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Enaël Sherfaah : un esprit chaleureux dans un corps de dragon.

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Esertari Admin
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Age : 24

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Quartier d'habitation :: Esertari
Métier :: Protecteur Esertari
Pouvoir :: Liaison draconique terrestre
MessageSujet: Enaël Sherfaah : un esprit chaleureux dans un corps de dragon. Ven 13 Juil - 11:54
~ Carte d'identité ~

  • Nom : Sherfaah
  • Prénom : Enaël
  • Âge : 25 ans physiquement, 86 réellement.
  • Race : Esertari
  • Particularité de la race : Corps chaud, yeux de couleur or en fusion, pointe de cheveux se décolorant en rouge, peau hâlée.
  • Groupe choisi : Coalition.
  • Sexe : Masculin
  • Orientation sexuelle : Hétérosexuel.
  • Logement : Quartier Esertari.
  • Langue mythique parlée : Lapharia
  • Métier : Protecteur Esertari
~ Biographie du personnage ~

  • Description physique :
    Vous avez soif… il fait tellement chaud ici. Et tout se ressemble. Vous semblez perdu.

    Chaque pas est un calvaire : votre jambe pèse des tonnes et s’enfonce de plus en plus profondément dans le sable. La volonté de préserver votre eau s’était évaporée au soleil et vous avez beau secouer votre gourde, il n’y aura plus aucune goutte qui tombera.

    Normalement c’est par là, tout droit. Dans une heure vous pourrez prendre un bain et vous exploser l’estomac de thé sucré. Mais vous avez consommé toute votre force… Vous n’en pouvez plus… Vous vous effondrez sans prendre garde à ce sable brûlant. Quel massacre. Quelle tristesse…

    De votre œil qui ne mange pas le sable, vous apercevez dans ce ciel bleu limpide une espèce de… de… serpent volant ? Il n’est qu’une ligne dans l’océan céleste et pourtant… C’est long, ça a 4 pattes trapues, de longues moustaches, et malgré la distance, on voit les crocs sortir de son énorme gueule.

    Nan, vous déconnez… Vous êtes juste en train d’agoniser… Et puis, il a disparu de votre vision. Las vous fermez les yeux. Une hallucination due au manque d’eau sans doute…
      « Hey toi ! »

    C’est une voix masculine, chaude, belle, chantante, jeune. La voix d’un sauveur. Quel soulagement d’entendre ces pas. Une main bouillante vous retourne et là, vous voyez enfin le visage de celui qui vous a retrouvé.

    Un homme d’une vingtaine d’année vous regarde de ses yeux jaunes, luminescents. Un peu comme si de l’or fondu coulait en ses iris. Il a le teint halé, l’air soucieux. Ses cheveux noirs ruissèlent autour de sa tête et de son cou jusqu’au niveau de ses épaules. Les pointes ne sont pas plus claires mais rouge vif. L’inconnu vous redresse comme si vous étiez une plume : sa silhouette fine n’est qu’un corps dense en muscles. Il vous assoit et cherche quelque chose dans son dos.

    Sa main drue vous penche la tête en avant et soudainement : la délivrance. À vos lèvres, de l’eau. Il vous semble avoir bu au moins un litre sans avoir respiré. Patiemment, l’homme du désert attendait.
      « T’arrives à te relever ? » Fit-il avec un accent des plus charmants. Mais impossible de dire de quelle origine. Et puis, pourquoi il le tutoie ?!

    Le jeunot vous surplombe d’une tête : 1m86. Il porte un kimono ample bordeaux et bleu roi dont il ne porte qu’une manche, dévoilant un torse sec et noueux ainsi qu’un tatouage magnifique, monochrome : un dragon qui remonte de son poignet gauche et qui lui mord l’omoplate.
      « - J… Merci pour votre aide.
      - Il n’y a pas de quoi. C’est mon métier. »

    Il se dégage de lui une sérénité chaleureuse et rayonne de simplicité. Un bon gars en somme. S’il n’avait pas un katana qui ceint aux hanches, vous lui feriez immédiatement confiance. Malgré la chaleur étouffante, il remit sa manche et montra le chemin avec aplomb. Tiens ? Son poignet vous semble à présent vide. Sans doute vous voyez un autre bout de sa peau et sans plus de questions, vous le suivez.

