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Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu}

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Asura
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MessageSujet: Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu} Lun 4 Jan - 21:28
Mes yeux avaient beau fixer la montre à gousset que ma main tenait, je n’arrivais pas à mettre une heure sur le placement des aiguilles. Flouées, et dissimulées en partie par l’obscurité, elles échappaient à ma piètre capacité d’observation. En me concentrant et en plissant les yeux, tel l’ivre demeuré que j’étais, j’arrivais à un constat, cependant. Il ne faisait aucun doute quant au fait qu’il faisait nuit. Et qu’il était tard. Grandement satisfait, je cessais de gesticuler sous la lampe du réverbère, et rangeais habilement l’objet dans la mauvaise poche.
Réajustant mes gants avec un classieux maladroit, je m’emparais de la bouteille que j’avais posée sur une caisse en bois proche. Et je repris la route héroïque qui menait droit aux docks.

La soirée devait être plus lointaine que le matin. Les lieux étaient déserts. D’un œil presque expert, mon champ de vision rétréci de moitié s’en aperçu aussitôt. Je crus voir une forme gigoter entre deux entrepôts, mais un violent haut-le-cœur me la fit oublier. Et quand je me redressais, la toute-puissance semblant couler dans mes veines après avoir bravement résister à l’envie de dégobiller sur le bitume, je ne vis rien. Sans doute un chat.
J’eus rapidement l’image de mon cousin capien, dents acérées et dégainées, long manteau sombre, collection de couteaux à la ceinture … Je fis un parallèle radical entre l’ombre entraperçue et lui, et ma dernière heure me sembla être arrivée.
Heureusement, une gorgée de la liqueur de Saint-Georges me ramena sur terre. Ou peut-être à peine à côté. C’est un moyen de transport assez aléatoire, parfois.

Rassuré, je me rapprochais des quais, zigzaguant entre les différents entrepôts, jusqu’à apercevoir un ponton. J’étais venu me poser ici, dans une partie peu fréquentée du port. On y apercevait plus de carrioles commerciales que touristiques. Du coup, le nombre de personnes qui y circulait était moindre, de nuit comme de jour. Un bon moyen d’avoir la paix, en somme.
Je fronçais les sourcils. Pourquoi avais-je besoin d’un endroit où boire au calme ? Aussi loin de Yasashi Koji, je n’avais pas besoin de bien paraître. Je n’allais pas tomber sur ma clientèle dans les parages.
Mes yeux dérivèrent sur la bouteille, que ma main avait soulevée à hauteur de mon visage. Saint-Georges m’avait amené ici. Ne vous y trompez pas, je n’étais pas en train de diviniser ma bouteille de whisky. J’étais ivre, pas complètement dérangé. Mais l’alcool avait une fâcheuse tendance à vous pousser à faire des choses que vous ne feriez pas en temps normal.


« Haul on the bowline, the bully ship’s a-rollin’ ;
Haul on the bowline, the bowline Haul ! »

Debout sur le frêle et branlant édifice de bois qui servait d’embarcadère, je venais d’écarter les bras pour m’offrir au vent frigorifique qui venait du grand large. Je sentais bien le mécanisme de piloérection se mettre en marche et tenter de me garder à bonne température … mais bon, à part l’agitation du duvet sur mes bras, rien de bien méchant. Mes veines à moitié remplie du breuvage de Saint-Georges me tenaient chaud.
Et puis ma voix, qui s’élevait, aussi suave, délicate et harmonieuse qu’une douce alyzée, tout juste expulsée du derrière d’un phacochère, me portait et m’emplissait d’une chaude et forte énergie.


« Haul on the bowline, Kitty is my darlin’ ;
Haul on the bowline, the bowline Haul ! »

C’est à ce moment que j’aperçu une silhouette aux formes voluptueuses, gracieuses. Que dis-je. Enrobée à la perfection, muni de deux énormes cheminées, et flanquée d’une charpente en tôle impeccable. Un énorme paquebot métallique, sans doute amarré et abandonné ici au beau milieu du vingtième siècle. A quoi avait-il bien pu servir étant donné que l’île était fermée à l’extérieur ? Peut-être à transporter des êtres vivants venus se réfugier. Je n’en avais aucune idée, mais ce bâteau était tout simplement merveilleux. Ah, il y a bien des choses que je ne partageais pas avec la lignée Blandine. Mais l’amour des bâteaux, ça, c’était héréditaire.
Je m’approchais de l’immense et imposante silhouette, et m’allongeais dos au ponton. Ma tête pendait dans le vide, cheveux vers le bas. La bouteille de Saint-Georges trônait fièrement à côté de mon corps pendouillant.


« Haul on the bowline, Kitty lives in Liverpoooool !
Haul on the bowline the bowline Hauuuul ! »

Je chantais pour le navire. Ca devait faire bien longtemps qu’il était seul ici. Je tendais le bras vers le paquebot avec un sourire niais.

