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Quand l'ambition nous étouffe... |Avec Enaël

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MessageSujet: Quand l'ambition nous étouffe... |Avec Enaël Dim 18 Nov - 20:04






Quand l'ambition nous étouffe...



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*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

Pendant ce temps, juste après avoir reçu sa gifle, nous retrouvons Anz qui m'observe emmener Enaël au loin. Il est resté ainsi un instant à pester, avant de finalement quitter cet endroit et s'éloigner des tentes principales, pour rejoindre... la nôtre.

« Oncle Barroth, j-je voudrai te demander un truc, euh... Pour Cameies, tu as prévu quoi ? Parce-que... Elle est partie avec l'un des nôtres. J'ai bien peur qu'elle s'en aille, mon oncle...
Ce derner quitte à peine sa tâche, ou plutôt n'observe même pas son interlocuteur.
Il est temps d'accélérer les choses, dans ce cas. », dit-il dans un sourire tout en observant les notes qu'il a prises. Il est temps...

*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

Nous me retrouvons maintenant, juste après avoir quitté la tente d'Enaël. Marchant à grandes enjambées, je sens ma poitrine se serrer et mon cœur tambouriner de plus en plus fort. Je redoute l'accueil qu'il(s) me prépare(nt). Je ne sais pas si notre oncle est présent, et j'espère sincèrement que ce n'est pas le cas.

Quelle surprise de voir que l'endroit est vide. Même Anz n'est pas là. Il n'y a que ma mère, qui doit être présente un peu plus loin dans une pièce à part de la tente. Il y en a plusieurs pièces, chacune étant une chambre, et il y en a tout juste assez pour chacun. Sans trop me poser de questions, le stress étant retombé tellement rapidement, je suis entrée dans la pièce sombre dans laquelle se trouve mon lit. C'est à ce moment-là que je ressens une présence. Je n'ai même pas le temps de me retourner qu'une main vient se poser sur ma bouche, sans aucune douceur. Une autre est passée au niveau de mes hanches pour me bloquer contre lui. Parce que, oui, j'ai reconnu son odeur... Anz... Il n'a fallu que quelques instants avant que notre oncle n'apparaisse devant moi et... qu'une douleur vive ne me prenne au niveau du ventre. C'est à ce moment-là qu'Anz m'a lâchée et que je me suis écroulée au sol, sous la douleur. Ils sont sortis.

« Ça t'apprendra. »

*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

Quelques jours plus tard... Quelques jours encore après notre rencontre avec Tess... Je suis rentrée à la tente, le soir, comme quasiment tous les jours. Et nous avons mangé, tous ensemble. Aujourd'hui, c'est oncle Barroth qui a fait le dîner. A la cuillère, il nourrit notre mère avec la soupe prévue ce soir-là. De quoi bien nous réchauffer tant la nuit est froide. Étrangement, il nous a même concocté un dessert. Ce n'est pas dans ses habitudes, et cet élan d'affection me surprend. Je ne me pose néanmoins pas plus de questions et croque dans le cake aux noix. Rapidement, ma tête commence à tourner et ma vue se brouille. Je tente de rester droite mais c'est malheureusement chose impossible.

Tout devient noir.

Et au choc de mon corps sur le sable, mon oncle à sommé à mon frère de disparaitre. Chose qu'il a faite après m'avoir observée un instant, endormie sur le sol, mais à contre-cœur. Parce qu'il sait.

Au bout d'un moment, j'ai commencé à rouvrir les yeux. La lumière m'éblouit et je vois flou. Ne ressentant rien, je ne comprends pas ce qu'il se passe. Tout ce que je sais, c'est que je suis incapable de relever les bras pour me frotter les yeux. Puis, petit à petit, en essayant de me concentrer, j'ai réussi à discerner quelques formes. On dirait qu'il y a quelqu'un juste devant moi. Je ne comprends pas ce qu'il fait. Tout ce que je sais, c'est que ses cheveux ont l'air d'être bruns. Et que l'air de la pièce me parait assez humide. J'ai aussi l'impression que mes oreilles bourdonnent, et tout ce que j'entends, ça ressemble à un souffle. Qui se rapproche et s'éloigne. Que mon esprit ne percute pas. Est-ce lié à ce qui m'a fait sombrer...? Je n'ai pas les capacités de réfléchir, juste subir, et ressentir le peu que je peux encore sentir. Comme ces gouttes d'eau qui semblent glisser sur mon corps, et ce poids... Oui, ce poids qui commence à me déranger. Je voudrai bien bouger mais j'ai l'impression d'être bloquée au niveau des hanches. Alors ce sont mes jambes qui se sont mises à gesticuler pour tenter de faire un effet sur... cet être. Mais elles ont été rapidement bloquées, et cette voix...

