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Le Bal du Prince [Terminé]

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Sang-Pure
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Quartier d'habitation :: Capien
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MessageSujet: Le Bal du Prince [Terminé] Mar 1 Sep - 16:29
C’est un soir, après une journée de labeur que Gwihir traverse les rues devenues bien familières du Quartier Capien. Les rues sont tranquilles, l’air lourd de l’été vibrant sous le peu de courants d’air qui passent entre les hautes tours des maisons qui déchirent le ciel. Les pavés gris résonnent sous les pas de la femme, ses talons frappant la pierre d’un pas régulier. D’autres se seraient sentis mal à l’aise dans ces ruelles mal éclairées, pleines de recoins, où les ombres projetées par les lampadaires font naître tout type de monstres et de fantasmes. Les Nuits Capiennes sont toujours propices, pour les humains plein d’imagination, d’avoir quelques frissons. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont si nombreux à venir s’y balader en couple, cherchant le petit frisson qui les fera se blottir l’un contre l’autre. Tellement prévisibles, ces humains. A chercher encore et encore la peur, mais à vouloir la fuir une fois que la rencontre nocturne se teinte de crainte primale. Mais là, dans cette ruelle, la demoiselle n’a pas ni l’envie d’avoir peur, ni l’occasion. Elle est l’une des filles de la Nuit, de celles qui nourrissent plus les craintes qu’en souffrent.

Sa route trouve enfin son but. Après avoir traversé une grande avenue illuminée par des lampadaires qui crachent leur aura jaunâtre à quelques pieds de distance uniquement, elle s’engage sous une porte cochère. La pénombre est complète, mais par la force de l’habitude, Gwihir n’a pas besoin d’éclairage pour trouver dans ses poches ce qu’elle recherche. Une paire de clé… Cinq mètres plus loin, elle arrive devant de vieilles boites aux lettres semblant dater d’un autre âge. Alors que le monde entier ne communique plus que par écrans interconnectés, il y’a encore des gens qui aiment le contact du papier pour les envois importants. Et ce soir-là en est la preuve. Au milieu des publicités habituelles, un courrier parcheminé et scellé à la cire repose dans son courrier. Une lettre pleine de cachet, fleurant le désuet, mais avec un tel charme intrinsèque qu’on ne peut pas en rire.

« Ah… Tient, une missive du Prince ? … je me demande comment se porte le vieux Jonhas… »

C’est avec un petit sourire encore sur le visage qu’elle glisse l’autre clef dans une porte et se faufile dans son antre, dans le très chaleureux appartement qu’elle a acquis lors de son arrivée sur l’île. Le temps a passé depuis cette époque, mais elle n’a pas oublié l’aide que lui avait apporté le Prince, à cette époque. Il est le « chef » des Capiens d’une région, d’une ville. Reliquat d’une vision moyenâgeuse de la société, le Prince dirige une « Cour ». Par le passé, il était celui ou celle dont le lignage était le plus pur, celui dont la famille possédait le plus de pouvoir. Mais depuis Kimatsu, depuis que les Anciennes races vivent cachées, le Prince est celui qui est en charge de la communauté, celui qui est aussi… Le visage du quartier, et qui doit gérer tous les petits soucis, toutes les tracasseries afin de protéger les Capiens venant chercher ici l’asile que partout ailleurs on leur refuse. Aiguisée par la curiosité, Gwihir ne prend même pas le temps de se mettre à l’aise. N’ayant de vis-à-vis dans la rue, à peine libérée de sa robe que la voilà qui déambule vers la missive, en petite tenue, afin d’en prendre connaissance au plus vite. Ses yeux parcourent rapidement la missive, puis s’écarquillent de surprise…

« … Quoi ? Le bal mensuel est… réservé au personnel ce mois ? »


Par personnel, tout Capien comprenait bien que ça signifiait surtout que le lieu ne serait occupé que par des membres de leur ethnie. Que ce bal, où se retrouvent aussi des touristes et où les Fils de la Nuit agissent comme s’ils vivaient dans une représentation théatrâle, sera cette fois une occasion particulière…

« … bla bla… robe et tenue… gnan gnan… à l’heure habituelle… Ah ! Le thème sera… Hein ? Il… se retire ? »


Sous la surprise, Gwihir se retrouve interdite, là, à relire encore et encore la même ligne. Le vieux Jonhas, Prince de la Cour de l’Île, invoquant ses années passées, souhaitait passer la main. Ce vieux Capien connaissant toutes les ficelles de l’île, et ayant des contacts dans tous les quartiers, cet homme taillé dans le granit, désire laisser son siège à un successeur et prendre le temps de le former. Enfin… « Le »… ou « la ». L’idée au début n’est qu’une petite étincelle dans le tréfonds de son esprit, mais plus elle y pensait et plus le feu prenait. Sa motivation s’enflammait. Elle n’était pas native de l’Île, mais avait eu besoin du patronage du Prince et était donc douloureusement consciente de la charge que le titre représente. Or, si elle ne connait pas très bien toutes les familles importantes de Capiens ici, les plus illustres ne semblent pas adaptés à la charge… Lord Ruthven, le plus ancien, est un homme froid et distant qui ne cache pas son dédain pour les « autres », y compris les Anciennes races. Dame Julia Stone est déjà âgée, peut-être même bien plus que le vieux Jonhas… Et Camilla de Karnstein née sur l’Île, ne comprend pas les besoins et les attentes de ceux qui ont dû tout fuir pour venir ici, où une nouvelle vie les attend, loin de la crainte d’être découverts. Non, ce bal est l’occasion de rendre aux Capiens ce que Gwihir a reçu, tout le bien que le Prince lui a offert et faire de même à l’avenir. Oui, elle allait devoir se préparer pour cette soirée.

Le soir du bal, une fois n’est pas coutume, elle se fait conduire en carrosse. Il est rare qu’elle le ressente, mais ce soir, dans sa plus belle robe, dans le véhicule tracté par un cheval noir, elle se sent comme un animal en cage. Dans les rues, des humains, des touristes, voyant en ces déplacements d’un autre âge une manifestation. Les enfants la montrent même du doigt. Un sentiment mi-figue mi-raisin la saisi. Heureuse d’être ainsi cachée, triste de ne pas pouvoir assumer son héritage en plein jour. Mais elle secoue la tête afin de repousser ces idées, ce n’est pas le soir pour ça. Ce soir, un Prince sera choisi par tous les Capiens de la ville, ce soir, elle espère arriver à convaincre les uns et les autres qu’elle mérite d’être choisie comme Princesse. Descendant de son carrosse, elle se dirige vers la salle de bal, sans manquer de saluer poliment les badauds qu’un tel regroupement attire invariablement. Après tout, tant de carrosses doivent amener leurs clients ici… D’un pas léger, elle monte les quelques marches depuis la rue. Déjà, les notes des valses se font entendre. Elle ajuste son loup, le masque traditionnel, puis entre dans la salle. Nombreux sont les invités à déjà être arrivés, tous en grande tenue, tous masqués et pourtant tellement identifiables, tant ces masques ne sont pas là pour l’anonymat mais pour mettre en valeur les visages, les yeux…
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Ven 4 Sep - 16:23
    Les lettres étaient envoyées, le banquet en place, les boissons spéciales servies : le bal était prêt. Mis à part le Prince lui-même. Cette décision était difficile à comprendre pour ces pairs, beaucoup de gens s’en offusquent et encore plus de jacassent à son encontre. Cependant le Capien ne perdait pas la face. Il avait la main mise sur ce quartier depuis longtemps. Il avait réussi à comprendre tout son peuple mais les réprimandes, les remarques acides et les vaines tentatives de le faire quitter son poste portèrent enfin leurs fruits. Depuis combien de temps survivait-il ainsi ? Il en avait perdu le fil.
      « - Maître, la cérémonie peut commencer.
      - N’a-t-elle pas commencée depuis l’ouverture des portes ?
      - Bien sûr que si mon Prince. Mais il serait temps que vous fassiez votre entrée.
      - Je ne suis pas d’humeur dansante. »