« T’sais que t’es beau gosse toi, quand même ? »
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Asura
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MessageSujet: Re: Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu} Ven 8 Jan - 8:53
Encore une fois, le jour avait fait place à la nuit. Encore une fois, Leylans n’avait pas dormi. Bien que l’air froid de l’hiver eût changé en glace toutes les flaques d’eau de l’île, la mer avait survécu au gel… Et ça, c’était trop badasse pour le clochard ! Il avait donc squatté le port toute la sainte journée, bougeant les bras comme pour s’envoler et ne cessant de parler à droite, à gauche, devant, derrière. Même avec les pigeons, il pouvait débuter une discussion. Et pourquoi ça ? Parce qu’il était l’pote de tout l’monde bien sûr ! Sachant que la majorité des personnes étaient des étrangers venus visiter l’endroit, y avait pas mal de tête qu’il reconnaissait, en effet.
Avant même qu’il ne s’en rendre compte, l’endroit avait été vidé de sa foule et les mille bateaux apparus en un jour furent laissés, comme abandonnés. Un instant, il ne sut même plus où il était : ses yeux d’albinos ne lui étaient pas de grande aide, il voyait que dalle, et la lune, même pas pleine, ne lui portait pas grande assistance non plus. Jamais là quand on en avait besoin celle-là ! Bloqué entre deux entrepôts, le SDF tentait tant bien que mal de monter sur les toits à la seule force de ses bras et de ses jambes. En hauteur, il pourrait s’orienter et retrouver le chemin de sa demeure et satisfaire, de par sa présence, sa femme et ses enfants. J’déconne hein, il a pas d’maison et qui voudrait d’une boule puante limite aveugle comme conjoint ? S’il faisait tout ça, ce n’était que pour une raison pertinente, que dis-je ?- pour LA raison pertinente ! Je vais pas laisser planer le suspense trop longtemps. Il avait vu la technique d’escalade dans un film et il voulait l’essayer, tout simplement… Mais, bizarrement, ça fonctionnait pas : il glissait tout le temps ! Tombant une énième fois, il resta couché par terre pendant quelques secondes avant de s’énerver tout seul. Il fit la petite danse de la frustration puis se retourna vers la mer, la regardant comme si elle était fautive. Mais au lieu de se poser sur des vagues, ses yeux bondirent sur une ombre humaine. Bon, il faisait très sombre mais, grâce au peu de lampadaires, il put clairement distinguer que cette silhouette tremblait légèrement. Il avait parfois l’impression qu’elle allait s’écrouler par terre. Ouais, hypothèse confirmée : elle avait définitivement une démarche de bourré.

« Haul on the bowline, the bully ship’s a-rollin’ ;
Haul on the bowline, the bowline Haul !
Haul on the bowline, Kitty is my darlin’ ;
Haul on the bowline, the bowline Haul !
Haul on the bowline, Kitty lives in Liverpoooool !
Haul on the bowline the bowline Hauuuul ! »


Jusqu’ici, Leylans n’avait fait que murmurer des mots incompréhensibles tout le long de sa balade. En même temps, il s’était tellement fait arrêter par la police pour tapage nocturne qu’il avait compris que la nuit, fallait pas être trop bruyant. Mais puisque ce mec à l’air jovial le faisait, pourquoi pas lui ?! Il mit quelques instants avant de se décider. Puis le clochard se mit à courir vers son nouveau pote, tout sourire et les bras écartés. Même si ce dernier semblait occupé à draguer, il lui mit une grosse tape sur l’épaule tout en asseyant à ses côtés.

« Bois pas tout seul mon pote, c’est pas encore le nouvel an ! »

Il s’empara tranquillement de la bouteille qui les séparait et but son contenu au goulot. Le liquide lui brûla la gorge et il regretta et oublia aussitôt ce geste. Riant aux éclats, il fracassa la bouteille contre le navire, s’attendant à ce que ce dernier prenne le large, comme dans Shrek. Finalement, comme rien ne se mit en mouvement, il continua de taper l’objet en verre sur le bois, appréciant les sons qu’ils émettaient.

« All the bowling, the ball chips, the bowling hall !!! »

Leylans prit par l’épaule l’inconnu qui n’en était pas un pour lui et, l’emportant avec lui dans sa danse assise si élaborée qu’était le gauche à droite, il chanta à tue-tête. Il tapa des pieds sur le sol (fallait bien des percussions pour le rythme) et, alors qu'il commençait à apprécier le moment, il entendit un bruit strident.
C'était... Un coup de feu ?! Des gens étaient en train de s'entretuer ? Bah. Il continua à chanter la même phrase en boucle.
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Morany
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MessageSujet: Re: Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu} Sam 9 Jan - 12:45
Warren n'avait pas réussi à trouver le sommeil cette nuit là. Il avait noirci les pages de ses cahiers de notes jusqu'à pas d'heure et finalement, ne sentant pas la fatigue venir et vu l'heure avancée, il avait décidé d'aller faire un tour. Il s'occuperait ainsi le temps de gagner la forêt.

