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La méfiance est la sagesse des faibles [solo]

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Morany
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MessageSujet: La méfiance est la sagesse des faibles [solo] Dim 24 Sep - 0:31



La méfiance est la sagesse des faibles
Le doute est le commencement de la sagesse.




On se promenait tranquillement dans les rues de la ville humaine, moi avec mes vêtements qui me déranges toujours autant, avec mes questions et mes doutes. Mais c’est ainsi et je sais que je ne trouverais pas toutes mes réponses de suite… Elle me suit, souriante comme toujours, son innocence et sa joie de vivre que je protège bien que durement. Elle me guide dans ce monde comme je l’ai guidée dans le mien par le passé… Et comme elle a fini par me comprendre par mes silences, je m’approprie les use et coutume de ce monde si moderne… Ho, je suis bien loin de tout assimiler ou même, apprécier, mais je dois bien essayer, pour elle et cet endroit où à présent l’on demeure. Je sais que pour beaucoup, je dois paraitre bête, sauvage bien que pour cela, ce n’est pas vraiment faux, mais ce que les autres perçoivent comme de l’idiotie est bien souvent une sagesse incomprise. Mais je ne dis rien néanmoins, je ne cherche pas à prouver qui je suis… Si des personnes veulent me rabaisser, grand bien leur fasse, cela voudra surement dire qu’ils ont quelque chose à compenser. Beaucoup m’évite, s’éloigne de moi à cause de mon allure actuelle peu engageante ; ongles rongés, parfois rougis de sang à cause de ma mauvaise habitude, des cicatrices sur mon corps plutôt maigre, ma pâleur et mes attributs animaux. Une apparence donc plutôt effrayante, surtout de loin, une apparence n’incitant personne à m’approcher, bien au contraire, inspirant la méfiance quand mon côté griffon illustre la beauté et la liberté. Cela ne dérangeait nullement Espoir bien sûr, elle était habituée à tout cela… Malgré nos âges, surtout elle, quand j’y réfléchis, je me dis que finalement, ça fait déjà longtemps que l’on se connait.

J’apprends aussi que ce monde-là a beaucoup d’aprioris, que cela soit à l’intérieur même d’une race ou entre espèce. La panthère nous avait raconté le grand drame d’il y a 400 ans, pas un comte, la réalité. Plus j’y pense, plus je m’instruis et plus je vois les indices perdus dans les abimes. Non, ça ne s’est pas passé en un jour, c’est venu progressivement et seul le grand final a été nommé, pourquoi ? Personne n’a jamais cherché la raison de cette menace… Peut-être la peur ? L’envie ? Je trouve ce passé bien obscure et plus j’y réfléchis, plus il parait évident que les humains ne sont pas seul à avoir oublié, les mythes aussi… Je suis là, cette île aussi, les survivants n’ont pas survécu tous seuls. Ils se sont sans doute battus, mais… Je regarde Espoir ;

L’envie et la peur sont communes à chaque race, la réaction à toute menace… Mais parmi la tourmente, il existe et existera toujours des résistants. Non, il est impossible que l’ensemble de l’humanité se soit rebellé, chaque individu est très différent de son voisin. Surement que la majorité nous à crains, à tuer les ancêtres de chacun, mais au fond, je sais aussi que certains les ont aidées à survivre. Peut-être ai-je faux et que l’humanité à juste beaucoup changer entre-temps, mais je le sens au fond, que je touche du bout de la griffe, la vérité cachée. Surtout que, ce n’est pas la seule évidence, je ne pense pas que le passé des mythes soit tout beau tout rose non plus. Chaque action a des conséquences, je ne pense pas que les hommes ayant orchestré ce massacre se soient levés du jour au lendemain avec cette idée-là. C’est surement le résultat de plusieurs escarmouches, de tension, de politique. Ce monde est si compliqué ; peut-être est-ce son manque de simplicité, d’altruisme qui la mener à cette catastrophe.

