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Quand les rossignols chantent (solo)

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Zéphyr
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Age : 25

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Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Officieusement assassin
Pouvoir :: Ange Déchu
MessageSujet: Quand les rossignols chantent (solo) Dim 10 Déc - 0:36


Quand les rossignols chantent




Le bruit d’oiseau chantant encore, bien que timidement alors que le froid s’installe… J’ai mal, je sens encore ma faiblesse dans mon lit, je vois Vent Funeste du coin de l’œil, dormant en haut d’un meuble. Je reconnais la mélodie d’un rossignol… Il faudrait probablement que je bouge, mais je repense à mes plus récentes aventures ; une guerre, une fille de feu les Gemmas mais surtout… Cassandra. Pourquoi renoncer à ma mort, tu aurais pu facilement m’achever non ? N’aurait-ce pas été mieux pour tout le monde ? Sans doute qu’encore une fois, tu as compris qu’il reste une plume blanche préserver au fond de ce cœur si faible. Une larme coule le long de ma joue alors que je pouffe de rire aussi discrètement que possible. Une fois, on m’a dit que bien que mes pupilles ne soient pas fendues, je dégageais l’aura d’un chat sauvage… Des yeux jaunes, les mêmes que lui, deux chats et une souris liée par le destin.


Au fond, si je suis comme ça, si je la haïs autant, ce n’est pas par son humanité… J’ai grandi à ses côtés après tout… Non, je la déteste, car elle me barre la route sans me tuer, semblent encore croire naïvement à un miracle… Alors je m’éloigne, oui, je m’éloigne et l’éloigne de cette folie qui me ronge autant qu’elle m’apaise… Je l’éloigne du danger que je représente… Je ferme les yeux, il y a des souvenirs qui me ronge, me font croire qu’aujourd’hui, je suis mort… D’une certaine façon, c’est vrai, je n’aurais pas survécu sans son sacrifice, mais ce n’est pas seulement mon cœur originel qui est parti ce jour-là… Il avait aussi emmené tout ce qui faisait de moi, moi, que ça soit mes sentiments ou mes ambitions. Notre innocence… Une histoire que les rossignols chantent quand ils côtoient les cimetières.




J’avais 11 ans.

Je me lève, une belle journée en soit, la Bretagne… Les autres enfants s’éveillent doucement, mais on entend déjà mère Cave arriver avec ses gros sabots… L’inquiétude gagne comme chaque matin les yeux des orphelins, enfin, presque toute. J’entends la fenêtre de notre étage s’ouvrir difficilement. Les filles et les garçons sont séparés, mais ça ne nous empêche pas de retrouver Cassandra presque toujours. Je souris en voyant mon frère m’attendant sur le bord.
« -Tu viens ? »
Son sourire était sincère autant que le mien, cheveux noirs comme les miens, bien que lui avait une plume blanche dans ses cheveux. Ses yeux aussi jaunes que moi sont joyeux et protecteurs… Ça fait un an que mes problèmes de cœur ont commencé, il s’inquiète sans cesse, quand les autres nous ignorent et nous maltraite… Tout ça, car une plume orne nos cheveux et aussi peut-être, car l’on ressemble davantage à des sauvageons qu’à des enfants. On porte souvent les mêmes vêtements l’un comme l’autre, ce qui n’aide pas à nous différencier l’un de l’autre… Heureusement que nos plumes ne sont pas de la même couleur, j’imagine. Pourtant, ce n’est pas la seule chose qui nous distingue, notre personnalité et notre santé y contribuent aussi. Il réussit souvent là où j’échoue, il peut courir quand je ne peux que le suivre en marchant… Oui, c’est mon frère, serais-je à sa hauteur un jour ? Malgré tout, Cassandra, elle, nous a toujours prit à part égal, sans me rejeter, sans préférer mon frère, elle a toujours été là… Les pas se rapprochent, les enfants les plus éveillés nous regardent avec de grands yeux… La plupart sont remplies de haine.
Je ne me fais pas prier, je le rejoins, un arbre n’est pas loin de la fenêtre, il saute habilement dessus, j’essaye de le rejoindre. Je me loupe, mais une main me rattrape… On descend facilement, il m’aide plus que je le fais moi-même. On entend déjà les cris de mère Cave de là ou on est, à croire que l’on est en prison et qu’il s’agit de la gardienne. Un rossignol chante dans les branches de l’arbre… Tout comme un autre trouble-fête à part nous, même si lui est bien vu ;