    La petite Capienne blonde sortit de la pièce, un pincement en guise de sourire. Non, son maître n’était réellement pas dans son assiette. Il avait été si bon pendant toutes ces années et le voilà amère et inquiet… C’est ainsi que passa une heure. Les invités dansaient, buvaient du sang frais, mangeaient à s’en faire vomir, bref, une orgie romaine des temps modernes. La jeune femme regardait d’un couloir plus haut la fête qui se passait sous elle. Résolue, elle toqua à nouveau :
      « Maître. Vos invités commencent à avoir le temps long. »

    Un soupire se fit entendre, puis des pas et finalement la grosse porte s’ouvrit. Son physique faisait honneur à sa race : 55 ans à tout casser, une barbe très soignée, des cheveux poivre-sels, un teint pâles et un port de tête des plus nobles. Vêtu d’une queue de pie et une rose blanche à la boutonnière, il ressemblait à s’y méprendre à un vampire aristocrate : classe, droiture et aura dangereuse. Il fit son entrée par le balconnet après que ses fidèles l’annoncèrent :
      « Le Prince de la Cours : Jonhas Feuerbach. »

    Il resta en hauteur par rapport à la plèbe. Le Capien les salua d’un geste de la main et attendit le silence.
      « Chères sœurs, chers frère. Je vous ai invité pour une étape charnière d’Helldream. Je confesse ne pas vous avoir laissés beaucoup de temps pour vous décider. Mais j’appelle tous ceux qui sont intéressés dans l’annexe. Laissez vos épouses et compagnons dans la salle de bal, ils s’y amuseront plus que vous. »

    Il disparut à la fin de ces mots. De lourdes portes s’ouvrirent dans la salle de danse, montrant une très longue pièce centrée par une table interminable. Des chuchotements montaient en échos. Certains partaient après avoir eu les derniers conseils, d’autres après un baiser de leur chère moitié et la dernière partie, sans aucune considération pour ceux autour d’eux. Après trente minutes, les portes se refermèrent sur une petite vingtaine de personne. Le Prince trônait en bout de table et grâce à l’architecture de la pièce, il se faisait très rapidement comprendre sans pour autant hausser la voix. D’un geste sec, il imposa le silence.
      « Mes chers invités, je suis votre obligé : prenez une chaise et un verre. Nous commenceront quand tout le monde sera bien installé. »

    Raclement de chaises, les dernières paroles échangées entre eux, les verres qui se remplissaient grâce aux servantes et finalement, le silence ce fut et toutes les têtes se tournèrent vers le maître de cérémonie. Celui-ci se leva et annonça :
      « Je demanderai à la famille Ruthven, Ogliha, Pokotich, Karnstein, Hakraji, Retcher, Mont-Chevin, Saint-Huges, Aoji, Grant, Geovani, Steward et Heimlich de sortir de la pièce. Je ne retiens pas votre candidature. »

    Les familles en question se levèrent, fils, filles, parents, oncles ou tantes et pestèrent vivement. Beaucoup d’insultes, de mots doux, de réprimandes et de malédictions se levèrent à l’encontre du Maître. À nouveau il fit son geste sec et imposa le silence :
      « Nous sommes en monarchie et je suis encore le Prince. Veuillez quitter la pièce dans les plus brefs délais… et en silence. »

    Rebelote : raclement de chaise, paroles échangées, stupeurs et tremblements… Une fois les intrus éloignés, il ne restait que 5 personnes autour de la table en plus de lui : deux hommes et trois femmes.
      « Mes chers amis, vous êtes ceux en qui je fais le plus confiance, par ignorance ou en vous connaissant. Je pense que vous avez déjà entendu parler du « Printemps arable » ? Ma chère femme y est depuis toujours pour aider nos compatriotes mythiques. La guerre a été déclarée depuis peu dans sa section et elle nécessite mon aide. »

    Voilà donc le pourquoi. Il fit signe à la petite Capienne blonde près de lui et elle se rapprocha :
      « Je vous présente Absinthe. Ma fille. Elle ne souhaite pas reprendre les rennes mais est d’accord pour vous enseigner ce qu’est d’être le Prince ou la Princesse d’Helldream. Elle sera votre gouvernante à l’un ou l’une d’entre vous. Elle sera autant votre juge que moi. Bien, à présent, présentez-vous. »
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Jeu 10 Sep - 16:39
Gwihir balaya la salle de son regard. Le Prince, imposant malgré son âge, à l’aura et à la puissance incomparable. Il avait en lui ce « je ne sais quoi » dont sont faites les montagnes, ce qui force les témoins à le regarder en levant les yeux. Il a dans son regard une lumière qui fait taire les critiques. Son autorité, ici est indéniable. Mais s’il veut partir, un autre devra se lever, un autre devra faire ces preuves, ici, et maintenant. Ce n’est plus le moment d’hésiter ou de reculer. Sa fille était à son côté, Absinthe… Elle ne souhaite pas hériter mais sera là pour former autant que cadrer le nouveau Prince, ou la nouvelle Princesse. Il ne reste alors qu’une autre femme et deux hommes, hormis Gwihir. Elle les regarde. L’un semble hésiter, chercher ses mots. Les deux autres semblent attendre… Peut-être qu’ils ne souhaitent pas parler les premiers, afin de ne pas faire d’impair et pour pouvoir calquer leurs discours sur celle ou celui qui parlerait le premier. Mais à trop attendre, on en devient timide, tiède et les mots perdent en valeur. C’est fort de cet avis que la Capienne se lève de sa chaise et s’incline poliment envers le Prince en titre.

« Mon Prince. »


Puis elle commence à parler. Pas besoin de s’incliner devant les autres, ni vers Absinthe. Pas besoin d’être obséquieuse, elle doit être fière. Fière et se montrer digne. Sa voix est peu assurée au début, mais très vite elle trouve le rythme de la discussion. Elle ne souhaite pas faire un exposé, mais sa formation de littéraire l’empêche d’être trop succincte. Ses yeux, passent de l’un à l’autre afin de jauger leurs réactions, voir si son discours les touche ou les ennuie. Si ses mots ont de la force ou ne sont que du vent.

« Je suis Gwihir Deirfiur, née au Tyrol, en Autriche. Ma lignée est liée aux Cours des Princes de Hongrie et de Roumanie. Depuis un peu plus d’une année, je vis sur l’Île, grâce au patronage de notre Prince. Avant de venir ici, j’ai beaucoup voyagé, découvert, discuté et appris. Et ai accumulé aussi des connaissances en langues humaines qui peuvent se trouver être utile. Anglais, allemand, français, roumain, hongrois, hollandais et danois sont des langues que je parle, lis et écris… »


Au fond d’elle, elle sentait bien que son début faisait très… CV ? Ce n’était pas ça qu’elle voulait transmettre comme sentiment. Alors elle sabra rapidement la fin de sa présentation, pour se concentrer sur ses raisons. Pourquoi vouloir le poste, la charge, alors qu’on n’y gagne presque rien ? C’est sûrement ça que souhaite entendre le Prince. Elle se mordit la lèvre inférieure pour le mauvais départ qu’elle venait de faire, sûre que les autres candidats ne feront pas cette erreur, puis elle se reprit rapidement, avec une voix assurée. Et si ses yeux se baladaient avant, maintenant, alors qu’elle exprime ses raisons, ils sont fixés sur le Prince.