Peut-être aussi que je réfléchis trop sans pour autant en dire beaucoup, mais je pense que c’est mieux ainsi… On a fini par nous prévenir que supposer était aussi dangereux qu’être, néanmoins, c’est surement être qui nous amène à supposer. Un peu comme la vie nous amène à réaliser que la mort existe, et non l’inverse, car les morts ne parlent pas. On finit par passer devant une bien étrange demeure, ressemblant un peu à un temple japonais que j’ai déjà vu dans des magazines. Une douce mélopée, un parfum nous rappelant que l’on avait faim… Je suis curieux, surement est-ce impoli du point de vus des hommes de s’aventurer ainsi…
Mais j’ai toujours été davantage animal qu’humain.


Alors j’y vais alors que mon amie dit vainement que ça ne se fait pas, mais je suis distrait… En plus, à présent, dès que je la regarde, je souffre en silence par l’incertitude de sa sécurité à mes côtés. J’actionne la porte, entre, une table basse, beaucoup de bibliothèques, une marmite et un vieux qui me regarde avec de grands yeux. Ses traits sont en accord avec l’architecture de la maison, mais son expression surprise marque qu’il ne s’agit pas d’une statue de cire. Il a les pupilles bleutées, une cicatrice traversant le milieu de son nez…
« -Pardon monsieur de cette intrusion… Allez viens Plume, ça ne se fait pas de rentrer chez les gens comme ça. »
Surprise passez, l’homme a son regard porté sur mes attributs animaux et un petit oiseau bleu vint se poser sur son épaule. Espoir elle, vit que j’étais très intéressé par la nourriture à proximité. Elle me tira donc davantage en arrière, surement offusquée de ce que je faisais. Je la fixe un moment, lui signifiant clairement notre intérêt dans cette entreprise. Elle me répondit par un air qui voulait dire « n’y pense même pas ».
« -Il n’y a pas de mal. Et maintenant que vous êtes là, affamé, semble-t-il, venez partager notre repas.
-Mais on n’a pas d’argent.
-Votre compagnie suffira largement, surtout que votre ami ne semble pas vouloir vous écoutez et semble ignoré les use et coutume essentiel. Cela me rend curieux. »
Répondit-il avec un sourire. La pression sur mes vêtements se relâche… Je mets un pied en avant…
« -Mais je n’aimerais pas vous ôter le pain de la bouche.
-J’en fait toujours trop de toute manières. »
Je me fige, il y a un rideau beige sur un des côtés de la pièce, une petite fille s’y cachait, des fleurs discrètes dans les cheveux. Elle semblait aussi curieuse que timide. Je penchais la tête d’un côté, m’accroupis alors que mon amie me lâchait complètement. Je me dis que je serais moins intimidant ainsi….
« -Dans ce cas, je crois que je n’ai plus d’argument.
-Il semblerait. »
Le papy savait y faire avec Espoir, se prenant au jeu. Il vit enfin que je regardais autre chose que sa nourriture.
« -Ho, c’est Aoi Mori, ma fille bien qu’elle soit assez timide. Je me nomme moi-même Shun Mori, immigré japonais comme vous l’avez sans doute remarqué par mon accent. Puis-je savoir comment se nomment mes invités ?
-Oui, bien sûr, oui. Je suis Espoir Griffin et le grand bêta qui m’accompagne, Plume Ocean.
-Ce n’est pas très sympa pour ton ami. »
Et il éclata de rire. C’était peu naturel.