Ses pas le guidèrent à travers les rues animées et colorées de Yasashi Koji. Les lumières agressives des casinos et le bruit que faisaient tous ces gens animaient la nuit. Il enviait leur insouciance et leur joie. Depuis quand n'avait-il pas ris ? Ou simplement sourit pour une autre raison que ses recherches donnant des résultats satisfaisants ? Lui même ne le savait plus vraiment.

Ce soir, il décida de ne plus penser à tout ça, de ne pas être négatif au moins une fois de temps en temps ! Sinon il perdrait la tête où sombrerait dans une profonde dépression, ce qui avouons le, ne serait pas très productif.
Finalement, il se retrouva sur la jetée. Il scruta la mer, doucement agitée par le vent. Ce même vent qui soufflait dans ses cheveux, les ébouriffant. Il faisait très froid mais Warren ne s'en souciait pas. Vêtu de son manteau noir, une épaisse écharpe grise pendait à son coup. Tout ce qu'il manquait s'était une paire de gants. Bien dommage pour un chimiste de ne pas porter de gants. Ah ah. Bref.

Les mains enfoncées dans les poches, il rebroussa chemin pour gagner le port de l'île. Un spectacle magnifique s'offrait à ses yeux. Des bateaux éclairés par les lampadaires, les allées touristiques illuminées de multiples guirlandes. Il n'y avait pas grand monde qui les arpentait, mais tout de même quelques personnes. Après avoir traversé rapidement la petite foule, Warren se retrouva à l'entrée des docks. Un endroit désert et très calme où il pourrait contempler la mer, s'apaiser avant de reprendre le chemin douloureux de son quotidien dont la première escale serait la forêt. Alors qu'il s'enfonçait de plus en plus, une flopée de sons très dérangeants parvint à ses oreilles. En s'approchant davantage, il découvrit deux ivrognes en train de pousser la chansonnette, une bouteille d'alcool à la main. L'un des deux était même très agité puisqu'il se secouait dans tout les sens, créant un semblant de percussion au rythme de ses paroles. S'approchant encore, il fut frappé de plein fouet par l'odeur pestilentielle qu'ils dégageaient. Soudain, un bruit strident ayant des airs de coups de feu secoua les docks. Warren était en alerte, les muscles tendus tandis que l'un des deux chanteurs continuait de s'égosiller comme si ne rien n'était. Mais que diable se passait-il ?
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MessageSujet: Re: Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu} Lun 11 Jan - 5:49
Une grande tape sur l’épaule m’arracha soudainement de la contemplation du paquebot. Quelqu’un venait de m’emprunter ma bouteille de Saint-Georges et y avait bu une bonne gorgée. Je me redressais en position assise, un peu surpris. A vue de nez, le garçon devait être un peu plus jeune que moi, mais il y avait une différence d’allure. Cheveux blancs, yeux rouges. Un mélange étrange, en vrai, mais je n’étais pas dans un état psychologique qui me permettait d’être choqué par les détails physiques. Pas plus que par l’odeur qu’il dégageait, ou par sa parure vestimentaire atypique. Ce qui retint le plus mon attention, c’était le pansement sur sa joue. Il était tout neuf. Du coup, il ressortait vraiment du lot. Et mes yeux ivres ne voyaient que lui.
J’avais tenté de reprendre la bouteille, par réflexe, mais le type était souriant, et il semblait juste vouloir boire un coup. J’aurais eu bien tort de repousser un compagnon de beuverie. Surtout qu’il semblait particulièrement joyeux. Les personnes aussi sociables ne couraient pas les rues (la sobriété m’apprendrait bientôt que celui-là, ci, quelle ironie). Je lâchais le whisky et l’invitait à en boire d’un geste de la main.


« T’as bien raison. Fais-toi plaisir. C’est le meilleur whisky que j’ai ramené d’Angleterre. »

Ce que fit le jeune homme après avoir bu, je le suivis au ralenti. Le mouvement ample du bras, le choc du verre contre le métal, les tintements du verre sur le ponton, et les bruits d’éclaboussures pour l’autre moitié des morceaux, qui finirent dans l’eau.
Il me fallut un moment pour engranger toutes les informations et les analyser. Il venait de briser la bouteille contre le paquebot, et maintenant il chantait une chanson de marin … Ma meilleure bouteille de Saint-Georges, sur ce chef d’œuvre architectural.

Un grand sourire naquit sur mes lèvres. Ce type m’était encore plus sympathique. Bon, sa prononciation de l’anglais n’était pas bonne. Il ne devait pas être du coin. Mais il avait un sens de l’hommage très classe. Je me souvenais, maintenant, des histoires de marins que j’avais pu lire en Angleterre. Avant que le navire ne prenne le large, le capitaine brisait toujours une bouteille à moitié pleine du meilleur alcool sur sa coque. Pour porter chance, pour demander la protection de quelqu’un, ou bien par respect pour l’embarcation. Qu’importait, ce rituel était très important, et ça me faisait carrément plaisir de croiser quelqu’un qui le connaissait.
Je l’attrapais par l’épaule et c’est ainsi, bras-dessus bras-dessous que nous continuâmes joyeusement à claironner dans la partie abandonnée du port.