    Encore une mission d’achevée.

    Enaël fit un signe de main le sourire aux lèvres et lui souhaita la bonne journée. Passé le pan léger de la tente, son visage s’assombrit et il partit en courant derrière une dune : Lofti’ en avait repéré un autre. Ses pieds nus dévoraient avec avidité l’accumulation de chaleur stockée dans le sable et il défit sa manche, dévoilant son bras gauche immaculé.

    Là, un gigantesque dragon chinois descendit du ciel tel la foudre qui frappait. Des cornes d’or ornaient sa tête et ses pattes, telles des serres, arboraient la même couleur. Une crinière lumineuse entourait son crâne et s’étirait jusqu’au bout de sa queue. Ses longues moustaches volaient dans le vent, imprimant des arabesques vaporeuses. Ses gestes étaient empreints d’une grâce millénaire quand il s’enroula autour de l’Esertari. La créature reprit son vol… ne laissant personne sur le sol ni sur son dos.

    La journée promettait d’être longue.


  • Description mentale :
      « Je suis un gentil idiot. Voilà ce qu’ils pensent de moi. »

    Triste constatation.

    Allongé sur une dune, volant les derniers rayons crépusculaires, Enaël triait les évènements du jour. Ce moment n’appartenait qu’à lui. Un instant en suspension qu’il appréciait en silence, se délectant des secondes qui s’égrenaient sans infliger de dégâts. On ne peut pas dire qu’il est un solitaire : franchement pas. Mais être seul était l’occasion pour lui de réfléchir sans gêne. Sans concurrence.
      « Serviable et attentionné ne veulent pas dire idiot. » Fit une petite voix sombre et grave.

    De derrière son cou, un petit lézard blanc sortit avec délicatesse. Il était le modèle réduit de tout à l’heure : pas plus grand que 15 cm.

    L’Esertari le regarda sceptique puis repartit dans la contemplation de ce ciel sanguin. Il savait que Lofti’ allait suivre tous ses chemins réflexifs : ils étaient liés l’un à l’autre et partageaient tout. Il n’y avait aucun secret entre eux car le support organique était le même… générant deux caractères différents.

    Il se revoyait à l’aurore sortir les chèvres de Lamaïla, épousseter les tapis de la Famille El’hraza, distribuer des denrées sous les ordres de l’épicier, aider le clan Drzaaq à réaménager leur tente (Dieu que leurs meubles sont lourds !), prendre le service, sauver 8-10 têtes du désert, rentrer les chèvres de Lamaïla, puiser de l’eau pour Tianna, faire les courses pour la famille et là, maintenant…

    Venant de la race désertique, il ne savait dire non, offrait ses muscles et son temps sans le compter et sans compte. Parfois ses promesses étaient mal organisées et il s’était déjà fait taper sur les doigts mais personne ne lui en voulait. Après tout, c’était le gentil idiot maladroit…
      « - Aïe ! Lofti’ !
      - Elles n’ont personne d’autre à qui demander. Grâce à elles, tu vis dans la suffisance et dans le confort. Qu’attends-tu d’autre ? »

    Qu’attendait-il d’elles ? Hummm…
      « De l’attention. De la clémence. De la reconnaissance. Une place. »

    Lui, l’orphelin… Oui, voilà ce qu’il souhaitait réellement : une place. Qu’on le respecte pour ce qu’il fait, qu’on l’écoute quand il parle, qu’on lui demande des conseils, qu’il puisse aider encore et toujours plus. Aspirait-il finalement à beaucoup plus ?
      « J-je ne pourrais pas… Je suis qu’un... normal. Personne ne me voit autrement que l’orphelin au dragon. Aïe ! Lofti’ ! »

    Enaël était le premier à faire la fête, à être avec les autres, donner sa confiance et sa loyauté (sans excès) mais ne s’offrait aucune puissance. Il se sentait insignifiant, même en faisant toujours plus. Même en faisant trop. Lofti’ voyait bien l’esprit acéré de cet enfant mais seul le temps l’aiguisera. Ou les évènements. Son héritier était doux, soucieux et joyeux. Bien sûr, il était des excès du corps et des plaisirs éphémères : il est jeune. Une bonne graine qui n’osait germer. S’épanouir en s’autorisant quelques folies. Quelques erreurs. Non, il n’était pas le plus intelligent. Non, il n’était pas un génie mais il avait le cœur sur la main et la justice ceint à sa hanche. Avec de l’expérience, il n’aura plus rien à envier à personne. D’autant plus que sa détermination est sans faille.

