AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez|

A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Mer 7 Oct - 16:48
Lauraline était fatiguée, elle avait passé une dure nuit dans le bar le week-end passé et elle n’arrivait pas à récupérer. Elle était somnolente, assise sur une chaise de la bibliothèque de la ville située dans le quartier humain, à fouiller la base de donnée de l’établissement. La sexire avait toujours été une grande lectrice car cela occupait ses journées, seule à l’asile. Ses sujets favoris étaient dans le désordre les livres policiers, les méthodologies d’enquêtes, les romans de fantaisie et les livres d’histoires. Mais aujourd’hui elle faisait des recherches sur les Védins et les Mythes et la base de données restait bien muette. Elle arriva finalement à trouver une référence un peu caché mais il était indiqué que le livre était perdu depuis environ 50 ans. Elle appela la bibliothécaire pour lui demander s’il était possible de trouver ailleurs cet ouvrage.
    «Je suis désolée madame mais je ne sais pas trop comment vous aider… Ah moins que … Je ne vous garantis rien mais vous trouverez éventuellement ce que vous cherchez dans cette librairie, ce ne sera malheureusement pas gratuit mais c’est tout ce que je peux faire pour vous.»

Lauraline la remercia après que la femme lui glissa un papier avec l’adresse. La sexire regarda sa montre, c’était une belle avec boitier et bracelet en titane, la jeune femme en était très fière, le garde-temps avait bien tenu le choc malgré le naufrage. Elle remarqua alors qu’il était encore tôt le matin et qu’elle mourrait de faim, elle décida de faire un arrêt petit-déjeuner avant d’aller à la boutique. À moitié amorphe, elle se retient de bailler dans l’établissement car elle savait qu’elle n’arrivait jamais à être discrète. Elle se lâcha juste après la porte de sortie, s’étirant de tout son long, tendant les bras vers le ciel, les passants lui jetèrent des regards intrigués mais l’ignorèrent rapidement. Elle se dirigea dans la direction indiquée par la bibliothécaire, bien décidée de s’arrêter dans le premier café acceptable qu’elle verrait. Après une dizaine de minutes, elle trouva enfin une jolie terrasse et s’assit sur une chaise au soleil. Elle commanda un express et un croissant qu’elle dégusta en matant les passants et passantes. Après avoir payé son dut, elle se remit en route de la librairie. Lauraline trouvait amusant les changements d’architectures de la ville mais elle trouvait que les ruelles dans lesquelles elle devait s’engager devenaient de plus en plus glauques, elle avait presque peur et hésitait de plus en plus à repartir sur ses pas. Elle finit cependant par trouver le bâtiment qu’elle cherchait, il était très ancien et semblait abandonné car du lierre recouvrait sa façade. Lauraline se demanda alors si la bibliothécaire ne se serait pas moquée d’elle mais elle remarqua l’enseigne qui indiquait « Au mille et une pages». Elle était bien à la bonne place, Lauraline prit son courage à deux mains et poussa la porte de l’établissement. La beauté de la pièce la scotcha sur place.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sang-Pure
avatar
Age : 34

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Conteuse, bibliothécaire
Pouvoir :: Affinité d'âme
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Jeu 8 Oct - 16:55
Dans l’établissement, l’odeur du vieux papier et de l’encre se mélangeaient à celui, léger, du thé. Depuis l’ouverture de la librairie, il n’a jamais été interdit d’y boire ou d’y manger, à condition de savoir le faire proprement, ce qui a conduit bon nombre d’habitués à venir avec des thermos, des petits scones dans un panier ou d'autres douceurs pour agrémenter une bonne lecture. Ici, ce n’était pas réellement un magasin qui recherche le chiffre d’affaire en vendant de nombreux ouvrages courants, mais plus un temple de la lecture détendue et du plaisir de lire. Pas de sono, pas d’annonces, juste, quelques fois, la patronne du lieu qui joue d’un instrument à cordes. Mais aujourd’hui, c’est bien le calme qui prévaut et les discussions respectueuses. Personne ne chuchote, mais personne non plus n’hausse de trop la voix. Dans les rayonnages se retrouvent autant des gens habillés comme un dimanche, légèrement guindés, que des touristes de l’Île venus en T-shirt. Pas de dress-code, pas de tenue obligatoire, seule une affiche annonce à l’entrée un sobre :

« Bienvenue aux mille et une pages.
Ici pas d’interdiction, mais souvenez-vous que le plaisir passe par le respect de l’autre et des livres. »

Dans cet antre de papivores, Gwihir s’occupait de changer les fleurs qui décorent les différentes tables, naviguant tranquillement, répondant aux quelques questions que posaient les clients et orientant celles et ceux qui cherchaient un ouvrage particulier ou des informations. Elle ne donnait pas l’impression des vendeuses habituelles, toujours à courir, mais plus celle d’une hôtesse qui accueille chez elle des invités. Prenant le temps de répondre, toujours le sourire aux lèvres, jamais avare d’une petite discussion avec les habitués. Après tout, le lieu semblait autant être une librairie qu’une bibliothèque et nombreux sont ceux qui lisent dans les canapés, une tasse posée devant eux. Alors si l’ambiance peut surprendre, on comprend assez facilement que les gens reviennent souvent.

Et lorsque Lauraline passa la lourde porte du lieu et se retrouva la bouche mi ouverte dans l’entrebâillement de la porte, la maitresse des lieux, reconnaissant sans peine une nouvelle venue, profita d’un passage vers son comptoir pour chercher de nouvelles fleurs à installer sur les tables pour la saluer poliment. Ses cheveux étaient libres et un petit courant d'air venu de la porte ouverte jouèrent avec eux.

« Bonjour, mademoiselle. Soyez la bienvenue aux mille et une pages. Si vous avez besoin d’aide ou d’un renseignement, n’hésitez pas à faire appel à moi. Bonne visite et bonne lecture. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Ven 9 Oct - 12:28
    «Bonjour, je ne pensais pas trouver un si belle endroit ici, c’est merveilleux.»

Lauraline avait l’esprit encore un peu ailleurs ces yeux partant dans tous les sens, il y avait tant de livres, tant de sources de connaissance à sa portée. Elle se rappela après quelques secondes la présence de cette femme qui l’avait accueilli.
    «Oh je suis désolée, j’étais un peu dans la lune, j’aime beaucoup les livres et les vues d’un aussi bel endroit m’a fait un peu rêver éveiller. Je vois qu’on peut les lire ici sans les acheter, un peu comme dans une bibliothèque ? Je vais me promener un peu dans les rayons mais j’aurai certainement besoin d’un peu d’aide plus tard, je peux vous appelez comment ? Enfin si cela ne vous dérange pas trop bien sûr.»

Après que la libraire lui eut répondue, Lauraline se dirigea vers l’armoire la plus proche, s’enivrant des odeurs de parchemins, d’encres et de thés et oubliant temporairement la raison pour laquelle elle était venue. La pièce était bien éclairée, chaleureuse et la sexire aimait particulièrement le jeu des lumières entre les différents vitraux et des lustres. Elle appréciait également l’ambiance bonne enfant qui régnait dans la boutique, les gens discutaient tranquillement bouquinaient et buvaient du thé. Elle arriva en face de l’étagère et essaya de comprendre le système de classement. Elle fut heureuse de constater qu’il était logique, d’abords un thème puis un classement par ordre alphabétique. Combien de fois elle avait dut se battre avec les autres résidents de l’asile afin qu’ils maintiennent un semblant d’ordre dans la bibliothèque de l’établissement. Comme elle était en face de la partie dédiée à la botanique, elle se dit qu’elle devrait amener Lineth ici, elle aimerait surement l’ambiance. Elle décida ensuite de faire le tour des rayons pour se familiariser avec les lieux et voir les différents thèmes. Elle y trouva les grands classiques : histoire, géographie, chimie, physique. La majorité des gens se retournaient à son passage et Lauraline regratta un peu de s’être habillé si légèrement et sexy. Son top était super moulant et mettait bien en valeur sa poitrine. De couleur noir, il y avait sur le devant un dessin d’Ezio Auditore da Firenze le héro des jeux Assassin’s Creed II. Il laissait juste entrevoir son tatouage en forme de cœur et la jeune femme se dit qu’elle devrait faire plus attention par la suite en le dissimulant avec du fond de teint. Elle avait complété sa tenue par une jolie jupe plissée rouge-sang. A ses pieds, elle portait des basquets rouges avec trois rayures noires et des petites chaussettes noirs. Exceptionnellement, elle avait laissé Lineth lui faire une tresse avec ses cheveux bruns et elle portait un mince bandeau vert émeraude pour souligner la beauté de ses yeux verts également.