« Haul on the bowline, the old man is a-growlin ;
Haul on the bowline, the bowline Haul ! »

Soudain, je m’interrompis au milieu de la chanson. J’avais comme zappé un détail important.

« Haha ! Ca faisait bien longtemps que je ne m’étais pas amusé comme ça. Au moins trois générations ! Les jeunes personnes ont oubliés les choses simples, tu ne crois pas ? Au fait, moi c’est Cecil. »

Se présenter. Un vrai gentleman devait faire ce genre de chose quand il rencontrait une nouvelle personne. Surtout quelqu’un d’aussi sympathique.

Un coup de feu. Ma transe jubilatoire cessa presque aussitôt, et je me relevais d’un mouvement brusque. Un relent me fit osciller aussitôt, manquant de me faire répandre la totalité de ce que j’avais bu sur le vieux ponton. Heureusement que j’avais l’estomac solide et que j’étais habitué : je parvins à tout reprendre à l’intérieur juste à temps. Gâche un tel alcool aurait été véritablement dramatique. Je m’en serais voulu à mort pendant des mois. C’était la dernière bouteille merde. Bref, ce coup de feu ?
Je baissais les yeux vers mon nouveau compagnon, qui semblait n’avoir rien entendu.


« Y’a eu du bruit par là. On va voir ce qu’il se passe ? Quelqu’un a peut-être besoin d’aide. »

‘Du bruit’. ‘Besoin d’aide’. A chaque fois que je prononçais ce genre de paroles, quelque chose arrivait juste derrière. Et bien souvent, il s’agissait d’une bonne tonne d’emmerdes bien empaquetées.
Je me dirigeais en titubant vers un entrepôt : le bruit venait de derrière, plus ou moins. Mes sens étaient loin d’être affutés à leur maximum, mais c’était le genre d’éclat sonore qui ne pouvait pas se manquer.
D’ordinaire, j’aurais peut-être fait preuve d’un minimum de prudence. Mais bon, Saint-Georges venait de m’apposer sa bénédiction. Je ne me sentais pas vraiment invincible … C’était plutôt que je ne voyais pas de raison à craindre quoi que ce soit. Le coup de feu avait déjà été tiré, non ? Donc je n’étais pas la cible. Je pouvais bien aller voir qui était le pauvre malheureux.
Je tournais à l’angle du mur, et je ne vis absolument rien. Des caisses vieilles comme les docks, quelques poutres de métal rouillées pour la plupart. Un seul réverbère qui fonctionnait mal et dont la lumière clignotait sans arrêt. Pas un bruit.
Je vais pour faire un pas de plus, mais ma chaussure heurte quelque chose d’inerte. De mou. Je baisse les yeux. Et je les ouvre en grand.

Y’a quelqu’un à mes pieds. Etalée par terre, une jeune femme est étendue de tout son long, les bras en croix, sur le dos.


« Oh merde. »

Je me baisse. Encore un mouvement brusque, qui manque de me faire vomir sur ce que je suppose déjà être un cadavre. Mais bon, je vous l’ai dit. En Louisiane, j’ai eu un pote qui m’appelait l’estomac de fer. J’encaisse bien, et n’importe quoi.
Je pose deux doigts tremblants sur le cou de la jeune femme. Au passage, je note qu’elle est carrément canon. Une blondinette très pâle, à l’allure très scandinave. Bien faite, aussi. Elle porte des vêtements assez légers. Une chemise et un jean. C’est rassurant : y’a pas de tâche de sang qui les souillent. Elle ne doit pas avoir pris le coup de feu que j’avais entendu. Je relève les yeux vers sa tête. Elle a un hématome ensanglanté au coin du crâne. On l’a apparemment assommée, et vu la taille de la blessure, avec quelque chose d’assez volumineux. Une barre de fer peut-être ? Ou une massue ?

J’optais plutôt pour la massue. La princesse scandinave attaquée par un troll ça me paraissait être une super histoire à raconter au bar, un jour. Ca impressionnerait peut-être Renato.


« Elle est évanouie et blessée, mais elle n’est pas en danger de mort. Tu peux presser ça sur sa blessure, mon vieux ? Ca saigne un peu de trop. »

Je tends ma veste à mon nouvel ami, avant de me redresser. Les alentours semblaient déserts. A l’exception d’une personne, qui était un peu derrière nous. Je me dirige vers lui en oscillant dangereusement. Rester à peu près sérieux était bien difficile.
Je retirais un chapeau imaginaire pour saluer l’inconnu.