« … Si je souhaite devenir Princesse, prendre la responsabilité de la Cour de l’Île, c’est parce que je connais au plus profond de moi les besoins, les attentes de ceux qui fuient les Humains. Car j’ai passé par là, je connais les expériences de ceux qui doivent réapprendre à vivre en levant la tête haute. Si je souhaite prendre votre suite, mon Prince, c’est parce que je sais que c’est grâce à votre travail que j’ai pu ici refaire ma vie, rencontrer des Capiens qui vivent selon nos traditions, même proche des Hommes… »


Elle marqua une petite pause. Au fond de sa tête, ses idées se bousculaient. Elle voulait parler de bien plus de choses, parler mieux… Mais elle ne voulait pas être juste une « princesse pour les fuyards » mais une vraie Princesse. Celle vers qui se tournent les regards de ceux qui ont besoin d’aide.

« Mais je souhaite aussi devenir Princesse pour continuer votre travail par rapport aux autres Quartiers. Je sais bien que seuls, nous ne sommes pas puissants. Même si les Capiens sont des chasseurs, des guerriers, nous avons besoin des autres Anciennes Races pour affronter l’avenir sereinement. Et je souhaite être ce trait d’union entre les Capiens et les Autres. Je souhaite être une Princesse qui saura manier la main de velours pour les miens et le gant d’acier pour ceux qui menaceraient mon peuple. Je souhaite devenir… une Capienne qui puisse être fière de son nom, de son titre et qui est au service de son peuple tout comme elle le protège. »


Elle allait se rassoir, lorsqu’une dernière phrase, presque impertinente passa ses lèvres, à peine soufflée. Mais elle ne la regretta pas le moins du monde.

« Je souhaiterai devenir une Princesse qui montre la voie comme vous fûtes un Prince exemplaire pour moi. »


Elle laissa un moment passer, juste le temps de deux battements de cœur, puis, s’inclinant respectueusement, elle se rassit, prête à écouter les autres discours. Elle faisait de son mieux pour garder un visage impassible, mais elle sentait ses oreilles chauffer légèrement alors qu’elle se rendait compte de son audace. Et dans sa tête, toutes les idées non dites se bousculaient… Mais elle avait fini, maintenant, elle devait attendre les autres présentations. Et le verdict du Prince…
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Ven 11 Sep - 17:06
    Après un bref silence, qui devait sans doute durer pour leur âme sous pression, une jeune fille se leva. Il ne la connaissait que de visu et n’avait pas réellement échangé de parole jusque là avec elle. Il hocha la tête au moment où elle s’inclina et écouta son discours sans cligner des yeux. La jeune Capienne avait le port de tête fier et la beauté des arabesques. Tout était en subtilité et en délicatesse. Sa voix, timide au début, trouva commencer délier les mots, chercha au plus profond d’eux toute la puissance d’une conférence réussie. Ses idées étaient intéressantes même si elles n’étaient pas nouvelles : en effet, on dirait bien qu’elle veuille juste reprendre la direction comme elle l’était déjà. Non pas que cela dérange le vieux Prince, mais peut-être un peu de changement dans les habitudes pourrait faire du bien. Pour clore sa partie, il annonça :
      « Merci Mademoiselle Deirfiur. Passons à la suite. »

    Le Prince n’avait même pas fini de fermer la bouche qu’un des deux hommes se leva et enchaîna sur ses arguments. Pas de salut correct, des idées confuses et une éloquence bancale. C’était aussi un jeune Capien, blond aux yeux verts, comme Absinthe, mais qui n’avait jamais vécu en dehors de l’île et donc ne voyait pas l’utilité d’autant de financement pour leurs réinsertions ni pour leurs habituations à l’Humain. Tous ses mots ne se rapportaient qu’à l’argent, l’économie et au financement des choses.
      « - Ne trouvez-vous pas que nous vivons dans un monde avec assez de moyen pour ne pas en devenir avare ?
      - Il n’y a jamais assez de financement mon Prince.
      - Très bien, merci Monsieur Waterfields. »

    Le jeune homme paraissait terriblement nerveux et quand il se rassit, on pouvait lire sur son visage la colère et l’envie de faire mieux. Il était, lui, très artificiel, tout dans le paraître et absolument pas dans la finesse de la précédente. Cependant, le père sentait le regard insistant de sa fille sur le corps du jeune banquier. Comme quoi, se sont bien les détails qui font tourner la balance.

    Finalement, après quelques regards échangés et entendus, le dernier couple se leva de concert. Deux Capiens d’âge respectables qui avaient aussi atteint leur âge d’immortalité. Le dame avait de long cheveux blancs bouclés chérit et coiffés avec un extrême soin. L’homme était un peu plus bourru, plus enveloppé mais avait de magnifiques yeux bleus cachés derrière un monocle pour l’œil droit. Ils parlaient ensemble, comme un seul esprit :
      « Mon cher Prince. C’est avec un immense plaisir que nous venons à vous. Nous sommes Richard et Simone Delorme. Nous n’allons pas tomber dans les banalités mais, nous avons vécu assez au dehors pour savoir quels sont les besoins de nos patriotes rescapés et nous avons été protégé par vous-même autant de temps qu’il nous a fallu pour comprendre à quel point votre rôle est primordial. Si vous permettez, je vais un peu plus me présenter. Je suis en fait l’esprit de la famille Delorme, je peux lire leurs esprits, contrôler leurs corps et voir et entendre ce que mes poupées voient et entendent. Bien que je ne puisse que manipuler ceux de mon clan, je peux cependant lire dans les pensées de toutes les personnes autour de moi. Je peux déjà dire à Monsieur Waterfields qu’il ne sera pas retenu par vous-même mais que votre fille s’en accommoderait bien. »

    Les deux jeunes gens rougir ensemble, l’un de colère, l’autre de gêne. Le banquier se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas exploser. Comment cette chose avait pu oser ? Mais il se freina et but d’un trait le reste de son cocktail.
      « - Donc vous lisez toutes les pensées ?
      - Toutes mon Prince. Si quelque me ment, je le saurai, si quelqu’un me cache quelque chose, je le lui ferai avouer. J’ai des yeux partout, sur cette île mais aussi dans le monde entier. Même chez votre femme vous savez.
      - Comment pourrait-on vous faire confiance alors ? Vous avez une armée, vous avez ce qu’il faut pour faire chanter le monde, il est vrai qu’il ne vous manque plus que le pouvoir…
      - Mon cher Prince, ne me dépeignez pas un si mauvais canevas. Je pourrais monter Helldream au dessus des autres quartiers. Je pourrais faire étendre notre propre race … »

    Jonhas parut perplexe. Il ne savait pas trop quoi penser de cette drôle d’apparition. Quelque chose en lui hurlait que cette chose était mauvaise mais rien dans les dires ne pouvait le prouver. Mais, risque t-il pas juste de perdre un précieux allié s’il n’oublie pas son instinct ? Le couple commença à faire des rictus déformés, malsains, gênants. Leurs mouvements n’étaient pas contrôlés par un esprit humanoïde et cela se voyait. La sclère de leurs yeux devint noire et leurs pupilles rouges.
      « - Mon Prince, je ne suis pas aussi malveillant que vous le pensez. Je peux instaurer un système de protection et de surveillance pour éviter que les brigands viennent encore ternir notre réputation. Je saurais avec précision le besoin du peuple, je leur donnerai que ce qu’il nécessite. Je saurais si nos alliés sont sincères ou non, les coups montés. On ne peut pas me surprendre.
      - Mademoiselle Deirfiur, qu’en pensez-vous ? »

    Avoir des idées, c’est bien, mais les défendre, c’est mieux.
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Jeu 17 Sep - 17:03
L’exposé de Waterfields avait eu des bons points, mais bien trop concentré sur un seul point, sur un seul aspect. Certes, l’argent est important, mais les Capiens ne sont pas une entreprise, le Prince se doit de voir plus loin, de voir plus large. Au fond de son cœur, Gwihir est rassurée, car cette présentation, même si très technique, lui avait laissé l’impression qu’elle avait fait finalement un assez bon départ. Mais la présentation du couple Delorme allait la prendre à rebours et lui faire bien comprendre que le jeu n’est pas fini. Tant de choses dans sa tête. Ainsi, ils lisent dans les esprits, mais à quel point ? Se contentent-t-il de « capter » la pensée présente ? Cette créature lirait-elle les pensées que le cerveau rappelle de manière inconsciente, lui donnant accès à une partie des mémoires à condition de savoir poser les bonnes questions et lire les bonnes réactions… Ou alors serait-elle une sonde capable de fouiller au plus profond des âmes ?