Lorsque la jeune femme eut fini son petit tour, elle regarda plus attentivement les vitraux. Ils étaient relativement classique, on pouvait y voir des nobles dans leurs vies courantes, en train de manger, de danser lors de bals masqués, à la chasse, etc. Cependant, un des vitraux attira son regard, on aurait dit qu’un noble était en train d’embrasser le cou d’une jeune femme. En s’approchant, Lauraline sentit un frisson monter gentiment le long de sa colonne vertébrale et elle comprit pourquoi. Elle avait alors l’impression que le noble n’était pas en train d’enlacer sa compagne mais lui mordait le cou. Cette vision lui rappela enfin la raison de sa venue et elle chercha du regard la jeune femme qui l’avait accueilli. Elle la trouva rapidement et alla à sa rencontre.
    «Excusez-moi madame.»

Lauraline attendit un cours instant pour qu’elle ait l’intention de la libraire.
    «Est-ce que vous avez auriez parmi vos ouvrages, un livre intitulé «La Malédiction du Sang» écrit par Elisabeth-Alexandrine von Deirfiur.»

La sexire regarda alors son interlocutrice et la trouva fort jolie. Elle remarqua surtout la couleur de ses yeux, vert comme elle. Elle ne put s’empêcher de sourire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sang-Pure
avatar
Age : 34

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Conteuse, bibliothécaire
Pouvoir :: Affinité d'âme
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Sam 10 Oct - 21:06
Gwihir aimait bien ce regard plein d’étoiles lorsque les gens passaient la porte de son établissement. Elle y avait mis beaucoup de son âme dans ce magasin, mais voir chaque fois des clients aimer le cadre et revenir plus tard pour le plaisir de lire comme juste par amour de l’ambiance du coin, ça lui faisait chaud au cœur. Et cette nouvelle arrivante ne dérogeait pas trop à l’habitude. C’est avec un sourire sincère et amusé qu’elle répondit à son interlocutrice quelques réponses devenues routinières.

« Je suis très heureuse d’apprendre que le mille et une pages vous plait. En effet ce lieu a été pensé comme un asile pour tout amateur de livres, et si nous vendons bon nombre de livres de tout genre, nous avons pour volonté de laisser lire aussi, à l’image d’une bibliothèque. Pour m’appeler, « Mademoiselle » ira très bien. À moins que ce ne fut une manière de me demander mon nom ? »


Avec un très grand sourire, tentant de cacher son amusement, surement, elle se concentra sur le bouquet de fleurs pour ne pas rire. Il y avait très peu de chance que ce soit une manière de l’aborder et de lui faire des avances, surtout que la personne était une femme, mais la réponse était sortie presque toute seule. Elle espérait au fond d’elle qu’elle n’allait pas vexer l’inconnue, mais il y avait peu de chance, les gens ici on souvent de l’humour. Elle laissa Lauraline naviguer dans les rayonnages tranquillement, avançant sur sa tâche. D’autres habitués, voyant Gwihir sortie de sa routine en profitèrent pour lui demander quelques renseignements ou acheter un ouvrage, ainsi, sa rencontre avec la brunette sombra dans l’inconscient de la Capienne, tant elle était concentrée sur son travail. Ce fut un moment plus tard, bien une ou deux heures, qu’elle réentendit la voix.

« Est-ce que vous avez auriez parmi vos ouvrages, un livre intitulé «La Malédiction du Sang» écrit par Elisabeth-Alexandrine von Deirfiur. »


Gwihir tenta bien de cacher sa surprise, mais ne put le faire complètement. Après avoir été habituée à des demandes bien improbables en termes de livres, elle pensait être rôdée, mais cette jeune femme semblait bien plus désarmante que ce qu’elle avait imaginé au premier abord. Un livre parlant d’un Mythe, de la main d’un Mythe, issu d’avant la Kimatsu, la guerre. Ça, ce n’était pas courant. Le premier réflexe de la libraire fut la suspicion. Après tout, même après la guerre, les Hommes n’avaient jamais cessé de massacrer les Anciennes Races. Puis ses yeux se posèrent sur le petit tatouage au nombril… Sexire ? Nul parmi les Mythes n’ignorait ce trait qui permet de les identifier, mais qu’en était-il vraiment, à l’époque du tatouage facile. Après tout, un cœur est un joli symbole et pas déplacé sur la peau d’une fille mignonne. Dès lors, que penser ? Piège ? Humaine ou Mythe ? Elle semble bien trop naïve pour être une menace, mais Gwihir ne pouvait s’ouvrir si facilement. Et ce titre… De tous les titres parlant de Mythes qui ont réussi à passer les âges, pourquoi justement celui écrit de la main d’une de ses aïeules ? La coïncidence était troublante. Pourtant, alors que tout ça se passait dans sa tête, sa réponse fut assez claire. Dans un sourire, elle répondit.

« Oh, vous cherchiez un ouvrage particulier ? Hum… Je connais en effet ce titre, mais… ce livre est un incunable. Si nous parlons bien du même livre, son âge canonique fait qu’en aucun cas je ne pourrais en vendre un exemplaire. »


Elle laissa un moment passer, comme pour voir la réaction de son interlocutrice, puis continua.

« Dans le cas de lectures, il se peut que l’accès aux incunables qu’héberge mon établissement soit ouvert, mais jamais durant les heures d’ouvertures du magasin, car ces lectures demandent ma surveillance. Je ne peux prendre le risque de voir de tels ouvrages maltraités ou… disparaître. Enfin, vous comprendrez aisément ma position, n’est-ce pas ? Si malgré tout vous souhaiteriez en lire certains, dont celui cité, je ne peux que vous proposer de prendre rendez-vous pour une lecture ultérieure. Qu’en pensez-vous ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Lun 12 Oct - 11:17
Lauraline constata que sa question troubla la libraire mais qu’elle semblait vouloir le cacher. Elle lui dit qu’elle connaissait cet ouvrage, ce qui remplit de joie la sexire, enfin elle allait pouvoir lire une autre source sur les mythes. La suite de la réponse refroidi temporairement la jeune femme lorsqu’elle entendit « que son âge ne permettait en aucun cas de … », s’imaginant déjà les portes de ce savoir se fermer devant elle. Elle soupira de soulagement lorsqu’elle entendit parler de vente. De toute manière, elle ne pensait pas avoir suffisamment d’argent pour s’offrir un tel ouvrage. L’espoir revient dans ses yeux lorsque son interlocutrice lui parla d’une possibilité de lecture surveillée.
    «Oh, je n’avais pensé pas qu’il n’existait pas de copie récente, je comprends parfaitement vos réticences à vendre un si bel objet. Je ne souhaite pas l’acquérir car je ne saurai en prendre soin sur la durée et qu’un livre est fait pour être lu par le plus grand nombre et non moisir dans une bibliothèque personnelle. Je comprends également votre volonté de préserver cet héritage du temps en ne laissant pas un libre accès à ces ouvrages. J’apprécie votre offre de lecture surveillée et j’aimerais prendre un rendez-vous. Vous êtes libre quand ?»

La possibilité de pouvoir voir, toucher et lire de si beaux ouvrages faisaient briller des milliers d’étoiles dans les yeux de la sexire. Elle n’avait encore jamais eu l’occasion de constater la beauté en vrai d’un incunable autrement qu’en photo dans d’autres œuvres récentes.
    « mmh... soit un soir, soit le dimanche ou le lundi, jour de fermeture du magasin. »

    «Est-ce que je peux venir ce soir ?»

Elle lui répondit que c’était possible, Lauraline la remercia, lui fit un énorme sourire en lui disant à ce soir et prit congé. Elle entendit son ventre emmètre quelques réclamations et sorti de l’établissement à la recherche d’un endroit pour manger. Elle ne savait pas trop pourquoi mais elle avait envie d’un tartare de bœuf. Elle pensait savoir qu’un bistrot proche en servait.

Après c’être bien remplie la pense, Lauraline acheta un thermos dans une petite boutique ainsi que du café instantanée et un sandwich pour le repas du soir. Elle réussit à convaincre un sommelier d’un bar, en usant de ses charmes, de lui offrir de l’eau chaude. C’est ainsi parée qu’elle retourna au « mille et une page ». On était le milieu de l’après-midi et elle prit un livre sur la Seconde Guerre Mondiale. Elle commença à le lire tranquillement, buvant de temps en temps une gorgée de café et attendait impatiemment la fin de la journée. Heureusement pour elle, le livre était très intéressant et elle ne vu finalement pas le temps passé. La propriétaire annonça alors la fermeture et Lauraline se dirigea vers elle.
    «Je vous remercie encore de me permettre de lire ces ouvrages et de m’accorder de votre temps. Je m’appelle Lauraline Larsson, je serais enchantée de faire votre connaissance.»