    Il ne connaît qu’une colère : celle envers lui-même. Ce petit préfère se flageller plutôt qu’oser accuser quelqu’un. Ce n’est pas un gamin à problèmes : il est très protocolaire, voire trop. Se met trop de pression pour pas grand-chose. Sa vie est un combat alors qu’il n’ose rien revendiquer.

    Mais quand il apprendra le verbe, il sera incisif. Et tel était son destin.

    Lofti’, lui, était d’un calme olympien, toujours à préférer l’entente que la fuite ou le combat. Sa sagesse n’égalait que sa grâce : il appelait à la clémence, à la tempérance mais ne supportait pas le mal infligé. Sa colère était telle un couperet : nette et précise. Et il ne pouvait contempler les évènements passivement. Son caractère est bien plus explosif qu’Enaël mais le temps a fait son œuvre.

    Là où les deux hommes se rejoignaient : c’était lors d’un combat. Après tout, ils avaient le même sang. Et une tendresse infinie les reliait.

    Enaël sourit à cette réflexion et flatta de l’index son ancêtre.

  • Histoire :
    1. Spontanément, mes mains frêles et mes réflexes archaïques mirent tout le monde d’accord : je le pris contre moi avec douceur et m’endormis, rassuré.


    Mon histoire, on me l’a racontée des centaines de fois. Autour d’un feu, entre deux tapotes tendres sur la joue, après deux trois verres, durant la cuisine... À chaque fois que je l’entends, mes yeux brillent de mille étincelles et pas une fois, je l’ai sentie vieillir ou m’ennuyer. Eux savent, moi, j’ai seulement vécu.

    À chaque fois, ça commençait comme ça :
      « Toi, mon petit, t’es l’orphelin au dragon. Tu n’étais pas plus grand que ça et avec ma vue descendante, je ne t’aurais pas remarqué en haut de cette dune. Mais bon dieu ! Même avec mes oreilles rouillées, je t’aurais entendu à l’autre bout de l’île ! Quand Tianna t’a récupéré, tu étais aussi froid qu’un glaçon, tu hurlais pour ta vie, celle qu’on venait de t’offrir et qu’on n’osait assumer. Personne n’a jamais su malgré les investigations esertaries. Et tu les connais ! On sait tout sur tout le monde ici ! Mais pas moyen de savoir.
      Et tu sais quoi mon p’tit ? On s’en fiche. C’est pas ton nom ni ton sang qui font que tu es un gentil garçon. Oh non, ça se voit dans tes yeux que t’es un gamin bien. Tianna et Dame Lamaïla ont su réveiller en toi ce qu’il y a de meilleur : ça tu ne le dois à personne d’autre qu’à leur miséricorde. Tu sais que chez nous, la différence est une force.
      »


    Ma vie a débuté le 18 Novembre 1936 dans la partie nord du désert yasakojien, quand Tianna m’a recueilli. Elle et son mari Aqth étaient mariés depuis quelques années mais n’avaient pas envisagé d’avoir d’enfant. M’avoir entre leurs mains n’éveilla pas de sentiment maternel ou paternel. Ainsi ils allèrent chez Dame Lamaïla, la mère des orphelins. Tianna implora la femme de faire quelque chose pour moi car elle n’avait rien à m’offrir si ce n’est des biens matériels. Elle lui expliqua comment elle m’avait trouvé bien que cela soit inutile : le mot s’était répandu telle une traînée de sable. La jeune Esertarie se mit à genoux face à la dame aux Ancêtres, lui tendant l’enfant qui était entré par surprise dans sa vie.
      « Lamaïla, la magique Lamaïla, prends pitié de cet enfant qui ne connaîtra pas le visage de sa mère ni la protection de son père. Sois clémente et apprends-lui à marcher dans le droit chemin. Inspire-lui la tendresse et la gentillesse. Donne-lui une place dans notre Famille ainsi qu’un guide. »

    La mère des oubliés était droite, élégante, halée de peau mais aux dreadlocks blancs, elle s’avança dans sa robe ample et volatile faite de dentelle fine. Venant de nulle part, un paon albinos se posa sur son épaule nue et hurla. Le village était ainsi prévenu : le nouvel arrivant était sous sa tente.

