et retourner dans ma loge. Souffrez d’avoir trop plongé vos yeux dans mon jeu de carte pendant que je vous dépouillais, vos larmes feront mon sourire. Magicienne, non je ne suis pas magicienne, je suis simplement très habile mais tout le monde s’imagine que j’en suis une et que la magie est mon pouvoir. Vous n’êtes pas attentifs, je me déplace sans que vous ne m’entendiez ni me regardiez pour vous faire penser que je me téléporte. Mes cartes ne volent pas, je sais simplement mieux les contrôler que vous et ça vous impressionne. Mes tours sont pleins de mystères et de secrets, c’est vrai mais aucune trace de magie n’y est présente. Mon pouvoir y est parfois pour quelque chose mais il n’y a aucune chance pour que vous puissiez vous en rendre compte un jour. La magie n’est qu’une illusion, je ne suis pas magicienne mais illusionniste.
    Je terminerais par ma phrase favorite :

    Ladies and gentlemen, the show must go on !


  • Histoire : Hiver 1899 : S’étonne-t-on, en sachant cela, lorsque je dis que je préfère l’hiver à l’été ? Quel dommage que personne ne le sache n’est-ce-pas ? La petite âme que je suis atterri au beau milieu de la belle France mais dans un lieu que j’aurais préféré ne jamais connaître même si c’est cet endroit qui a formé celle que je suis aujourd’hui. Un cirque ambulant dont les poutrelles croulaient sous la neige qui tombait en tempête ce soir-là. Evidemment, je n’ai pas les détails de ma naissance et ça ne m’intéresse pas tellement puisque ce n’est que l’histoire d’un bébé qui sort du ventre de sa mère, c’est la suite qui est plus importante, non ? Je continue donc en laissant derrière moi ma première nuit qui apparemment a été un enfer pour le cirque…

    Naître dans un cirque ne promet pas une vie facile et confortable, encore moins stable. J’étais tel un funambule sur un fil bien trop fragile, constamment dans un équilibre précaire qui pouvait à chaque instant me faire vaciller dans la pénombre, la folie et la dépression. Enfant, déjà, je ressentais la pression des membres du cirque et j’apprenais à en devenir un. Mes parents étaient clowns, ma formation principale était alors d’être clown. Petite fille, je sautais partout, je n’avais pas peur du danger qu’offrait certaines activités et je voulais tout apprendre. Je suivais les trapézistes, observais les dompteurs de lions, me risquais parmi les magiciens et jouais avec les clowns. J’étais multifonctions, j’étais partout mais en même temps nulle part. Je ne connaissais que cette vie depuis mes premiers cris alors comment m’en plaindre, j’étais née pour cela, c’était le seul avenir qui m’avait été destiné dès le début de ma vie. Fille de deux êtres hors du commun, j’étais là pour amuser et distraire, les monstres dans les cirques sont faits pour distraire après tout, surtout dans ce cirque-là. Jamais dans ce cirque je n’ai pu mettre de lunettes de soleil pour masquer mes yeux aux formes changeants, je n’ai jamais le faire…

    Débuts : Jouer la comédie pour plaire aux autres dans ce cirque de misère, dans les quatre coins de la France et des pays qui l’entourent. Gagner un peu d’argent parmi le maigre public à 19h pile chaque soir sans savoir de quoi sera fait le lendemain. Cette vie me plaisait énormément, j’étais libre sans l’être, j’étais reconnue aux milieux des rires moqueurs des enfants mais je riais avec eux de mon ridicule. Un oiseau dans une immense cage, trop grande pour qu’il se rende compte qu’il est réellement emprisonné, voilà qui j’étais. Mes parents étaient fiers de moi, ma mère tout particulièrement, elle qui ne cessait de clamer que j’étais l’enfant du Nouvelle-Orléans. Pourquoi ? Celle qui m’a portée en son sein venait de cette partie de l’Amérique, elle avait été séparée de son continent par la colonisation et achetée comme une marchandise par le dirigeant de ce cirque. Elle y a rencontré mon père et comme ils étaient de la même race, on les a plus ou moins invité à faire un enfant ensemble : Moi. Le public qui venait aux représentations ne réfléchissaient pas et se divertissaient simplement, préférant rire de nos drôles d’attributs plutôt que de se questionner sur qui nous étions vraiment. La vie que je menais était excitante et je me disais que je voulais la vivre toute ma vie, jeune adolescente que j’étais. Je ne savais pas alors qu’elle allait le devenir davantage.