« Arrête de gesticuler. De toute façon, ça ne changera plus rien maintenant. »

Sa voix me glace le sang. Parce que je commence à percuter ce qu'il se passe, et que mes esprits semblent revenir plus vite depuis que je l'ai entendu. I-Il... N-non ! Il ne peut pas faire ça... J-je... Je me suis mise à trembler. Paniquée. Blessée. Meurtrie. Meurtrie... autant physiquement que mentalement. Je n'aurais pas du... Qu'est-ce que je n'aurais pas du faire ? ... Plutôt, j'aurais du partir. Plus tôt. Depuis la gifle avec Anz, il sommeillait... Il attendait patiemment ce moment. J'en suis sûre. Mais pourquoi avoir repoussé...? Parce que... Mes yeux s'écarquillent à ce moment. Il savait quand serait le meilleur moment. Et a choisi d'attaquer à ce moment-là... Tremblante, blessée devant cet être qui n'a pas l'air de se rendre compte de ce qu'il fait, je n'ai pu que tenter encore de bouger. Pour finalement remarquer que des liens m'en empêchent me bloquent sur ce... Cet instrument de torture. Il n'a rien d'un lit, même si c'était le mien... Je ne le verrai plus jamais de la même manière.

Cet enfer a duré plusieurs heures. Des heures interminables que je ne souhaite à personne. Et ça m'a complètement vidée de mon énergie. Tout comme celle de cet homme, il semblerait. Allongée sans pouvoir bouger, j'ai senti son poids disparaître et, en tentant de voir ce qu'il se passe, j'ai pu voir mon oncle lui faire boire quelque chose... avant de l'emmener au loin. Et de me laisser seule, ici, attachée. A la merci de tous. Comme un bout de viande laissé au milieu de la savane en sachant que des fauves rodent.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi, uniquement habillée d'une tunique, paraissant... nue, découverte. De fond en combles. Cette pensée me donne la nausée. Je la déteste. Pour autant, je ne pleure pas. Cela ne changera rien, et n'apaisera en aucun cas ma douleur. Je voudrai fuir. Mais les chaînes qui me retiennent ont été créées par un pouvoir que je connais bien trop. Anz... Et sans accès à mes potions, je n'ai aucun moyen de me libérer. De fuir.

Je ne sais pas combien de temps il m'a laissée ainsi. Mais j'ai l'impression que cela fait des jours. Qu'il va m'abandonner à mon triste sort. Et bizarrement, j'ai senti une présence. Une main sur mon front. En relevant un peu la tête, je l'ai aperçue. Mes lèvres se sont entrouvertes mais aucun son n'est sorti. Avec toute la tendresse qu'elle peut me donner, ma mère passe ses mains dans mes cheveux. Et c'est à cet instant que les larmes ont commencé à couler. Parce que j'ai l'impression qu'elle compatit. Qu'elle me comprend. Et que ce n'était pas ce qu'elle souhaitait pour moi. C'est en tout cas ce que j'ai envie de croire... C'est la seule chose à laquelle je peux me rattacher pour l'instant... Et j'espère que c'est réellement cela.

« Comme c'est touchant. Viens, Lores. »

Il a alors attrapé ma mère par le bras, et l'a éloignée de moi. Comme à son habitude, elle s'est laissée faire... Et nos regards se sont croisés pendant un court instant. Sa tristesse, ses peines, ses craintes, j'ai eu l'impression de les ressentir. De les vivre. Parce que, aujourd'hui, je crois que je les comprends. Peut-être pas comme elle le voudrait, mais... Oncle Barroth est alors revenu. Non pas pour me détacher, mais... pour déplacer ce lit dans la pièce principale, juste devant le feu. C'est là qu'il veut que je dorme, maintenant. Et cela prend tout son sens. Parce que, si l'on veut une chance, il ne faut pas que la température descende trop bas.