La jeune femme tendit une main amicale et sourit à sa vis-à-vis.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sang-Pure
avatar
Age : 34

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Conteuse, bibliothécaire
Pouvoir :: Affinité d'âme
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Jeu 15 Oct - 13:06
La demande avait quelque peu surpris la libraire. Après tout, n’imaginait-elle pas que, peut-être, Gwihir puisse avoir des engagements ailleurs ou un programme pour sa soirée ? Mais par chance, ce n’était pas le cas, ou en tout cas, rien d’urgent. Elle accéda alors à la proposition. Lorsqu’elle revit la jeune femme arriver juste avant la fermeture, elle se dit bien qu’elle était comme bon nombre de client, à croire qu’elle vivait dans sa librairie, et qu’elle se nourrissait d’amour et d’eau fraiche… La brunette n’aurait-elle pas imaginé que Gwihir aurait besoin d’un instant, non seulement pour préparer la salle, mais pour se cuisiner un souper aussi… Mais non… C’est dans un soupir légèrement blasé qu’elle balaya ce sentiment de lassitude et qu’elle se donna de l’énergie pour la suite. Après tout, on pourrait lui reprocher de ne pas avoir spécifié d’heure pour se retrouver. Certes, la fermeture étant vers les dix-huit heures, ça peut laisser croire que deux heures plus tard, le temps de lecture serait fini. Mais Gwihir connaissait que trop bien les amateurs de livres, ces gens capable de lire en oubliant le monde qui les entoure et le temps qui passe. Alors elle demanda à l’un de ses habitués un petit service, celui de lui ramener un de ces adorables lots de petits sandwichs et un thermos de thé, le tout vendu dans un tea-room de la même rue. Le temps passa ainsi, jusqu’à l’heure de la fermeture, et, une fois tout le monde sorti, la jeune demoiselle vint se présenter.

« Enchantée de faire votre connaissance, je ne nomme Gwihir Deirfiur. Ainsi vous aimez les vieux livres, ou bien venez-vous lire les histoires, les mythes et les légendes par passion ? »


Gwihir, dans un sourire passa sur son nom, sans faire remarquer volontairement sa proximité avec l'auteure de l'incunable, après tout, peut-être que Lauraline ne ferait pas "tilt". Elle avait commencé la discussion sur le ton de la détente, même si au fond d’elle, elle se demandait bien ce que pouvait chercher une jeune femme dans ce genre d’ouvrage écrit à moitié en vieux latin et à l’autre moitié en araméen. Après tout, les livres de cette époque étaient écrits dans les langues de leur temps. Et même si Gwihir se refusait à juger, elle doutait de voir en Lauraline une érudite dans les langues mortes indo-européennes. Et pourtant, elle ne demandait qu’à être détrompée. Tout en discutant, Gwihir amène Lauraline dans un petit office dont les murs sont couverts de bibliothèques un peu plus poussiéreuses et qui croulent sous des livres à la reliure usée. Au milieu de la salle, une étude en bois laqué avec une petite chaise de style Louis seize. Et face à lui, un grand canapé de même style lui fait face.



« Nous y voilà. Je vous laisse prendre place à l’étude. Si vous avez la moindre question, je suis à votre disposition, bien sûr. »


La lumière de la salle était tamisée, afin de ne pas nuire à la chaleur de la pièce, mais suffisamment intense pour une bonne lecture. Dans un sourire assez simple, la propriétaire du lieu avait désigné la place destinée à l’invitée du soir, devant laquelle un gros livre âgé trônait. Pour sa part, sur une commode en demi-lune, elle déposa son en-cas ainsi que son thermos et alla se chercher un des livres acquis dernièrement. Dans la salle, il y avait tout ce qu’il fallait en terme de verrerie, avec des tasses, des verres et divers protège-table, tous dans un style passé mais harmonieux. Et dans une petite vitrine, s’alignent bon nombre de bouteilles d’alcool encore intouchées, bourbon, whisky, armagnac, grappa, rhum brun, et d’autres aux étiquettes devenues illisibles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Ven 16 Oct - 13:36
Lauraline reconnu le nom directement et trouva la coïncidence plus que troublante mais garda cette impression pour elle se contentant de sourire comme sa vis-à-vis.
    «C’est un bien joli prénom, il me fait penser à Gwaihir « le seigneur des vents » de J.R.R. Tolkien dans le « Seigneur des Anneaux ». Je pense que la passion des vieux livres, des histoires et les légendes sur les mythes m’habitent, je n’arriverai pas à choisir. J’ai été dans mon adolescence très malade mais j’ai eu la chance de pouvoir profiter de la bibliothèque plus que fournie de l’établissement médicale. Oh bien sûr, il n’y avait pas de aussi vieux et beaux documents qu’ici mais des facsimilés d’assez bonne qualité. J’ai ainsi pu récupérer en lisant un peu mon retard culturelle, je n’étais malheureusement pas une élève très brillante. J’aime beaucoup l’histoire, car elle nous permet d’éviter de faire les mêmes erreurs que nos ancêtres. Les mythes sont des fondements de notre culture et c’est pour cela qu’ils m’intéressent autant. Un jour, un médecin, intrigué par ma curiosité, m’a mis en garde envers la subjectivité des sources et m’a conseillé d’en trouver plusieurs sur le même sujet. Il m’a aussi conseillé d’éviter au maximum les traductions et c’est pour cela que j’ai appris, tant bien que mal, à lire le Latin en autre. Ne me demander pas, par contre, de le parler, le résultat serait fort décevant.»

Lauraline parlait sans s’arrêter, heureuse de penser avoir trouvé une amoureuse des livres comme elle. Elle suivit Gwihir dans une plus petite pièce, un peu poussiéreuse. Ses yeux brillèrent de mille feux lorsqu’ils tombèrent sur la bibliothèque remplie de vieux ouvrages et sur l’étude ainsi que la chaise. Elle s’y installa confortablement et pose son sac à ses pieds.
    «Oh, je viens d’y penser mais j’ai oublié que vous vouliez éventuellement rentrer chez vous pour manger quelque chose. Je me suis comportée comme une adolescente mal élevée… euuuh j’ai dans ce sac un grand sandwich au poulet et du café que je peux partager avec vous. Je m’excuse d’avoir insistée pour venir dès ce soir.»

Lauraline se sentait un peu mal à l’aise d’avoir été aussi insistante mais elle voulait vraiment en savoir plus sur ces fameux mythes et sur ce qu’elle était. Sherlock lui en avait déjà beaucoup dit mais elle voulait recouper ses informations et celles d’ouvrages. Elle ouvrit le livre à la première page et fut soulagée de constater que la langue utilisé était le latin, elle déchanta un peu lorsqu’elle comprit que ce n’était pas un latin très moderne et qu’elle aurait de la peine à le déchiffrer. Elle put cependant lire.

Citation :
«Hoc est Elisabeth-Alexandrine von Deirfiur Journal | Ceci est le journal de Elisabeth-Alexandrine von Deirfiur.»

Elle tourna la page et tomba sur un extrait dont elle ne sut reconnaitre la langue utilisée.
    «Excusez-moi ? Es ce que vous auriez un dictionnaire de vieux latin et une grammaire ? Et es ce que par hasard vous connaitriez cette langue ? Je ne la connais malheureusement pas.»
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sang-Pure
avatar
Age : 34

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Conteuse, bibliothécaire
Pouvoir :: Affinité d'âme
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Mer 21 Oct - 10:30
« Je vous remercie. En effet, il pourrait y avoir une petite parenté, mais mon prénom vient plus de racines norroises… Si on le partitionne, ça devrait donner wigh-hirgn, soit « guerrière sainte », puis les racines ont évolué avec la prononciation, avec le temps, aussi, mais c’est surtout un prénom que les femmes ont porté dans ma famille durant de nombreuses générations, passant de grand-mère à petite-fille. Même si m’identifier au Roi des Aigles d’un auteur aussi réputé pourrait être flatteur. Vous avez été malade ? Vous ne semblez pas avoir de séquelles, je touche du bois. Ainsi nous avons la lecture en passion commune, en tout cas. Pour ma part, j’ai pu en faire mon métier aussi. Je ne saurai juger de ce qu’est un retard culturel, mais dans tous les cas, tant que l’on a la passion, le temps n’est rien, on a toute une vie pour lire tout ce que l’on souhaite et pour étudier autant de langues que nous le voudrions. »

Elle s’était assise depuis un moment lorsque Lauraline pensa à l’éventualité de la nourriture. Avec un sourire amusé, car ce n’était pas la première fois qu’un client lui faisait ce coup-là, elle balaya du revers de la main les inquiétudes de son invitée. Après tout, elle s’était déjà organisée en fonction, même si l’attention lui faisait plaisir.