    Illusions : J’avais 16 ans quand ma mère me parla pour la première fois du monde des esprits, de cet autre monde auquel elle croyait de toute son âme. Des histoires venant du Nouvelle-Orléans à propos d’esprits et de croyances étrangères. J’ai commencé à y croire aussi, écoutant les paroles et les mises en garde de ma mère tous les soirs dans mon petit lit au fond de la caravane. Elle me berçait de contes et histoires sur les esprits et leurs bienfaits dans ce monde, elle me prévenait des autres religions qui tentaient de condamner ces esprits en tuant ceux qui y croyaient. Grandissant, je continuais d’en apprendre davantage sur les différents numéros de cirque, plus particulièrement les tours de magie qui accaparaient mon attention de plus en plus souvent. Les cartes devenaient mon jeu préféré et le magicien du cirque m’offrit mon premier jeu de cartes, celui que je garde toujours sur moi à présent. A 16 ans, je changeais ma vie, je l’améliorais et la rendais plus riche et plus vivante encore. Au fil du temps et des mois, la forme plus ou moins constante dans mes yeux changea, l’éclair qui s’éparait mon iris bleu se transforma en une croix…

    Un demi-siècle de cirque : Je croyais que je passerais ma vie dans les chapiteaux parce que jamais, ils ne disparaissaient. Si après une cinquantaine ans, mon premier cirque fermait, ma famille était transférée dans un autre endroit, un autre cirque, de nouvelles aventures, bonnes ou mauvaises. Je découvrais avec une soif de curiosité inépuisable et je me battais pour que l’endroit où je travaillais continue à attirer un public malgré les années passant et les sociétés évoluant. Une routine qui me plaisait, un rôle dans lequel j’entrais avec de plus en plus de facilités, un costume que je voulais de moins en moins quitter. Je ne vieillissais plus, physiquement parlant, et cela a toujours été expliqué par le fait que je sois ce qu’on appelle une Asura mais je n’en faisais rien. Les esprits de l’Autre Monde me gardaient jeune et belle pour une raison encore obscure à mes yeux à cette époque, j’avais un destin, ma mère y croyait aussi. C’est pour cela que je devais vivre longtemps, pour attendre le moment où mon but de vie me serait dévoilé. Je comptais toujours avec précision mon âge et je devais avoir 52 ans et 3 mois lorsqu’un incendie se déclara dans le cirque où je suis née. Nous étions dans une plaine et nous nous y étions arrêtés pour profiter d’une nuit de repos avant les nombreuses villes qui nous attendaient pour nos représentations. C’est une race que je jugeais et juge toujours inutile qui l’avait bêtement mis en route. Un Humain. Il ne savait de toute évidence pas allumé un petit feu et celui-ci a rapidement pris de l’ampleur pour consumer caravanes, matériels et même nos compagnons. J’ai failli moi-même y rester mais ma mère est venue me chercher avant que les flammes qui m’entouraient ne m’encerclent entièrement. Nous nous étions éloignés et ne pouvions que nous contenter d’observer cet Enfer aux flammes hautes et à la fumée noire qui tâchait le petit endroit où nous nous étions installés. Dans mes yeux et mon esprit restent à jamais ancré ce spectacle de l’horreur qui bouleversa ma vie apparemment trop paisible. Il ne restait que quelques races, la plupart des survivants étaient des Humains, ceux qui dirigeaient le cirque. Celui-ci, il fallait être idiot pour ne pas le deviner, n’avait plus aucun avenir et nous ne savions pas de quoi allait être fait le nôtre, nous, les monstres et bêtes de cirque.