Enfin bon, on avait fini assis en tailleurs devant la table, des sortes de mixture composée surtout d’eau aromatisée et d’ingrédients bizarres comme des sortes de pattes. Mais cela avait l’air délicieux, a l’odeur au moins. On avait dû enlever nos chaussures à l’entrée, nous obligeant à nous promener pieds nus… Dès que j’avais enlevé quelques menus accessoires que je n’aimais pas trop, comme mes gants, le vieux avait directement regardé les plumes de mes mains. Toutes ces observations avaient même l’air d’inquiéter mon amie qui semblait hâtive de partir d’ici. Pour la petite, cela avait duré une éternité avant qu’elle ne sorte de sa cachette, après de nombreux encouragements de son vieux père. Enfin maintenant, elle me fixait plus qu’elle ne mangeait et ne m’adressait pas la parole. En tout cas, lui était réellement curieux sur nous.
« -Alors, d’où venez-vous ? Vous ne semblez pas d’ici non plus.
-On vient du continent, dans un coin paumé pour résumé.
-Est-ce pour ça que votre ami agis comme un sauvage ?
-Heuu, c’est que…
-Et tous ces attributs qui semblent être aussi réaliste qu’animal.
-Oui, enfin non. C’est un déguisement…
-Il ne parle pas beaucoup, est-il malade ?
-Non, je ne crois pas.
-Vous en êtes donc incertaine. Muet peut-être.
-Je ne parle que quand c’est nécessaire. »
J’avais finir par dire dans cette conversation trop rapide à mon gout. En tout cas, cette sorte de soupe était délicieuse. Enfin, ça ne vaut pas la viande crue ou les légumes frais de la nature, mais bon, à part ça… Enfin bon, ça le fit de nouveau sourire, il ne lui faut pas grand-chose. Il dit néanmoins autre chose avant que plus calmement, les interrogations reprennent ;
« -Pourtant, manipuler les mots évite souvent bien des conflits.
-Et vous, vous vivez donc seul avec votre petite fille ? Si ce n’est pas indiscret.
-Ho non, j’ai aussi un fils, mais je le vois rarement à la maison. Il semble me détester et je ne peux pas l’attacher à cette pauvre demeure. Il dort souvent chez des amis, j’essaye de le guérir de la haine et de la rancune, mais c’est compliqué lorsque l’on vous déteste.
-Excusez-moi…
-Ho, il n’y a pas de mal, ce sont des choses qui arrive.
-Pourquoi tant de haine ?
-Plume, voyons…
-Ce n’est rien, ma femme est morte il y a un peu prés sept ans. J’étais là quand elle a été tué, c’était un individu avec un regard de loups, il devait bien aimer les déguisements lui aussi.
-Ha heu, bah, on devrait y aller… Mes condoléances.
-Dormez donc ici ce soir.
-Oui, oui. »
Elle était devenue livide, mais moi, qu’importe où je regardais dans les yeux de cette individu nourrissant son oiseau bleu, il n’y avait pas de trace de haine, juste de tristesse.

Finalement, on dormait donc ici, dans une pièce avec deux matelas à même le sol. Mon amie ne faisait que trembler, on avait fini par coller nos lits provisoires ensemble. Elle s’était blottie contre mon torse, les mains froides.
« -Je ne veux pas que ça recommence, pas ici. »
Je fis un petit roucoulement rassurant… Je ne sentais aucune menace venant de ce vieillard et même si mon instinct me trompait, mon corps lui, saurait faire avec. Je ne suis pas balèze, plutôt maigre, même avec mes muscles fins, mais je ne me suis déjà battue par le passé et je recommencerais s’il le faut. Je m’étais mis à poils, elle était habituée et cela ne l’avait donc pas gênée… Doucement, je pris ma forme de griffon, mes plumes la réchauffant dans sa détresse apparente.

Spoiler:
 



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Morany
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MessageSujet: Re: La méfiance est la sagesse des faibles [solo] Dim 1 Oct - 2:19



La méfiance est la sagesse des faibles
La compréhension est un chemin vers la sagesse.





La lumière me chatouillait le bec à travers les volets fermés, indiquant une belle journée. J’ouvre les yeux, pousse le visage mouillé d’Espoir ; elle avait donc fini par réussir à s’endormir bien que cela n’avait pas semblé simple en fin de compte. Elle est si fragile, un coup de vent pourrait la balayer… Mais c’est pour ça que je suis là… Bien que parfois je doute de mon utilité, de ma protection, je ne faiblirais pas sur ce point… En effet, même si je me retrouve gravement blessé, au bord de l’agonie, je n’abandonnerais jamais ceux à qui je tiens, surtout elle. Et si elle est blessée, je la prendrais sur mon dos, m’envolant gracieusement ou courant dans les bois tels un lapin traqué par ses prédateurs. Cela peut sembler dérisoire, mais l’est-ce vraiment bien plus que la cupidité des hommes ? Une cupidité qui semble amener bien plus de malheur que de bonheur.