*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

Désespoir. C'est ce que la vie semble être. Les repas se suivent, les jours défilent sans que je ne puisse sortir de cet endroit. Sans pouvoir rien faire qu'observer. Et, étrangement, je ne me suis jamais sentie aussi proche de ma mère qu'en ce moment. Expérimenter me manque. Bouger me manque. Ma liberté, aussi, surtout, elle me manque. Et puis, je me sens sale. Salie par ce geste. Salie par... ce manque d'hygiène. Heureusement qu'elle est là, qu'elle prend soin de moi, qu'elle passe du temps avec moi... Et me redonne ce semblant de dignité qui me manque tant.

J'en viens à me demander si je manque à quelqu'un...? Ma disparition fera-t-elle bouger certains des nôtres ? Ou alors, comme ma mère, tout le monde l'ignorera...? Et je devrai rester ainsi à subir ce que l'on a choisi pour moi...
Au fond de moi, j'espère.
Parce que, sincèrement, il me l'a promis.
Qu'il serait là pour moi quand j'en aurai besoin... Enaël...

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MessageSujet: Re: Quand l'ambition nous étouffe... |Avec Enaël Jeu 22 Nov - 18:14
En voyant s’éloigner Cameies, je sentais mon cœur se réchauffer : elle s’était confiée à moi et à présent, je comprenais mieux ses peurs, ses distances et ses réticences. Une part de moi était heureuse d’avoir pu creuser cette amitié forgée depuis l’enfance… Il a fallu attendre tant de temps pour comprendre… Et une autre part me traitait d’idiot, que je n’avais rien vu et la plaignait de tout mon être. Comment ai-je pu être aussi aveugle ? J-j’aurais pu l’aider bien plus tôt… Mais, ce n’est pas que moi dont ils se sont joués : toute la famille n’y avait vu que du feu.

Je la regardais disparaître au loin, attendant avec hâte qu’elle me contacte pour ses potions.

Avec hâte…

Hâte…

Voilà bien des jours se sont écoulés et mis à part l’aventure avec… avec la beauté, je ne l’avais pas revue. Malheureusement, la compagnie de Anz ne nous a pas permis de mettre le plan en place. Alors j’attendais de ses nouvelles, n’osant prendre les devants pour ne pas vendre la mèche. En désespoir de cause, je trainais autour de la tente des Beitia… sans en rencontrer de mon temps de pause. Même au boulot je ne cessais d’y penser. ‘’Aujourd’hui tu n’as pas besoin de moi, laisse moi t’aider à la rencontrer.’’ Lofti’ sortit de mon bras et glissa le long de mon kimono pour chevaucher ma tête. Il passa par au dessus pour capter mon regard : ‘’Cesse de t’inquiéter pour rien. Je suis persuadé que tu vois le mal partout. Pourquoi aurait-il agit maintenant ? Rappelle-toi de ces longs moments où tu ne la voyais plus… Tu ne te rongeais pas les sangs pour autant. Garde la tête froide et je te préviens dès que je la croise.’’

Va mon ami et apaise mon cœur. Je gage que tu as raison.

Plus souvent focalisé sur le regard de mon ancêtre que sur le mien (qu’il est rébarbatif de surveiller le Mercanti…), je ne cessais de discuter avec lui en lui intimant de la trouver. Lui me répondait avec son calme légendaire et me priait de me remettre au travail.

Plus le temps passait, moins je dormais. L’inquiétude s’était muée en angoisse puis, insidieusement, en peur. Je ne supportais plus de ne pas avoir de ses nouvelles : mon cœur était trop lourd, l’attente était trop longue et les scénarii qui se bousculaient dans ma tête, étaient plus sombres les uns que les autres.

S’était-elle perdue en recherchant la plage aux trésors ? Avait-elle fuit sans m’en parler avant ? Avait-elle trouvé une autre solution qui ne m’engageait pas ? Et si…

.ANZ.