    Revendus : Une autre vie qui commence, comme une renaissance dans le même corps et avec la même âme. Je suis curieuse de découvrir ce qui nous attend dans l’autre cirque où nous allons travailler. Revendre les monstres que nous sommes aux yeux des hommes est simple bien que peu légal. Nous allons retourner dans un cirque parce que c’est la seule chose que nous sommes vraiment capables de faire : amuser les Humains. Mais l’endroit où, entassés dans une caravane, nous arrivons un mois après l’incendie n’est pas du tout ce que nous attendions ou espérions. Là, nous sommes accueillis comme des bêtes et jetés dans des cages, séparés. Les races masculines sont mises dans les caravanes et les races femelles dans de véritables cages en fer dont le sol est recouvert d’une fine couche de paille. Je ne suis plus avec mon père et je ne vois ma mère que de loin, enfermée à quelques cages de la mienne. Moins bien traité que les animaux même, nos shows sont décidés et dirigés par les Humains et nous n’avons pas notre mot à dire. Nous sommes interdits de parler à part lors des représentations et la nourriture que l’on nous serre me fait envier celle que l’on serre aux lions. Mes numéros de clown prennent fins ainsi que ceux de trapéziste et de dompteuse. Je pris un rôle que je maîtrisais tout de même bien que je ne m’étais jamais représentée sur scène avec : celui de la magicienne. Les tours de magie devinrent la seule activité à laquelle je pouvais me donner, toutes les autres m’étaient interdites : être multifonction ne devait pas être fait pour les monstres. Mon show consistait à émerveiller, à étonner et j’appris à aimer et à devenir accro aux expressions que je voyais chaque soir lorsque je disparaissais ou que mes cartes volaient au bout de mes doigts. J’étais désormais seule au milieu du cercle de spectateurs et je jouais, je les faisais douter pour qu’ils ressortent du cirque avec cette question : la magie existe-elle ? Cette vie ne me plaisait plus, je n’aimais pas vivre dans cette cage qui s’était d’un coup resserrée autour de moi, comme pour me faire prendre conscience que j’étais bel et bien un oiseau dont on avait coupé les ailes. Je ne vivais que dans le chapiteau, le soir pendant les dix minutes qui m’étaient entièrement consacrée. Puis je mourrais à nouveau lorsque l’on me jetait sans ménagement sur cette paille odorante et inconfortable.

    Une nuit effrayante : Cette nuit-là, la pluie ne cessait de tomber et nous n’étions protégé que par une couverture placée au-dessus de nos cages. La mienne était déjà trempée et laissait passer quelques gouttes qui me tombaient dessus avec une froideur qui me faisait frissonner. Je me blottissais dans ma petite couverture, serrant contre moi ma petite valise dans laquelle les seules affaires que je possédais encore étaient rangées. Cela faisait une vingtaine d’années que je vivais dans ce cirque et je ne souhaitais qu’une seule chose : m’en enfuir. Je priais les Esprits de me venir en aide et c’est à ce moment qu’une vibration provenant de ma valise attira mon attention. Je me redressais et ouvris la boîte brune en la protégeant d’une couverture pour que l’intérieur ne soit pas mouillé. Il n’y avait à l’intérieur que trois tenues et mon jeu de cartes. C’est sur celui-ci que mon regard se posa quand je le vis bouger légèrement. Je l’attrapais et l’observais quelques secondes quand une goutte se posant sur ma tête me pressa à sortir le contenu de sa boîte. Je tins mes cartes dans mes deux petites mains et constatai que l’une d’entre elles, au centre du paquet, brillait d’une douce lumière bleutée. Je l’extirpai alors et déposais le reste pour ne garder entre mes doigts que la carte immaculée, oui immaculée, les inscriptions et dessins avaient disparu pour ne laisser qu’une blancheur dont émanait cette lumière.

    Bonjour Abygaëlle…

    Je levais la tête, soudainement, pour chercher d’où est sortie cette petite voix. Je regardais autour de moi, craignant qu’un des Humains fût en train de m’observer. Pourtant, dans la pénombre entourant ma cage, je ne perçus aucun mouvement, aucune ombre.

    Ne crains rien, il n’y a personne… Je suis dans la carte…

    Mes yeux se baissèrent alors et se fixèrent sur la lumière apaisante entre mes mains.

    -Qui… Qui êtes-vous ?

    Ma voix tremblait alors que je me demandais si j’étais en train de rêver ou si cette carte que j’ai depuis si longtemps était vraiment dotée de la parole.

    Tu m’as appelé, je suis celui que tu surnommes Isha. Je viens t’aider.

    La voix était faible, tel un murmure qui faisait vibrer la lumière à chaque mot. Je n’en revenais pas de savoir qu’Isha, esprit bienveillant dont ma mère m’a souvent conté les vertus, était ainsi entré dans ma carte et me donnait son aide. Je voulu parler sans savoir quoi dire mais il continuait, me coupant dans mon élan par sa voix posée et douce.