C’est surement aussi ce qui me rend différent d’eux à part mon instinct ; je ne pense pas à m’enrichir dans le seul but de m’enrichir ou de possédé pour posséder…. Non, je pense à ce que je risque de perdre avant ce que je risque de gagner, je réfléchis à mes actions, savoir si cela en vaut la peine. Si je conquis un territoire qui m’est confortable, je ne vais pas chercher à en avoir davantage au risque de conflits ridicule et futile. Mais bon…. Cela fait surement partie des choses que je ne pourrais jamais comprendre.
Je souffle sur une mèche de cheveux noirs de mon amie et confidente. Elle finit enfin par ouvrir son magnifique œil noir, se le frotte. Je ne connais pas beaucoup cet univers, venant de la nature primaire, mais j’ai parfois la sensation de l’avoir privé de bien des choses avec notre rencontre. J’ai bien entendu perdu la plupart des êtres que j’aimais, mais je trouve cela futile de haïr pour un fait qui doit souvent se répéter dans le temps à cause de ce monde. La liberté semble être un luxe dans le monde civilisé… Et je ne suis même pas sûre que ces êtres qui s’en privent s’en rendent compte. Courir, amasser, dépenser, l’excès, les yeux dépeints de toute moralité sont les choses que j’ai le plus vues. Que cela soit ici ou ailleurs en plus… Après tout, même cette île semble être tombée dans ce cycle infernal… Pour protéger, ils s’oppriment et oppriment les autres de moral non réfléchi, se contentant de répéter…. La civilisation rend-elle idiot ? Dans la nature, j’ai appris à résonner bien plus qu’à mémoriser. On entend si peu les rires et les cris de joie, le chant des êtres heureux….
Elle me fixe, revenue un peu plus à elle, réalise ma forme actuelle, sa tranquillité envolée, s’agite, panique inutilement ;
« -Plume ! t’est fous ou quoi ! et si…
– Salut les jeunes ! »
Espoir se fige, comme si son pire cauchemar se réalisait. Ce n’était peut-être pas judicieux de ma part, mais je ne pouvais faire autrement, je dormais presque toujours sous cette forme sous laquelle je suis née. Et puis, se serait-elle endormie autrement ? Elle aussi est habituée à se reposer au chaud dans mon plumage à la profonde pureté.


Le vieil homme me fixe un moment, je le regarde, il n’avait pourtant pas l’air si surpris que ça. Cela en était même étrange, mais vais-je vraiment m’en plaindre ? Espoir se débloque, commençant à un peu trop paniquer sous mon soupir. Tu sais très bien ce que je ferais si cela tourne vraiment mal… Enfin, le tuerais-je vraiment alors qu’il a une fille si jeune ? J’hésite, cela me n’arrive pas souvent pourtant.
« -Monsieur, je vais vous expliquer, ce n’est pas ! ce n’est vraiment pas…. C’est…
-Houla, calmer vous mademoiselle, respirer. »
Quand j’ai dit qu’il n’avait pas l’air surpris, je n’ai pas menti.

Après que ma confidente est reprise son souffle et qu’elle s’est mise devant moi de manière inutile, il vint et s’assit devant nous avec un sourire. Je vis une petite fille nous observant, cacher plus loin.
« -Ne vous inquiétez pas voyons. Je ne veux aucun mal à votre ami.
-Mais vous avez dit hier…
-Oui, ma femme est morte. Mais, dis-moi, si un chien te mord, voudras-tu la mort de tous les chiens du monde ?
-Nan, j’imagine que non.
-Pour moi, c’est pareil, je ne vais pas condamner toute une population par le fait de quelques-uns. J’y ai certes perdu ma femme, mais voudrait-elle que je devienne le même monstre que celui qui l’a tué ? Non.
-Il est rare que les hommes ne parlent pas de vengeance.
-Noble griffon, qu’est-ce que la vengeance ? N’est-ce pas une tentative désespérée de réparer un cœur abimé par des moyens douteux ? Tu es d’un blanc très pur, mais même l’oiseau le plus pur attaquera celui qui le prive de ses petits.
-Peut-être, je l’accorde. Mais il suffit de protéger, j’ai sans doute déjà connu la vengeance quand j’y réfléchis, mais le but est souvent différent de la plupart des hommes que j’interroge.
-Et quel est-il ?
-Protéger les êtres à qui je tiens. Vous êtes très sage de parler à un être comme moi si le précédent vous a fait tant de mal.
-Je ne sais pas si c’est de la sagesse ou la patiente d’apprendre. L’un n’exclut pas l’autre bien sûr, mais je pense qu’il vaut mieux comprendre que de s’arrêter à son propre savoir.
-C’est pourtant parfois très dur… »
Il est rare que je parle de moi-même à un inconnu, mais il m’intriguait.

