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T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu}

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Asura
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MessageSujet: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Ven 8 Jan - 22:11
22 rue des luthiers. Des briques rouges qui font grimacer mes yeux en écorchant leurs pupilles. En liant cette vision dégoutante et la personne qui y réside, je ricane. Un rire bien jaune, tout ce qu’il y a de plus narquois et moqueur. Presque méprisant.
Il faut bien avouer que mes deux petites mirettes étaient bien sensibles en termes d’architectures. Elles appréciaient de pouvoir se poser sur des bâtiments ternes, lugubres, voire délabrés. Le vieux, le désuet, voilà ce qui leur sied en général. Lorsque les bâtiments étaient modernes, ils me révulsaient. J’aimais les lieux lourds d’histoire. Et curieusement, je me sentais d’avantage en confiance au milieu de murs branlants qui avaient traversés les âges qu’entre six parois neuves et rutilantes qui n’avaient pas encore fait leurs preuves.
Bref, une bâtisse à l’image de la sale petite fouine que je venais voir. Trop parfaite pour être estimée. Je la détaillais du regard une dernière fois avant de prendre une longue gorgée de Hausley. Il me faudrait au moins ça pour oser entrer en toute quiétude et dire ce que j’avais à dire.
Comment étais-je arrivé ici ? En voilà une bien bonne question. Tandis que j’ouvrais la porte de l’immeuble, les souvenirs des deux derniers jours jaillirent et s’emparèrent de moi …

Hier j’étais au Fox’n’Hodge. Un bar à l’allure de pub anglais situé dans un quartier fréquenté de Yasashi Koji. Un de mes endroits favoris à travers la ville. Fox, c’était le surnom du vieux barman importé d’Albion. Hodge, le nom de sa femme. Elle ne trimait pas avec lui, mais il parait qu’il avait ajouté son nom pour lui faire plaisir. Je n’avais jamais trop vu en quoi c’était romantique mais apparemment, ça fonctionnait. Si un jour j’ouvrais un lieu où se réunissent les poivrots, les joueurs et les indics, je songerais à lui donner le nom d’une femme en hommage. On verrait bien si elles le prenaient toutes aussi bien.
Je venais de finir une enquête de routine. Une sale histoire dans une petite entreprise locale dont je me dois de vous taire le nom. Un licenciement nécessaire, et un complot contre mon client de la part de ses soit disant collègues. Histoire de s’arranger pour que ça tombe sur lui. J’avais débusqué les deux coupables, mais bon, leur plan avait fonctionné quand même. Au final, j’avais été payé une misère et ça n’avait pas changé grand-chose.
Du coup, j’étais venu prendre un verre. Et voir un ami à moi. Ou plutôt une sorte de collègue. Renato. Un espagnol qui aimait les alcools de qualité. On s’entendait bien sur le sujet. Enfin le problème avec Renato, c’était ses goûts musicaux de chiottes.


« Boys boys be my boy … »
« Hé, Renato ! »
« Tonight I’m ready, honey ! »
« Fuck off, coupe cette merde ! »

J’avais limite arraché les écouteurs de ce vieil excentrique. Mais bon, c’était pas le genre à prendre la mouche pour si peu. Il m’accueillit avec un grand sourire.

« Heeeey ! Mais si c’est pas Cecilio ! Comment tu vas mi hermano ? »
« Salut, Renato. Tiens, il est pour moi celui-là. »

Je dépose un verre devant lui. C’est le protocole en quelque sorte. Tu lui paies un coup à boire, tu lui demandes une information. Si jamais c’est du lourd, tu rajoutes un billet. Si jamais c’est un petit service tu le gardes en mémoire pour être plus sympa sur le prochain billet. On a toujours fonctionné comme ça, et il a jamais rien réclamé de plus. Peut-être même qu’il m’aurait tout donné gratuitement au fond. On était plutôt bon potes après tout. Mais je n’avais guère envie de tenter le coup : il méritait chaque pourboire que je lui avais laissé depuis que j’étais sur l’île.

« Un peu fort pour commencer la journée mais je suis toujours ravi de boire un coup avec toi. »
« Plaisir partagé mon vieux. J’suis venu pour te demander un coup de main. »
« T’sais bien que j’t’écoute. Demande, si j’peux faire quoi que ce soit. »
« Bon voilà. En ce moment, c’est un peu la merde au boulot. Les requêtes s’enchainent mais j’ai toujours l’impression qu’on ne me prend pas au sérieux. Je n’arrive pas à m’occuper de ma propre publicité et à dénicher des contrats juteux. Tu crois que tu peux faire ça pour moi ? »
« Pour sûr, mi hermano. Je peux essayer. Mais ça ne va pas être facile. »
« Pourquoi ? J’ai si mauvaise réputation que ça ? »
« Pas vraiment. Les gens du commun t’adorent. T’as peut-être pas fait de contrat juteux depuis longtemps mais le petit peuple apprécie d’avoir quelqu’un prêt à l’aider de disponible. T’as une bonne côte. Seulement, pour viser plus haut t’as de la concurrence … »
« Hein ? C’est nouveau ça ? »
« En fait, oui. Y’a un nouveau privé sur le marché. Je ne pense pas que ta clientèle du moment ira le voir, t’inquiètes. Mais pour des affaires plus … Croustillantes … Eh bien, je crois que t’es moins attractif que lui sur ce plan. En plus du peu que je sais, il s’en sort vraiment bien. »
« Merde. »

Cul-sec, le verre de whisky. Ca aide à se mettre les idées en place.

« Faudrait que je me renseigne sur lui. Histoire de voir si j’ai des moyens de me faire paraître plus à mon avantage sur certains plans. T’as son nom ? J’vais me renseigner de mon côté. »
« Je te note ça. Et deux ou trois infos utiles par la même occasion. Je vais creuser ton histoire de publicité, mais faudrait pas perdre ton image de marque. Sur la durée elle peut te donner des points. »
« Tu parles. La moitié de la ville me prend pour un guignol. Un gentil guignol, c’est déjà ça. J’vais décoller. A la prochaine bro. »

Voilà la raison pour laquelle je trainais autour de la rue des luthiers. Maintenant, celle pour laquelle j’entrais dans l’immeuble était toute autre. J’avais aperçu quelqu’un, dans une ruelle, au début de l’après-midi. Une silhouette en veste de cuir noir que je connaissais malheureusement trop bien. Elle avait hanté bon nombre de mes nuits pendant que j’étais réfugié en Amérique. J’avais vu cette silhouette sourire en regardant dans ma direction. Par miracle, j’étais resté stoïque et avait continué ma route, faisant mine de n’avoir rien vu.
Mais ces deux canines … Ce ne pouvait être un mirage. Et la bouteille de whisky que je m’étais enfilé toute entière sur le chemin de la rue des luthiers n’arrivait pas à me l’ôter de la mémoire.
Comment ? Vous ne voyez toujours pas pour quelle raison j’étais venu ici ? C’était pourtant bien simple. La peur aux entrailles, l’ivresse, la jalousie, l’incertitude, le ras-le-bol, la bouteille de whisky vide … Il y avait tellement de possibilités pour justifier mon action.