Cette annonce, avait fait son effet, avait fait douter. Mais au-delà de cela, ce n’est qu’un outil. Il ne faut pas s’en formaliser ou s’en inquiéter, mais de suite creuser, réfléchir, penser, non seulement pour trouver comment s’en prémunir mais aussi comment reprendre la main sur la discussion. Car un tel outil, dans les mains d’un Prince, serait en effet un gain dans de nombreuses occasions… Et une menace, aussi… Dans tout autant d’occasions.

Elle était toujours en train de cogiter, de chercher une manière de reprendre l’ascendant quand le Prince s’adressa directement à elle ! La voilà, la chance, à elle de la saisir. Elle cacha de son mieux son visage en pleine réflexion et fit de son mieux pour avoir dès le départ une voix posée. Regardant dans les yeux les deux personnes face à elle ainsi que le Prince et sa fille, elle posa ses arguments. Et profita pour ausculter les réactions des Delorme. Captation, lecture ou sondage profond, elle sera vite fixée, même si elle ne va pas mentir ni faire de détours. En tout cas, Jonhas lui demandait son avis à elle, signe qu’elle avait ses chances… Et pas sur Waterfields qui visiblement est hors course définitivement.

« Mon Prince, mon avis est partagé. Premièrement, je pense qu’avoir des yeux partout, c’est bien, certes, mais en même temps, voir loin empêche d’avoir le temps de s’occuper des détails. Selon les mots de Lady Delorme, elle voit tout ce qui se passe, au quatre coins du monde. Mais nul ne peut se concentrer sur tout et je pense dès lors qu’à voir trop loin, on perd la vision de ce qui nous est proche.

Dans un second temps, si j’ai bien compris, vous êtes… conscients ? De tout ce que voient et entendent les membres de votre Clan. Or, à moins que je ne me trompe, la famille Delorme n’est pas non plus présente dans absolument toutes les Cours, partout où le besoin d’information se fait sentir. Vous avez donc… des points d’ombre dans votre vision, sauf votre respect. »


Voilà ce qui traduisait ses pensées quant au don de vision. Deux faiblesses aux yeux de Gwihir. Mais elle se devait d’être plus incisive, plus claire, si elle voulait convaincre le Prince. Il restait un très gros point noir à ses yeux, et non des moindres. Celui de la confiance.

« Pour finir, je pense que nos relations avec les autres Quartiers, ainsi qu’avec les autres Capiens à travers le monde devrait être basé sur un respect mutuel et une base de confiance. Je ne dis pas que le doute n’est pas permis, ni que tout le monde est blanc ou noir. Loin de là, j’ai assez vécu pour perdre tout angélisme. Mais je pense que proposer de placer Helldream au-dessus ne ferait qu’attiser des jalousies, qui à termes pourraient faire bien plus de mal que de bien. Et si pour une raison ou une autre, il s’apprenait que le ou la Prince avait sondé les esprits de ses interlocuteurs sur une longue période, je pense que l’image des Capiens auprès des autres Anciennes Races serait irrémédiablement mise à mal et créerai un précédent menaçant. »

Gwihir était prête à s’assoir, après avoir donné son avis, majoritairement négatif. Mais lorsque ses yeux se posèrent sur le rictus de Richard, elle entendit distinctement dans sa tête un vieux conseil de son père… « Ne laisse jamais tes armes à portée de tes adversaires ». Et s’ils pouvaient aussi bien lire les pensées, ils savaient aussi très bien les points positifs qu’elle avait imaginés… Alors avant qu’ils ne puissent les utiliser à leur avantage, elle décida de jouer carte sur table.

« Malgré ceci, je dois reconnaître que si vous, mon Prince, n’étiez au courant de cette capacité, c’est qu’ils n’ont dû que rarement en parler ou en faire démonstration. De plus, s’ils passent par un entretien ouvert comme celui-ci, sans vouloir tronquer le résultat par des manipulations ou des intrigues, c’est qu’ils jugent le bien commun avant le gain immédiat de pouvoir. Dès lors, je ne peux être complètement négative quant à leurs talents. »

Elle réfléchit un moment, puis juste avant de s’assoir décida de donner son avis complet, y compris le verdict qui liait ses arguments, même si ça semblait particulièrement impertinent dans sa situation de candidate elle-même.

« Je pense, sincèrement, que le don de la famille Delorme est très intéressant, et surement, sans le moindre doute, pourrait être particulièrement utile pour un Prince. Mais que vis-à-vis de ses implications si ça venait à se savoir, ce pouvoir ne devrait pas être entre les mains du Prince lui-même, mais d’un conseiller. Et que celui-ci… en cas de découverte, assumerai afin de laisser propre l’honneur du Prince. Je conseillerai… je verrai… ainsi la place de la famille Delorme, comme celui d’une voix conseillant le Prince. »


Ceci dit, elle se rassit, et, avec bravade, fit de son mieux pour assumer les regards des Delorme autant que du Prince lui-même. Elle ne savait à quoi s’attendre, mais au moins, avec tous les sondages de l’esprits, on ne pourrait l’accuser de mentir…
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Lun 21 Sep - 12:14
    Le Prince avait ses deux mains jointes devant sa bouche, montrant le sérieux et l’attention qu’il offrait à ses potentiels successeurs. Au fur et à mesure que Mlle Deirfiur exposait ses arguments, il sentait en la famille Delorme une forme d’impatience. Son exposé était tout à fait satisfaisant et équilibré. Quand la jeune Capienne cessa, lui-même prit la parole :
      « Ce que je redoute, c’est que la surveillance devienne de la répression facile et que la lecture soit en réalité de la menace. Je pense pouvoir dire humblement que les Capiens ont ce qu’ils souhaitent et vivent en harmonie avec les autres. Nous avons déjà assez de souci avec nos compatriotes qui n’ont pas l’habitude de la nourriture proscrite. Tout comme disait votre égale, nous ne pouvons nous permettre de perdre la confiance des autres chefs de clan. Cependant, vous avez des qualités indéniables et un pouvoir fort intéressant. Il est tout à fait vrai que vous seriez bien mieux dans le rôle de consultant plutôt que dans celui de directeur. »