    Ses yeux rouges caressèrent l’orphelin que j’étais, elle me prit dans ses bras, me soupesa, toucha de son ongle ma joue rougie par mes pleurs. Avec une certaine sérénité qu’ont les mères, elle flatta doucement la peau entre mes yeux, ce qui me força à les fermer. Continuant ce geste m’inspirant confiance, m’offrant sa chaleur corporelle, j’arrêtai de brailler et m’endormis malgré mon ventre vide. Par quelques à-coups, des sanglots remontaient ma poitrine frêle.
      « Depuis le dernier, je n’ai eu aucune demande de la part de notre Famille. La rumeur se répand au galop et bientôt, le désert connaîtra l’existence de cet être abandonné. Offre-lui de quoi vivre durant une semaine, qu’il prenne des forces. Puis reviens me voir. »

    Malgré le long délai pour Tianna, elle hocha la tête sans oser une remarque et revint auprès de son mari désemparé. Tant bien que mal, épaulés par les mères du couple, ils réussirent à me faire survivre durant ce laps de temps. Bien que, les ‘grand-mères’ étaient aux anges de pouvoir pouponner après tant de temps.

    Puis vint le moment de retourner voir la Lieuse.

    Allongée sur ses coussins de satin, enveloppée d’un tissu noble, elle regardait le paon se faire les plumes, l’aidant à enlever les plus récalcitrantes. Dans ses cheveux pendait une des parures de la queue de son animal. Elle n’esquissa aucun mouvement lorsque Tianna et Aqth rentrèrent.
      « Personne ne m’a réclamé l’enfant. Alors, je vais lui offrir ce que tu me demandes. »

    Un frisson de soulagement passa dans le couple libéré d’un poids.

    Abyad’ s’envola et récupéra dans ses serres le bébé et son lange. Il le posa avec délicatesse sur un des coussins et le contempla : on aurait dit que l'oiseau lisait en l’enfant et avait de la compassion pour celui-ci. Au même moment, Lamaïla fronça les sourcils.
      « Laurier, grain de grenade, cœur de lézard… oui aussi. J’aurais plutôt dit la houppette. … … Très bien. »

    Tandis que le volatile me gardait au chaud, apposant son front contre le mien, la magicienne prit divers ingrédients venant de nulle part. Pour elle, ce n’était qu’une recette en plus. Pour le reste de la Famille, un nouveau miracle.
      « Et un bon brin de piment fort… »

    La mixture avait tout pour être dégoûtante : sa couleur, son odeur, sa consistance… Des grumeaux flottaient malgré les coups énergétiques de la Lieuse. Sans doute les cœurs de lézards ? Ou bien les plumes de cacatoès. D’une main, elle tenait le récipient, de l’autre, elle prit un pic impressionnant par sa longueur et son étroitesse. Lamaïla s’approcha de moi, s’agenouilla sur les coussins, posa une perle de pâte sur mon front et posa la pointe de l’arme dedans.

    La fraîcheur de l’instrument me fit gindre. Aqth était sur le point de se lever pour me récupérer m’avait-il dit, mais ce n’était qu’avec l’insistance de sa femme et la force de sa poigne qu’il ne bougea pas malgré la peur de me voir souffrir… voire mourir. Il m’avait raconté l’effroi et la peur qui le tenaient à cet instant, tiraillé entre l’espoir et l’angoisse. Avaient-ils fait le bon choix ?

    Toc


    Je me mis à hurler suite à l’égratignure que venait de m’infliger la Lieuse ainsi qu’à la concoction qui brûlait mes sangs. Si cette partie de ma vie m’a été racontée, je me souviens encore de la douleur et de l’endroit, un peu au-dessus de mon sourcil gauche. Je n’en garde aucune séquelle si ce n’est cette souffrance fantôme qui me prend souvent au hasard.

    De cette blessure, la mixture circula dans mon corps, dessinant un réseau noir sur ma peau halée. À la façon d’une pompe qui diffusait du colorant. Il se dissipa doucement pour ne rester que sur mon bras gauche, révélant avec le temps une marque. Un tatouage. À l’instant où celui-ci fut stabilisé, un être sortit de ma blessure, un peu comme s’il se battait avec ma peau élastique pour naître.