21-B. Une porte moins accueillante que les autres. Plus sobre. Si je n’avais pas été dans de telles conditions, je pense bien que j’aurais apprécié cet effort qui était plutôt contraire à la façade de l’immeuble.
Je frappe trois coups sur la porte, plus fort que je ne l’aurais voulu.


« Hééééé ! J’viens parler à M’sieur Rechel ! »

La porte s’ouvre. Je ne cherche même pas à savoir qui me l’ouvre, mais j’mets mes mains dans mes poches. Avec ma silhouette grande et voûtée, ma cravate de travers, ma chemise mal rentrée dans mon jean. Un loubard qui a tenté de s’habiller. Ou un type bien mis mais complètement bourré. Faut voir comment ça se voyait de l’extérieur. En tous cas, j’tente de prendre la personne qui me fait face de haut et je beugle :

« Salut p’tite tête. C’toi Sherlock Rechel ? Parait qu’t’es meilleur que moi et qu’c’est pour ça qu’on te refile le meilleur d’mon boulot ! Bullshit ! Foutu arriviste. T’arrives la bouche en cœur et tu m’voles les contrats les plus juteux ? Mais t’sais j’suis sûr qu’t’es pas meilleur ! Oh que non ! C’pas parce que ton nom il en jette que tout de suite … »

Je regarde ma bouteille vide avec envie, puis je rapproche mon visage du sien en grossissant mes yeux pour tenter de l’impressionner. De lui envoyer un message.

« Foi de Cecil, ça se passera pas comme ça. J’sais bien que j’vaux plus qu’on l’dit. Seulement t’marches sur mon territoire là petit. Tu me gênes, tu comprends ? »

Je recule d’un pas. Je pose mes doigts sur ma tempe douloureuse.

« God Save the Queen … J’ai encore trop bu … »
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MessageSujet: Re: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Lun 11 Jan - 14:00
Un début d’année chargé s’annonçait : cette histoire avec le cadavre le préoccupait de plus en plus. Qui était-il ? Pourquoi était-il là ? Si ce n’est pas les Asuras, que veulent les Russes ? Pourquoi la Princesse ? Était-ce prémédité ? Un coup de sang stérile ? Une rançon ? Il avait beau se triturer les méninges, il ne trouvait pas réellement de causes… Sherlock avait sur lui un jogging gris souris et sa robe de chambre pourpre ouverte : il s’en fichait, il faisait bien chaud dans son appartement. Et il n’attendait personne. Ses yeux d’acier ne quittaient pas le miroir au dessus de sa cheminée : enfin, s’il méritait encore ce nom. En effet, plus un mm² était accessible aux reflets tellement les post-its et les photos recouvraient la surface plane. De plus, il pouvait être affalé dans son fauteuil, en face de sa cheminée et continuer à avoir les indications sous les yeux. Son salon était un capharnaüm infernal, des feuilles volantes remplaçaient le plancher, la table était pleine de tasses ou de verres et le cendrier était rempli mais étrangement, les autres pièces étaient indemnes : pas de vaisselles dans l’évier, pas de paperasse dans le bureau, un lit parfaitement fait dans sa chambre. Pourquoi me diriez-vous ? Simplement car il ne vit plus dans ces autres endroits : seul son salon était usité à sa juste valeur.

Trop occupé par les nouveautés, il n’avait pas pris le temps de fêter la nouvelle année comme il se doit. Il ne sortait plus de chez lui et son violon ne voyait plus la couleur du jour… Si seulement y’en avait. Effectivement, ça l’arrange drôlement de rester enfermé entre ces quatre murs en carton : l’Hiver c’est pas pour lui. Le froid, la neige, le brouillard, cette sensation d’être toujours illuminé par le crépuscule… Non merci. Les pétards du Nouvel An n’avaient fait que déranger son esprit déjà en désordre. L’Anglais avait réussi à recroqueviller son long corps filiforme sur l’assise du fauteuil, la tête contre l’accoudoir et dans les mains, son violon qu’il maltraitait au fur et à mesure de ses idées. Pizzicato, bien évidement.

Ses pensées cessèrent dès qu’il entendit des bruits de pas dans l’escalier vétuste qui desservait son étage. Si l’inconnu monte d’un cran, son esprit reprendrait son cours. Mais s’il s’aventure au premier étage… Démarche franche, cadence arythmique mais plus axé sur des longues enjambées, les talons résonnaient contre le lino du sol : statistiquement, un adulte du genre masculin d’une taille moyenne avec des souliers respectables. Un client ? Un nouveau voisin ? Une réclamation ? Un Russe… ? Peut-être que Lulaby attendait une visite… Mais c’est bien à sa propre porte qu’un dératé tambourina avec démence. Toujours lové dans son fauteuil, il fut un instant tenté de faire le mort. Mais l’accent anglais du type l’interpella : un congénère. Que foutait-il là ? Las, il déploya son mètre quatre-vingt, posa son violon sur l’assise du canapé et ouvrit :
    « Que puis-je pour vous ? »

Sans attendre, l’éméché lui lança un regard hautain et se mit à l’engueuler avec ferveur. À l’haleine, son whisky devait être une bien piètre bouteille. Cependant, Sherlock le surpassait d’une demi-douzaine de centimètres et lança un regard désinvolte à la personne qui faisait honte à leur flegme patriotique. Il fronça un sourcil perplexe et son regard froid eut un éclair de malice : de quoi parlait-il… ? Violoniste ou enquêteur… ? Vu sa manière de se tenir, il parierait plus sur la seconde solution. Ça, un détective ? C’est une blague ? C’est sans doute par ce biais qu’il sait ses occupations officieuses… Mais par qui ? Il avait toujours demandé à ne pas être cité pourtant…
    « Les contrats viennent à moi sans que je n’y fasse rien. Je commence à croire que le bouche à oreille commence à faire son effet malgré mon insistance pour qu’il n’en ait pas. »

Son anglais était fluide et son accent trahissait une naissance londonienne. Pourquoi parler en français alors qu’on est en face d’un expatrié ? Autant le faire dans la langue de Shakespeare. Puis il reluqua sans ménagement l’homme qui se présentait à lui :
    « Interrogez-vous plutôt sur votre image et pourquoi vos clients vous sont infidèles… Car c’est votre boulot, n’est-ce pas ? » Dit-il dans un sourire condescendant. « Maintenant, laissez les braves gens travailler. Bonne journée. »

Et le boxeur referma sa porte.