    Je te donne le pouvoir d’ouvrir les barreaux qui t’entourent pour t’échapper de cette cage. Sache que tu ne pourras utiliser ce pouvoir que pour ta cage, pas pour celles de tes compagnons.
    -Mais…
    Ton destin n’est pas dans ce cirque mais celui de tes parents ne peut pas être autre part qu’ici. Sors et va-t-en. Nous t’aiderons…

    Je voudrais protester mais je me contenais pour ne pas vexer l’Esprit qui a eu la bonté de me venir en aide. La lumière disparut alors et la carte redevint normale en une seconde. J’hésitai alors, était-ce vrai ? La carte avait-elle à présent le pouvoir d’ouvrir cette maudite cage ? Je me redressai, il fallait au moins que j’essaye, je refusais de baisser les bras alors qu’un Esprit venait de m’accorder son aide. J’approchais alors la carte des barreaux et la fis glisser dans la fente de la porte… Qui s’ouvrit immédiatement, le verrou ayant été coupé en deux. Je fermais alors avec empressement ma valise après y avoir rangé mon jeu de cartes pour ensuite sauter avec discrétion hors de ma cage, comme un oiseau qui est enfin libéré. Mon regard glissa sur les autres barreaux mais les mots de l’Esprit me revinrent en tête et je sus que je ne devais rien tenter pour ne pas le mettre en colère ou tenter de contrer le destin même si c’est celui de ma propre mère. D’un pas gai mais rapide, je m’éloignais de ce maudit chapiteau dans le but de renaître à nouveau. Je ne suis pas un oiseau, finalement, mais un phœnix…

    Un an, vagabonder : Première chose : retirer ce costume idiot que l’on m’obligeait à porter pour remettre les vêtements d’auparavant. Puis commencer à vivre sans papiers, sans savoir qui j’étais, sans savoir où j’allais. Les Esprits ne sont pas venus me guider mais je ne les ai pas appelé, j’aimais la sensation de ne pas savoir où m’amenaient les chemins que j’empruntais et découvrir les petits villages dans lesquels j’arrivais. Je gagnais quelques pièces par des shows improvisés qui semblaient plaire à mon public. Je mangeais, jamais à ma faim, mais je savais me nourrir. Je dormais dans des auberges peu réputées mais qui m’abritaient pour pas cher, je n’allais pas m’en plaindre. Je vivais pour la première fois hors d’un cirque, j’allais là où mes pieds le voulaient, plus jamais sur un itinéraire tout tracé. J’avais 75 ans à présent et je me sentais plus vivante que jamais, courant partout comme une enfant et m’amusant à tous les lieux où je passais. Cette errance agréable durant une année, un peu plus même, jusqu’à ce que j’arrive dans une plus grande ville, un endroit impressionnant et gigantesque : Paris. La capitale était immense, déjà, et je ne savais pas si j’arriverais un jour à en faire le tour. C’est pourtant là que j’ai rencontré une petite troupe de saltimbanques, des gens comme moi, qui voyageaient et vivaient au jour le jour. Ils étaient au nombre de quatre et m’avaient trouvée alors que je me baladais sur les toitures peu sûres de Paris. Ils m’avaient proposé de me joindre à eux et je ne voulais pas refuser même s’ils étaient Humains et moi pas. J’avais, pendant l’année, « acheté » une paire de lunettes de soleil pour masquer mes yeux qui semblaient pour la première fois inquiéter les gens que je croisais sur ma route. Mes nouveaux compagnons de route ne pouvaient dès lors pas se douter de ma race. Je m’incrustais dans leur groupe pour monter des spectacles et des shows avec eux comme je n’en avais jamais fait auparavant…

    Voyages, voyages : Nous nous laissions porter par le vent, les rayons du soleil nous montraient le chemin que nous devions emprunter et choisissaient les villages où nous nous arrêtions. C’était une vie de liberté, nous étions des oiseaux qui ne se laisseraient jamais emprisonner, des fantômes qui passaient d’auberge en auberge sans jamais s’installer. Je découvrais encore, je repassais par des villages que je connaissais déjà et je ne me lassais pas de vivre au jour le jour sans réfléchir au lendemain. Cependant, tout à une fin et dans une vie comme la mienne, des fins, il y en a beaucoup. Je gardais ma jeunesse mais pas eux, j’avais 21 ans à jamais, comme si l’aiguille du temps s’était arrêtée pour moi tandis qu’eux, 5 ans plus tard, devaient cesser cette vie « peu raisonnable ». Ils ne comprenaient pas comment je pouvais conserver le même physique et je voyais bien qu’ils commençaient à douter de qui j’étais même s’ils n’étaient pas au courant. Nous n’étions pas en France lorsque j’ai décidé de m’en aller, de les fuir pour ne pas souffrir, pour que ce ne soit pas eux qui me mettent à la porte. J’étais en Belgique, pays que je ne connaissais pas du tout et dont je ne savais rien. J’avais 80 ans et il me restait tant de choses à faire, je ne voulais pas arrêter mes shows mais déjà, je voyais la société dans laquelle je vivais qui changeait, qui n’était déjà plus la même que celle durant laquelle je suis née. Vivre de la bonté des gens n’était plus suffisant, il fallait que je trouve autre chose et je me rappelais alors de mes 5 années dans ce groupe de saltimbanques. Lorsque les jours n’étaient pas prospères, il fallait trouver d’autres choses pour vivre, des moyens moins honnêtes qui nous permettaient tout de même de manger. Je me demandais si je devais vraiment faire cela, si c’était juste d’arnaquer les bonnes gens de cette façon. C’est à ce moment que vint à moi un deuxième esprit, m’indiquant sa présence en faisant vibrer ma valise comme la première fois. Je m’isolais et l’ouvris pour découvrir que dans mon jeu de cartes, l’une d’entre elle brillait une nouvelle fois. Cette fois, le petit carton que j’extirpais était éclairé d’une sombre lumière, noircie…