    Lotfi’ était venu au monde en même temps que mon histoire.

    Il n’était qu’un lézard blanc, un peu comme tous ceux qu’on voit dans le désert. Nos deux torses se gonflaient au même rythme et s’abaissaient périodiquement. J’avais arrêté de pleurer dès qu’il était sorti de moi, m’épurant de la douleur. Spontanément, mes mains frêles et mes réflexes archaïques mirent tout le monde d’accord : je le pris contre moi avec douceur et m’endormis, rassuré.

    2. « Tu m’as manqué… » Fit-il en s’entortillant autour de moi.


    Ce rituel offre un tuteur à l’orphelin : il invoque un de ses ancêtres pour le lier à l’enfant. Souvent, celui-ci devient un animal peu connu ou mystique : il serait si réducteur de limiter l’âme humaine à un animal simple. Bien que cela soit parfois le cas. Lotfiosmanouiza Sherfaah était un de mes pères qui vivait à une époque bien reculée et n’a pas connu la Kimatsu. Vu qu’à l’époque il ne communiquait quasiment pas avec les autres races, nous n’avons pas pu dater sa vie.

    Il est moi, je suis lui et pourtant, lui est lui et moi, moi. C’est pas très clair mais c’est juste : personne ne sait réellement l’impact et la portée de notre relation. Jusqu’où le lui devient moi ou moi devient lui… J-je n’arrive pas bien à expliquer même si pour moi, tout est clair : je réfléchis à ma façon, j’entends les choses par mes oreilles, mes sens sont humains et pourtant… je comprends et élabore avec lui ses pensées, je les comprends, je les perçois comme les miennes mais colorées différemment pour que je sache que ce ne sont pas les miennes. J’entends aussi par ses oreilles, les odeurs qu’il ressent… l’œil vif qu’il a. Si je ferme mes sens, je vis à travers lui et inversement. Quand j’étais nourrisson, il n’était que lézard. Quand j’étais enfant, il était un iguane. Quand j’étais adolescent, il était varan. Que je fus adulte, il était le dragon actuel.

    Tianna et son mari étaient pour moi des gens qui me nourrissaient, me bordaient et m’apprenaient la vie en société. Ils ne m’ont jamais appris à dire ‘maman’ ou ‘papa’. Ils ne sont pas mes parents et cela a été clair dès le début. Lofti’ était mon guide. Il était à la fois mon père, mon frère et mon meilleur ami. Il me grondait, m’expliquait, me mordait… Dans un premier temps, c’était vraiment agréable : quand j’avais faim, lui faisait comprendre à Tianna qu’il fallait le lait. Quand je pleurais de peur, il se lovait dans mon cou, murmurait de belles choses dans mon esprit. Quand j’avais besoin d’être changé, il passait le mot… Quand je marchais, c’est lui qui me poussait à aller plus loin. Quand je faisais des fautes de langage, c’est lui qui me les corrigeait. Il m’apprenait comment faire mes lacets, comment découper, comment courir plus vite, il me rassurait avec l’aisance d’une mère. Avant de m’endormir, j’aimais fermer les yeux et passer dans les souvenirs de Lofti’. Le voir humanoïde, sentir sous mes doigts le pelage de son dromadaire, éprouver les tempêtes de sable… C’était fascinant.

    Jamais il ne s’était senti lésé d’avoir été obligé de stopper son sommeil éternel pour moi. Il avait été appelé et n’avait pas réfléchi : il s’était faufilé dans l’embrasure de la vie. Son regard a toujours été bienveillant envers moi et me voyait comme un de ses fils. Ce qui n’est pas vraiment faux… Et puis, il avait eu 5 filles. Il profitait que le destin lui avait donné cet honneur.