Les paroles en italique veulent dire que c'est prononcé en anglais.

~~~~~~~~~~~~


Pourquoi mon pseudo ne colle pas à mon avatar ? Pourquoi j'écrivais en disant 'Sherlock' et à présent c'est 'Esteban' ?
Simplement car je suis censé être mort pour l'Exilé mais que je ne le suis pas... Mais chuuuuut, c'est un secret entre toi et moi...!
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MessageSujet: Re: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Sam 16 Jan - 5:46
Je reculais d’un pas en hoquetant. La taille de mon interlocuteur aurait pu m’intimider, mais ce n’était pas le cas. Quand on est ivre, on accorde peu d’importances à ce genre de détails. C’est la principale raison pour laquelle on a d’avantage de chances de se faire lyncher quand on a trop forcé sur la bouteille. Ce n’était pas non plus ses paroles pleines de sarcasmes et de supériorité. Non, c’était bien différent. C’était l’accent du bonhomme qui m’avait clairement interpellé. Il parlait anglais, avec un accent qui n’avait rien à envier à n’importe lequel de mes compatriotes. Et c’était bien de l’anglais, pas cet immonde sous-langage qu’ils parlaient en Amérique. J’aurais reconnu cet accent et son style élégant entre milles autres.
Et il fallait bien l’avouer, je n’avais même pas pensé qu’il pourrait être un compatriote. Un second hoquet tenta de troubler ma surprise, mais sans succès. En y repensant j’aurais pu l’anticiper : son nom rendait la chose claire.
Bien malgré moi, entendre ma langue maternelle m’avait radoucit. Surtout que son parlé était impeccable, et plein de la classe que la langue de Shakespeare avait pourtant perdu au fil des années. On était loin de l’anglais moderne, massacré et piètre vestige de celui d’antan.

Tout surpris que j’étais, j’eus tout juste le temps de bloquer la porte du pied alors que mon interlocuteur tentait de la refermer.
Une grimace m’agita le faciès sous le coup. Il n’avait pas tenté de claquer la porte mais le mouvement était vif, et la douleur m’assaillit brièvement. Le truc bien avec le fait d’avoir mal, c’est que ça a tendance à dissiper un peu les effets de la boisson. C’était très bref, mais ça me laissait le temps de me reprendre un peu et de me souvenir de la langue que je parlais autrefois.


« Attendez ! »

Un peu gêné, je tentais de justifier cette entrée scénarisée et un peu trop bruyante :

« Je tenais juste à mettre les choses au clair. Que vous sachiez que je ne vous aime pas, et pourquoi. Histoire de donner plus de poids à ce que j’ai vraiment à vous dire. »

C’était étrange de parler anglais pour moi, vraiment. Le simili américain et le français étaient devenus mon pain quotidien pendant tant d’années que j’avais presque oublié que je savais le parler. C’était un peu comme le vélo, ou la natation, cependant. C’était un apprentissage qui ne s’oubliait pas vraiment. Il était ancré trop profondément dans mes habitudes.
Je ne me rendais pas bien compte, cela dit, vu que je n’avais pas parlé à quelqu’un dans cette langue depuis bien des années, mais mon anglais était très différent de celui qui pouvait se parler par les temps qui couraient. C’était un anglais parlé par la noblesse au XIXe siècle, d’un registre très soutenu, et je le parlais sans anicroches, avec un accent qui allait de pair avec.

Bon, maintenant, comment en arriver au sujet que je souhaitais aborder avec cet homme ? C’était une chose de lui signifier que je ne l’aimais pas. C’en était une autre de lui demander quoi que ce soit après l’avoir fait. Et puis cette histoire de donner plus de poids était un peu bidon. J’avais juste craqué par jalousie, et sous l’emprise de liqueur de Saint-Georges. Il n’y avait carrément pas moyen de trouver une bonne raison à tout ça.
Avec un peu de chance, Sherlock mettrait ça sur le compte du stress et de la boisson et accepterait quand même d’écouter ce que j’avais à lui dire.
Je me lançais, tentant de trouver des mots qui pourraient capter son attention et l’empêcher de me refermer la porte au nez pour la seconde fois.


« J’ai besoin d’aide. J’ignore sous quelle raison je pourrais vous formuler cette demande. Veiller sur nos concitoyens, qui pourrait être un de nos buts communs ? De professionnel à presque professionnel ? Peut-être parce que nous sommes compatriotes ? Ou alors simplement par curiosité ? Si une de ces raisons vous suffit, peu importe laquelle, cela me convient. Toujours est-il que j’ai quelque chose sur les bras dont je ne peux pas m’occuper tout seul. Ca assassine ma fierté de le reconnaitre, je pense vous l’avoir bien montré, cependant … »

Je détournais le regard, en me mordant la lèvre.

« On m’a dit que vous vous en sortiez très bien et que c’était pour ça que vous aviez les contrats auxquels j’aspire. L’affaire dont je vous parle est trop dangereuse pour que je mette mes contacts dessus. Et l’aborder seul serait une erreur, et les conséquences seraient trop lourdes. »

J’avais exposé tout ce que je pouvais exposer dans ce couloir. Il n’y avait plus qu’à espérer que cela fonctionne, maintenant. Mon petit amour propre venait de se faire cracher à la figure, et j’étais entièrement fautif. Enfin, ce n’était pas comme si je n’en avais pas l’habitude. Me mettre dans le pétrin, et m’humilier tout seul, c’étaient les deux compétences que j’avais su développer à leur paroxysme ces dernières années.

En coin, je regardais ce Sherlock en guettant une réaction. J’étais en train de me demander quelque chose que je n’avais pas fait depuis bien des années. Si je retirais mes gants maintenant, quel motif je pourrais bien y voir se dessiner ? Je devais bien avouer que j’étais curieux. Ce n’était pas une question de vouloir une quelconque emprise sur sa personne. Et puis, je détestais ce don que m’avaient donné mes parents. Comme tout ou presque ce qui venait d’eux d’ailleurs.
Non, c’était juste qu’à travers la plus grande peur d’une personne, on peut parfois saisir une brindille de sa vraie personnalité. Quelque chose de significatif. Qui aidait à comprendre qui cette personne était. J’avais très peu employé ce don durant toute ma vie. Mais suffisamment pour savoir où il pouvait mener.

Au fond ce que j’étais en train de faire n’était pas très moral. Je demandais de l’aide à quelqu’un que je n’aimais pas, parce que je ne craignais pas vraiment de le mettre dans le pétrin. Je m’en voulus aussitôt que je le réalisais. J’aurais pu enquêter moi-même et prendre tous les risques. J’aurais même probablement pu mener l’investigation au bout. Ce n’était pas une histoire de compétences : si je le faisais moi-même je risquais simplement de me faire repérer et de tout faire foirer. Faire participer quelqu’un d’autre était une manière de rester discret. De faire preuve d’un peu de doigté. Et de garder une échappatoire peut-être ?
Non, c’était plus simple que ça. J’avais juste peur d’y aller tout seul. Sans doute parce que si un autre membre de ma race regardait le tatouage dessiné pour moi, il y aurait probablement les personnes au bout de cette affaire qui apparaîtraient dessus.
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MessageSujet: Re: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Jeu 21 Jan - 1:14
Un pied dans l’embrasure l’empêcha de fermer entièrement la porte. Heureusement qu’il ne l’avait pas claquée, lui et sa force de boxeur confirmé… Toujours la main sur la poignée, Sherlock le regardait du coin de l’œil et écoutait attentivement malgré son air désinvolte. Le début de la conversation lui donnait envie d’écraser son hallux pour retourner à ses hypothèses mais, au fur et à mesure que sa langue se déliait, la pression sur la porte s’évaporait. Le p’tit gars avait piqué sa curiosité. Tout d’abord, c’était qui le « presque » professionnel ? Lui ou bien ce type saoul..? Bah techniquement, ne promouvant pas ses qualités… Mais peut-on réellement appeler ça un professionnel ? Il en doutait légèrement. D’ailleurs, que ne pouvait-il pas manager par lui-même ? Beaucoup de choses j’imagine… Pensa-t-il dans un excès de suffisance. Mais quand il entendit ‘‘dangereuse’’ un bolus d’adrénaline pulsa dans ses artères. Qu’il est manipulable… et en soupirant, il relâcha la tension qu’il mettait sur sa porte malmenée : proche de la poignée : un trou fait par une balle. À croire que c’est devenu une habitude.
    « Entrez, nous serons plus à l’aise en en discutant autour d’un bon feu de bois. »

Après que son ‘‘confrère’’ passa la porte, il continua en allant vers sa chambre :
    « Veuillez patienter quelques temps, que je me rende présentable. Je ne serai pas long. Je vous demanderai de ne toucher qu’avec vos yeux. Vu que vous êtes du métier, vous êtes soumis au secret professionnel, non ? »