    Bonjour Abygaëlle, je suis Ohanzee, je suis venu pour t’aider.

    Je ne connaissais pas bien cet esprit, les souvenirs des histoires que me contait ma mère étaient trop lointain pour que tous les noms des Esprits restent ancrés dans ma mémoire.

    -Comment cela se fait-il que vous apparaissiez dans mon jeu de cartes ?

    Je me posais la question depuis ma libération et maintenant que j’en avais l’occasion, je ne voulais pas la rater.

    -Tu as ce pouvoir, celui de nous convoquer dans ces cartes. Quand tu as besoin de nous, nous venons à toi pour t’aider.

    Sa voix était différente de celle d’Isha, elle susurrait, elle semblait plus malicieuse et plus sûre d’elle.

    -Comment voulez-vous m’aider ?
    -C’est simple, si tu me le permets, je t’aiderais à obtenir ce que tu veux, je pourrais t’aider à distraire ces gens et à leur voler leurs biens !

    Dois-je vraiment préciser que j’ai accepté ? Ohanzee m’a donné le pouvoir d’accaparer l’attention des passants pour que je puisse leur voler un peu d’argent sans qu’ils ne s’en rendent compte. Le pouvoir n’a pas duré éternellement mais je savais au fond de moi que si je le voulais, je pourrais rappeler Ohanzee et lui demander à nouveau un peu d’aide.

    Une nouvelle vie : Je suis longtemps restée en Belgique, j’y ai acheté une petite maison avec l’argent récolté souvent peu légalement et j’ai pu me poser un peu sans trop me reposer sur mes lauriers. J’entrais souvent en contact avec les Esprits de l’Autre Monde, en particulier Ohanzee, et je participais à de nombreux événements qui prenaient place à l’endroit où je m’étais installé. Je rencontrais même une Morany dans un groupe d’activistes, la seule personne monstre que j’ai pu croiser depuis que j’ai quitté le cirque. Nous avons gardé contact dans la société moderne des années 2000 et j’ai décidé de reprendre les routes quand j’en ai eu marre de vivre au même endroit. Je me promenais toujours dans la même tenue et m’attelais toujours aux mêmes activités quand un appel de la Morany me révéla un endroit où je devais me rendre pour des raisons qui me semblaient obscures. Un autre endroit où des gens comme moi, comme elle, vivraient. Ma curiosité ne s’était pas essoufflée et je commençais à me lasser de la France et de ses chemins que je connaissais déjà. Il me fallut beaucoup de temps pour gagner assez d’argent et me rendre en bateau jusqu’à cet endroit inconnu. Je n’avais pas de papiers en arrivant au port de Yasashi Koji mais mon pouvoir me permit une nouvelle fois de créer une illusion et de détourner l’attention des contrôleurs pour me faufiler dans les rues de cette nouvelle ville…

  • Pouvoir : Invoquer les Esprits de l'Autre Monde dans mon premier jeu de cartes. Si j'ai besoin de leur aide, je les prie et ils viennent pour m'aider. Je ne connais pas encore tous les pouvoirs qu'ils peuvent m'accorder via mes cartes, pour le moment, je n'ai su que me libérer d'une cage et créer des illusions de magie pour capter l'attention des gens et me permettre de les voler. Je n'ai pas invoquer d'autres esprits qu'Isha et Ohanzee mais peut-être qu'un jour, je serais amenée à en rencontrer d'autres...