    À l’école, je n’étais pas vraiment doué. Lofti’ avait encore des bases en mathématiques et en Lapharia. Il tentait de ne pas me souffler les réponses pour que j’apprenne mais ses souvenirs étaient là… En histoire et en science de la vie, je devais me saigner des 4 veines pour tenter d’avoir le niveau. Il était toujours avec moi pour réviser, tentait de se mettre à jour mais avait aussi une mémoire de passoire. Assez introverti car je me suffisais avec Lofti’, je fus rapidement stigmatisé par mes camarades. Ils pensaient que je trichais, que Lofti’ me soufflait les réponses, que je n’étais qu’un orphelin, que je ne méritais pas grand chose…

    Vous connaissez les enfants et leur cruauté. Si moi j’étais rejeté car je n’avais pas de famille, j’ai vu et compris qu’il n’était pas nécessaire de répéter le schéma pour moi entrer dans un groupe. La Cameies était aussi montrée du doigt, ne pouvait bouger sans que son frère ne renverse tout le monde ou la protège. Je voyais bien en elle qu’elle souffrait aussi de cette solitude. J’avais tenté de lui tendre la main, de lui faire comprendre que moi, je l’acceptai comme elle était, que je m’en fichai de la vision des autres, qu’elle valait toutes les autres filles. Mais elle n’était pas gentille et je dus m’y prendre des semaines durant pour au moins ne plus attirer sa foudre. Je ne peux pas dire qu’on était devenu amis, non, mais on se supportait mutuellement silencieusement.

    Je n’étais pas un gamin à problème, j’étais même assez calme et discipliné mais… j’avais besoin de me sentir moi. De ne pas être l’enfant au dragon, l’orphelin de Lamaïla… L’adolescence a été difficile pour tous les deux et… plus j’y repense, plus j’ai honte d’avoir agi de la sorte. Je le rejetai, je lui demandai de rester à la tante, je ne voulais plus être une part de lui mais être un entier de moi-même. Je voulais décider moi ma vie, la régenter sans qu’une voix dans ma tête me dise que je suis trop jeune pour comprendre. Je me suis mis aux sports de combat, à courtiser les filles, à prendre des substances toxiques…

    Mais comme dit, je n’étais pas un rebelle, je n’étais pas non plus de la mauvaise pousse : je n’ai fait que peu d’excès (qui étaient déjà énormes à mes yeux !) et très vite, je revins la queue entre les jambes, quémandant platement le pardon de mon ainé.
      « À ton âge, je n’aurais jamais attendu aussi longtemps avant de me repousser et j’aurais eu trop de fierté pour revenir comme tu le fais. Ton âme est bonne mon fils. Tu m’as manqué… » Fit-il en s’entortillant autour de moi.


    3. « Ton destin est immuable et se dessinera à l’encre de ta sueur. »



    À mes dix-huit ans, Tianna m’annonça qu’elle était enceinte. Mon cœur fit un bond et un sourire fendit mon visage : j’étais tellement heureux. Ma béatitude s’entendit dans tout le village et je pleurais comme un garçonnet dans les bras d’Aqth. Ils avaient eu peur que je jalouse l’enfant car lui, il aurait des parents aimants. Ceux que je voyais évoluer devant mes yeux sans jamais avoir de l’amour. Je les avais regardés incrédule et leur demandai penaud : ‘je pourrai au moins le voir… ?’ Dans un rire communicatif, ils me firent comprendre que rien ne changeait et que leur tente serait toujours la mienne. J’eus deux ‘petites sœurs’ de 10 ans d’intervalle. J’étais simplement ‘Ena’ pour elles. Lofti’ voyait notre relation comme celle d’oncle à nièces. Les rares fois où elles m’appelèrent ‘grand frère’ je les recadrais : j’étais un orphelin et Tianna et Aqth n’étaient pour moi que des personnes qui ont veillé sur moi. Qu’il fallait les chérir car ils étaient uniques et admirables. Qu’ils étaient les meilleurs parents au monde pour elles deux.

    Bien sûr, des soirs, je broyai du noir en voyant cette effervescence que je n’avais jamais soulevée auprès du couple… Mais dois-je leur en vouloir pour autant ? Ils ont fait ce qu’ils devaient faire, ils m’ont sauvé la vie… si j’ai des comptes à tenir, ça serait moi qui leur devrais tout et non l’inverse. Quand la plus jeune eut 8 ans, je pris mes distances, leur laissant la place qu’ils nécessitaient : je me sentais doucement de trop et puis… j’avais envie de vivre ma propre vie. Par quelques trocs et échanges de bons procédés, j’eus ma propre demeure. Rapidement, j’eus un nouveau rang dans la Famille : celui du gentil garçon à qui on peut tout demander. J’entretenais les selles, lavais les bêtes, gardais les enfants, portais des meubles… et cela me suffisait pour me nourrir et vivre humblement.