Ne venait-il pas d’insinuer que c’était lui le novice ? Ironie ou vérité, seul lui le savait. Tandis qu’il se changeait, Sherlock réfléchissait : cet accent désuet et ses gants hérités… Comment le savait-il ? Simplement car ces accessoires étaient de bonnes qualités mais usés par le temps et réparés par sentimentalisme… et un bon nombre de fois. Ils sont d’un modèle trop ancien pour que se soit une compagne qu’il les lui offerts ou bien qu’il les ait eu neufs. La vingtaine physiquement… des gants d’un autre temps et cette manière de parler cet anglais pourtant dissout. À croire qu’il y a vécu… Alors qu’il enfilait sa chemise, il fut pris de stupeur… Un Asura. Un oracle des peurs… Chez lui, après cet accrochage avec les Russes… Et cet agresseur qui était lui-même Asura… Venait-il de faire entrer un loup dans la bergerie… ? Coïncidence ? ‘‘You’re an idiot !’’ : et il s’en voulut pour ça. Il va falloir se la jouer fine…

L’Anglais sortit de sa chambre, un costard noir et une chemise blanche sur le dos : un Sexire dans la plus grande classe. Il avait pour coutume de ne jamais rien mettre autour du cou : que se soit une cravate ou un nœud papillon : ‘‘Autant offrir une corde à son ennemi de suite’’. Son col était ouvert, laissant un soupçon de modernité dans son look pourtant classieux. Il débarrassa les assises de ses fauteuils, vida son cendrier et proposa une place au chaud.
    « Me voilà bien embêté… Je ne sais de vous que votre prénom et votre métier. Et vous semblez en savoir plus long sur moi que moi de vous… Comment dois-je vous nommer ?» Puis il fronça les sourcils. « En plus d’être indiscret, j’en oublie tous mes devoirs d’hôtes : Puis-je vous offrir quelque chose à boire ? Et en disant cela, je ne parle pas que d’alcool… »

Encore une pique ? Finalement, il est en forme le bougre !

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MessageSujet: Re: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Jeu 28 Jan - 21:19
Ne connaissant pas trop mon interlocuteur, j’avais tenté de l’intéresser par différents moyens. Le coup de la bonne cause, celui d’un danger pour aiguiser la curiosité, le patriotisme … Je ne savais pas vraiment ce qui avait convaincu, mais en voyant la porte s’ouvrir de nouveau je sus que j’avais visé juste. Je ne relevais pas la pique sur le secret professionnel. Je venais plus ou moins de faire la même chose de toute manière … Et s’était établi que nous n’étions pas faits pour nous entendre. Nos conversations ne se passeraient sans doute pas dans une ambiance romantique, de fait. Même si je ne voyais pas trop le rapport entre ne pas tout tripoter et le fameux secret professionnel qu’il avait évoqué, honnêtement. J’avais beau être curieux et du genre à fouiner, j’avais conscience que je ne trouverais probablement rien dans le salon. En tous cas, il n’y avait rien à trouver dans le mien, je supposais que cette précaution avait dû être prise ici aussi.
J’étais curieusement à l’aise, dans mon élément, chez Sherlock. Le contraste entre le désuet et le moderne me parlait beaucoup. J’avais quand même pas mal trainé ma carcasse au cours des deux derniers siècles et c’était le genre d’endroit où j’avais l’habitude de me terrer. J’avais beau ne pas apprécier ce mec, sa réputation, son attitude, rien n’était fait pour qu’on devienne ami. Mais avec un petit élan patriotique et en voyant où il vivait, c’était bien possible que j’arrive à lui parler en oubliant complètement ça. J’étais vraiment curieux de savoir qui il était, maintenant. Et ce n’était pas qu’une curiosité professionnelle, du coup.

Je hochais rapidement la tête quand il s’éloigna pour ‘se rendre présentable’. Ce n’est pas comme si j’allais le stopper. Parler à un homme en peignoir, c’était loin d’être un de mes loisirs favoris. Je profitais de son absence pour poser discrètement ma bouteille de whisky de l’autre côté de la porte, à l’extérieur. J’avais un peu la flemme de chercher une poubelle ou de demander, il y avait des choses plus importantes à se dire.
De quelques claques bruyantes, je repris mes esprits. Heureusement pour moi, je tenais l’alcool. Être un pratiquant régulier aidait beaucoup. Je me sentais bien, mais j’étais déjà redescendu sur terre, plus ou moins.
Je comprenais ce que les clients lui trouvaient de plus que moi quand je le vis arriver. Il avait de l’allure, hein ? J’avais envie de grogner que l’habit ne faisait pas le moine, mais apparemment, ça suffisait à faire son effet. Je m’étais dit à une époque que les années feraient disparaître ça, mais un siècle après c’était encore plus vrai.
D’un geste flegmatique, huilé par ces fameuses années, je jetais un coup d’œil à la montre à gousset que je gardais dans la poche intérieure de ma veste. Plus par habitude que pour voir l’heure qu’il était, mais ça ne m’empêchait pas de la noter.


Ce qui me surprit réellement, en revanche, c’était le changement dans l’attitude et dans le discours de mon interlocuteur. C’était subtil, en fait. Mais le temps d’enfiler des vêtements, et il venait de me poser une question personnelle. Avant de partir, il semblait me mépriser profondément et n’en avoir strictement rien à faire de moi. C’était tout juste si j’avais réussi à capter son attention. Et maintenant, il voulait en savoir plus ? Quelque chose clochait. Et je doutais sincèrement que ce soit de la simple politesse, ou même que son attitude plus tôt était dû à la mauvaise humeur du réveil ou à la fatigue.
La pique qui suivie me conforta dans cette idée qu’un détail avait changé. C’était plus que de l’intérêt pour mon affaire, il y avait quelque chose en plus.
M’enfin il n’avait pas tout à fait tort pour l’alcool. Je passais une main gênée dans mes cheveux en tentant une justification maladroite :


« Ahaha … Oui, désolé pour ça … On a tous nos démons. L’alcool c’est le mien. »

J’ajoutais, avec un air malicieux :

« Ca fait une chose de plus que vous avez sur moi du coup, non ? En tous cas, si vous avez du thé anglais, je suis preneur. Ca dissipera un peu les effets de l’alcool et ça fait longtemps, trop longtemps même, que je n’ai pas eu l’occasion d’en boire un avec quelqu’un. »

Ce qui était pour le coup totalement vrai.

« Sinon, je n’en sais pas tant que ça sur vous à vrai dire. Moins que vous ne le pensez selon toute vraisemblance. A part votre nom et vos activités, rien en fait. Mais ça ne me dérange pas pour autant de vous en dire un peu plus … Faisons comme ça : je vous propose de refaire les présentations en bonnes et dues formes. »

Je lui tendis une main gantée.

« Cecil Blandine. Vous pouvez m’appeler Cecil, évidemment. Détective depuis mon arrivée sur l’île. J’étais policier à Birmingham, et j’ai passé quelques temps en Floride pour me forger de l’expérience dans le privé. J’aime beaucoup le whisky, mais j’ai bien peur que ce soit un amour à sens unique malheureusement … Et je ne saurais trop quoi vous raconter d’intéressant sur ma personne, ceci mis à part, pour vous dire la vérité. »
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MessageSujet: Re: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Ven 5 Fév - 12:40
Cette montre à gousset… Le geste fut rapide, l’action ordonnée et presque chorégraphiée : un tic de sa part. Grâce à son attitude vive et quelques unes de ses facultés*, Sherlock put déterminer l’âge de la montre ainsi que le sentimentalisme de son propriétaire pour l’objet. Je vous passe les nouveautés moins parlantes… Très souvent, plus l’objet est vieux, plus l’information est criante. Soit ce jeune homme sortait d’un studio d’enregistrement, soit il collectionnait les reliques, soit il s’était trompé de siècle soit, effectivement, il avait ramené son époque à la notre. Ce détail en plus affirma ce que pensait le violoniste du détective : au moins 140 ans de vie.

Le jeune homme demanda du thé anglais et proposa un nouveau départ. Le boxeur le salua avec sa poigne habituelle, solide, forte et assurée (un peu comme lui). Pour répondre à la présentation de l’Asura (il en était convaincu), il répondit avec un sourire en coin :
    « Sherlock Rechel, violoniste. »

Serait-se de la triche de sa part ? Ne pas tout dire ? Est-ce qu’omettre est mentir ? Je ne le crois pas non. Son regard coula sur son invité et cela accentua encore son attitude condescendante. Dans un souffle, le Sexire ajouta.
    « Détrompez-vous Mr Blandine, il y a infiniment plus de choses à apprendre de vous… »

Ainsi les salutations finies, l’hôte partit dans la cuisine faire bouillir de l’eau et prépara le service**. Vu que se sont deux pièces contigües, des paroles pouvaient être échangées sans problème :
    « Les futilités échangées, maintenant dites-moi pourquoi avez-vous poussé le pas de ma porte ? Je ne pense pas que se soit par mal du pays… »

En faisant une fouille archéologique, il trouva quelques biscuits et le temps que la bouilloire siffle, notre Anglais se posa sur un des fauteuils. Ses yeux d’acier scrutaient son miroir plein d’informations sur l’enquête qu’il avait en cours : il attendait des infos de la Princesse et le temps passait … Pourquoi diable ne rappelait-elle pas ?! Ce contrat était-il bancal ? Ne voulait-elle que son corps le temps d’une nuit et lui avait menti pour l’attirer..? La gent féminine est parfois prête à des extrêmes inimaginables… Ou peut-être le fait-elle mijoter en espérant le voir rappliquer à son manoir..? Son visage se referma encore plus et ses yeux s’assombrirent. Need of data…

Spoiler:
 