« Ne vous inquiétez pas. Vous n’êtes pas la première à me faire ce coup, et je suis maintenant rodée. Je m’en voudrais de freiner ainsi une passionnante envie de lire, alors je me suis organisée. J’ai avec moi quelques petits sandwichs et un thermos plein d’un thé de Ceylan. Même si la prochaine fois, si prochaine fois il y a, je serai heureuse d’avoir un peu plus de temps pour m’organiser ou même ranger cette pièce avant. »


Amusée, la libraire fit un petit clin d’œil taquin avant de se replonger dans son ouvrage, sobrement nommé « Η έννοια των ονείρων » ou, pour les amateurs de grec « De la signification des rêves ». Un tout petit ouvrage, car faisant moins de cinq cent pages, alors que dans cette étude se trouvent tant de livres imprimés en papier-bible et dont le nombre de pages donnent le tournis. Et pourtant, ces temps, les rêves l’intriguaient. Et elle avait eu l’envie, ce soir, de lire un peu de grec, afin de varier les plaisirs. Voilà qu’elle en était à la dixième ou douzième page tournée lorsque Lauraline l’apostropha. Elle plaça son marque page, un joli objet en ivoire ouvragée qui semble dater d’un autre temps, puis déposa son livre avant de se lever et se placer derrière son invitée et regarder le texte incriminé.

« Oh, c’est de l’araméen. Hum… une vielle langue qui était parlé en Perse… Par exemple, ce passage, là… ou il est écrit… « דער בעל איז נישט וואָס איינער גלויבט, ווי דער קלוגער איז איינער וואס לערנז, ניט די לערער. » Hum, la prononciation est difficile… euh… pourrait être traduit par, grosso modo… « Le maître n'est pas celui que l'on croit, car le sage est celui qui apprend, pas celui qui enseigne. » C’est une langue assez compliquée, et que, si je l’ai étudié, j’ai encore quelques peines à le lire couramment. Hum… un dictionnaire… Je devrai pouvoir trouver un peu d’aide, surtout que cette langue a donné ensuite l’arabe et l’hébreu, entre autre, donc si vous connaissez ces deux langues, ça pourrait aider… Sinon, ça risque d’être laborieux, non ? »


Non, Gwihir ne jugeait pas. Elle savait aussi que savoir lire et écrire une douzaine de langues dont trois mortes, ça n’était pas non plus à la portée de tous et que si elle était aidée par sa passion de la lecture, ce n’était peut-être pas le cas de son interlocutrice, et elle ne voulait ni la froisser ni la refroidir dans son envie de découvrir. Alors elle cogita un instant, le temps de savoir que proposer.

« J’ai bien quelques propositions… Je pourrais vous faire lire une traduction latine de cet ouvrage, si vous préférez, mais elle est partielle et contient quelques petites erreurs, sûrement due à l’influence chrétienne. C’est le cas de nombreuses traductions. Sinon, si vous me dites ce que vous cherchez, peut-être que je peux trouver un autre ouvrage sur le sujet. J’ai une collection assez complète je crois, et j’espère bien être capable de vous orienter sur un livre équivalent. Ou alors, sinon, je peux vous proposer une lecture assistée… C’est-à-dire que je vous traduirai les passages désirés alors que vous vous orienterez dans cet ouvrage en vous basant sur les parties en latins. Après tout, les parties en araméen sont minoritaires, si je me rappelle bien. »

Pour les petits curieux, j'ai utilisé le Yiddish comme langue pour représenter l'Araméen. Après tout, l'hébreu est issu de l'araméen et je ramait à trouver un bon traducteur en ligne.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Jeu 22 Oct - 14:43
Lauraline fut soulagée d’apprendre que Gwihir avait pu s’arranger pour son repas, elle aurait vraiment été gênée dans le cas contraire. « Tu es parfois bien trop impulsive ma petite Lauraline, faudra que tu te calmes un peu ok ? » se dit-elle. La libraire lui expliqua que la seconde langue de l’ouvrage était de l’araméen et elle semblait assez bien la connaitre car elle lui traduisit un extrait. Suite aux explications de la capienne, la sexire douta de ses capacités à étudier toute seule cet ouvrage entièrement. Elle écouta alors attentivement les différentes propositions de sa vis-à-vis. Elle écarta assez rapidement celle de la traduction entièrement latine, préférant travailler sur la version originale. Elle mit dans un coin de sa tête l’information comme quoi il y aurait ici plusieurs livres intéressants. Ses yeux brillèrent lorsque Gwihir proposa une lecture assistée. Elles allaient peut-être pouvoir apprendre à se connaître et qui sait devenir proche dans un futur plus ou plus proche.
    «J’aime bien la dernière proposition, je vous remercie pour votre aide, es ce que vous auriez un dictionnaire latin, j’avoue ne pas connaitre tout le vocabulaire utilisé dans cette ouvrage. Les bourgeois ont souvent un style d'écriture pompeux et sophistiqué.»

Pendant que Gwihir était parti chercher un dictionnaire, Lauraline fit une table des matières rapide dans un petit calepin et glissa des marques pages dans l’ouvrage. Elle commença alors sa lecture. Les premières pages furent assez décevantes, il s’agissait d’une espèce de liste à la Prévert de tous les aristocrates de la région ainsi que leurs différentes possessions terriennes et du nombre de serfs sur ces dernières.

Citation :
et dux de terra von Grüring cuium opaca silva ad flumen Cultura , habet XX servis | et le duc von Grüring possède les terres allant de la forêt brune à la rivière Cultura, il possède 20 serfs.

Lauraline prit quand même quelques notes sur les différentes familles et leurs membres au cas où elles interviendraient régulièrement dans le récit.

La suite de l’ouvrage était un peu plus intéressante, elle racontait la vie de la Comtesse Elisabeth-Alexandrine von Deirfiur. De la simple vie domestique, avec quelques détails croustillants qui existèrent légèrement la sexire mais comme elle n’était pas seule, elle se retient de se masturber, aux grands banquets organisés dans le château. Lauraline sentit une étrange sensation de faim et elle avait l’impression de vieillir. Elle se plongea dans la lecture en espérant que ça passerait.

Citation :
Celebrationibus castrum von Deirfiur praeclarior erat universae regionis . Nobilitatem habebat ire iussit. Ibi per dies aliquot cum cibo ludebant coram Domino . די אַרייַנגאַנג אָפּצאָל איז געווען אַ סערף פּער מענטש. כּמעט קיינער געוואוסט וואָס נוצן זיי האבן בדעה , נאָר אַ סעלעקטירן ביסל וואס האט צוטריט צו זיכער רומז ווו די גאַמעס זענען געהאלטן סעקסעד אותיות. די סערפס זענען דעמאָלט געפֿינט צו די געסט פאַרשידענע אותיות ווי געשלעכט סלאַוועס און עסנוואַרג. טאקע, טייל פון די אדלשטאנד פון די געגנט געפֿיטערט הויפּט מיט פריש בלוט. Ea appellabant Maledictum sanguinis. | Les fêtes au château von Deirfiur était réputé dans toute la région. La noblesse se devait d’y aller. On y dansait et on y mangeait durant plusieurs jours. Partie en araméen. On appelait alors cette pratique la Malédiction du Sang.


Alors que jusqu’ici Lauraline s’était contentée de mettre un note lorsqu’elle tombait sur un passage en araméen pour y revenir plus tard avec l’aide de Gwihir si c’était pertinent, la jeune femme voulut cette fois tout de suite en savoir plus. Elle fut cependant interrompue dans son élan par des bruits venant de son ventre, elle regarda sa montre et vu qu’il était 20h.
    «Excuse-moi ? Je vais faire une petite pause pour manger. Je pense que tu préfères qu’on sorte d’ici afin de ne pas mettre de miettes partout ou risquer de renverser de la boisson sur les livres. Est-ce que tu viens dehors avec moi ? Je préférerai ne pas manger seule. On pourra ainsi discuter un peu et faire connaissance.»