    S’il y avait eu un fait notable lors de cette période, c’était que Lofti’ et moi étions raide dingue des combats et de leur art. Je ne faisais pas ça pour devenir le caïd (j’étais plutôt celui au deuxième rang qui pose trop de questions), ni pour me protéger (Avoir un dragon sur l’épaule m’évitait ce désagrément). C’était un défouloir. Un plaisir partagé avec mon paternel. Tous deux, nous étions un. Lui ordonnait mes pensées, moi j’activais les muscles. Avec sa mémoire ancestrale et ses habitudes bien forgées, je fus rapidement promu dans les sports de lame. Ainsi, nous passâmes nos différents et nous nous mirent sur la même longueur d’onde. Et c’est comme cela depuis mes 21 ans.

    Quand un jour, un cri déchirant traversa le désert. Une femme avait perdu son enfant dans l’étendue de sable et désespérait de le revoir. Lofti’ s’envola aussitôt pour rechercher le disparu et fit des kilomètres. Moi, je prenais en charge cette pauvre dame qui se desséchait de ses larmes. Quand mon Ainé le trouva et le ramena, j’eus le cœur qui battait la chamade. Je venais d’aider quelqu’un gratuitement, juste pour le plaisir de leur tendre une main, sans rien attendre en retour.

    C’est ainsi que j’entrais dans la Coalition au rang de soldat.

    Mon entraînement physique était dense mais je rebroussais toujours mes limites. Il n’était pas rare que mon corps se torde de douleur et que j’eusse à serrer les dents pour ne pas vomir. Mais j’allais, encore et encore… Toujours plus loin, avançant avec hargne et détermination. Mon caractère se forgeait à coup de larmes et de foi : je croyais en mes capacités. Si d’autres y arrivent, pourquoi pas moi ? Au bout d’une petite dizaine d’années et de deux essais, je fus promu en protecteur du désert : ceux qui le serpentent pour protéger les intrus et pour donner les informations en temps réel au Mercanti. En plus d’un entraînement d’endurance et de force, je fus entrainé dans l’art du katana et des armes tranchantes. Au-delà d’une façon de tuer, c’était devenu une danse, une transe… Tous les matins, je m’entraîne à ces mouvements fluides et apaisants. Aux battements de mon cœur et au rythme de ma respiration… À tel point qu’être sans ma lame, je me sens nu. Quand nous battons la terre d’un seul chœur, nous sommes en osmose Lofti’ et moi. Notre amour l’un pour l’autre ne cessait de croître et doucement, je le voyais plus comme un égal qu’un parent.

    Mon supérieur m’entraîna aujourd'hui sous la tente de Dame Lamaïla. Son paon était là, grand et resplendissant, montrant la beauté de sa parure aux yeux qui l’honoraient.
      « Lieuse ! Toi qui sais ce que signifient ces tatouages et ses chaînons. Rapporte-moi le potentiel de cet homme. »

    Je n’osais braver son regard, préférant me perdre dans les motifs de son tapis. Elle m’avait déjà tant donné. Elle était la mère créatrice de ma vie. Et elle détenait au fond d’elle ce qui me fait vibrer…. Je le sens dès que je suis en sa présence. Ses mots seront choisis avec délicatesse et vérité. Mon futur se dessinerait de son chant.
      « La gauche, signe de différence et de péchés. Car son histoire a commencé ainsi. Le fait que la queue soit au niveau du poignet et la tête sur l’omoplate présente un revirement de situation, une élévation de la personne : si elle est née en hurlant sa faim, elle mourra faisant verser des larmes. L’épaule est un support, le creux qui relie deux parties d’un être. Celui qui accueille, qui offre puissance et compassion. Car il est ainsi : une âme droite et juste qui saura écouter son cœur en toute circonstance. Si l’esprit du dragon l’a choisi pour s’en faire un hôte, je ne sais pas quelle image vous attendez en sus de celles-ci. »

    Pendant sa tirade, elle vint vers moi et me releva la tête avec aplomb.
      « Ton destin est immuable et se dessinera à l’encre de ta sueur. »



  • Pouvoir : Liaison draconique terrestre.
    Liaison de deux êtres au point que l'un sent les blessure de l'autre. Si l'un meure, l'autre aussi. Les deux ont leurs sens et leurs pensées fusionnées. Ils savent tout l'un de l'autre. Ils peuvent se fusionner et n'avoir qu'une enveloppe charnelle : soit le dragon (avec un tatouage d'humain) soit humain (avec tatouage de dragon). Le dragon peut changer de taille, voler, augmenter sa résistance d'écaille, augmenter sa force, a une affiliation à la terre et sa modification.. et peut donner quelque une de ses techniques à Enaël.