« Monsieur. Désolé de vous alpaguer comme ça, mais vous auriez-vu quelqu’un de louche dans les parages ? *hips* »

Oh le vilain hoquet. Moi qui voulais avoir l’air sobre.
Par contre, ce qui me poussait à tenter d’ignorer l’alcool qui parcourait mes veines était tout autre. La peau de ma future dulcinée était recouverte d’écailles au niveau des bras et des mains. Je ne savais pas trop de quoi il retournait, mais cette nana était un mythe. Il y avait deux autres témoins de la scène, qui plus est. Et mes esprits un peu brouillés posaient problème au moment présent. J’avais du mal à y voir clair et à réfléchir calmement, efficacement. La vue trouble et les vertiges n’aidaient vraiment pas.
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MessageSujet: Re: Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu} Mar 12 Jan - 14:31
Sitôt dit, sitôt oublié. Le prénom de son pote était passé des deux oreilles à l'extérieur sans même avoir frôlé le cerveau de Leylans. Sans doute les conduits auditifs étaient-ils trop bouchés par le cérumen pour permettre cela ? Dans tous les cas, le clochard était bon pour donner des pseudonymes alors cette information n'était pas une grande perte ! Avant qu'il puisse se présenter à son tour, son interlocuteur s'était levé, alarmé. Perdant son seul appui latéral, l'albinos se ramassa par terre au ralenti, en plein sur le bras droit. Entendant la proposition de promenade du bourré, Leylans s'excita immédiatement.

« Han mais grave, allons-y bro' ! On va enquêter : je fais Batman tu es mon Robin. Après tout, trois générations, c'est que dalle gamin. Oh, bordel !- i m'faut une cape... (il regarde le ciel, alerte) Faut juste qu'j'fasse gaffe aux avions, qu'elle s'prenne pas dedans. J'ai pas envie d'mourir comme un con. T'as vu les Indestructibles ? N'empêche... Shérif Batman, ça sonne hyper classe putain ! Nous sommes les sauveurs du monde !! Houga houga ! Attention, méchants, nous arrivons. »

Le jeune sobre ouvrit la marche, sautillant, gambadant, agitant tête et bras. Il faisait parfois des tours sur lui-même pour savoir où en était son pote dans le parcours. Ce dernier titubait et prenait parfois un air qui faisait éclater de rire Leylans. Il semblait prêt à vomir à tout instant et était aussi pâle que les fesses plates de l'albinos. Autant dire qu'il formait une lumière mouvante dans la nuit. Arrivés aux entrepôts qu'il avait tenté d'escalader, Leylans rassembla sa salive et mit dans son glaviot toute sa rage et sa frustration. Alors qu'il se demandait comment il pourrait se procurer des cordes afin d'accomplir son but, ses yeux incontrôlables se posèrent sur un objet qu'il avait maintes fois détruit : des lunettes. Un juron se fit entendre et le clochard remarqua (enfin) qu'il avait faussé compagnie à son interlocuteur chancelant. Il le découvrit, grâce aux lampadaires, tellement vert et si sérieux qu'il ne le reconnut plus. Enfin... C'était qui déjà lui ?
A peine eut-il trouvé une appellation convenable qu'il avait déjà une veste noire dans les bras. C'était qui "elle" ?! Bordel, y avait trop d'gens là ! Il fit un pas mais ses pieds sales et nus rentrèrent en contact avec autre chose que le sol. Il découvrit alors la victime.

« Houlà houlà ! 'connaissez les crèmes hydratantes m'am ? L'Oreal tout ça ? Enfin... C'est d'l'Oreal...? PAAARRRRIIIIIIIIS !! Les crèmes hydratantes, c'est d'l'Oreal ? La dame est un peu dure et froissée. »

Il laissa tomber le vêtement sombre et froid qui s'écrasa sur la poitrine magique de l'étrangère, pour emboîter le pas à son collègue Paris, parti à quelques mètres. En effet, il y avait eu crime, il n'était donc plus potes de bouteille : ils étaient réellement enquêteurs. Boudiou, quelle élégance sa mère ! Leylans faillit presque oublier qu'il avait gardé les lunettes dans ses mains, tiens. Il sortit une phrase aléatoire et, attendant que le début du générique des Experts Miami s'enchaîne dans sa tête, il posa les verres avec violence sur son nez.

« Et le coupable... C'est VOUS ! »

Non, il n'attendit pas que son camarade termine sa phrase respectueuse pleine de mots stupides se rapportant au concept débile de politesse : il sprinta vers l'inconnu, doigt pointé et tête la première. Mais avant d'avoir pu mettre un coup de boule bien placé, il se stoppa net, manquant la chute de justesse.

« C'est clair, le coupable, c'est vous mais... D'après mes yeux, vous êtes un peu... Nan, vous êtes beau, très très beau monsieur. »

Il épousseta les vêtements de l'homme à la carrure si forte qu'elle lui avait ramené son instinct de survie. Il venait tout bonnement de se faire arracher les couilles.
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MessageSujet: Re: Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu} Ven 15 Jan - 16:41
Un tintamarre étrange sortit Warren de sa contemplation des deux ivrognes chantant. D'abord un coup de feu, quoi encore maintenant ?! Il chercha la source du bruit un claquement sonore résonna sur les docks. Ignorant les deux autres hommes il se lança à la recherche de la source de ce vacarme.
Soudain il entendit une voix de femme. Une femme en danger.