Lauraline lui adressa son plus joli sourire.

Sources des illustrations :
 
¨

Traduction du texte araméen:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sang-Pure
avatar
Age : 34

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Conteuse, bibliothécaire
Pouvoir :: Affinité d'âme
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Lun 2 Nov - 15:08
Si Gwihir avait été déçue que Lauraline ne soit pas une érudite de son niveau, elle n’en montra rien. Au contraire, elle était heureuse d’avoir une cliente de plus qui aimait les beaux livres et les histoires du passé. Car oui, pour Gwihir, elles n’étaient pas amies, juste une relation professionnelle comme elle en a souvent avec ses habitués qui viennent ici lire de vieux ouvrages introuvables, trouver ou retrouver une certaine sagesse du passé. Aucun des habitués n’était un touriste, au contraire, tous étaient résidents depuis de nombreuses années de l’Île. À ce titre, Lauraline était une exception, mais sa recherche avait semblé si urgente que la libraire s’était laissé emporter. Revenant avec son dictionnaire, elle le déposa à côté de son invitée et regarda ses notes, son travail. Elle laissa un moment passer, puis, à moitié par-dessus son épaule, elle demanda…

« Alors ? Quels sont les passages en Araméen que tu souhaites que je te traduise ? »


Ses yeux coururent sur le premier passage. Une histoire de gages, de serf. Bon, à notre époque, c’est un peu anachronique, mais pas si étonnant. Au temps du servage et de l’esclavage, les hommes ne sont que des marchandises comme les autres. Les humains en faisaient de même, entre nobliaux. Rien de dérangeant. Enfin, si on exclut le passage sur le sang. Étonnant que ce genre d’information se retrouve ainsi dans les textes sans codage, sans sous-entendu ou métaphore. Bon, au moins, pensa Gwihir, il n’y avait rien concernant les Chasses, les Nuits de Sang. Ahhh… Ces moments lui manquent parfois… Même souvent, mais ce n’est pas le lieu d’y penser. Et le monde n’est pas prêt pour re-permettre ce genre de chose. Après avoir mis ses idées en ordre, avec un sourire, elle expliqua avec ses mots le passage, sans faire « mot-à-mot », mais avec le concept. Et passa un peu au-dessus du passage avec le sang.

« Hum.. là… ça parle de dons, ou de payement, en main d’œuvre lors d’organisation de réunions. Les serfs étaient ainsi échangés comme monnaie, enfin, comme objet, plus précisément. C’est assez courant à cette époque. »


Mais elle n’eut pas trop l’occasion de s’étendre sur le sujet, car l’estomac de son interlocutrice se rappela à sa mémoire. Son respect envers les livres et le lieu était tout à son honneur, à moins que ce ne soit le fait d’assumer sa propre maladresse. Dans tous les cas, Gwihir n’allait pas laisser la librairie ouverte aux quatre vents alors qu’elles mangeaient, donc si Lauraline sortait, elle allait en faire de même. Elle s’occupa de fermer les portes derrière elles, et l’amena vers une petite cour intérieure derrière le magasin, autour d’un vieux puit maintenant scellé et transformé en fontaine. Un unique lampadaire vieillot lançait une lueur jaunâtre sur la zone, illuminant les façades mangées de lierre et le petit toit d’ardoise du puit.

« On peut se poser ici. Même si ce n’est pas le coin le plus lumineux, au moins on est au calme. Et j’aime bien cette ambiance. Alors ? Tes premières impressions de cette lecture ? Y trouves tu les réponses à tes questions ? »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Jeu 5 Nov - 12:58
Lauraline sortit donc accompagnée de Gwihir dans une petite cours intérieur. Le manque de lumière la mit mal à l’aise, il faut dire qu’elle avait légèrement peur du noir et elle se rapprocha un peu de la capienne. Si cette dernière y prêtait attention, elle pourrait remarquer un léger tremblement des mains de la sexire. La jeune femme sortit son thermos de café et son sandwich de son sac puis but une grande gorgée, la chaleur et la caféine du liquide lui redonna un semblant de plénitude mais qui fut vite dissipé.
    «J’aime bien ce genre de lectures historiques locales, après tout il n’y a pas que l’Histoire avec un grand H qui compte. Que serait un général ou un dirigeant d’un pays sans les soldats ou le peuple derrière lui pour le soutenir. Bon inutile de te mentir, les listes à la Prévert sur les nobles de la région ne sont pas forcément les parties que j’apprécie le plus mais je pense pouvoir me faire une représentation pas trop mal de la réalité de l’époque en recoupant les informations de ce livre avec d’autres ouvrages. J’ai beaucoup aimé me plonger dans les descriptions des fêtes de l’époque, bien que je déplore un certain manquement lors de la répartition des richesses. Tu pourrais me rétorquer que c’est toujours le cas et tu aurais raison. À la différence que les serfs et aristocrates d’avant sont devenu les travailleurs et patrons d’aujourd’hui. Là où je suis déçue, et je préfère de le dire franchement, c’est que j’ai l’impression que tu ne me dis pas tout sur les parties que je t’ai demandé à traduire. Tu as sans doutes tes raisons mais je suis certaine que les serfs de cette région ne servait pas qu’à l’entretient des terres, les différentes illustrations et le terme de la Malédiction du Sang me font passer à une espèce de chasse rituelle.»

Après sa longue tirade, Lauraline mordit dans le sandwich, entendant avec impatiences les réponses qu’allaient lui fournir la libraire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sang-Pure
avatar
Age : 34

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Conteuse, bibliothécaire
Pouvoir :: Affinité d'âme
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Ven 13 Nov - 12:45
Gwihir s’assit tranquillement sur le banc solitaire de la cour, à côté de Lauraline. L’ambiance était tellement naturelle pour elle qu’elle mit les tremblements de son amie sur le dos de la température qui s’est rafraichie. Elle ne s’en occupe que très peu, proposant une couverture à son invitée, si elle souhaitait s’emmitoufler pour se couper du vent de la soirée. Elle commença à entamer son propre souper tout en écoutant les idées de son interlocutrice. Difficile de ne pas voir certains parallèles entre les époques, mais certaines idées sont le fait de raccourcis sémantiques trop faciles et perdant de vue la réalité historique. Mais elle ne s’en formalise pas, laissant Lauraline finir sa tirade avant d’y répondre tranquillement. Elle commença par répondre sur le volet histoire… D’une voix posée voire même docte, elle donna son sentiment…

« Je pense de même, tu sais. L’Histoire n’est rien d’autre qu’une agrégation de petites histoires à taille humaine, de pleins de petits ruisseaux qui ensemble ont fait la grande Histoire telle qu’elle est enseignée. Pourtant, si les richesses sont mal réparties, il ne faut pas non plus oublier que la situation à cette époque n’est pas la même que maintenant, en terme de droit, de visions, de compréhension du monde. Avant, avoir des droits donnait des devoirs. Avoir la richesse et la soumission du bas peuple obligeait aussi, sous l’influence de la vision Chrétienne du monde, à faire preuve de charité. Ainsi, les indigents étaient à la charge des nobles, tout comme la santé des gens ou une bonne partie de leur bien-être, sans compter leur sécurité. Il n’y avait pas d’Etat à proprement parlé, pas comme à notre époque. Ainsi, les impôts, la dîme, le sol, les cents, toutes ces taxes, parfois abusives, étaient aussi là pour répondre à ce genre de besoins, d’attentes. Et si tous les nobles n’ont pas tous été admirables de gestions, ce n’était pas non plus de l’esclavage.

Les esclaves, eux, avaient bien une vie faite de souffrance et qui serait l’héritage de leurs enfants. Si le servage ne me gêne pas, lorsqu’on le comprend dans son sens large, avec ses droits et ses devoirs, l’esclavage ne cesse jamais de me révulser. Rien qu’imaginer que l’on retire toute dignité à un autre être vivant… C’est terriblement… mortifiant. »


Puis elle doit aborder les passages traduits de manière partielle. Elle pourrait bien raconter un terrible bobard bien alambiqué, afin de noyer le poisson ou dire simplement que le sens profond du texte a été perdu ou dénaturé au gré des copies et des âges. Mais Lauraline n’est pas la première cruche venue et elle ne mérite pas non plus de ne recevoir que mensonges en récompense de sa confiance. Alors la bibliothécaire pris une bonne inspiration, chercha ses mots, puis commença sa réponse, un peu plus sobre et moins engagée qu’avant, mais aussi plus claire.