    Le chef des Capiens s’adossa confortablement dans son fauteuil, relâchant un peu ses nerfs et en profita pour s’humecter les lèvres avec sa boisson favorite. Le couple Delorme ne démordait cependant pas. Richard ne se leva pas mais Simone le fit et prit la parole.
      « Chère Demoiselle Deirfiur, sachez que je lis les pensées instantanées et non pas les souvenirs les plus enfouis. Il me suffit de poser les bonnes questions pour savoir la vérité et les moyens de pressions potentiels. Vous ne pouvez imaginer combien de pensées viennent lors d’une discussion. Et sachez que votre père vous a donné un bien bon conseil. Cependant, permettez que je réponde à votre supposition. Sachez que j’ai beaucoup de filles et celles-ci changent de nom lors du mariage. Ce n’est pas parce que vous n’entendez pas notre nom que je n’y suis pas. Vous serez positivement surprise si je vous disais les différents noms. »

    Elle ne cacha pas son sourire vainqueur et moqueur : il ne visait que la Capienne aux cheveux noirs. Puis, elle devint un peu plus respectueuse en posant son regard sur le Prince de la cours.
      « Il est bien dommage que vous ayez si peur des esprits. Nous ne sommes pas tous comme ce que vous voyez dans les films. Nous ne sommes pas tous mauvais, nous sommes juste un peu.. différent de vous. Mais je pense que mes paroles ne vont plus vous influencer, votre choix est fait, n’est-il pas ? »

    Absinthe se retourna pour voir son père. En effet, il avait son air déterminé. Il se redressa, posa ses mains sur la table massive et se leva.
      « - Père… ?
      - Je te prie de me retrouver dans mes appartements, je ne suis pas le seul à prendre une décision.
      - Très bien.
      - Mes chers futurs successeurs, vos exposés étaient plus qu’intéressants et complets. Ainsi, je vois différemment certaines subtilités et aspects de mon règne. Si vous avez encore quelque chose à me dire, je vous écoute. Sinon, je vous invite à rejoindre vos proches dans la salle de bal.
      - Mon Prince ?
      - Oui ?
      - Ne laissez pas cette chose être notre nouveau Prince. »

    Waterfields était plein de rancœur et de haine envers l’esprit Delorme. Le Prince sourit, l’esprit aussi et, encore plus furieux le blondinet sortit. Le couple redevint Humain et ils sortirent avec fierté. Ainsi, il ne restait plus que le Prince, sa fille et la Capienne aux cheveux noirs. Avait-elle encore quelque chose à leur dire ?
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Mer 23 Sep - 16:56
Gwihir se leva à son tour, lorsque le Prince les congédia. Elle n’avait rien à ajouter de plus, rien d’important à partager. Alors, dans une petite révérence polie elle se contenta de dire les mots d’usage.

« Je n’ai rien à ajouter, mon Prince. Je vous remercie de l’attention que vous m’avez donnée. »


Puis, d’un pas qui se veut mesuré, elle sort de la pièce. Dans un premier temps, elle tente de faire le vide dans sa tête, mais très vite plein de choses viennent se bousculer. Des tas d’idées, des craintes, des reproches. Assez d’idées en vrac pour pouvoir donner le tournis même à la famille Delorne, tant ses idées partent dans tous les sens. Mais il lui fallait reprendre le dessus sur ses émotions, faire le vide, retrouver son calme. L’attente serait longue et rien ne disait que cette dernière, la façon de gérer le stress ne serait pas une partie intégrante de la phase de test des candidats.

Alors elle descendit rejoindre les autres Capiens qui festoient, qui mangent et boivent, et elle laisse trainer ses oreilles. Alors que les voix diverses et variées tintent à son oreille, qu’elle y prenne attention ou non, dans sa tête, elle continue de se reprocher son manque d’impact au début. Dans sa tête, elle repasse la scène de l’entretien et regarde ce qu’elle aurait pu améliorer, ce qu’elle aurait dû améliorer. La famille Delorne l’avait prise par surprise, mais elle en avait aussi appris bien des choses et certaines erreurs ne seront plus faite…. La prochaine fois… Mais y aurait-il une prochaine fois ? Le vieux Jonhas régnait depuis de nombreuses décennies.

Les mots sibyllins de Simone avaient éveillé dans le cœur de Gwihir une étincelle d’espoir. Mais elle savait que trop bien que trop espérer, c’est rater des occasions. Alors… Elle fait le vide le plus possible dans sa tête, et participe de son mieux à la réception du Prince. Lorsqu’elle aura la réponse, elle aura tout le temps qu’elle voudra pour regretter ou être heureuse, mais actuellement, elle se devait de faire bonne figure. Et dans le meilleur des cas, connaître le nom et le titre de tous les Capiens présents à ces événements sera la plus facile des tâches, alors autant prendre de l’avance !
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Jeu 24 Sep - 17:56
    La réception était belle et, à l’image des Capiens, élégante. Les danses, les rires, les retrouvailles teintaient la fête de bonne onde. Même les plus endurcis tapaient volontiers le rythme de la musique avec la pointe de leur pied. Cependant, alors que certains passaient une bonne soirée, d’autres travaillaient d’arrache pied comme les gardes, les serveuses, les chefs-cuistots… et c’était le cas du valet qui entrait dans la pièce. Sa mission était précise mais terriblement ardue : retrouver quelqu’un qu’il ne connait pas dans cette immense salle. Il n’a que son nom et un léger descriptif de son physique. C’est ainsi que furetait ce jeune Capien. Parfois, il s’arrêtait pour demander à des convives s’ils pouvaient l’aider. Bien souvent la réponse était négative mais ainsi, il put retrouver la Demoiselle qu’il cherchait. Cette traque avait duré au minimum une heure trente…
      « Mademoiselle D… Deiiiirfur ? »

    La prononciation du nom était pathétique, mais devant un mot pareil, n’importe qui bloquerait. Le jeune homme regarda son interlocutrice dans les yeux, visiblement gêné de ne pas avoir réussit à dire son titre convenablement :
      « Mademoiselle, veuillez excuser mon incapacité à bien prononcer votre nom. Je vous prierais de bien vouloir me suivre, mon Prince Jonhas vous a fait convoquer. Il m’a aussi demandé de s’excuser auprès de vous pour la longue attente. »

    En effet, depuis que la jeune femme a quitté le vieux Capien, il s’était bien écoulé deux heures. Le valet entraina la conteuse dans les viscères du château : monta quelques escaliers, en descendit d’autres, passa de longs corridors, pour finalement arriver devant une porte, au dessus de la salle de bal. Le serviteur demanda poliment à Gwihir de patienter avant de toquer, entrer et d’annoncer la demoiselle. Quand l’autorisation tomba, il ouvrit la porte à son invité et elle put rentrer dans une large chambre d’un autre temps. Absinthe était là, elle aussi, un peu plus renfermée que la dernière fois. Jonhas, quant à lui, était sur une simple chaise, le sourire aux lèvres. Il se leva et vint la saluer en mettant un genou à terre et prenant sa main pour la sentir, comme dans les époques reculées de la monarchie.
      « Veuillez excuser mes façons quelques peu cavalières. Vous faire chercher n’est pas très élégant de ma part, Princesse Deirfiur. Sachez que je serai à votre service tout le long de cette soirée en votre honneur. Je partirai quand sonnera quatorze heures.»

    Au rang de Prince, il passa subitement à celui de sujet. À la fois étrange et galvanisant, il se sentait un peu plus libre. Au passage, il put profiter de la douce odeur du sang de la jeune femme. Il attendait que la nouvelle Princesse lui autorise de se relever.
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Mar 29 Sep - 17:50
La jeune femme avait suivi le valet, mais pas aveuglément. A chaque tournant, à chaque nouvel escalier, elle cherchait un repère, un moyen de se visualiser dans le manoir. Après tout, elle ne pourrait pas être éternellement une « nouvelle venue », il lui fallait prendre de l’assurance et connaître les lieux. Ce soir, son destin pouvait changer alors elle se devait d’apprendre, vite et bien. Et au fond d’elle, la conviction de sa réussite se faisait un peu plus grande à chaque pas. Après tout, on ne convoque pas une perdante lors d’élection, mais celle qui va devoir assumer quelque chose. Dans sa tête l’espoir se disputait avec l’appréhension, mais elle faisait de son mieux pour masquer sa nervosité. Par contre, au moment où elle se retrouva face à Jonhas et que ce dernier mis genou à terre devant elle, elle retient sa respiration, le temps de deux battements de cœurs, le temps que l’information pénètre sa conscience. Puis elle se concentra, sourit de tout son cœur. Elle avait réussi, mais le plus dur allait encore devoir être fait : se faire reconnaitre et accepter par tous les Capiens de l’Île. Mais… une chose à la fois.