~~~~~~~~~~~~


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MessageSujet: Re: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Mar 16 Fév - 11:31
Je ne m’attendais pas à une telle tournure des évènements. Quand j’étais venu, je ne m’attendais pas à grand-chose cela dit. J’avais bien une vague requête à transmettre, mais j’étais juste ivre et un peu effrayé. L’action en elle-même ne trouvait son sens que dans l’illogisme le plus total.
Fichu instinct.

Parlons-en de cet instinct.
Je fis jouer à nouveau la montre à gousset entre mes mains. C’était un réflexe nerveux, cette fois. Rien de plus, rien de moins.
J’ai toujours fait confiance à mon instinct, et pour une bonne raison : il ne m’a jamais trahi. Certes, bien des fois, il a essayé de me tuer. En m’amenant pile à l’endroit où je risquerais le plus ma vie. Tellement de fois que j’avais arrêté de les compter en réalité. Mais en m’y emmenant, ce n’était pas comme s’il ne me prévenait pas. C’était plutôt comme s’il me susurrait : tu veux courir là où est le danger ? Soit, c’est par là. Crèves la bouche ouverte, j’en ai rien à foutre. Je te dis juste où c’est.
Et sur le plan de la pure information, excluant toute les arrière-pensées et toutes les conséquences, il ne m’avait jamais trompé.
Si c’était encore lui qui m’avait mené ici, il devait y avoir quelque chose à y faire. Il y a toujours quelque chose à trouver là où il m’amène. Toujours. Cette loi n’a jamais souffert aucune exception, et c’est pour ça que je ne me suis plus fié à ma logique depuis que je l’ai compris.

C’était lui aussi qui me criait de demander de l’aide à cet homme précisément. Alors que c’était la pire idée au monde. Il était anglais. Ce simple constat en faisait un potentiel allié de la famille Blandine. Un suspect. C'était pourtant une liaison si simple à faire. Le truc, c’était que les signaux alarmant de ma logique, j’en tenais rarement compte. Pas dans ce genre de réflexion en tous cas.

Enfin ce n’était pas parce que mon instinct l’emportait sur mon cerveau que je ne pouvais pas l’utiliser non plus. Ni lui, ni mon sens de l’observation. Et l’attitude de Sherlock me faisait réfléchir. Il avait comme deux attitudes différentes qui opéraient en même temps, en fait. L’une me méprisait totalement, il ne fallait pas être sorcier ou avoir des sens supranormaux pour le comprendre. Il me considérait comme un moins que rien, ou quelque chose d’approchant. Cette partie-là de son attitude ne m’aurait d’ailleurs jamais laissé entrer dans sa demeure. Il m’aurait juste snobé et prié de me démerder.
L’autre était plus curieuse, plus aventureuse. Mais pas seulement. Les phrases qu’ils prononçaient, entre deux politesses, suggéraient également une certaine méfiance. Comme il avait été récemment prit dans des affaires troubles, ça pouvait paraître logique. Mais il me considérait comme inférieur, inutile, non ? Alors pourquoi devant quelqu’un comme moi, semblait-il aussi méfiant ? Aussi énigmatique ? Ca aurait pu être un simple trait de caractère mais cette conclusion ne me convenait tout simplement pas. Il l’aurait été depuis le début. Et ce changement me taraudait de plus en plus. Qu’est-ce qui l’avait fait changer d’attitude ? Qu’avais-je dit ou fait pour qu’il me voit différemment ?