Quelques ridules cernaient mes yeux affadis par le sommeil. Rendant l’éclat or plus agressif encore. Cela en était assez et il me fallait des réponses. Et je savais chez qui je devais les quérir. Du magma coulait dans mes veines… mais je me devais d’être discret pour ne pas attirer l’attention. Et c’était sans doute la partie la plus dure pour moi. Surtout que ce type a toujours été méfiant face à moi… Je l’accostai sans le saluer selon nos coutumes. Sans doute ma première erreur. Et ma voix ne respirait pas de tendresse :
    « - Où est Cam’ ?
    - Là où elle devrait être. Ca t'regarde pas. »

Il daigne à peine me regarder. Un battement de cœur suffit pour emballer ma retenue :
    « - Ça veut dire quoi ‘où elle devrait être ?!’
    - Rien. Mais tu devrais pas t'en mêler et la laisser. Elle veut pas t'voir. »

Coup dur dans ma détermination : en une phrase, je passai d’ire draconique à la frousse du chaton. Me serais-je simplement entièrement fourvoyé ? J’étais bouche bée, ne sachant quoi dire ni quoi faire. Car… avec un peu de recule, cela se tenait.
    « - E-elle ne veut pas me voir...?
    - T'as bien entendu. Alors maintenant laisse-moi, j'ai à faire.»

Puis il s’éloigna. J’étais trop abasourdi pour apercevoir qu’il était lui-même mal et pâle. Je jurai en Lapharia : merde ! Que dois-je faire ? Quel chemin prendre ? Et s’il me mentait ? Fais chier ! ‘Que te dis ton instinct ?’ Que… que Cam n’aurait pas dit tout cela juste pour disparaître par la suite sans donner de nouvelles en clamant qu’elle ne voulait juste plus me croiser. Cela n’avait ni queue, ni tête. Qu’elle avait l’air contrite mais sereine en sortant de ma tente.

RAAAHHHHH !

Je mettais mes mains rugueuses dans mes cheveux, cherchant le vrai du faux de cette histoire qui n’était pas la mienne. Mais… Brûlait en moi une caustique idée et son pendant.

Décidé, je m’en allais chez Père : je lui expliquais la disparition de Cameies, qu’elle m’avait partagé ses angoisses (sans entrer dans les détails), qu’on avait fait un marché ensemble et que depuis, on me balance qu’elle ne veut plus me voir. Un instant, le couple s’émeut devant ma détresse, pensant l’instant adolescent.
    « - Je ne suis pas amoureux d’elle ! Père, Mère ! Peut-être est-elle en danger ! Sa famille a toujours été un mystère pour nous et dès qu’elle m’ouvre son cœur sur leur plus noirs antécédents, la voilà volatilisée ?! Coïncidence ? Si vous savez où elle peut être retenue prisonnière… !
    - Du calme mon enfant. Asseye toi et respire. Tu rodes comme un fauve en cage. Ces secrets sont si terribles que cela ? Ne penses-tu pas que tu assombris le tableau ?
    - J’ai fait la promesse de les emporter dans ma tombe mais oui Mère, cela dépassait mon imagination et mon éducation. Je ne puis rester passif encore longtemps ! Je vous en prie, aidez-moi.
    - Mais hum… As-tu simplement vérifié qu’elle n’est pas dans la tente familiale ? »

Je me sentis bête soudainement et le rouge colora mes joues.
    « - J-je, non… j’ai espéré qu’elle sorte mais je ne suis jamais entré. Et je ne pense pas qu’ils me laisseront faire. Ils me connaissent et se méfient de moi à présent.
    - Mon petit… Je ne puis t’offrir beaucoup de réponses. Je ne peux pas t’autoriser à entrer de force dans l’intimité de cette famille. Respire, attends encore un peu : c’est quand même un peu long mais, il est de coutume qu’elle soit un électron libre. Peut-être voyage-t-elle ? »

Entrer de force.. ?

M-mais je peux le faire en réalité et sans qu’on m’en donne l’autorisation !
    « Merci Père pour tes conseils. Prends soin de toi Mère. »

Aussitôt, je courrais vers la tente des Beitia, mon excuse en tête. Alors que je faisais savoir ma présence, je tentais d’entrer.. mais la porte n’était pas verrouillée…
    « Y’a quelqu’un ? Cameies ? CAM ! Réponds-moi ! »

Là, je voyais une ombre... un reliquat...
    « B-Bon dieu...»

J'osais à peine la prendre dans mes bras de peur de la briser...