Il semblait patient, sans haine infondée, cela me poussait à la curiosité… Et puis, il me ressemble un peu, j’imagine : ce n’est pas parce que j’ai perdu ma famille que j’ai condamné tous les humains du monde, Espoir en est la preuve. Peut-être réussirais-je à en apprendre un peu plus avec lui ? Après, malgré son silence récent, je sentais mon amie encore troublée, je lui lançais un regard pour l’incité à exposer sa tourmente, mais elle me fit un signe de mains de continuer. J’imagine qu’elle ne fait pas confiance à cet individu, ça se comprend, mais d’un autre coté ; on est piégé chez lui, même si on voulait partir, il faudrait lui passez dessus, mais je ne vois pas de raison de le faire alors qu’il ne nous menace pas. C’est d’ailleurs assez plaisant… Je veux dire, j’ai déjà vu des regards indifférents, menaçant, hypocrite à juger sans connaitre, indifférent, moqueur ou même ignorant ; les yeux bleutés devant moi ne rentrent dans aucune de ses catégories. Ce n’est pas un don de mon animal, justes que quand l’on vient d’un monde vierge, on voit rapidement les artifices de la vie en société et les messages muets que les uns disent aux autres. Car dans la nature, vivant dans l’instant présent, ne pensant pas à grand-chose qu’aux choses essentielles, il n’en dégage que des regards sincères. Le sage avait fermé les yeux, réfléchissant, pendant un moment avant de finir par prononcer ;
« -Changer de mode de vie est de base très difficile, comme son mode de pensée. Changer de pays ne semble pas grand-chose, mais le choc de culture est éprouvant pourtant. D’où viens-tu ?
-Je viens d’un lieu sans béton, ni route, ni misère, ou on prend la vie dans son sens primaire sans en ignorer les aspects compliqués. Je viens d’un lieu où les parures sont inutiles, où la fin donne parfois un début, où tout est plus simple.
-Il existe encore de tels lieux dans notre monde ?
-Oui, si on prend la peine de chercher.
-Tu as bien de la chance alors… Les populations ont tendance à visiter tout lieu, même ceux où ils ne sont pas les bienvenus… Et les secrets ne restent pas longtemps.
-Je confirme, sinon, je ne serais pas là.
-Mais pourtant, tu sais parler.
-Les origines de ma famille sont lointaines, mais surtout, j’ai eu une mère qui connaissait le coter obscure de ce monde. Mais les événements nous ont obligés à nous y aventurer, bien qu’en nombre diminué hélas.
-Je suis désolé, tu es donc aussi en deuil de ce que tu as perdu.
-Cela fait maintenant longtemps, je suis passé à autre chose, il ne sert à rien de se remémorer un passé douloureux. Je préfère préserver ceux qui sont encore en vie que déplorer ce qui n’est plus ici.
-Vraiment ? Pourtant, ta voix est encore troublée. Et je pense que l’on peut se remémorer le passé sans y succomber. Il ne s’agit pas de se souvenir de la mort des êtres aimés, mais de chérir les sourires qu’ils nous ont laissés. C’est parfois dur, je le conçois, mais c’est ainsi que l’on peut aller de l’avant sans oublier et sans haïr à mon avis. »
Il n’avait pas tort… À chacun, leur mort n’a duré que peu de temps par rapport aux rires dont je suis capable de me souvenir.