Il me tira de mes songeries depuis la pièce voisine. Je tiquais. Définitivement, c’était impossible d’obtenir la confiance d’un type comme lui. Soit, je n’en avais pas forcément besoin. Mais je n’étais pas un authentique détective comme ils sont décrits dans les romans de toute manière. J’avais ma façon de faire et elle consistait bien souvent à jouer cartes sur table et à tenter de recoller les bouts que j’obtenais en opérant de cette manière. Une façon de faire chaotique, irrationnelle, sans doigté ni prudence, et qui n’aurait jamais pu être efficace sans mon don et ma chance insolente.
Continuons ainsi. De toute manière, quand on a plus à gagner qu’à perdre …


Je me tournais légèrement pour mettre mes yeux pile poil en face des siens. C’était symbolique. Je voulais lui parler face à face pas à travers des cloisons. Les détours n’étaient pas pour moi.

« Je ne suis pas aussi mystérieux que vous semblez le pensez, Mister Rechel. J’aurais bien voulu, je ne vous le cache pas, avoir des milliers de secrets à protéger et être quelqu’un de dangereux et de subtil, mais ce n’est pas le cas. Je n’ai pas le mal du pays, mais je ne vous apprends rien : je vous ai déjà donné le motif de ma visite. Les deux motifs même. »

Deux, oui. Comme je l’avais évoqué, l’alcool était le premier. Sans avoir bu je ne me serais jamais trainé ici, ça ne faisait aucun doute. Et le second …

« Je suis venu voir un confrère. Peu m’importe le niveau de professionnalisme ou la rivalité, à vrai dire. Je suis jaloux, je pense être qualifié, mais je m’en fiche au fond. Mon job n’est pas seulement d’enquêter mais de protéger, aussi. La police ne peut pas tout faire, cet enseignement m’a coûté cher à une époque. Quelqu’un doit mettre la main à la pâte, et j’essaie, à ma façon. Je suis venu pour voir s’il y avait quelqu’un ici qui accepterait de m’aider sur une enquête en particulier. Un truc personnel. »

Il avait l’air de vouloir en savoir plus sur moi, lâcher l’information sur le fait que c’était une enquête personnelle titillerait peut-être son intérêt ? Jouer carte sur tables ne voulait pas dire faire les choses de façon stupide après tout. Pas tout à fait. Oui, bon, presque.

« Je ne sais pas si ce n’est qu’une intuition ou une divagation mais il y a peut-être une personne en ville. Une personne dangereuse, avec de gros moyens derrière elle. Elle travaille pour des gens pas commodes, avec des objectifs qui le sont encore moins et des méthodes qui n’ont que la discrétion comme limite. L’ennui c’est qu’ils me connaissent déjà. Si j’essaie de me renseigner sur la présence ou non de cette personne dans cette ville, je serais repéré et je dirais adieu au peu de discrétion dont je suis capable. Il me faut quelqu’un de compétent et qui sait y faire avec le danger. »

Les discours sur le fait de faire le bien ne semblaient pas avoir d’emprise sur cet homme. Les compliments, la curiosité, l’attrait du danger, avaient eu plus de succès pour le moment … Je tentais une sorte de mélange du tout pour voir un peu de quelle manière il allait réagir. Je n’avais pas de vrai levier sur lui de toute manière. Je débarquais à l’improviste en l’insultant et complètement ivre. Le miracle était qu’il m’ait ouvert la porte. Maintenant, je devais faire profil bas et faire comme si je me considérais comme inférieur. Parce que c’était la seule manière de demander de l’aide après ces évènements précis.
Qu’importait la fierté, de toute façon. Il y avait d’autres priorités.
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MessageSujet: Re: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Jeu 18 Fév - 14:19
Plus le détective parlait, plus le violoniste s’impatientait. Il tournait autour du pot sans jamais rien dire d’intéressant… D’ailleurs, celui-ci démontrait parfaitement son ressentit en pianotant sur l’accoudoir de son fauteuil. Bon, son égo était flatté par le verbe de cet ersatz mais cela ne l’empêcha d’être on ne peut plus hautain. Il mit ses coudes sur ses genoux se rapprochant ainsi de son interlocuteur, intriqua ses doigts entre eux, vrilla son regard d’acier dans celui verdoyant de son partenaire et dit dans un murmure, presque menaçant :
    « De riches personnes menaçantes et discrète avec des méthodes peu recommandables, je peux vous en énumérer 54 pour toute l’île… Alors cessez de faire du suspens et dites moi des choses intéressantes… ! »

Ce fut à ce moment là que la bouilloire siffla. Le Sexire soupira, extériorisant la frustration qu’il accumulait et se leva pour récupérer le plateau ainsi que la théière pleine. Il lança un regard froid au miroir qui ne reflétait même plus son image, maudissant cette femme qui jouait avec ses nerfs, elle aussi. Dans la cuisine, il fit jouer sa nuque pour se détendre. Il devrait songer à dormir ces prochains jours… Ça lui rendrait service…

Alors qu’il revenait à son invité, le téléphone dans sa poche sonna : musique qui en disait long sur la marque du Smartphone. Délicatement, il posa le service et regarda le numéro. Ses yeux se mirent à pétiller et son attitude taciturne laissa place à son caractère dynamique et curieux. Malicieusement, il fit à l’adresse de Mr Blandine :
    « Permettez… »

Et d’un geste fluide, le trentenaire répondit dans son français presque parfait :
    « Princess, quel plaisir de vous entendre. Dites-moi que vous avez du nouveau… »

Un moment passa, sans réponse. S’était-il trompé dans la lecture du numéro ? Impossible. C’est alors que sa voix retentit, déformée par les enceintes du téléphone.
    « - Le bonjour, mon ami. En effet, j'ai quelques nouvelles, quoi que maigres, malheureusement...
    - Vous avez toute mon attention.
    - Concernant les bottes, premièrement... Il y a là de nombreux dépôts argilières, typiques du quartier du port ou d'une région mitoyenne d'un fleuve. Peut-être courrait-il le long de l'un de ces lieux. Quelques écailles de poissons aussi ont été retrouvé... peut-être l'un des marchés couverts où les poissons sont vendus frais ? »

Elle prit un temps pour laisser les premières informations tomber. Le quartier Asura sans le moindre doute... Mais il ne l'annonça pas à haute voix, pouvant être entendu par un de ses représentants. Puis elle continua...
    « - Concernant les habits, ils sont de bonne facture sans être griffés. D'expérience, les bandes de la Братва, la Bratsva, aiment montrer leur réussite en arborant des habits griffés... Armani, et autre...
    - Continuez…
    - Et pour ce qui est des restes de ses repas... à part qu'il n'a mangé qu'exactement ce que j'ai moi-même commandé... Et que son estomac et son sang n'ont pas de traces importantes d'alcool ou de médicament voire de drogues, nous avons appris peu de choses de son alimentation. A part une propension au mimétisme...
    - Mais encore ?
    - Une dernière information, mais nous nous en doutions... Les documents d'identité n'ont pas été fait par le Fraudeur... Sa patte n'y est pas.
    - Ce n'est pas une nouveauté... Encore quelque chose ?
    - Pour le reste, vous le savez. Que ce soit ses blessures, son argent, et tout ça, je n'ai pas de nouvelles pistes, si ce n'est que vos assertions ont été confirmées par voie médicale. Il était vieux, et a en effet vu bien des guerres.
    - ... »