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MessageSujet: Re: Quand l'ambition nous étouffe... |Avec Enaël Ven 23 Nov - 18:11






Quand l'ambition nous étouffe...



Le temps passe, et l'espoir se transforme en désespoir petit à petit... Au début, mon regard se tournait vers la fumée montant vers le haut de la tente et s'échappant. C'est le seul petit rayon de soleil que je peux apercevoir de ma place. Mais, petit à petit, mon regard est redescendu... D'abord vers ces flammes, ce signe. Quand je l'observe, je sens ma poitrine se serrer et je souffre. Une grimace se loge régulièrement sur mon visage à sa vue. Mais, avec le temps, cette dernière est devenue normale... A force de voir, c'est comme si je m'y habitue. Comme si j'acceptais ce qui m'arrivait. Ce n'est pas le cas... Pourtant, j'ai bien peur de ne pas avoir le choix que de l'accepter...

Je me suis une nouvelle fois endormie sans même savoir si l'on est le jour ou la nuit. Je sais juste que la journée, je suis seule dans la tente avec ma mère. Alors que la nuit, je les entends ronfler. Et lorsque je les croise - c'est le moment le plus pénible - je me sens comme un yorkshire qui voudrait aboyer, crier mais qui ne peut rien faire parce que ce gros chien n'est pas à sa portée...

Petit à petit, je me suis presque habituée à ce cirque. Le seul soucis, dans ces conditions, c'est que l'on a bien trop de temps pour penser. Parce qu'on a que ça à faire. Plusieurs questions ont traversé mon esprit, certaines plus importantes que d'autres...

Vais-je un jour sortir d'ici ?
Revoir la lumière du soleil ?
Ces chaînes seront-elles brisées ?
Ou alors... Je vais dépérir ici à petit feu... ?
Et puis...
Serais-je réellement enceinte ?
Cet homme était-il un humain ?
Il a peut-être raté son coup...
Et si j'attends réellement un enfant...
Et si jamais j'ai de nouveau ma liberté...
Qu'est-ce que je déciderai pour lui ?
...
Est-ce que je serai capable de tuer un si petit être ?
Que j'aurais fait grandir pendant les dix mois ?
Et si je choisis de le garder...
Est-ce que j'arriverai à m'en occuper comme... une... une vraie mère ?
Ou alors je l'abandonne ... ?


Acette pensée, j'ai de nouveau vu Enaël. Après ce qu'il a vécu... Ce qu'il a subi... Vais-je réellement devenir mauvaise au point d'en arriver là ? Ces questions me font peur. Surtout les réponses, parce que je ne les ai pas. Si un enfant pointe le bout de son nez, il sera aussi innocent que moi. Il n'aura rien demandé. Et... Je n'ai pas le droit de décider s'il doit vivre ou non. De toute façon, tant que je serai ici, je ne pourrai rien décider. Mais, assise sur le sol, avec pour seul contact physique la peau un peu rugueuse de ma mère... Ma gorge se noue. Et j'attends, comme toutes les autres heures et les jours passés. Je perds la notion du temps à ne rien faire. Alors que ça ne fait peut-être même pas une semaine. Je n'en sais rien. Si peu de temps, si peu de repères, et si peu d'espoir...

*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

Un bruit me sort de ma torpeur. Un son bien trop courant à mes oreilles. Le battant de la tente vient de claquer. Rien de bien surprenant. Comme à l'habitude, je n'ai pas envie de croiser le regard de mon oncle. Ne parlons pas de mon frère. Il m'esquive, rumine, et n'ose même pas me regarder. Alors, quand j'ai encore entendu la tente, alors qu'il s'agit peut-être même d'un coup de vent, je n'ai pas daigné tourner le regard. Assise sur le sol, utilisant le lit comme dossier.

« Y’a quelqu’un ? Cameies ? CAM ! Réponds-moi ! »

Hum ? Pourquoi est-ce que je crois entendre Enaël ? Serais-je entrain d'avoir des hallucinations ? La curiosité s'est alors emparée de moi, et mon regard ayant perdu toute étincelle a enfin croisé le tien...