Je commençais à avoir faim et mon ventre le fit rapidement savoir. L’interlocuteur éclata de rire.
« -Je crois qu’il est temps de cesser les questions et d’aller se restaurer.
-Donc cette situation ne vous dérange vraiment pas, vous n’avez pas peur ?
-Je ne sais pas si je devrais avoir peur de vous, je ne le saurais que quand je vous connaitrais mieux. »
Mon amie ne semblait pas en revenir, mais ne l’a-t-elle pas dit un jour ; qu’elle ne devait pas être seule ? Ne devrais-t’elle donc pas être heureuse ?


On est à table, j’avais repris ma forme de faiblard, sous l’insistance de mon amie alors que pourtant, le vieil homme n’avait pas été dérangé par mon existence naturelle. Je faisais à moitié la tête du coup. On se demande bien pourquoi tien. Mais cela n’avait pas échappé au sage.
« -Pourquoi faites-vous la tête cher griffon ? »
Je ne réponds pas, la vérité ne semble pas déranger la petite fille. Elle avait juste fini par m’approcher, touchant les plumes de mes ailes et souriant à présent. Le grand-père nous avait glissé qu’elle trouvait que je ressemblais à un ange.
« -Il n’aime pas trop sa forme actuelle.
-Pourquoi ça ?
-Je ne vois pas pourquoi je ne dois pas prendre la forme avec laquelle je suis née.
-C’est une question forte intéressante. Pourquoi ton amie veut que tu la prennes ?
-Pour être discret d’après ces paroles. Mais je peux très bien me défendre ou fuir si besoin, ce corps est si faible.
-Pourtant, dans ce corps, tu peux davantage protéger sans effusion de sang. Se battre ou fuir, dans ce monde-là, n’est pas le choix le plus judicieux.
-J’avise en temps voulu.
-Je vois, mais tu ne pourras pas toujours tout prévoir. Votre prudence en est la preuve, surtout celle de ton amie. C’est ce que vous êtes est un tabou pour notre société, d’un côté comme de l’autre, non ? Alors, le jour ou ton ennemi sera plus rapide que toi, car tu auras trouvé ce corps trop faible, que feras-tu ? »
Je n’y ai jamais pensé, je l’avoue, je me tais, je ne vais pas dire ce que je ne sais point. C’est vrai, je cherche à la protéger, mais ai-je déjà fait un effort ?

Suis-je à la hauteur de sa pureté ? De ses inquiétudes ? Mes plumes sont-elles vraiment si blanches ?

Voyant mon silence et mon regard déporté sur Espoir, il reprend.
« -Sous cette forme, tu peux te faire entendre, ce monde marche beaucoup aux apparences après tout. Durant mon voyage, de mon pays natal jusqu’ici, j’ai eu droit a beaucoup, de racisme, cela parait ordinaire pour beaucoup. Et en plus, certains ne s’attendront peut-être pas à ce que tu aies, gardant la forme que tu avais à ta naissance pour un moment plus propice. Parfois, pas grand-chose, jouant sur les règles du monde où on vit, peuvent permettre d’accéder à de grande chose.
-Tout ce que je demande, c’est d’arriver à protéger ceux qui me restent, rien de plus.
-Tout le monde désire ça au fond, la différence de chacun est le moyen d’y arriver.
-Qu’elle est la bonne façon d’y arriver.
-Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon. Peut-on juger un homme qui cherche juste à faire le bien, à protéger ? Peut-on en vouloir à un homme de ne pas vouloir pleurer après ?
-Pourtant, il y a encore des guerres inutiles.
-Pour ceux qui se battent, c’est une question de protection. C’est le discourt que tien leur dirigeant pour les pousser sur le champ de bataille, telle une rivière en crues. Mais on ne peut pas tout savoir. »
Effectivement… Mon amie me regarde, je suis dans mes pensées, elle le devine aisément. On continue le repas en silence. Le vieux nous invite à rester plusieurs jours, que ça lui ferait de la compagnie et ma confidente, détendue à présent, accepte.