Sans réfléchir, il se mit à courir en direction de la voix et quelques mètres plus tard, il assista à une altercation entre une jeune femme en jean et deux hommes. L'un était chauve, l'autre avait un tatouage sur le bras. Elle essayait vaguement de les repousser avec des gestes lents et sans force. Un instant immobile, une sorte d'instinct protecteur qu'il ne pensait pas avoir pris le dessus. Sortant de son mutisme, il interpella les deux hommes.

"- Eh ! Lâchez là, tout de suite !"

Il s'était mis à courir dans leur direction et percuta de plein fouet l'un des deux malotrus qui s'étala sur le sol sous la violence de l'impact. Le chauve asséna un coup de point en plein visage à Warren, lui ouvrant la lèvre inférieure. Sur le point de prendre un deuxième coup, le biologiste para le coup et propulsa son genou dans le ventre de son agresseur, le laissant plié en deux, cherchant sa respiration. Pendant que Warren se battait avec lui, la fille avait cherché à fuir mais l'agresseur tatoué l'avait saisie au collet. Dans un élan de désespoir, elle lui cracha au visage et lui donna un coup dans les parties. Elle prit la fuite, titubante. Echappant à la surveillance de Warren, le tatoué attrapa une barre de fer et partit à sa poursuite.

Pendant ce cours laps de temps, la bagarre entre les deux hommes touchait à sa fin. L'universitaire avait pris le dessus sur le chauve. Il avait prit des coups mais dominait son adversaire qu'il finit par assommer contre un container. A bout de souffle, il s'aperçut que la fille et le tatoué avaient disparus. Il les vit au loin et put donc voir le tatoué frapper la jeune fille à la tête avec sa barre de fer. Il s'apprêtait à recommencer lorsque Warren le plaqua au sol. Il se dégagea d'un coup de genou au plexus, déstabilisant le professeur avant de totalement se libérer de son emprise en lui donnant un coup de pied au visage. Il s'apprêtait à se jeter sur sa cible en mauvaise posture lorsqu'il entendit des voix et des bruits de pas. Il lâcha sa barre de fer et courut vers le port.

S'étant relevé, Warren était désorienté par le coup au visage qu'il avait reçu. Une douleur lancinante dans le ventre, du sang coulait de sa tempe et de sa lèvre. Il chercha la jeune fille du regard et aperçut un homme accroupi près d'elle. Lorsqu'il s'approcha en tanguant, il s'avéra être l'un des alcooliques anonymes de tout à l'heure.
Suivi de près par l'autre, il lui jeta sa veste et se redressa. L'autre baragouinait des choses incompréhensibles. Warren crut même l'entendre parler de L'Oréal, mais il se dit qu'il avait mal compris.

Le premier homme s'avança alors vers lui, laissant son acolyte divaguer.

"- Monsieur. Désolé de vous alpaguer comme ça, mais vous auriez-vu quelqu’un de louche dans les parages ? *hips*"

Ne laissant pas le temps au jeune homme pour répondre, l'autre fondit sur lui à la vitesse de l'éclair, des lunettes sur le nez en s'écriant "La coupable, c'est vous !".
Manquant de tomber, il se mit alors à lui épousseter la veste, mettant ses mains partout sur lui en marmonnant.

Warren s'écarta de ce garçon qui sentait la décharge publique et qui se permettait de le toucher avec autant de familiarité. L'universitaire n'avait jamais supporté de se laisser toucher, même par des femmes à moins d'avoir initié un processus de séduction. Il se montrait plus réticent encore depuis sa maladie. Il essuya le sang qui coulait de sa bouche.
Gêné et toutefois embêté par l'absence de pudeur du garçon, il choisit de l'ignorer et s'adressa à l'autre qui semblait recouvrer un peu de lucidité. Il montra toutefois de la réticence dans son discours.

"- Ils étaient deux. Je n'ai pas bien vus leurs têtes. Vous êtes qui vous ?! Et pourquoi je parle à des alcoolos, je ferai mieux d'appeler la police."

Se souvenant alors de la victime au sol, il s'approcha d'elle et contempla sa blessure. Elle respirait lentement. Jugeant son état précaire, il s'apprêta alors à composer le numéro d'urgence de l'hôpital. Dans quoi était-il en train de se fourrer ?

Dans son inquiétude, il n'avait même pas remarqué la présence d'écailles sur les membres de la jeune inconnue..
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Asura
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MessageSujet: Re: Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu} Jeu 28 Jan - 0:15
Spoiler:
 

Le moins qu’on puisse dire, c’était que mon nouvel ami était motivé pour découvrir ce qu’il s’était passé : il y mettait tout son entrain. Je n’étais pas suffisamment ivre pour ne pas comprendre qu’il était à côté de la plaque, mais si la situation n’avait pas semblé si sérieuse je crois bien que j’aurais rigolé franchement. Je l’enviais un petit peu, à vrai dire : prendre les choses avec tant de détachement, et peu importe à quoi il devait cela, c’était rafraichissant. Son approche du monde me plaisait beaucoup.
Enfin bon, folie ou génie, peu importait au fond. J’étais un peu vexé tout de même : j’avais une vague idée de qui étaient Batman et Robin, et j’avais comme l’intuition que le jeune homme ne m’avait pas laissé le rôle qui, je le pensais sincèrement, me convenait. Je décidais de laisser passer pour cette fois, mais ça ne présageait rien de bon pour notre amitié naissante. Il faudrait s’expliquer un jour, pour ne pas que le malaise devienne trop grand. Enfin, pas tout de suite : d’abord, les preux chevaliers devaient voler au secours de la princesse en danger.