Assise là, ma mère reste contre moi à jouer avec ces cheveux qui n'ont reçu aucun entretien depuis la dernière fois que l'on s'est vus. Mes vêtements sont les mêmes depuis ce moment... A l'origine beige, la tunique est maintenant bien poussiéreuse, et je ne sais pas comment réagir. Tu es face à moi et j'ai l'impression que tu n'es pas réel. J'ai envie de te toucher pour vérifier que je n'hallucine pas... Mais me ravise. Mon bras tremblant s'est tendu mais a rapidement rejoint l'autre, attaché. J-Je ne peux pas le toucher, parce que... Je ne suis pas propre. Je ne le suis plus. Je n'ai d'ailleurs pas pas envie d'y penser, mais je ne pense qu'à ça. Un voile de tristesse passe dans mon regard alors que ma voix, tout aussi tremblante que mon bras, brise le silence.

« E-Enaël ... C-c'est réellement toi ? J-je... Je suis pas en train de rêver ... Cette fois encore ? »

Mon bras bloqué, attaché au lit, s'est alors légèrement soulevé pour montrer ces liens à cet invité... Car je le vois comme tel. Même si j'ai encore l'impression d'halluciner.

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MessageSujet: Re: Quand l'ambition nous étouffe... |Avec Enaël Mer 28 Nov - 23:49
Mes yeux se voilèrent de larmes… et sans pudeur, je les laissais couler le long de mes joues. Je ne sais pas si c’était la colère, le soulagement ou le sommeil qui me rendait si émotif… ou bien de comprendre dans quel état elle est. Mon cœur saignait pour elle. Ses cheveux, ses vêtements … et ses mots. Rien que ces mots… sont des poignards à mes oreilles. J-J’aurais pu la sortir bien plus tôt si je n’avais pas hésité. Elle n’aurait pas été aussi meurtrie…

Je suis un bon à rien…

Jusqu’à ce que j’entraperçoive l’espoir dans ses yeux clairs. Je suis là ! Je l’ai à portée ! Je peux la sauver : alors pourquoi avoir des regrets ? Et puis, ce n’est pas le moment pour tergiverser. Je la pris dans mes bras, la serrant contre moi…
    « Je suis là Cameies… Je suis enfin là… pour de vrai. »

Sans bouger, légèrement tremblante en se rendant compte de ce qui lui arrive...
    « O-on peut partir...Alors ? »

Sentir sa peau contre la mienne, partager notre chaleur… ma douleur était immense… De ma main droite, je sortais mon arme, la gauche restait en contact avec mon amie pour lui faire comprendre que j’étais là et que je ne partirais pas… et que je ne suis pas un fantôme. En quelques mouvements, les liens cédèrent.
    « On part là où je pourrais te protéger. »

Elle passe une main sur ses yeux. Je sentais qu’elle commençait à comprendre ce qu’il lui arrivait.
    « O-où ça ? Et, euh... »

Son regard se tourna vers sa mère qui continuait à caresser les épaules de Cam' en m'ignorant complètement. Il est vrai que je ne l’avais même pas remarquée tant j’étais obnubilée par sa fille. Dans mes souvenirs, c’était une femme joyeuse et indépendante… la voir ainsi ne fit qu’empirer mon malaise.
    « Je vous emmène toutes les deux. »

Je pris Cameies dans mes bras et elle lova sa tête dans mon cou. Elle n’avait pas maigri entre temps, juste son hygiène qui avait été négligé.
    « Viens avec moi Lores. »

La mère daigna enfin me regarder et me suivit... à un mètre près sans quitter sa fille des yeux.
    « Mais avant… »

Prenant la miraculée d’une main, je laissais un message dans le sol meuble de la tente…

‘‘Tu payeras ton crime de la main de la justice.’’

Je sortis et me dirigeai directement vers une tente connue de tous : le Père et la Mère du village.
    « - Regardez ! Voyez de vos yeux ce qui se passe dans votre village !
    - Par la tendresse de l’Aurore ! Je vais faire chauffer de l’eau pour cette pauvre enfant.
    - L-Lores ? Est-ce bien toi ? Depuis combien de temps ne s’était-on pas vu ? Je te croyais morte.. !
    - Enaël ! C’est quoi toute cette histoire ?!
    - Faites garder votre tente : les personnes qui ont fait ça savent que nous sommes ici… Et quand ils viendront, ils ne seront pas forcément disposés à discuter calmement. Prenons soin de ces femmes… je vous expliquerai ce que je suis en droit de vous dire…
    - Cameies viens avec moi… Je vais t’offrir des vêtements et de quoi te laver.. »

Alors que je la descendais à terre, je lui soufflais.
    « Tu es en sécurité ici. Je veille sur toi et ta mère… Prends soin de toi. »

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MessageSujet: Re: Quand l'ambition nous étouffe... |Avec Enaël Jeu 29 Nov - 12:58






Quand l'ambition nous étouffe...