~ IRL ~

  • Nom : [Leïla]
  • Âge : [17 ans]
  • Première impression : [Ce n'est pas la première mais je vais bien l'avouer, je suis attirée par ce forum comme un trombone à un magnet]
  • Comment avez-vous découvert le forum ? [Je ne sais plus comment je l'ai découvert mais c'est ma soeur qui m'en a reparlé et qui avec l'aide de Shallia, m'a redonnée l'envie de revenir]
  • Votre Parrain : [Kusum Registaan]
  • D'où provient le personnage sur votre avatar et le nom du personnage ? [Nona de Death Parade]
  • Votre Discord : [Facultatif, mais utile si vous voulez intégrer le chan sur lequel se trouvent les membres]

  • Acceptez-vous le règlement et vous y soumettez-vous ? [Oui]
  • Code du règlement :
  • Quel est le nom de la guerre qu'engagèrent les Humains face aux mythes ? :
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Esertari
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Quartier d'habitation :: Esertari
Métier :: Gardienne d'enfants
Pouvoir :: Matérialisation de contes
MessageSujet: Re: Ladies & gentlemen, the show must go on! - Aby Lun 10 Juil - 11:22
Bienvenue ou plutôt: bon retour parmis nous! Tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait plaisir que tu m'écoute une fois de temps en temps!*^^*

Bonne chance avec la suite et fin de ta fiche!!(^-^)/
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Morany
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Age : 22

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Aucun
Pouvoir :: Griffon
MessageSujet: Re: Ladies & gentlemen, the show must go on! - Aby Lun 10 Juil - 11:41
bienvenue!
un tatouage dans les yeux? sa me fait penser à l’expression; "Les yeux sont le miroir de l'âme"

bonne chance pour ta fiche sinon!
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AuteurMessage
Maire Sexire
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Age : 23

CV
Quartier d'habitation :: Humain.
Métier :: Violoniste.
Pouvoir :: Les cellules.
MessageSujet: Re: Ladies & gentlemen, the show must go on! - Aby Mar 11 Juil - 10:40
Re-bienvenue !

Même si je te l'ai déjà souhaité sur Skype, j'aime toujours le refaire ici. Oh ? Une Asura ? Voilà qui va enfin enfler les effectifs de cette race ! Parfait ! J'espère que ce personnage ci te plaira plus que ta première tentative et que tu seras avec nous au moins tout l'été.

Tu sais que tes pupilles changeront de forme dès que tu poseras tes yeux sur quelqu'un d'autre ? Et que quand tu ne regardes personne pendant une minute (je crois que c'est ça le délai...), c'est ta pire phobie qui se grave dans tes yeux ? Si tu es au clair avec ça, je n'ai rien à redire.

Bonne chance pour ta validation, même si je n'ai pas trop peur pour toi.
À très vite~

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Pourquoi mon pseudo ne colle pas à mon avatar ? Pourquoi j'écrivais en disant 'Sherlock' et à présent c'est 'Esteban' ?
Simplement car je suis censé être mort pour l'Exilé mais que je ne le suis pas... Mais chuuuuut, c'est un secret entre toi et moi...!
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MessageSujet: Re: Ladies & gentlemen, the show must go on! - Aby Mer 12 Juil - 19:38
Rebienvenu parmi nous,

Content d'avoir pu en collaboration avec ta sœur te faire revenir sur notre petit paradis. Bon aller, je vais pas continuer plus sur ce sujet, passons à l'évaluation.

Niveau orthographe, je n'ai pas vu des masses de fautes. Enfin, rien empêchant ton activation.

Au niveau de la description physique et mentale, je n'ai que peu de chose à redire. Bien écrite et bien amenée.

Histoire très bien tournée également, je ne sais trop quoi dire de négatif dessus. Je l'ai lue d'une traite sans soucis, les mots se suivent bien. L'histoire est originale et bien pensée. Sympa également d'avoir découpé en plusieurs parties ton histoire, ça permet une lecture facilitée. Juste une chose que je trouve dommage, tu n'as guère parlé du ressentis de ton personnage d'avoir abandonné sa mère dans une cage. Tu ne reparles pas plus tard de cet événement et de son impact sur ton personnage. Je pense qu'en parler aurait donner encore plus de hauteur et de réalisme à ton histoire.

Je vais pas faire trainer plus que cela. Tu auras un 7. On m'a soufflé dans l'oreillette que ton pouvoir était validé par le grand, l'illustre RB.

Félicitation et bon retour parmi nous.


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Ladies & gentlemen, the show must go on! - Aby

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