~ IRL ~

  • Nom : Elise
  • Âge : 24
  • Première impression : Je crois que je ne suis pas objectif.
  • Comment avez-vous découvert le forum ? Heuuu… Fondateur ?
  • Votre Parrain : Ayant ouvert ce forum, ne suis-je pas le parrain de tous ? Raboule les Xp !
  • D'où provient le personnage sur votre avatar et le nom du personnage ? Ookurikara de Touken Ranbu
  • Votre Discord : Sherryl H.#7532
  • Acceptez-vous le règlement et vous y soumettez-vous ? Yep.
  • Code du règlement :
  • Quelle est la date de la Kimatsu ? :

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Asura Admin
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Age : 25

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Quartier d'habitation :: Asura
Métier :: Tatoueuse/Videuse
Pouvoir :: Modifications et matérialisation des tatouages
MessageSujet: Re: Enaël Sherfaah : un esprit chaleureux dans un corps de dragon. Sam 14 Juil - 7:05
Bonjour,

ton pouvoir est validé.
Au plaisir de lire tes aventures.

Le staff technique

~~~~~~~~~~~~
Alicia parle en Capien, code couleur: #E8002E
Sa maman Odile en Orange, code couleur: #FF4500
Son papa Peran en Pourpre, code couleur: #a1112f
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MessageSujet: Re: Enaël Sherfaah : un esprit chaleureux dans un corps de dragon. Mar 17 Juil - 8:03
Non mais sérieux! C"est malin... J'ai pleuré! Nico il a dit moins un à la présentation. Du coup j'ai du moyenner... Mais bon, je te l'annonces en premier car je sais que tu vas lire ça avant le reste. Donc ce sera un ..... 8! Et du coup je te file le champomy avec double ration de bubble. Si c'est pas magnifique?

On a beaucoup aimé ta fiche : les descriptions sont bien amenées, détaillées, mises en contexte et illustrant bien ton personnage. On l'imagine sans peine et tu as su donner vie à la structure de ce clan en créant toute une tradition de la gestion des orphelins et en justifiant ton pouvoir original avec. Seul bémol, comme pour ta pitite copine : Cameis est introduite dans l'histoire de manière un peu succincte. Ne pas oublier que les petits lecteurs n'ont pas forcément lu sa fiche avant. Mais sinon, c'est vraiment bien. Quelques coquilles orthographiques mais rien de terrible.

Et voilà, plus qu'à aller valider tout ça moi! C'est qu'on a encore 4 nouveaux dans les starting blocs et j'ai pas encore pris mon troisième café du jour! (quoi il est 8h du mat.... Tayeule >_<" )
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MessageSujet: Re: Enaël Sherfaah : un esprit chaleureux dans un corps de dragon. Mar 17 Juil - 22:35
Enaël Sherfaah? C'est l'orphelin du désert, le gars gentil et serviable du village. Sans parents, il a été abandonné dès la naissance et recueilli pour être élevé au sein du clan. Le couple qui l'héberge prend soin de lui mais ne le considère pas en fils. A peine trouvé, il fut envoyé voir la Lieuse qui a révélé son lien avec Lotfi', son ancêtre et dragon. Ensemble, ils partagent une destinée et une existence uniques désormais. C'est lui qui l'a éduqué, qui a grandi à ses cotés, et c'est avec lui qu'il a découvert sa vocation. Après une enfance un peu en marge, ils ont croisé leur but dans le désert, sauvant les hommes perdus dans celui-ci et servant la Coalition. Mais Enael n'en oublie pas sa joie de vie et son entrain ... sous l'oeil protecteur de Lotfi'!
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MessageSujet: Re: Enaël Sherfaah : un esprit chaleureux dans un corps de dragon.
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Enaël Sherfaah : un esprit chaleureux dans un corps de dragon.

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