Ce n’était pas la réponse que j’envisageais. Par contre, elle me satisfait amplement. Alors, je me suis laissée un peu plus aller, me sentant en confiance dans ses bras. Même au-dessus du sol. Lorsque ses jambes m’ont emmenée à l’extérieur de ce lieu maudit, ces ressentis inespérés m’ont comme envahie. J’aurais voulu pouvoir fermer les yeux pour profiter de cette douce brise. Et cette chaleur que le soleil m’apporte, en plus de celle d’Enaël. Mais j’ai toujours peur que ce bonheur, cette sensation… Que tout ça ne soit que passager. Même si je suis persuadée que, maintenant qu’il est là, il ne me laissera pas tomber ainsi.

Nous avons alors rejoint une autre tente. Celle de notre Père… Je ne me souviens pas y être souvent entrée, mais leurs regards envers ma mère et moi ne font qu’accentuer le malaise que je ressens. Je ne sais pas quoi leur dire. Alors je ne dis rien, j’observe et laisse Enaël répondre pour moi, décider pour moi… Et leur bonté ne me surprend pas. Au contraire, elle me fait plaisir, bien que je sois incapable de le montrer.

Reprenant pied à terre, mon regard se tourne à nouveau vers toi. Toi que je peux maintenant appeler mon sauveur. Je voudrai te remercier de ton geste, de tes paroles. Te dire à quel point cela me touche. Que je t’apprécie. Sincèrement. Et que je ne regrette pas de t’en avoir parlé. Oh non. Mais j’ai la gorge nouée. Aucun mot n’arrive à traverser mes lèvres. Mes yeux, par contre, ont repris leur expressivité habituelle. Peut-être pourras-tu lire en eux ce que je voudrai tant te dire. Alors, j’ai suivi notre Mère pour faire ce brin de toilette qui va me faire un bien fou. Mais tout aussi mal. Depuis ce jour, ce sera bien la première fois que je me verrai nue. Que je parcourerai ce corps. Une énième fois. Alors que tout a changé.

Une fois à l’écart des deux hommes, j’ai retiré ce qui me servait de vêtement. Sans pudeur envers nos… mères, puisque Lores m’a aussi suivie. J’ai alors rejoint ce que l’on pourrait appeler une baignoire. Un récipient en bois ayant la même utilité, dans lequel termine l’eau après avoir ruisselé sur ma peau.

Mais la douce odeur de savon ne fait que camoufler ce mal-être qui me ronge. Parfois, c’est avec dégoût que je m’observe. Et par honte que je n’ose pas croiser le regard des potentielles personnes présentes dans la pièce. Je n’ose même pas vérifier si notre Mère est restée. Au lieu de cela, je préfère tenter de faire disparaitre les marques invisibles de ces derniers jours passés.
Sans succès.

Après un temps qui me semble infini à frotter cette peau qui ne m’a rien demandé, je suis sortie me frotter à nouveau. Pour me sécher cette fois-ci, et finalement tenter de cacher mon mal-être derrière le bout de tissu que notre Mère me fournit. C’est seulement après cela que j’ai de nouveau rejoint la pièce principale, alors que Lores est restée pour elle aussi profiter de la baignoire. Ou plutôt patauger dedans – Depuis combien de temps n’a-t-elle pas fait ces tâches-là seule ?

Une fois de nouveau présente avec eux, mon regard a instinctivement recherché Enaël. Peu importe où il se trouve, ni ce qu’il fait, je me suis approchée de lui, dans le seul but de venir à nouveau me loger dans ses bras. Parce que, cette cage-là, c’est moi qui l’ai choisie. Et qu’elle est quand même bien plus agréable que le froid du métal. Peu après, avec difficulté tant ma gorge me fait mal parce que j’ai envie de lâcher ce poids, mais aussi parce que j’ai l’impression de sentir une boule qui me ronge le ventre tant cette situation me fait peur, j’ai réussi à murmurer quelques mots.