« -Vous vous faites encore la malle, je me trompe, les bouseux ?
-Heuuu…
-Ça te dérange ? »
Il a 16 ans lui, beaucoup disent qu’il restera tout le temps à l’orphelinat à cause de son sale caractère et qu’il sera clochard… Ses yeux sont assassins… Il y a du sang sur sa main… Il voit que je fixe ce détail, lève son poing, la terreur m’adresse la parole.
« -Il y a une ferme pas loin, avec des poules, tout ça tout ça.
--Mais ça ne va pas !
-Quelque chose te dérange, l’anormal ? Fait gaffe, peut être que le prochain pigeon… Ça sera toi !
-Il s’excuse, on s’en va. »
Un air menaçant, nos plumes à nouveau fixées comme critère sélectif de notre discrimination qui serait justifiée d’après certains… Et dire que la tyrante des lieux le protège, on est entouré de prédateur, mais mon frère sait lesquelles sont les plus dangereux…

Mais alors que l’on pensait filer, de nouveau, il parle…
« -Vous devriez faire comme moi vous savez, si un jour, vous êtes adopté… »
Je n’ai pas besoin de le voir pour sentir son sourire.
« -Vous serez séparé. »
Un froid frôle mon dos.




J’émerge… Si tu avais su à cette époque… Peut-être que tu aurais cessé de faire ta terreur… On n’a pas besoin d’être adopté légalement pour être séparé… Sans doute avons-nous été qu’une seule et même personne, mon frère et moi. Une partie bénite se trimballant avec une part maudite.
Si aujourd’hui, je me retrouvais devant toi, te tuerais-je ? As-tu toi aussi changé, en bien, en mal ? Es-tu encore en vie ? J’espère que non, le passé reste le passé et mon présent se fait un plaisir de l’éliminer dans la peine et la douleur. Tu tuais des animaux, que ce soit ceux des fermes avoisinantes, les rats, les oiseaux et tellement de bestioles… Mais moi, je tue les hommes et les femmes, tu étais recouvert de sang, moi, ma baignoire en est remplie. L’odeur de moisie de certaines planches, un peu comme celle de cet orphelinat du désespoir.




Il continue… Mais ce n’est pas une nouvelle menace, il est aussi bien notre terreur que notre preuve de notre lien de sang.
« -Vous êtes arrivé une nuit d’orage, deux nouveau-nées dans un même panier… C’est un signe ça non ? Vous pourriez être mes serviteurs…
-Merci de l’offre, mais on n’en veut pas.
-Bha, je me contenterais de la fille alors, hein les emplumé. »
Il était bien plus grand que nous, mon frère savait que c’était uniquement de la provoc. Mais moi, je mordais à l’hameçon, trop émotif, comme à chaque fois.
- « -Tu n’as pas intérêt à la toucher !
-Ta dit quelque chose le merdeux ? »
Il s’approche de moi, je suis paralysé de stupeur. Je n’aurais pas dû l’ouvrir. Il ne me prévient, se contente de me prendre d’une main pour m’envoyer plus loin avant de m’approcher de nouveau, de commencer à me donner des coups de pieds. Mon frère vient s’interposer et un sourire nait sur le visage de la terreur. C’est à mon frère alors que je galère à me relever, étant déjà salement amoché, mon cœur bat, j’ai si mal à cet organe-là… Il menace à tout moment de s’arrêter, je le sais… Je veux m’approcher, mais mon frère me fait ce sourire qui signifie qu’il faut filer alors qu’il se protège la tête. Une larme, je veux le protéger. Pourquoi je ne peux pas sauvegarder ce qui me tient à cœur ? Je file, sans doute dois-je le dire à mère Cave.
Je ralentis, je suis naïf, elle laissera faire, comme à chaque fois.
Non, elle encouragera même son protégé.
Je m’arrête, les méchants petits canards n’ont jamais eu droit à la compassion.
Dois-je y retourner ? Il ne voudrait pas que je me mette en danger.
Doit je filer ? Il s’agit de mon frère.
Je reste pétrifié, si seulement je n’étais pas si faible…

Pourtant, je reste là, devrais-je appeler à l’aide ? Mon rythme cardiaque s’accélère d’inquiétude… Je m’écroule, il me fait si mal que cela m’en fatigue. Combien de temps je demeure dans l’herbe, même quand tout cela se calme ? Mon frère se fait battre à quelques pas de là… À quoi ça sert de naitre si ce n’est que pour souffrir ensuite ?
Pourtant, je demeure là… Là où le présent et le passé se mêlent, je ne suis que l’enfant d’un monde de déchéance. À croire que du début à la fin, je serais ainsi, un rebut de la société. Je refuse de devenir un déchet…




Pourtant, j’en suis un aujourd’hui.