« Hum… Tu as tort et en même temps raison. On va dire, à moitié l’un et à moitié l’autre. J’ai en effet mes raisons de ne pas avoir traduit mot à mot. D’une part car c’est très laborieux et que le sens général gagne souvent à être interprété plus que traduit littéralement. Afin, par exemple de ne pas perdre les sens des métaphores qui sont souvent très imagées. Quant à la malédiction du sang, quoi que puisse avoir été écrit à cette époque révolue, cette époque datant d’avant la Kimatsu, je ne pense pas que ce savoir devrait refaire surface. Ne serait-ce que pour la paix de l’esprit de certaines personnes un peu partout dans le monde. J’imagine… Que tu comprends ce que je veux dire, n’est-ce pas ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Dim 15 Nov - 18:05
Lauraline écouta attentivement son interlocutrice et ne l’interrompit pas. Elle fronça des sourcils lorsque cette dernière justifia le sevrage. Elle accepta la couverture en souriant et la glissa sur ses épaules. Elle répondit ensuite à Gwihir en baissant les yeux et perdant son sourire habituelle qui l’a rend si charmante. On pouvait voir une pointe d’effroi dans son regard et sa voie était triste.
    «Merci beaucoup pour la couverture, même si pour t’avouer, je.. je suis plus effrayé que je n’ai froid, je crains avoir peur du noir depuis que .. que ces connards ont tentés de me.. me .. violer.»

Lauraline soupira un grand coup, essuya les larmes qui commençaient à perler le long de ses joues puis elle se colla contre Gwihir, cherchant un éventuel réconfort. Elle changea subitement de sujet comme pour dire qu’elle n’en dirait pas plus sauf si on le lui demandait.
    «Tu ne considères pas un serf comme esclave de sa terre alors qu’il n’a pas le droit de la quitter et peut être vendu avec ? Le travailleur moderne est différent qu’en un point, on lui donne une illusion de liberté mais il est esclave du capital, il peut être vendu avec l’entreprise auquel il appartient. La charité ? Ça n’existe que dans les livres et encore c’est souvent une charité hypocrite car on rend d’une main ce qu’on a volé de l’autre. Je rêve d’un monde où tout le monde serait égaux et où il n’y aurait ni riche, ni pauvre et pas de violence. Je rêve un peu trop hein ?»

Lauraline avait perçu un changement lorsque la capienne avait évoqué sa traduction et avait dû se retenir d’exploser de rage.
    «Pour ce qui est de la traduction, il s’agit de toute façon d’une interprétation. Il est impossible de restituer l’intégralité d’une œuvre et ce n’est pas ce que je demande. J’ai vraiment l’impression que tu me caches des informations cruciales à la compréhension de cet ouvrage et c’est extrêmement frustrant.»

Lauraline eut alors un court flash-back, elle réentendit Gwihir évoquer la Kimatsu, alors que personne ne semblait en avoir entendu parler. Avait-elle affaire à un védin ou à un mythe ? Le stress lié au manque de luminosité plus la possibilité d’avoir en face d’elle une non-humaine fit paniquer la jeune femme. En voulant se lever, elle se prit les pieds dans la couverture et tomba lourdement sur le sol les coudes en avant. Les pavés les coupèrent légèrement et lorsqu’elle se releva du sang perlait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sang-Pure
avatar
Age : 34

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Conteuse, bibliothécaire
Pouvoir :: Affinité d'âme
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Sam 21 Nov - 20:50
La confession de Lauraline prit quelque peu par surprise la Capienne. Bien sûr, elle était consciente que le viol existait, que les humains, à travers le globe, pratiquaient ce crime bien plus que de raison, mais c’était la première fois qu’elle rencontrait ainsi une « victime » de ce genre de cas, et surtout première fois qu’on s’en ouvrait à elle. Elle ne sut que dire tant la situation était nouvelle pour elle. Qu’est-ce que la sagesse peut bien conseiller dans ce genre de situation ? Elle avait plein d’idées, elle avait vécu cette situation plus de mille fois dans des romans ou des fictions audiovisuelles, mais aucune de ces souvenirs ne paraissaient adaptés à la situation. Après tout, elle ne connaissait pas plus que ça cette humaine. Il y avait moins de vingt-quatre heure, elles étaient de pures inconnues l’une pour l’autre, alors autant dire qu’il était difficile pour Gwihir de savoir quoi dire, quoi faire sans faire d’autres impairs, de mettre du sel sur une blessure. Elle ne savait même pas si c’était une blessure ancienne, nouvelle, cicatrisée, encore douloureuse, ou pire, si un fruit en a été conçu. Trop de questions et pas assez de confiance ni d’informations pour savoir que faire. Alors, sans ajouter un mot, elle laissa la femme se blottir contre elle et la laissa reprendre son calme sans rien ajouter. Puis la conversation repartit vers la position de serf et des esclaves. Bon signe. Si on peut débattre, c’est qu’on a plus mal au cœur.

« En effet, je ne considère pas le serf comme un esclave. Ce dernier n’était pas un homme au regard de la loi, mais un meuble, placé plus bas que les animaux. Au contraire, les serfs sont protégés par les lois. En quoi un homme qui est vendu avec sa terre est différent d’un employé qui est vendu avec l’entreprise pour laquelle il travaille ? Au moins, le premier, on ne peut lui briser le lien à sa terre, alors que l’ouvrier peut être renvoyé à tout instant. Je préfère des lois claires plutôt que des visions illusoires telles que les vivent les employés actuels.

Quant à la charité… C’est plus compliqué que ça. Pourquoi vouloir opposer charité et vol ? Pourquoi seuls seraient charitables ceux qui ont des moyens issus de l’illégalité. Faire de l’angélisme, c’est bien beau, mais si on veut étudier les vieux livres, si on veut apprendre l’Histoire, il faut arrêter de vivre dans des idées préconçues ! Penses-tu que les Darbystes, qui sont des paysans offrant un dixième de leurs revenus par charité aux miséreux sont des voleurs ? Ils sont pourtant bien vivant, et le font par choix, par foi, et sans s’occuper des jugements des uns et des autres. Ou alors vois-tu dans leur engagement un servage des temps modernes avec leur Église qui masquerait ainsi une dîme non-officielle ? Non, il ne faut pas se demander si on rêve trop. Il faut se demander si tes rêves ne t’empêchent pas de voir ce monde tel qu’il est, et pas comme tu imagines qu’il soit. »


Gwihir avait toujours eu de la peine avec ceux qui se basent sur des idées à l’emporte-pièce, ou une vision trop limitée, calquées sur des valeurs modernes pour parler d’un sujet passé. Un manque de recul, un manque de volonté de comprendre. Souvent, ce n’était pas signe d’une mauvaise compréhension, mais bien d’une envie de vouloir calquer une vision sur des actes d’un autre temps. Du coup, la Capienne laissait sortir en elle la littéraire, l’érudite. De temps en temps, elle fait peur lorsqu’elle s’emballe. Plus souvent, elle ennuie et les gens bastent, préférant ne pas entrer dans des débats sans fin. Et pourtant, à ses yeux, comprendre les actes pour en tirer une compréhension est très important, primordial, et il ne faut pas voir le passé par le prisme du présent. Les zélotes de Sparte n’étaient pas la préfiguration du socialisme russe des kolkhoz, quoi que puissent être leur proximité fonctionnelle. Elle sentait bien Lauraline s’énerver concernant la traduction partielle de l’ouvrage. Elle s’en expliqua à sa manière.

« Essentielles, non. Mais en effet, je fais un choix lors de ces traductions, que j’assume et dont la responsabilité m’incombe. Je ne m’en cache pas et je comprends bien que ça puisse être frustrant. Mais comme dit, certaines choses sont plus compliquée que « traduit – non traduit ». Et la vision pleine d’angélisme mal assumé du monde que tu me partage-là ne me donne pas plus envie de m’en ouvrir ce soir. Comprends-moi bien, ce n’est pas pour te brimer, mais, vois-tu… »

Mais alors qu’elle déployait son argumentaire, la jeune femme lui faisant face eu un mouvement de recul inexpliqué qui l’envoya au sol, genou contre les pavés anciens. Le premier réflexe de Gwihir fut de se pencher en avant du banc pour tendre une main secourable. Ses mots et la suite de son argumentaire fut mangé par la surprise. Mais une odeur titilla les narines de la Capienne. Une odeur métallique. Du sang ! Par reflexe, comme un ressort qui se détend d’un coup, elle se releva immédiatement. Par la force de l’habitude, elle plaça sa tête de manière à ce que l’unique lampadaire de la cour n’illumine pas directement la partie gauche de son visage. Mais si on y prenait garde, une larme de sang perlait de ce dernier, commençant son voyage.