Lui qui s'attendait à avoir des informations importantes et détaillées... Sa frustration monta d'un cran et sa colère transparaissait dans ses mots pourtant retenus :
    « Et les manches ? Le revers de son costume ? Ses genoux ? Les effectifs plus personnels ? Il y a forcément plus d'indications ! »

À ce moment là, le violoniste se maudit d'être parti aussi vite... S'il l'avait fait lui-même, il y aurait tellement plus de piste. D’un regard furtif à son horloge mural, il nota l’heure et la date. Trop tard pour la plupart des infos... Surtout si cet incapable a mis ses doigts partout... Un bruit de papier que l'on tourne à la recherche d'informations se fit entendre, comme si elle lisait des notes ou un rapport...
    « Pour les manches... rien de noté. Le revers... non plus. Et je ne vois pas ce que vous n’entendez pas effectifs personnels... »

Puis même à travers le combiné, Sherlock put entendre la Capienne sourire... Et c'est d'une voix mielleuse qu'elle ajouta doucement...
    « Si vous ne partîtes si tôt, vous eussiez pu assister le Doc'... Après tout, sa spécialité est de faire parler les corps... Anté mortem, non pas post mortem... »

Le boxeur fit pâlir ses phalanges de colère mais contrôla ses paroles :
    « Faites moi plaisir, virez cet incompétent. Vous le payez trop pour ses faibles capacités. »

Et il raccrocha. Quelques secondes passèrent alors que son regard se perdait sur son téléphone. Un rictus amer teinta son visage tandis qu’il rangeait son Smartphone dans sa poche interne. Son exaspération était visible mais de manière subtile. Son attention se perdit encore quelques instants sur ce miroir avant qu’elle ne glisse sur l’homme qui attendait. Une main lasse passa dans ses cheveux et il s’assit pour servir le thé. Une fois les deux tasses remplies, il porta le breuvage brulant à ses lèvres : encore une habitude qu’il avait piqué des Esertaris.
    « Résumez moi les faits Mr Blandine. Et soyez bref. »

On sentait qu’il était encore courroucé… Et mon petit doigt me dit que ça ne va pas aller en s’arrangeant… !

HRp : Pardon pour la différence minime de dialogue... Je sais que ça fait mal aux yeux et au cerveau... Mais je ne peux faire différemment ! En espérant que ça te plaise~♥ (Merci Gwihir pour cette belle intervention)

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MessageSujet: Re: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Sam 20 Fév - 11:27
Paraître incompétent et totalement irresponsable, et l’être un peu sur les bords, présentait quelques avantages malgré ce qu’on pourrait croire. Etant donné les malus que ça entrainait, c’était un peu la moindre des choses vous me direz … Mais le fait que personne ne se méfie de soi est vraiment un atout, de mon point de vue. J’étais venu voir s’il y avait de quoi avoir un coup de main, rue des luthiers, et j’étais en train de me laisser entrainer dans un jeu étrange.

J’aimais les mystères, et Sherlock Rechel en cachait beaucoup de toute évidence. Ce qui excitait le plus ma curiosité cela dit, c’était d’en connaitre la nature. Même pas l’exactitude. Mais à quel type de personne j’avais à faire ? Ce n’était pas la première fois que je rencontrais quelqu’un qui avait choisi une voie qui ressemblait à la mienne. Ce n’était pas non plus la première fois qu’un de ces collègues me prenait de haut et semblait croire que ce qu’il faisait était de meilleure qualité que ce que je pouvais faire, moi.
Et sur quoi reposait l’attitude de cet homme ? Là était le nerf de mon interrogation. Jusqu’où était-il prêt à aller pour résoudre un mystère ? Pour qui ? Dans quels buts ? Résoudre pour résoudre, ou était-il guidé par quelque chose de supérieur ? D’avantage que ce sur quoi il travaillait, ce qui m’intéressait c’était son investigation. Ses limites. Sa façon de faire.
La raison pour laquelle, malgré les collègues qui m’avaient parfois suggérés d’autres approches, je n’en avais pas changé, c’était qu’à chaque fois que je creusais de ce côté-là … Eh bien, c’était généralement peu reluisant. Parfois proprement inhumain. D’autres fois un peu trop humain.

Mes yeux s’étrécirent très légèrement. Je comprenais, au fur et à mesure que je me demandais ce que je foutais là, où je voulais moi-même en venir. Tout commençait à s’emboiter et me paraissait plus clair désormais. Ici il y avait une aide potentielle, mais pas seulement. Si celui-là était le bon ? Une autre méthode, mais qui fonctionnerait mieux que la mienne dans les limites que je m’imposais. J’étais preneur, en toute humilité. Et dans le pire des cas, j’aurais peut-être simplement de quoi trouver quelque chose qui me permettrait de faire une pub négative à ce type auprès de mes indics. Pas besoin de preuves, des rumeurs qui se vérifient suffisent parfois.
Histoire qu’on se tourne vers moi la prochaine fois, si ce type n’était pas net.
Et s’il l’était ? Ca nécessiterait peut-être une putain de remise en question. Ou alors pas mal de soirées à picoler. Donc finalement, ça ne bousculerait pas mon quotidien. Peut-être juste mon avis sur la personne qui me faisait face.

Alors que je m’apprêtais, comme il le suggérait, à en venir aux faits, Sherlock prit un appel. Tâchant de faire comme si je n’y entendais rien, je m’occupais de servir le thé, histoire de m’occuper quelque peu. De toute manière, même si son discours laissait clairement transparaitre qu’il parlait à quelqu’un d’une affaire délicate, il semblait au moins faire attention à ce que rien dans ses paroles ne me donne la moindre explication. Le moindre indice. J’aurais pu faire quelques vagues conclusions, mais ça revenait à faire des hypothèses inutiles. Comme je l’avais pensé un peu plus tôt, les détails de ses affaires ne m’intéressaient pas. Sa manière d’opérer d’avantage. Et pour ça, il me fallait entrer dans le champ de ses connaissances. Doucement. Prudemment. La patience, celle de laisser le temps couler sans brusquer le cours des évènements. La seule chose que mon statut d’Asura m’avait jamais apporté de bien, c’était ça, après tout.

Il raccrocha. Il semblait tendu. Peut-être énervé, plutôt ? En tous cas, il était préoccupé par autre chose. Je réalisais seulement à quel point ma venue était contraignante pour lui, maintenant. D’où la nécessité d’attiser sa curiosité. La situation me paraissait d’un coup plus facile à percevoir. Ou peut-être simplement que les effets de l’alcool, qui diminuaient de plus en plus au fil des minutes, m’avaient empêchés de trier les choses correctement dans mon esprit jusque-là ?