Je ne savais pas trop quoi penser du troisième protagoniste. D’abord, il me sembla être du genre ténébreux, et soigner le look qui convenait au rôle. Mal rasé, enveloppé dans un manteau noir et avec une coupe de cheveux mi longue traditionnelle du personnage au passé un peu sombre. Puis, il m’apparut finalement comme quelqu’un de sympathique et raisonnable, qui nous aiderait à résoudre l’enquête : il venait même de dire qu’il y avait deux coupables qui avaient agressés la jeune femme. C’était un bon début.
Et finalement, le voilà qui casse tout et qui se met à nous insulter d’alcoolos et dire qu’il ne devrait même pas nous parler. J’étais un peu déçu, moi qui avais, l’espace d’un instant, crut que tout allait bien se dérouler sans en venir à la phrase fatidique … Mais il avait fallu que cet homme préfère appeler la police… Non attendez, je ne vois pas bien derrière son épaule mais ce numéro … Oui, les urgences plutôt.


« Mais non voyons mon vieux, ça peut pas être lui le coupable. Je pense que c’est plutôt un nouvel allié, tu ne crois pas ? »

Honnêtement, d’habitude, je l’aurais laissé faire. Même si l’histoire sentait bon la vilaine affaire bien juteuse sur laquelle je pourrais enfin montrer mes talents, j’aurais visité la jeune femme à l’hôpital pour lui proposer de l’aide. Mais avec les écailles, tout se compliquait. Je n’étais pas spécialement un défenseur des secrets des mythes, mais je n’étais pas non plus totalement inconscient. Qui sait ce qui allait arriver si des humains voyaient ça ? Rien de bon en tous cas. Ils l’avaien prouvés il y avait des années : rester cachés était, pour le moment en tous cas, la meilleure solution. Nous n’étions pas prêts, eux comme nous d’ailleurs, pour ça.
J’attrapais une nouvelle bouteille de whisky d’une main, sortie tout droit de ma sacoche, et la veste balancée à mon nouvel ami, et entreprit de le déplacer pour recouvrir les parties écailleuses de la princesse en détresse. Puis, d’un geste particulièrement adroit, je renversais un peu du whisky sur le téléphone du jeune homme qui composait le numéro des urgences. Les grésillements, et le petit bruit de court-circuit, le tout suivi de l’extinction prématurée de l’appareil … Victoire ! Non ?


« Oh … God Save the Queen … Je suis navré, quelle maladresse … »

Je me redressais l’air faussement embarrassé. J’étais plutôt un mauvais comédien, mais l’obscurité devait aider et m’ôter l’air de clown content de lui que j’avais à chaque fois que je tissais des mensonges et que l’alcool avait remplacé la majeure partie de mon système sanguin.

« Hum … Merde … Et j’ai pas pris mon téléphone pour appeler les urgences … Ah je sais ! Vous nous aideriez à la porter chez moi ? Ce n’est pas très loin et je devrais avoir de quoi la soigner. On aura qu’à attendre qu’elle se réveille pour lui demander ce qui s’est passé et voir si on peut l’aider ! »

Je gagnais du temps en oscillant entre le pitre et le mec complètement sérieux, mais c’était probablement la meilleure idée que j’avais dans cet état et pour le moment, afin que tout rentre dans l’ordre.
Tout ce que j’espérais, c’était que la blessure était aussi superficielle que je le pensais et que j’aurais effectivement de quoi la soigner.


« De toute façon l’hôpital le plus proche est trop loin à pieds. Si vraiment c’est grave, autant administrer les premiers soins et utiliser mon téléphone. Je dois l’avoir posé quelque part près de ma table basse … j’imagine … »

Non, il était dans ma poche. Mais bon, ça, je ne pouvais pas vraiment le dire.
Enfin, si tout se passait bien tout le monde allait probablement accepter. Mon nouvel ami parce que c’était un chic type, je ne voyais pas pourquoi il refuserait. Et ce nouvel inconnu pour ne pas laisser la demoiselle avec deux ‘alcoolos’, probablement. Et si ça ne suffisait pas :