Et au fond de la tête de la Capienne, la Bête en elle, le Prédateur de la Nuit, son envie de chasser se réveilla. Au fond d’elle, une pulsion primale se mit à rugir. « Saigne-la ! » Son visage était toujours le même, son sourire aussi, identique. « Tue-la ! » Dans sa bouche, un goût d’aluminium, elle avait envie de planter ses crocs, d’un coup. Gwihir ne savait pas ce que Lauraline connaissait des Mythes. Ni la manière dont elle réagirait. « Elle sait, elle voit ! Tue ! » Mais au fond de sa tête, Gwihir combattait cette pulsion de mort, cette envie de ne prendre aucun risque. Elles étaient seules. Dans un quartier sans autres habitants que des Capiens. Elle était une des leurs, une prédatrice. Elle se nourrissait de sang. Le risque était grand. La laisser aller ? La dévorer ici ? « N’hésite pas ! TUE ! » Une voix hurlait en Drarvick dans sa tête. Elle tenait bon, son sourire figé sur un visage barré par une seule larme de sang. Mais selon la réaction de Lauraline… La soirée pourrait bien se terminer d’une manière inattendue.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Mer 25 Nov - 11:18
Lauraline se retourna immédiatement en direction de Gwihir, l’air paniquée. Elle savait qu’elle avait encore commis un impair, voir même plusieurs, cependant elle ne voulait pas fuir cette fois, il lui semblait qu’elle avait fui toute sa vie et elle n’en pouvait plus. Cette nouvelle résolution lui fit oublier la douleur de la chute et la peur de son interlocutrice, elle ne remarqua même pas que du sang perlait de son coude. Comme la jeune femme voulait se faire pardonner de son étrange comportement, elle marcha en direction de la Capienne. Sa voix était encore un peu hésitante lorsqu’elle s’excusa.
    «Je... je suis désolée, je ne sais pas ce qu’il m’a prise. J’ai pris peur stupidement, sans doute à cause du noir. C’est stupide hein ? Il ne va rien m’arriver dit ?»

Lauraline prit son courage à deux mains et elle prit Gwihir dans ses bras lorsqu’elle arriva à côté de la vampiresse.
    «J’espère que tu ne m’en veux pas trop, je peux être parfois très bornée et avoir des réactions bizarres. Mais j’aime la lecture et j’aimerai continuer à parler avec toi de cette époque qui me semble si lointaine mais si intéressante. Tu sembles être une érudite et moi une petite étudiante aux idées préconçues. S’il te plait, aide-moi à avoir une meilleure grille de lecture.»

La jeune finit par remarquer l’unique larme sur le fin visage de Gwihir et cela l’interrompu dans sa tirade. Elle la trouvait bien sombre mais elle mit en cause le manque de luminosité. Elle approcha gentiment une main de la joue de la Capienne et capta la larme dans une douce caresse. La sexire ne comprenait pas son attirance pour cette unique larme mais elle se vit porter sa main à la bouche pour la boire. Elle reconnut immédiatement le goût du sang et resta un instant sans réaction. Elle finit par murmurer complètement paniquée.
    «Je… je suis désolée, je… je ne voulais pas vous piéger. Je… je suis une des vôtres…enfin je suis une mythe moi aussi.»

Lauraline désigne alors le cœur qui ceinture son nombril et attend avec une certaine appréhension la réaction de la libraire.
    «Ne... Ne ... me tue pas, je t'en supplie.»
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sang-Pure
avatar
Age : 34

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Conteuse, bibliothécaire
Pouvoir :: Affinité d'âme
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Mer 25 Nov - 17:40
Gwihir n’avait en ce moment pas envie d’un contact. En tout cas pas, non. Son corps tout entier était tendu, pour la chasse, pour l’attaque, pour planter ses crocs dans ce cou, sous l’impulsion de violence qu’a mise en route ce saignement fortuit. De ses deux mains, elle se dégage de Lauraline et repousse cette dernière. Sans agressivité, mais avec une certaine force tout de même. Son regard suivi le doigt de Lauraline et voit le petit dessin autour du nombril. Une Sexire. Elle ne voulait pas piéger, qu’elle dit, mais qui sait de quelle manière elle gardera le secret. A qui va-t’elle s’en ouvrir ? Elle est une Mythe, soit, et en tant que telle, a une place ici. Mais à quel point la connait-elle, sa place ? Ne serait-elle pas mieux saignée, silencieuse à jamais ? « Les Sexires ont le sang au goût de miel. Tue-la. » Elle repousse cette idée, tout comme elle a repoussé la Sexire. Il aurait été bien simple de lui briser la nuque d’un mouvement, de la mordre alors que son sang était encore chaud et de faire disparaître le corps, comme ceux que les Capiens chassent quotidiennement. Mais non, elle ne voulait pas « ça ».

« Je… ne te tuerai pas. Pas ce soir. »


Au fond d’elle, elle savait en disant ces mots qu’elle avait vaincu la Bête au fond d’elle. Cette âme insatiable et qui souhaite à chaque instant chasser et saigner. Les chaînes mentales de sa soif de sang sont à nouveau en place, et c’est la Capienne qui est aux commandes. Pas de rage sanglante à venir, mais tapis sous sa conscience, la menace restait. Alors qu’elle reprenait ses sens, elle ne pouvait pas laisser le moindre doute.

« Pas ce soir. Mais… Parle-en une fois. Et je saurais que ce secret n’est plus assuré. Et alors… ce ne sera pas de la nuit que tu devrais avoir peur, mais de ce qui s’y cache… »


La menace était plus que claire, violente, même, par rapport aux liens que pouvaient avoir commencé à tisser la Sexire et la Capienne. Mais cette dernière n’avait pas la confiance facile. Et si elle pouvait laisser un Mythe connaître son secret, elle allait veiller à ce qu’il en reste bien un. Quitte à sinon devoir lancer la chasse elle-même. Au fond d’elle, la jeune bibliothécaire espérait bien ne pas faire une erreur en offrant un fond de confiance. Lauraline aurait été une humaine, elle aurait disparu cette nuit. Sans l’ombre d’un doute. Avant de s’endormir, la Bête murmura un dernier avertissement. « Tu le regretteras… tu verras. » La menace résonna longtemps dans la tête de la Capienne. Savait-elle ce qu’elle faisait ? Avait-elle… raison ? Elle ne le saurait que plus tard. Se reculant en direction de l’entrée du magasin, elle regarda Lauraline, encore avec une couverture autour des épaules.

« Rentre chez toi. Je t’appellerai un taxi. Rentre chez toi, et oublie cette soirée. N’en parle jamais. Reviens si tu le souhaite, mais pas ce soir, pas demain. Rentre chez toi pour oublier d’abord. Tu peux garder la couverture. »


Elle la regarda, elle avait l’air perdue, mais ça ne servait à rien de jouer les gentilles maintenant. Au fond d’elle, la jeune Sexire était surement pétrie de peur. Donc il fallait uniquement lui laisser du temps. Et ne pas relâcher la surveillance, le temps de voir ce qui allait se passer. Elle appela un taxi depuis son portable donnant l’adresse du point de ramassage. Bientôt, Lauraline s’enfoncerai dans la nuit, seule, à bord d’un taxi. Sous peu, Gwihir allait aussi devoir demander à un Capien de sa connaissance de mettre en place une petite surveillance, le temps de voir si elle a affaire à une pipelette ou si la peur scellait bien ses lèvres. Avec un regard en arrière, elle ne put s’empêcher de demander….

« Tu as bien compris ? Tu monteras dans ce taxi… Et tu oublieras. N’est-ce pas ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Mer 2 Déc - 17:26
Lauraline écoutait Gwihir lui dire qu’elle ne le tuera pas ce soir mais qu’elle n’hésiterait pas si elle devait trahir son secret. C’en était trop pour la Sexire car c’était déjà la deuxième fois qu’on la menace de mort si elle parlait et le manque de confiance qu’on lui témoignait la secoua profondément. Elle avait l’impression de revivre l’expérience avec sa maman lorsque cette dernière l’avait reniée et elle tomba à genoux complétement désemparée. Elle était presque redevenue une petite fille et elle se mit à pleurer à chaudes larmes. Elle voulait parler, hurler sa colère et sa tristesse mais elle arrivait à peine à articuler tant les sanglots lui obstruaient la gorge.
    «Comment veut-tu que j’oublie ? Et qu’est-ce que je dois oublier ? Ce que je suis ? Ce que tu es ? Ce que nous sommes ? Ce que je ressens en ce moment ? Pourquoi personne ne veut me faire confiance ? Parce que je suis spontanée ? Parce que je veux comprendre ce qu’il m’arrive ? Toute ma vie, on m’a dit que j’étais folle, que j’étais une incorrigible nymphomane, qu’on devait me soigner mais pourquoi ne m’accepte-t-on pas telle que je suis ?»