Toute la matinée, on squatte, la petite finit même par venir nous parler directement, bien que timidement. On joue un peu avec elle, sous ma forme animale, je la laisse me monter dessus, jouer sur mon dos. Je suis naturellement bienveillant, mais est-ce vraiment vrai ? Je réfléchis à tout cela…
Doit-on vraiment être en faisant semblant de vivre ? Est-ce le prix à payer pour faire ce que l’on veut.
J’ai rencontré des gens sur cette île, mais ces mêmes personnes se battent, pour un oui, pour un non, quand ce n’est pas pour un peut être. Pourtant, au fond, je désire protéger tout ça et surtout, changer, brisé certaines continuités pleines de fatalité. Surtout quand je vois cette petite… Quand on parle de plante, des dents grincent ; mais les petits ne connaissent pas cela naturellement, ce n’est que les adultes qui le leur apprennent. On les oblige à haïr au nom d’un passé qu’ils n’ont pas vécu, au nom d’une réalité qui pourtant, a changé. Ces mêmes petits qui se retrouvent parfois sans parent à cause de bataille puérile des grands. Qui sont les plus sages finalement ? N’est-ce pas les nouveau-nées ?


Mais au bout d’un moment, on entend une porte s’ouvrir, celle de l’entrée, une odeur de fumée.
« -Chui rentrée.
-Bonjour mon fils.
-Lâche-moi ! »
Une inspiration, on finit par le voir, le fameux Yûto Mori. Comment le décrire ? Des yeux bleus, les cheveux aussi ainsi que les ongles. Une démarche nonchalante, une insolente que même moi peut sentir, un peu perdue aussi, il empeste… Il tourne la tête, me voit.
« -Que… ? Que fait-il ici !!!??? Qu’est-ce que cette chose fout ici !
-Voyons Yûto, tu n’es plus à ça près quand même !
-Toi, ne me parle pas !! Viens Aoi, éloigne-toi de cette chose !! »
Hummm, je pousse du bec la petite fille, hésitante, ce n’est pas la peine de le stresser plus. Enfin, je vais essayer de parler, comme me la conseillé le vieil homme.
« -Bonjour, je ne souhaitais aucun mal à ta sœur. Je suis…
-Je m’en fous !!! Et vous ne savez faire que ça, tuer !!! VOUS AVEZ TUÉ MA MÈRE ! Putain ! Vous êtes tous les mêmes !! Je vais vous dénoncer à la communauté scientifique, à la police tien !
-Non, pitié !
-Ne fait pas d’action irréfléchie mon fils ! Va jouer dehors Aoi s’il te plait ma chérie. »
Elle le fit. Parler ne semble pas marcher, il y a des exceptions à la règle ? En tout cas, le ton avait monté…
« -TOI, LÂCHE-MOI !!! TU TRAHIS NOTRE MÈRE EN GARDANT CETTE, CETTE CHOSE ICI ! Surtout que la situation pourrait s’améliorer.
-Le jeu en vaut vraiment la chandelle ?
-Bine sûr que oui !! Mais reste dans ta merde ! »

Pourtant, ce n’est pas le père qui sent la cigarette. Il sort rapidement, je vois, le vieux est désolé et Espoir, traumatisé. Je change de forme, reprends mes vêtements.
« -Tu vas où, c’est dangereux ! »
Je la fixe. Ces yeux deviennent suppliants, son corps se relâche, je regarde le vieux.
« -Je reviens, pourriez-vous la garder en sécurité ?
-Tu es sûre de toi ? Ce n’est pas prudent.
-Si je reste ici à ne rien faire, cela ne sera pas juste une question personnelle.
-Sois prudent. »
Je lui fis un signe de tête de remerciement.