« Et je vous paie un truc à boire, si vous voulez. Oh, je suis Cecil, enchanté. »
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MessageSujet: Re: Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu} Ven 29 Jan - 20:49
« Arrête de dire de la merde bro' ! Bien sûr que c'est c'mec qu'a tout manigancé : il est comme toi, i ment comme i respire wesh ! Pis d'ailleurs, même si y avait eu deux enflures, il a pu envoyer du lourd et nous faire entendre le gros pétard de t't'à l'heure. (il s'approche de Cecil et lui parle fort dans l'oreille après avoir mis sa main inutile entre sa bouche et le suspect) Faut l'fouiller, il a dû utiliser un truc pas net ! (il enchaîne une roue ratée puis regarde soudainement les deux autres, les yeux exorbités) Bon, ça y est, j'ai toutes les informations en main pour vous raconter l'histoire ! Écoutez mon génie et soyez ravis ! Pis surtout, vénérez ma géniale personne bande de sous-merdes ! MOWAHAHAHA !! »

Leylans avait eu énormément de mal à suivre la conversation de ses deux interlocuteurs. Mais il en était convaincu : le grand mec qu'il voyait flou avait quelque chose à se reprocher... Comme tout le monde en fait. Avec ses lunettes de soleil sur le nez et son sourire niais, il voyait encore mieux que d'habitude et avait l'air d'un débile. D'ailleurs, comment avait-il pu les trouver là ces verres, en y repensant ? On était en hiver, la grosse boule rouge et chaude au-dessus de nos têtes ne se montrait qu'à de rares occasions et, d'après mes dernières nouvelles, les aveugles chinois n'avaient pas encore envahi l'île. Bah ! Elles étaient sans doute à un chef de la beuh en jogging bleu. L'albinos s'était encore plus rapproché de la victime et s'était accroupi à ses côtés. Au passage, il s'était emparé du couvercle d'une poubelle qui traînait par là (facilité du scénario : 1), au cas où il aurait à se protéger contre le coupable baraqué. Qui pouvait savoir quel comportement pourrait adopter un criminel dont la faute avait été dévoilée ?! Généralement, sa majestueuse personne n'avait pas besoin d'être autant prudente mais là... La taille de l'inconnu l'avait vraiment... Surpris. Pas apeuré, surpris hein. Mettant sa tête au creux d'une de ses mains crasseuses, l'albinos s'assit violemment sur le ventre de la demoiselle inconsciente et débuta son explication après avoir remonté ses lunettes avec classe.

« Alors voilà, il était une fois un... HEIN ?!! »

Leylans frappa d'un coup sec le truc qui avait bougé à sa droite avec le couvercle, sans aucune pitié et en y mettant toute sa force. Le fer de son arme improvisé s'abattit sur sa proie en un éclatant son métallique et cette dernière retomba au sol dans un bruit sourd. Ébahi, ou même, abasourdi, le gamin fixa la tache qu'il venait d’assommer. D'abord dubitatif, il reprit très vite son ton macho et déterminé. Ah ces femmes ! Elles pouvaient pas juste rester là, sans bouger, sans emmerder les hommes, les vrais, ceux qui travaillaient ?! Il regarda innocemment ses deux interlocuteurs d'un air désabusé, hochant les épaules dans un mouvement désespéré.

« Ah, c'est pas ma faute, 'l'avait qu'à pas bouger cette grognasse. Au moins, elle nous foutra la paix. Pis, jamais deux sans trois hein ? On attend deux trois minutes et après, tu l'achèves Trévis : elle aura son quota de la journée. Bref, j'reprends, j'en étais où ? Ouais, et du coup, le mec lui dit « mais j'sais pas comment j'dois l'prendre » et l'autre lui répond « ben, par derrière » ! Hahahaha, elle est trop cool cette blague ! »

Oui, la demoiselle étendue avait pu reprendre connaissance quelques secondes avant d'être étourdie une deuxième fois, attaquée par un couvercle de poubelle. Mais bon, elle avait des écailles, elle était résistante, non ? En tout cas, Leylans s'était vite lassé de tout ce raffut. Il se releva, marcha une dernière fois sur les cuisses meurtries de la Morany puis se dirigea vers l'eau du port. Le geste soudain de la femme lui avait dépouillé tous ses souvenirs concernant sa mission de ce soir. Il ne savait plus ce qu'il foutait ici mais il était loin d'avoir envie de dormir et il avait hâte d'aller se balader.

« En fait les mecs, moi c'est Leylans ! J'vous prierais de m'appeler « monsieur » pa'c'que j'suis pas n'import'qui quoué ! »

Il avait pris l'accent québécois – ou paysan ?... plutôt un mix des deux - sans même s'en rendre compte et avait tournoyé sur lui-même plusieurs fois avant de repartir chancelant, à cause de sa tête qui tournait. Il n'avait pas fait plus de cent mètres avant de tomber nez-à-pied avec un cadavre. Il ne l'identifia pas à cause de ses lunettes de soleil et lui administra un immense coup de pied en pleine tête avant de l'enjamber en riant et en sifflant, les mains dans les poches de sa veste. S'il avait eu une vision normale, il aurait pu remarquer un trou rond ensanglanté en plein milieu du front de l'homme qui gisait à quelques pas d'où il se trouvait. A sa place, je vais le dire : mais qu'est-ce qu'i s'passait ici... ?
Récapitulatif de l'enquête :
 
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MessageSujet: Re: Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu}
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Un paquebot délaissé. [Warren/Leylans/Cecil]{interrompu}

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