Lauraline se releva, respira un grand coup et elle regarda Gwihir dans les yeux, on pouvait y lire de nouveau une grande détermination malgré les larmes qui continuaient à couler. Si on y était attentif, on pouvait y voir une pointe d’attirance envers la Capienne, le goût du sang commençait à faire effet sur la libido de Lauraline. Lorsqu’elle reprit son discours, le ton était tout autre, la gamine apeurée avait laissé la place à la femme volontaire et puissante.
    «Je suis Lauraline Larsson, je suis une mythe et je suis une sexire. Je suis fière de ce que je suis et je ne veux plus fuir cette réalité. Je n’en peux plus de ne pas savoir, je veux connaître les mythes en profondeurs et j’y arriverai avec ou sans ton aide. J’ai peut-être l’air d’une gamine apeurée mais je sais mordre s’il faut. J’en ai marre qu’on puisse croire que je suis suffisamment conne pour ne pas comprendre qu’il ne faut pas mettre au courant les humains. Ton secret ne sera pas trahi par moi je te le garantie.»

Elle mit inconsciemment une main contre son coude qui saignait encore faiblement pour récolter un peu du liquide vitale puis la porta à sa bouche. Le goût du sang lui fit perdre un peu plus son sang-froid, elle jeta la couverture par terre et arracha son top avant de le jeter au sol.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sang-Pure
avatar
Age : 34

CV
Quartier d'habitation :: Capien
Métier :: Conteuse, bibliothécaire
Pouvoir :: Affinité d'âme
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Jeu 3 Déc - 18:05
Gwihir regardait la femme devant ses yeux passer par toutes les étapes de l’hystérie. Dans un premier temps, ce furent les larmes. Pas de problème, c’est souvent le cas lors de paniques, lors de séparations ou face à un stress intense. Après tout, la Capienne venait de la menacer assez vertement, donc une telle réaction pouvait être attendue. Puis d’un coup, elle se leva, semblant puiser dans toutes les fibres de son corps pour faire face à son interlocutrice. Peut-être une pulsion violente ? Répondre à la menace par la violence, ce n’est pas si illogique. Ainsi la bibliothécaire s’attendait à une action agressive, mais ce fut des mots qui explosèrent. Des mots simples d’une femme perdue. Mais une femme perdue qui ne comprenait pas tout, pas à quel point ce monde n’est pas encore le sien, elle qui sait qu’elle ne fait déjà plus partie du monde des Humains.

« Calme-toi, Lauraline. »


La voix était calme posée, presque impérieuse. Le ton d’une personne qui faisait de son mieux pour rester calme malgré une certaine nervosité montante. La Sexire était en effet pleine de ressources, qui aurait pu croire qu’elle pleurait il y a pas deux minutes, alors que maintenant elle se tenait droit dans ses bottes, mais la Capienne n’était pas au bout de ses peines. En effet, l’hystérique continuait de se donner en spectacle, parlant de son statut de Mythe à voix haute et arrachant ses habits. Heureusement que la nuit l’effrayait, qu’est-ce que ce serait, sinon ? Et là, au milieu de la nuit, dans une cour désertée d’un quartier à l’ambiance lugubre, voilà qu’une femme aux seins à l’air parlait à voix haute des mythes, et lui demandait de lui faire confiance. Dans quel monde a-t-elle vécu pour croire que tout irai aussi bien aussi facilement ? La fille de la nuit la regardait maintenant avec un regard dur, froid. S’avançant d’un pas, elle lui délivra une claque cinglante, rapide, violente. Le son claqua bien net, mais Gwihir n’eut ni l’envie de s’en excuser ni de regretter ce geste. Alors que la joue de la Sexire tournait légèrement au rosé, elle garda son ton posé, mais devenu très froid, maintenant.

« C’est bon ? Tu es calmée ? Tais-toi, maintenant ! Tu parles ici, au vu et au su de n’importe qui ce genre de choses ? T’es-tu seulement demandée pourquoi nous vivions cachés ? As-tu seulement compris pourquoi nous n’étions libres que cachés ? C’est de cette manière que tu crois me donner envie de te faire confiance ? »


Gwihir regarda Lauraline un instant en gardant le silence. Elle semble jauger la Sexire un moment. Puis elle laisse un soupire échapper. Elle passe à côté de Lauraline et continue vers l’intérieur de la bibliothèque. Si l’exhibitionniste fait mine de vouloir s’approcher ou s’accrocher à elle, elle sera repoussée sans ménagement d’une main puissante. Sans violence directe, mais sans non plus doigté. Par-dessus son épaule, la Capienne lâche une dernière phrase, alors qu’elle est sur le pas de porte.

« Garde la couverture et habille-toi. Ce n’est pas un lieu pour se balader nue. Tu n’as pas compris la moitié des choses que nous sommes, nous, les Mythes. Et ce n’est pas en se mettant nue comme une chienne en chaleur que tu comprendras qui sont les Capiens. Si vraiment tu veux comprendre quelque chose, reviens le jour où tu auras la tête froide. Un taxi arrivera dans cinq minutes. Bonne nuit. »


Comme pour mettre fin à la discussion, Gwihir ferma la porte. Le bruit du loquet ne tarda pas à retentir. Pour cette nuit, pour la première fois, Gwihir n’avait pas envie de continuer une conversation. Elle ne voulait surtout pas avoir à faire avec cette Sexire ce soir. Sinon, toute gentille qu’elle pouvait bien être, elle allait surement finir en repas à être trop insouciante.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Sexire
avatar
Age : 28

CV
Quartier d'habitation :: Morany
Métier :: Sans profession fixe
Pouvoir :: Contrôle temporel
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé] Mar 15 Déc - 18:09
La claque eut pour Lauraline un effet salvateur et elle retrouvait peu à peu ses esprits. Elle n’entendit presque rien des remontrances de la libraire et se retrouva seule à moitié nue dans le noir. Elle se rappelait juste avoir entendu Gwihir évoquer un taxi. Ce dernier arriva 5 minutes plus tard, Lauraline, qui n’avait toujours rien fait pour sa tenue, semblait encore perdue.
    «Alors ma jolie, pas trop froid. On a été mise à la porte par un amant indélicat ? Je vous dépose où ?»

La sexire sursauta lorsque le taximen l’aborda car elle n’avait pas entendu le véhicule arriver, perdue dans ses pensées. Elle essaya de rassembler ses esprits, se tourna vers ce dernier puis monta dans le taxi sans rien dire. Lauraline arriva tant bien que mal à donner une explication à sa tenue et à donner les informations nécessaires pour se rendre chez Lineth. Lorsqu'arriva l’instant fatidique de payer, Lauraline fouilla dans son porte-monnaie mais il était désespérément vide.
    «Euuuuuuuh il y a un petit souci, j’ai oublié de prendre du cash … je … je suis désolée, je n’avais pas prévue ce cas de figure. Il doit y avoir quelques billets dans la maison, je vais les chercher d’accord ?»
    «Mouais, je vous suis.»

Le chauffeur coupa le contact et les deux adultes sortirent de la voiture. Ils grimpèrent dans l’arbre-maison. Lauraline fouilla partout dans sa chambre et trouva plusieurs pièces de monnaies ainsi que quelques billets, bref juste assez de quoi payer le course.
    «Merci pour votre patience, je suis désolée de vous avoir fait monter.»
    «Mouais, mouais, elles disent toutes ça… maintenant tu vas payer le supplément !»
    «Le supplément ? Mais quel supplément ?»


Suite ici
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé]
Revenir en haut Aller en bas

A la recherche du livre perdu (feat. Gwihir) [terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» A la recherche du souvenir perdu, ou quand ce n'est plus un trou de mémoire, mais carrément le grand canyon ! [Adélaïde... et autres ?]
» A la recherche du temps perdu
» [Terminé - Rude an 6]A la Recherche du Chemin Perdu
» A la recherche du grimoire perdu
» A la recherche du pyjama perdu

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Yasashi Koji :: Zone RP :: Quartier Capien :: Helldream-