« Relevez-vous, mon P… cher ami ! Et vous êtes tout excusé. C’est à moi de vous remercier de la confiance que vous me témoignez, ainsi que votre fille. »


Dans son corps, elle avait l’impression que son sang circulait à l’envers, tant elle avait l’impression d’avoir le tournis, que tout s’enchaînait si vite. Et si une Princesse ne devait pas être trop familier avec ses gens, pour lui, elle fit et fera une exception. Il a toujours été un exemple pour elle, et elle saura se rappeler des leçons apprises en sa présence, qu’il en ait eu conscience ou non, elle l’a souvent observé.

« Mon ami, vous avoir pour cavalier ce soir, jusqu’à la fin de la réception sera un honneur. Mais… Avez-vous prévu un discours ou une intronisation officielle, plus tard, afin de faire connaître votre choix à tous nos frères et sœurs présents ce soir ? »


Elle se rappela d’un conseil plein de sagesse de sa mère à cette occasion. « Soit toujours prête à tout, et ai toujours quelques mots de prêts pour n’importe quelle occasion. » … La truffe… Toute concentrée qu’elle était sur cette désignation, elle avait complètement ignoré l’étape finale d’une intronisation… celle de la présentation, du discours. Comment ici cela se passait, il ? Dans certaines Cour, comme à Paris, le Prince démissionnaire ne dansait qu’avec une seule personne, celle qui reprendrait son poste. Chose assez amusante à voir lorsque le Prince désigne un autre Prince, deux hommes partageant ainsi une danse sous les regards de toute la salle. Mais à la Cour de York, ça se passait par un discours, de la part du démissionnaire… Tant de Cours et tant de différences qu’elle ne savait pas que penser. A défaut, tout en se concentrant sur le message gestuel de l’ex-Prince et de sa fille, elle commençait déjà à réfléchir à un éventuel discours…

« J’imagine que nous allons les rejoindre, à moins que vous n’ayez de sujets qui ne souffrent d’aucun retard à me faire savoir avant ? »


Elle savait que la politique était une aimante cruelle, ne laissant de temps ni de répit, alors… Même si ce soir avait un goût de victoire, peut-être que d’autres choses importantes méritaient toute son attention avant la fin de la soirée. De plus, il lui faudrait aussi faire face aux prétendants éconduits. Si certains, comme Waterfields n’était pas un souci en soi, la famille Delorne pouvait en devenir un, alors même que Gwihir souhaitait bien en faire de ses alliés, de ses soutiens, pour le bien de toute la communauté. Tant de défis… La nuit était loin d’être finie.
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Mer 30 Sep - 9:26
    Le sourire de la nouvelle Princesse réchauffait le cœur de Jonhas. Il se releva et lui adressa un sourire chaleureux. Parmi tous les prétendants, elle était de loin celle qu’il préférait, tant sur les idées que dans le paraître. Il ne faut pas croire qu’il l’a choisie pour son minois mais il ne faut pas oublier que le charisme est une qualité plus qu’utile. La famille Delorme n’avait pas cette carrure. Le Capien écouta attentivement la jeune femme, frotta en réfléchissant sa barbe soignée, le regard dans le vague et répondit sans réelle conviction :
      « J’ai plus ou moins prévu une intronisation. Je pensais vous présenter à votre peuple et vous laisser dire votre premier discours. Je sais que je vous prends de cours, à nouveau, mais ce fut ainsi pour moi, comme pour ceux qui m’ont précédé. Et puis, vous ne pourrez pas faire pire que ce que j’ai fait, ma Princesse. »

    Il posa à nouveau son regard sur la reine juvénile et s’inclina avec malice :
      « Je me ferais un plaisir d’être votre cavalier. Prenez cependant garde, je suis un piètre danseur et ma femme me le reproche souvent. »

    Le cinquantenaire se redressa et proposa un fauteuil à Mlle Dreifiur, lui-même s’assit dans celui d’à côté. Un valet rapide proposa un verre à chacun, Jonhas fut tenté par le cocktail sanguin. Il faisait un peu tomber le masque de Prince qu’il avait l’habitude de prendre en face de ses sujets sans pour autant se permettre d’être familier. Mais cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas pu être juste lui–même et pouvoir savourer ce breuvage à sa juste valeur.
      « Puisque vous n’avez connu que mon règne, je vais vous expliquer la suite des évènements. Nos… vos sujets seront averti que le nouveau Prince, ou Princesse, est élu par le changement de couleur de la fontaine de sang. En se moment même, de rouge, elle doit être passée à bleue. Entendez-vous le brouhaha qui s’élève ? »

    Il marqua une pause dans son explication pour entendre la foule. Des questions, des rires, des reproches… tout était mêlé dans un vrombissement sourd et inintelligible. De cette salle, on surplombait la place de dance, on était dans la fête sans y être vraiment. Il reprit ses explications avec le sérieux qu’on lui connaissait.
      « Quand vous vous sentirez prête, nous descendrons dans la salle de bal, moi, votre servant et vous, la Princesse de la cours. Je vous introduirai brièvement et vous laisserai un temps de parole. Après quoi, quand vous lancerez un regard au chef d’orchestre, une valse hongroise retentira. C’est à ce moment là que je perdrai mon autorité pour la votre. À la fin de la danse, je ne serai plus que le vieux Jonhas Feuerbach, votre obligé. Puis, cérémonieusement, les familles viendront vers vous vous faire allégeance ou simplement vous faire part de leur ressentit. C’était la tâche la plus fastidieuse à l’époque, je luttais pour ne pas mourir d’ennuie. J’en profiterai pour vous faire part des caractères et des attentes de chacun.»

    Il but une gorgée de sa boisson avant de répondre à la dernière question de la demoiselle :
      « - Dimitri, il sait mieux que moi qui est là ou non, est-ce que tous nos invités sont arrivés ?
      - Oui mon Prince, seule la famille Delorme vient de quitter la fête. »

    Sans plus de surprise, Jonhas pinça son sourire. Puis reporta son attention sur Gwihir.
      « Voilà votre réponse. Vous disposez autant de temps que nécessaire pour faire votre discours. Et pendant ce-dit temps, ma fille et moi sommes à votre entière disposition. Tout comme tous nos serviteurs.»
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Jeu 8 Oct - 16:19
La nouvelle Princesse se rendait bien compte qu’elle n’aurait pas un temps infini pour se préparer. Loin de là. Vu que la fontaine avait déjà annoncé la décision, qu’elle avait annoncé… la couleur, il fallait ne pas faire attendre trop longtemps les Capiens, ne pas laisser l’excitation retomber, pour ne pas laisser le temps aux racontars et aux rumeurs de commencer à se répandre. Si une famille était déjà partie, surtout pour d’autres raisons, elle se devait de répondre aux attentes des autres Capiens présents. Ce serait sa première épreuve du feu. Et il fallait battre le fer tant qu’il était chaud. Mais savoir que « tous les invités sont présents », ça signifie que tout le gotha des Fils de la Nuit est rassemblé et va lui faire face, va écouter son discours.