À peine sortie, je suis frigorifié, mais j’ai l’habitude de la pluie. Je le vois plus loin, je cours, le vieux à raison, bien que je le souhaite, je ne peux pas toujours recourir à cette forme que j’affectionne. Je mets ma main sur son épaule, il se retourne et furieux, me décoche un coup de poing. Je le fixe, grogne.
« -Vous ne savez faire que ça de toute manière… »
Sa détresse, elle a déjà été présente dans mes yeux un jour bien que je l’ai utilisé par la suite pour ne pas perdre de nouveau plutôt que de finir dans ma haine. Il s’éloigne alors que les gouttes d’eau glissent le long de mes joues, de mes cheveux, de mes vêtements trempés… De ma peau, de mes plumes, de mes poils, je n’avais pas une seconde couche dans la nature, mais cela me procurait un bonheur aussi intense, voire plus, car je n’étais pas ainsi et surtout, à cette époque, je n’avais qu’à attendre le soleil. Mais c’est peut-être à moi de l’amener aujourd’hui, cet astre lumineux. Je dois le chercher, je regarde partout, croise des enfants, des adultes, des vieillards… L’âge, le temps fait changer les regards, la société en ai responsable, la haine aussi, celle-là même qui doit remplacer le savoir.
Je finis par le retrouver à attendre devant un bâtiment, je le rejoins. Je ne le touche point, me contentant de lui parler fermement derrière lui, le laissant se retourner.
« -Si tu comptes vraiment faire ça, je devrais te tuer, ça ne change rien ?
-Vous ne faites que ça de toute façon, vous avez dit pareil à ma mère ?!
-Je pourrais te dire pareil pour toute ma famille que je n’ai plus si je suis ta logique. Vu qu’un de ton espèce est responsable d’un massacre, devrais-je aussi te haïr vu que tu en fais partie ?
-Quoi ?! Cela ne change rien !
-Vraiment ? Veux-tu devenir un meurtrier ?
-Ça ne m’empêchera pas de dormir !
-Vraiment ? »
Je le prends par le col de son haut, le trainant alors qu’il se débat. Il me met des coups, cela fait mal, mais je dois lui montrer, ce que j’ai vu en le cherchant. Il m’en met un dans l’estomac, mais on est arrivé. Alors que je m’accroupis de douleur, il voit.

Sa petite sœur jouant avec d’autres enfants sous la pluie, innocentes. Il y en avait un avec des attributs animaux, un autre avec des teints anormaux, des enfants… Il n’y a pas de frontière en réalité, ce n’est que les adultes qui en construisent.

Il me regarde, des larmes qui se distinguent malgré l’eau naturelle.
« -Qu’est-ce que ça change ?
-Tu veux vraiment faire ça ? Tu veux donner le désespoir à ta sœur, lui offrir le spectacle de la tombe de ces amis ? Tu veux que voyant ce qu’a fait son propre frère, elle mette fin à ces jours, si elle n’est pas tuée ?
-Il ne la tuerait pas, il ne ferait pas de mal aux enfants.
-Vraiment ? Tu sais ce que sont capables de faire ceux de ma race et je sais ce qu’est capable de faire la tienne… Arrête de te trouver des excuses, la guerre, voilà ce que tu t’apprêtes à déclencher. Tu veux me tuer ? Vas-y, si ça te soulage, devient celui qui ta mener a ça !! Mais ne sois pas hypocrite en devenant aveugle quand ça t’arrange !
-Pourquoi je devrais t’écouter, sale monstre ?
-Ne m’écoute pas moi, mais plutôt ceux qui t’aiment et qui veulent te protéger. Ne veux-tu pas plutôt les voir heureux et fiers plutôt que terrifiés pour ce que tu es devenue ? »
Il réfléchit, fixe longuement sa petite sœur. Tourne le pas vers sa maison, il rentre, moi, je prends un moment avant de revenir. Je dois le surveiller, rien n’est sûr après tout…


Revenu, je m’étais mis à l’aise sous ma forme bestiale, Espoir s’occupait de moi, le teint sombre. Elle me caressait, je lui donnais des coups de bec en mode « ça va aller », j’aie eu droit à de l’eau aromatiser en plus de serviettes. La jeune passe, m’adresse brièvement la parole.
« -J’ais changer d’avis pour l’instant, mais je te déteste quand même, je ne pourrais jamais pardonner à ceux de ton espèce. Si tu fais du mal à ceux que j’aime, tu sais ce qui t’attend !
-Toi de même. »
Je sens une pression sur mes plumes…. Espoir…




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La méfiance est la sagesse des faibles [solo]

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