« Bref. Très bien, faisons comme ça. Tenez, regardez ce symbole. »

Je sortais ma montre à gousset et la posais sur la table, côté verso. La manipulation laissant apparaître le symbole qui était à l’arrière.


« C’est l’armoirie d’une vieille famille anglaise, la famille Blandine. Je ne sais pas si vous l’avez déjà vu ou si vous la connaissez … En tous cas leurs façons de faire ne sont pas très propres, alors ça fait un moment que je m’en suis éloigné. Mais j’ai cru reconnaitre l’un de leurs hommes de main en ville récemment. Je cherche simplement à savoir si cet homme est vraiment ici. Afin de pouvoir me préparer, quoi qu’ils veuillent faire. »

Je posais une photo à côté de la montre. Un homme qui devait avoir la quarantaine, depuis maintenant un siècle d’ailleurs. Bref, mon cousin capien.
Le grain de la photo était tout bonnement dégueulasse. Elle avait été prise il y a très longtemps dans un commissariat à Birmingham. Une arrestation pour un délit mineur, mais ils avaient pris une photo pour le dossier. Je l’avais prise avant de partir pour les Amériques.
Elle était en sépia. Pas étonnant quand on savait qu’à l’époque, on en était aux débuts de la photographie …


« J’ai rien de plus récent malheureusement. Je l’ai prise en Angleterre quand j’étais encore policier et je l’ai peut-être un peu maltraitée lors de mes voyages … Enfin bon. Elle reste plutôt fidèle et on voit le visage. »

J’écartais les bras pour lui signifier que j’avais fini.

« J’aimerais savoir s’il est ou non sur cette île. Je ne sais pas si vous souhaiteriez être payé avec de l’argent … ou si vous me croirez en disant que c’est à charge de revanche, et que je pourrais peut-être vous venir en aide à mon tour un de ces jours. »
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MessageSujet: Re: T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu} Dim 21 Fév - 16:49
D’un revers de main, Sherlock scella les nouvelles informations sur les Russes et ne s’en soucia plus. Il devait se concentrer sur la nouvelle énigme qu’on lui présentait. Quand le jeune homme sortit la montre, le voile de frustration se leva pour une lueur curieuse qui éclairait ses pupilles ainsi que ses gestes. Avec une infinie délicatesse, il prit l’objet en main tout en écoutant les dires. Cet objet était en argent, aucun doute, et d’une richesse élégante en détail. Chère, elle a été réparée un nombre incalculable de fois malgré la marque pourtant unique à l’arrière : les horlogers ont assez de respect pour ces bijoux pour ne pas imposer de nouvelles balafres à chaque engrenage qui se grippe. Cependant le métal, ainsi frappé, s’oxyde et se polit au fur et à mesure du temps et il put déterminer que la dernière réparation datait d’il y a au moins trois ans. En y étant attentif, il réussit à compter cinq ouvertures d’anciennetés différentes. Les motifs étaient effacés par endroit alors que ce métal n’est pas beaucoup sujet à érosion : très utilisée et ce, depuis longtemps. Mais de nouvelles rayures ressortaient des caresses du temps : signe qu’elle eut une attention à double vitesse. La chaîne à présent : restons dans l’extérieur. Certains maillons ont été ressoudés de manière subtile, d’autres brutalement et de façon voyante : l’ancien propriétaire dépensait sans compter mais le nouveau, ayant sans doute moins de biens, se contentait de soins moins poussés. Cela en disait long sur sa situation financière malgré l’attachement à l’objet. Lustrée il y a peu, il y avait peu de gros indices mais cela a été fait négligemment : des résidus comblaient les ciselures les plus fines : sueur, peaux et fibres…

Après les premières secondes d’observation, le violoniste reporta son attention sur son client. Car oui, il venait lui proposer une enquête. Il examina alors de plus près le blason ainsi frappé sur la montre : effectivement, il connaissait ce signe : famille de marchands fluviaux mais aussi... Cela remontait… vraiment.
    « Blandine… Oui, j’ai quelques notions sur cette… ‘‘famille’’. Mon grand-père ne cessait de les critiquer ouvertement. »

Puis le gentleman ouvrit la montre pour voir ce qui se cachait à l’intérieur. Dans le couvercle, il y avait la signature de l’horloger créateur. Le nom de celui-ci ne lui disait rien mais la date fut très parlante : 1852. Certes, très effacée par le temps, mais les hiéroglyphes n’ont aucun secret pour notre ex-médecin : en produisant lui-même. Dans les pivots du cache, des poussières et des cendres trainaient : fumeur. Et son éthylisme se lisait sur le mécanisme pour remonter l’objet. Mais pas de marque de préteur à gage, pas de nouvelles griffes, pas de photos… Juste la trotteuse qui lui rappelait que quelques secondes s’étaient écoulées et qu’il n’avait pas tellement de temps à disposition. Pourquoi gardait-il cet objet qui lui rappelait un passé douloureux ainsi qu’une famille dont il n’est plus attaché ? Peut-être une motivation pour démonter ce réseau… ou une balise pour lui rappeler d’où il vient et ce qu’il aurait pu devenir s’il n’avait pas décidé de s’en défaire. Un sourire tendre mais discret échappa à notre Sexire : comme quoi, tout le monde porte des valises et qu’importe que l’histoire soit personnelle : nous avons tous les mêmes réactions. Si lui peut lire le passé houleux de cet homme en ce bijou, un autre pourrait lire ses déboires dans son écharpe. Chacun ses démons.

Quand son compatriote déposa la photo, yeux-de-glace la troqua contre la montre. Le discours de l’Asura le refroidit. Mais comment osait-il.. ?!
    « Une photo de son grand-père ne m’aidera pas à le retrouver, Mr Blandine… Il me faudrait une photo récente… et de lui de préférence. » Dit-il, faussement moqueur.

Soit cet individu est complètement inconscient, soit il a comprit que son partenaire était aussi un Mythe. Ou simplement de la négligence… Car comment présenter une photo de cette ancienneté en disant qu’elle est véridique pour une enquête actuelle ? En observant, on voyait bien que ce sépia était d’origine et non pas une entourloupe des technologies du XXI°s…
    « Avant de discuter de payement, je nécessite des éclaircissements… Car je crains que vous ne m’ayez malheureusement pas tout dit. Je veux savoir avec certitude les risques et les enjeux, aussi bien pour vous, que pour moi. »

Car si, par inadvertance, cette photo était bien l’homme qu’il devra rechercher, se sera une bataille… et peu d’humanoïdes atteignent cet âge de manière constante. Je vais être plus clair : soit c’est un Capien, soit un Védin. Voyons si ce détective assurera son erreur ou bien si l’ancien boxeur arrivera à lui tirer les vers du nez et lui faire vivre quelques frayeurs… Car un ‘‘Humain’’ qui pousse en cette direction, y’a de quoi avoir des sueurs froides.

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T'es sur mon chemin gamin ! [Feat Sherlock]{Interrompu}

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