« Mon cher Jonhas, je crois que nous pourrons y aller. Je me plierai à la tradition du discours non préparé avec plaisir et j’espère que la valse leur fera oublier un discours éventuellement trop court. »


Déjà, elle tentait de voir l’avenir, d’imaginer la suite. La longue litanie des respects présentés, mais surtout elle allait devoir écouter chaque mot, et derrière chaque compliment, entendre la critique ou la demande, derrière chaque félicitation, voir la jalousie. Mais au moins, elle savait qu’elle allait pouvoir compter sur une personne de confiance pour l’aider. Absinthe, même si elle n’aurait pas fait le même choix que son père serait surement une aide inestimable pour ses premiers pas. À Gwihir de se montrer digne de sa loyauté. A elle de voir par contre si elle va la présenter comme son bras-droit à l’avenir ou si elle va prendre le temps de la connaitre, de découvrir ses bons côtés ou ses éventuels mauvais côtés.

« Ne faisons pas attendre nos gens, mes chers amis. J’aurai tout le temps après la fin de la cérémonie pour prendre connaissance des dossiers, et je sens que j’aurai l’esprit plus calme une fois tout l’administratif terminé. Et une petite danse effectuée. Je vous suis ! »


Elle ponctua sa remarque d’un sourire amusé, mais il est visible que pour toute détendue qu’elle soit, elle a son esprit complètement alerte et déjà en train d’apprendre la charge qui lui incombe, au contact de son prédécesseur et ses remarques, pour innocentes qu’elles soient.
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Lun 12 Oct - 15:52
    Joueuse, la nouvelle Princesse accepta le baptême du feu. Cela tira un sourire entendu à notre Ex gouverneur. La jeunesse coulait dans ses veines et du sang neuf était plus que nécessaire en ces temps. Avec un regard entendu, Absinthe et Jonhas se levèrent et l’une remis sa robe en place, l’autre épousseta son pantalon. Le Capien proposa sa main pour conduire la nouvelle Princesse. Ainsi, ils sortirent de la suite et erraient à travers le château. Au lieu de passer par la porte de service, comme lors de sa convocation, ils s’arrêtèrent devant l’énorme porte en bois qui donnait sur la fête. Comme avant chaque discours, Jonhas s’éclaircit la voix et ajusta son costume. D’un regard fugace, il vérifia que la jeune Capienne soit prête et lors de son approbation, il donna l’ordre aux gardes d’ouvrir les portes.

    Douze coups de bâton firent taire la foule, comme au théâtre et seulement les pans lourds de la porte en bois s’éventrèrent : l’ancien roi et la nouvelle reine. Le silence était pesant mais pas désagréable, rendant le moment encore plus formel. Le couple se mit en marche vers l’estrade dont ils faisaient face, là où se trouvait le trône. Les pas du duo résonnèrent contre les murs en pierre et une fois arrivé en haut, M. Feuerbach fit face avec Gwihir à la foule qui s’était refermée sur leur passage.

      « Cher peuple d’Helldream, en ma qualité de Prince de la cours, j’ai eu la lourde tâche de trouver quelqu’un qui sache reprendre les rênes et respecter mon travail si durement mené. La difficulté de cette obligation se cache dans mon ignorance que j’avais des candidats. Qui dit la vérité ? Qui ment par orgueil ? Qui sera digne et assez large d’épaule pour diriger un si pesant fardeau ? Les tractations n’ont pas été longues mais cela n’a pas été de tout repos non plus… Je voulais, avant tout, remercier les personnes qui ont eu le courage de se présenter à moi. Vos avis ont été d’une fabuleuse aide et ces rencontres seront à jamais gravées dans ma mémoire. Je vous prierez de bien en vouloir à ma personne et non pas à celle que j’ai choisi pour me succéder. Capiennes, Capiens, sœurs et frères, laissez moi le grand honneur de vous présenter notre nouvelle Princesse : Mademoiselle Gwihir Deirfiur. »


    Le silence s’étira devant la stupéfaction des habitants. Était-elle assez connue ? Qui était-elle ? Cependant, des applaudissements discrets fleurirent puis finalement, toute la salle salua la demoiselle comme il se fallait. Jonhas fit trois pas en arrière, laissant Gwihir haranguer les foules comme il se doit.
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Jeu 15 Oct - 16:54
C’est quand les portes se sont ouvertes sur la salle de bal que Gwihir se rendit compte du nombre particulièrement important de Capiens vivant sur l’Île. Passer d’une estimation faite depuis une foule à la place de celle sur qui tous les regards se posent, ça donne une autre profondeur à la situation. Mais elle est prête, elle est là pour une raison, pour un devoir qu’elle a envie de prendre à bras le corps. Elle jette un coup d’œil furtif à sa tenue, s’assurant que rien ne vienne briser son image. Par habitude plus que par besoin, elle lissa rapidement certains plis de sa robe, puis repassa certaines mèches de cheveux derrière son oreille. Ça lui donnait un air un peu plus strict, mais surtout un peu plus mature et plus sérieuse. Dans sa tête, elle s’encouragea une fois de plus. Cette candidature était une succession de « dernières épreuves » à passer.


« Hum… l’épreuve du feu… Respire, ma fille, tout va bien se passer… C’est bientôt fini. »

Elle inspira un grand bol d’air, profitant que les regards soient tous posés sur le futur ex-Prince pour finir de se détendre. Elle écouta les mots de son prédécesseur, plein de sagesse et dont la fin allait la propulser au centre de l’attention de toute une ethnie. Lorsque son nom retenti dans l’assemblée, elle laissa un moment passer, afin de ne pas commencer à parler au milieu des applaudissements. Elle attendit ainsi quatre-cinq seconde passer, avant de commencer à parler. Et si elle souriait, très heureuse d’avoir été choisie, ses yeux étaient déjà sérieux, à regarder « ses » gens et tenter déjà de deviner leurs attentes.

« Mes Frères, mes Sœurs, je gage que certains d’entre vous ne me connaissent pas encore. Mais je compte bien gommer ce manque rapidement ! Tout comme je compte bien me faire connaître auprès des autres quartiers. J’ai décidé de prendre le flambeau afin de continuer l’œuvre que Sire Feuerbach a mené tout au long de sa vie jusqu’à ce jour. »

L’utilisation du nom de l’ancien Prince, avec son titre de citoyen et pas de Prince était volontaire. Elle laissa le temps aux gens de comprendre ses mots avant de continuer. Si elle était là, ce n’était pas pour le train-train, ni pour tirer un trait sur le passé, mais bien pour aller de l’avant en respectant les acquis du passé. A elle de bien le faire comprendre.