Une main sur mon épaule, mon frère, un œil au beurre noir, le sourire aux lèvres, un vrai ange. Il m’aide à me lever alors que c’est lui le plus blessé des deux… On croise Cassandra, on lui sourit alors qu’elle s’inquiète. Elle veut nous aider, mais on refuse, on va nous attraper dans notre état, inutile qu’elle se prenne aussi une raclé. On rentre aussi discrètement que possible, on veut atteindre l’endroit où est planquée la trousse de soins… Mais la porte qui grince nous grille et j’entends déjà ses pas. Elle va certainement s’en prendre à lui vu que de son point de vue, c’est le chef du duo… Que faire ? Je regarde à droite, à gauche. Je sais, pardon… Je lui arrache sa plume sans lui demander et fais de même, les mets dans le premier vase venu. Elle se trouve devant nous, effrayante… Il n’a pas eu le temps de dire quoi que ce soit.
« - Alors, vous étiez encore partie, ça a été court cette fois. »
Une baffe a la volé, on s’étale tous les deux, lui, car je le maintenais et moi à cause du coup.
« -Les LostBird, l’aberration de mon orphelinat.
--Mon frère a besoin de soin !
-Votre état m’importe peu, ne me causer juste plus de problèmes ! Vous devriez être reconnaissant au lieu de vous plaindre sales ingrats ! Si la loi ne m’en empêchait pas, je vous foutrais à la porte, c’est moi qui vous le dit ! Lequel est jean ? »
Je me suis relevé, il restait assis par terre. Il allait répondre, je lui écrase le pied, arrête de vouloir me protéger… T’as vu ton état ?
« -C’est moi ! mon frère Bertrand est mal en point, je vous en prie. »
Un sourire en coin, mon frère ne peut plus rien faire maintenant pour me sauver, ce que je viens de dire entraine la situation suivante… Elle prend un parapluie à porter, un vieux modèle… Mon frère est dans un coin, se couvrent la bouche, quelques enfants courageux observent depuis les marches, des sourires… Quand c’est eux, c’est de la cruauté, mais quand c’est nous, ce n’est qu’un spectacle à ne pas manquer. Nous sommes les pigeons que l’on chasse au petit matin. Les coups de parapluie, la douleur d’un nouveau jour marqué de bleu et de griffure… On finit qu’elle nous jette tous les deux à la cave sans ménagement, méthode autant pour ses punitions que pour le plaisir… Son surnom vient de là… Nous enfermer dans le noir ou presque, on avait un jour caché une lampe torche et mon frère prend relativement peu de temps à la retrouver et à s’empresser de voir mon état.
« -Pourquoi t’as fait ça ? »
Je pleure, pourquoi ? Tu me protèges toujours et moi, je suis si inutile…
Il me prend dans ses bras… Une heure a dû passer ensuite. Dans la poussière de cette cave, on trouve un dictionnaire d’anglais, on bouquine… De toute façon, il n’y a aucun roman en ces lieux. J’ai la tête sur ses genoux et lui là dans le livre.
- « -hummm…
-Hum ?
--Je me demande juste pourquoi les adultes nous ont donné ce nom…
-Si on traduit LostBird en détachant les mots, ça signifie d’après le dictionnaire… »
Il tourne les pages dans un sens puis dans l’autre pour enfin réfléchir…
« -Ça signifie, oiseau perdu. »
À la lumière de la lampe torche, il pose le livre à côté de lui et l’on se fixe. Je mets ma main sur sa joue et lui met la sienne sur ma propre joue. Nous sommes frère, jumeau même et ça ne changeras jamais… Oiseau perdu ? On préfère celui d’ange que nous a donné notre amie.



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