« I-Il est trop tard… »

Vagues. Je sais qu’ils le sont. Mais je pense que tu comprendras. De toute façon, ce n’est pas maintenant que je pourrai t’en dire plus, parce que cette douleur et ce stress commencent à m’échapper. Sans réellement le faire exprès, mes mains se sont agrippées à ton vêtement alors que je te sers plus fort contre moi. Peut-être le sentiras-tu devenir humide…

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Pouvoir :: Liaison draconique terrestre
MessageSujet: Re: Quand l'ambition nous étouffe... |Avec Enaël Ven 7 Déc - 0:04
Cameies… Enfin je te retrouve… et pourtant, déjà tu disparais entre d’autres mains. Je suis inquiet. Non pas que je soupçonne Mère ou Lores de quoi que ce soit : elles ne peuvent qu’être un réconfort. Non… j’ai peur de ces images, de ces souvenirs qui ont gravé ta chair et ton esprit. J’ai peur que tu deviennes ton propre ennemi… Et, je me dis qu’en restant proche de toi, je pourrais peut-être apaiser ces démons, qu’importe ce qu’il s’est réellement passé. Les chasser… les faire fuir… les tuer… Mais le mal a été fait et jamais je n’oublierai tes yeux quand tu m’as à peine reconnu…
    « Enaël, explique-moi… »

Je passais ma main rugueuse contre ma joue, effaçant l’ancien trajet de mes larmes, tentant de me reprendre pour répondre le plus justement à Père, détachant alors mon regard de l’endroit où tu avais disparu… alors que mon esprit était ailleurs. Je rodais comme un fauve en cage, incapable de m’assoir ou de me calmer.
    « - La famille Beitia a des traditions que nous ne soupçonnions pas. Malgré le temps passé avec elle, elle ne m’a ouvert son cœur qu’il y a peu quand elle se sentait en danger. Ou commençait à se sentir en danger…
    - Mais en danger de qui ? De quoi ?
    - De sa propre chair.
    - Un exorcisme ?
    - Non, je veux dire, de la part de ses pairs, de sa propre famille.
    - Même s’ils sont mystérieux, ils ne sont pourtant pas méchant… Je n’aurais jamais imaginé…
    - Regarde Lores ! Tu as vu son regard morne et ses attitudes obéissantes ! Même moi qui ne l’ai que peu connu, je sais qu’elle n’était pas ainsi. Tu as bien vu Cameies ? Elle ne peut pas mentir à ce point ! Quelqu’un l’a mise dans cet état !
    - Enaël calme-toi ! Je ne remets pas en question ta parole… je digère tes accusations.
    - Père ! Mets des hommes en protection devant ta tente ! Dieu seul sait quand est-ce qu’ils vont s’apercevoir de son départ !
    - Mais je t’ai toi… ! Pas besoin de plus !
    - Moi, je suis là pour elle… Je ne peux disperser mon attention sur d’autres personnes… »

Mon regard se fit dur et assez froid pour être compréhensible. De plus, je craignais un combat singulier où ma colère distribuerait la mort… ce que je ne voulais pas… pour elle. Puis nous continuâmes à discuter sur des points de protection et de jugement… Car je voulais savoir jusqu’où pouvait aller les sanctions pour de tels crimes.

Quand tu revins spontanément dans mes bras. Et ce fut avec un soulagement certain que je les verrouillais autour de toi. Te voir ainsi me rassurait, je te retrouvais encore un peu plus… dans quelques secondes, tu recommenceras à ne plus me voir et concocter tes potions…

À cet instant, c’était mon souhait le plus cher.

Mais cette phrase de ta bouche eut l’effet d’un tonnerre retentissant. Mes bras solides, se resserrèrent autour de toi, tu pouvais même me sentir frissonner de rage et de tristesse…
    « Père… Pourrait-on avoir un endroit… pour nous ? »

Il nous mena à une salle attenante… Je te fis t’assoir à mon contact, ma main droite dans ta gauche…
    « Cameies… R-raconte- moi ce qu’il s’est passé.. »

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Quand l'ambition nous étouffe... |Avec Enaël

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