« En effet, j’ai décidé de me dédier à cette charge afin de permettre à tous les Capiens de pouvoir vivre ici, la tête haute, dans le respect de nos traditions. Protégés des Hommes, mais pas comme des bêtes traquées. Non, nous sommes fiers, nous sommes forts, et je compte bien qu’il en soit ainsi encore longtemps ! Alors… Prêtez moi votre force, offrez moi votre loyauté et nous resterons les Chasseurs de la Nuit. Je compte être celle qui tend la main gauche à tout Capien pour lui permettre de relever la tête, mais avec la main droite gantée d’acier pour ceux qui nous menaceraient ou qui intrigueraient. Voilà qui je suis, qui sera… votre Princesse. »

Le discours avait été un peu plus… direct que ce qu’elle avait annoncé au Prince plus tôt, mais les lignes étaient les mêmes. Sans l’enrobage diplomatique et mesuré. Elle avait le mérite de dire clairement ce pour quoi elle se battait en tout cas, et de clamer sa loyauté envers ses frères et sœurs de lignée.
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Mer 21 Oct - 11:33
    En écoutant le discours assez incisif de la demoiselle, Jonhas ne put qu’être un peu abasourdit. Bien sûr, un peu de vigueur dans ce monde de dictat ne faisait pas de mal, surtout que leurs âmes ne sont pas tout à fait aussi calmes que les maximes ancrées. D’un côté, cela le rendait tout chose mais de l’autre, cela faisait du bien à son esprit de Capien, chasseur et violent de nature. Ainsi, l’ancien Prince commença à applaudir, suivit de près de par la foule. La jeune fille donna alors le glas du règne de Jonhas Feurebach en lançant la musique de la valse d’intronisation. Le Capien offrit sa main pour faire descendre de l’estrade la demoiselle et dès qu’ils furent prêt, se lancèrent dans la valse hongroise. 1 2 3, 1 2 3, 1 2 3… C’est une danse assez connue du public de par son élégance et sa légèreté mais elle est haït par tous les pratiquants qui n’ont pas le sens du rythme. On l’annonce souvent comme la danse la plus compliquée à réaliser de but en blanc. Cependant, le duo ne se débrouillait pas si mal que ça. On pouvait lire sur le visage de l’homme toute sa concentration à mener la danse, la cérémonie qui se reflétait dans ses traits un peu tendus… bien sûr, il y avait des ratés, mais pas assez visibles pour faire rire la foule. Doucement, l’orchestre s'atténua en decrescendo, ralentissant de plus en plus, montrant la fin de la transition. Ils étaient arrivés au centre de la piste de danse, ce n’est pas une coïncidence, et une fois la dernière note envolée, le cinquantenaire posa un genou à terre.

      « Je voulais être le premier à vous prêter allégeance Princesse. Même si je ne serai pas très présent lors de vos premiers pas, sachez que je ne serais jamais réellement loin. Au moindre doute, peur ou inquiétude, vous pourrez demander conseil à Absinthe qui, si elle ne sait quoi faire, m’en fera part. Sachez que vous n’êtes pas seule, cette tâche est peut être un fardeau mais, contrairement aux apparences, il est porté par plus de monde qu’on laisse entendre, vous allégeant le poids. J’ai confiance en vous Princesse Dreifiur. »

    L’ex politicien se releva, et montra à la jeune demoiselle le trône qui l’attendait. Il n’avait plus le pouvoir de la conduire, étant relégué au statut de simple citoyen. Cette marche devait être faite seule. Seulement après il aura le droit de grimper à nouveau cette estrade pour l’aider lors des présentations et allégeances. La foule, disciplinée, commençait déjà à former un cordon devant l’élévation, dans un silence contestable. Personne n’osait parler vivement, il n’y avait que des murmures. Une fois installée, un clameur annoncerait à la Princesse les personnes qui viendront échanger de vagues paroles avec elle. Tant que la Capienne n’en donne pas l’autorisation, il n’y aura pas d’autres introductions, lui laissant ainsi avoir des conseils et ordonner les noms des personnes qui viennent de se présenter.
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MessageSujet: Re: Le Bal du Prince [Terminé] Mer 21 Oct - 13:52
L’épreuve du feu s’était bien passée. C’est là la première idée de Gwihir. Elle n’avait encore rien accompli vraiment, rien réussi tout à fait, mais pour l’instant, elle avait ce petit goût de victoire dans la bouche. Voilà, maintenant, elle était la Princesse, elle avait réussi son premier pari, accompli son défi. Les autres Capiens l’attendront sûrement au détour d’un dossier, certaines familles vont surement vouloir infléchir sa politique ou la faire entrer dans des considérations politiques, dans des machinations ou des calculs partisans. Mais elle n’en avait cure pour l’instant. Elle avait réussi. De l’émigrée, celle qui fuyait la mort de sa famille, elle avait réussi à se faire une place, ici, à avoir « sa » demeure, à vivre grâce à ses moyens dans une bibliothèque qui fait son plaisir. Ça, c’était sa place au milieu des Hommes. Mais voilà qu’aujourd’hui, elle avait réussi à se faire sa place au milieu des Capiens. Cette nomination n’est pas la fin d’une route, non, ce n’est que le tout premier pas d’une Princesse dont la voie sera sûrement semée d’embûche, mais là, ce soir, elle savoure cette petite réussite.

Devant ses yeux, s’agenouillant l’un après l’autre, parfois en couple, défilent ainsi les Capiens et les Capiennes. Jeunes, anciennes, vieilles lignées ou de sang-neuf, toutes ici lui prêtent allégeance. Le héraut annonce les noms, les titres, parfois, puis ils s’avancent. Certains se limitent à des vœux simples, d’autres ajoutent quelques félicitations. Quelque uns d’entre eux s’annoncent avec leurs charges, devoirs ou en mentionnant leurs projets. Et aux côtés de la nouvelle Princesse, Johnas et Absinthe murmurent leurs informations. Tant de mots, tant de sourires polis et de verbes plein de miel. À tous, la brunette répond, et en même temps, elle grave dans sa mémoire ces têtes, ces informations et ces conseils. Demain, lorsque le jour se lèvera, elle aura la charge de tout un peuple. Et si en effet elle sera aidée, ce sera toujours de sa responsabilité que de répondre aux attentes de chacun.

Le ballet continue, ainsi, longuement. Après les noms chargé de passé, après les titres ronflants de noblesse, viennent alors les petits nobliaux, les sires sans terre ou ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de briller par la lame ou le verbe. Nombreux, à ce moment, sont ceux qui, comme elle, ont cherché ici l’Eldorado, la terre promise, un lieu où ils ne seront pas traqués. Elle voit bien, dans tous ces yeux, se refléter l’espoir. Elle était comme eux, elle sera la Princesse qui ne les oubliera pas, elle se le jura. Les noms continuaient de danser autour d’elle, les murmures de Jonhas se faisaient moins précis. Après tout, moins de pouvoir, moins de raison de les surveiller, et donc, moins d’informations à partager. Au milieu de ces pensées, Gwihir se rappela des Delorme. Elle allait devoir les contacter, demain. Car une famille, surtout ce genre de famille, se devait de ne pas être laissé dans le vent. Racines de rancunes, de jalousies ? Noyau de contestation, de protestation ? Elle ne pouvait le permettre, alors demain, elle devra les contacter, sûrement en privé et voir pour leurs vœux de loyauté. Peut-être qu’il y aura marchandage, peut-être quelques négociations, mais ce ne sera… que le premier pas d’une longue route, celle de la Princesse des Capiens. Gwihir se reconcentra sur la cérémonie, cette dernière touchait à sa fin. Elle continua de répondre à chaque mots, chaque vers, chaque politesse, jusqu’à l’épuisement, puis, enfin, vint la libération. Avec les premières heures de l’aube, la cérémonie touchait à la fin. Petit à petit, les nobles familles commençaient à prendre congé, poliment, puis à rejoindre leurs fiacres et carrosses. La nuit fut particulièrement longue, une belle nuit blanche.

Et… Le lendemain, point de chausson de vair pour la libraire du quartier Capien, pas de carrosse qui se transforme en citrouille. Non, le lendemain, après une douche pour se réveiller, elle était toujours la Princesse. Ce n’était pas un rêve qui se dissipait, mais un rêve qui commençait. Même si dès lors, ses nuits allaient être encore plus chargées que par le passé. Alors qu’elle remontait la rue en direction de sa bibliothèque-librairie, elle serrait dans sa poche de veste le sceau familial, celui qui parapherait bientôt les nombreuses correspondances d’une certaine Princesse Capienne…


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Le Bal du Prince [Terminé]

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