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Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé}

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Quartier d'habitation :: Humain.
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MessageSujet: Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé} Sam 21 Mai - 14:08
Quel jour sommes nous ? Quelle heure ? Depuis combien de temps est-il là, à pourrir dans le noir ? S’il avait à dire un chiffre, ce serait cinq jours. Cependant, cela est bien moindre. Deux, tout au plus. Dans cette pénombre, impossible de lire dans le temps, toujours à faire la même chose, à n’avoir aucun repère, dormir et attendre… souffrir et se digérer. Lui qui détestait perdre son temps, cherchant toujours à le rentabiliser à la seconde près, le voilà bien puni. Il aurait tant de choses à faire dehors… Il maudissait cette organisation mafieuse et cette Mac. Mais c’est bien lui qui avait accepté les termes et qui n’avait pas réfléchi son coup ou en tout cas, pas avec assez de recul. Donc finalement, Sherlock tentait de ravaler sa fierté et d’accepter sa culpabilité… Ça le rendait d’autant plus fou. Le violoniste avait beau regarder sous toutes les coutures ces derniers évènements, il ne pouvait se débiner. Certes, certains détails ne sont pas de sa responsabilité… Mais cela n’arrangeait pas son humeur.

Malgré son aspect désinvolte, il est très critique envers les autres mais avant tout, envers lui-même, n’acceptant que peu ses propres erreurs, se fustigeant encore des années après pour sa stupidité. Car oui, il est stupide, bête à manger du foin… Il aurait dû le voir, il aurait dû s’en sortir, il aurait dû… Toutes les failles brillaient devant ses yeux et seul le regret de ne pas les avoir vus avant lui perçait le cœur à coup de fil barbelé. Si cœur il avait encore. … et si finalement, il méritait de mourir comme un bagnard.. ? Comme ces gens qu’il chassait avec tant de délectation dans son canapé de velours… ? Comme ces malfrats, ces renégats, ces criminels..?

No.

Il est certainement un salopard, un connard, un imposteur mais PAS un criminel. Le boxeur était peut-être violent dans ses coups de sang mais n’avait jamais tué personne… pas même ces 18 personnes qu’on lui impute. Durant sa longue vie, les seuls morts qu’on pouvait lui reprocher seraient les patients qu’il n’avait pu prendre en charge, ou ceux qui n’avaient rien d’autres à gagner qu’un repos éternel… Et si quelqu’un ose lui dire le contraire, il démontera ses arguments pièces par pièces… Surtout si c’est Maxe. Ce n’en serait que plus délicieux…

En parlant de ça, le temps n’arrangeait ni ses plaies mentales et que très peu ses plaies physiques. La faim le rongeait… Lui qui est un amoureux de la gastronomie. Heureusement que l’endroit était humide et qu’en léchant les rocs, ils pouvaient s’abreuver de manière suffisante. Pas très hygiénique mais quand on veut, on peut. Ou bien, on se laisse mourir, ce qui n’était absolument pas le but de notre protagoniste. Les mauvaises herbes résistent à tout, au plus grand damne des nobles et surtout de leur sous-fifres.

Vivre… Il devait vivre… Pour elle. Il devait sortir de cet endroit, qu’importe le prix.

Allongé sur le ventre, le visage de sa douce lui revint en mémoire. Tous ses traits, dans le moindre détail, de la douceur de sa peau aux petites imperfections qui la rendait unique. Son cœur battit avec plus de force. Non. Il sortira d’ici. Des gens ont des dettes envers lui, doivent savoir où il est, s’intéressent à sa santé. Ces gens là, il les avait convaincus, ils savaient que sa mort n’arrangerait personne, voire plongerait certains dans le plus profond des déshonneurs. Il avait confiance en ses sources, confiance encore en lui malgré tout.

Il sortira.

~~~~~~~~~~~~


Pourquoi mon pseudo ne colle pas à mon avatar ? Pourquoi j'écrivais en disant 'Sherlock' et à présent c'est 'Esteban' ?
Simplement car je suis censé être mort pour l'Exilé mais que je ne le suis pas... Mais chuuuuut, c'est un secret entre toi et moi...!
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MessageSujet: Re: Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé} Mer 25 Mai - 23:41
Le noir, toujours et encore. Avoir les yeux ouverts ou fermés, cela revenait au même : on pouvait se croire aveugle tant le regard n’y trouvait d’accroches. Sans leur vue, les humanoïdes sont perdus… car leur cerveau est organisé autour de ce sens. Grâce à sa plasticité naturelle, il renforce les autres sens suite à la perte de la vision. Ainsi, un aveugle aura plus de tact, une capacité d’imagination supérieure, une oreille bien plus affutée... En extrapolant cela, cette noirceur ne rimait en rien avec le silence, chaque bruit étant amplifié par une cervelle avide de stimulation…

La fuite d’eau dans une cellule vers la droite, la marche militaire une araignée sur la rocaille, le grattage d’un bagnard, les pas qui dépassent les étages, l’écho des voix dans les couloirs et parfois, des sons insoupçonnés dont la signification reste à découvrir. Comme celui qui vient de se produire à l’instant… Un bruit pourtant simple, que tout le monde a déjà entendu mais jamais avec cette force, jamais dans ce silence…

SGROUIIIIIIIK


Sherlock était couché là, sur le ventre, sur cette paille humide et prurigineuse (qui gratte)… Avait-il bougé depuis la dernière fois ? Je ne crois pas… Combien de temps s’était-il écoulé entre maintenant et la dernière fois ? Un jour ? Une semaine ? … une heure ? Il n’en savait rien et pour l’instant n’en avait cure. Il avait faim… terriblement faim. Un mal qui le transperçait de part en part, laissant un vide immense en lui. Il pourrait décrire avec minutie chaque mouvement de son estomac. Cet homme se sentait si fatigué, si faible, si… Le moindre mouvement lui faisait comprendre qu’un équilibre précaire s’était créé dans son corps : juste de quoi pour le maintenir éveillé sans pour autant fléchir… Il n’est plus que l’ombre du boxeur qu’il était… ses muscles allaient être dévorés par son propre corps pour survivre quelques minutes de plus…

SGROUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIICK

    « - Oh l’nouveau ! Fais le taire !
    - Hé toi, tais-toi ! Tu en faisais encore plus avant !
    - Qu’est tu m’veux connasse ? Ta gueule !
    - Ferme-la vieux chien… »

Silence…
    « Hé l’nouveau… Pourquoi t’es là ? »

L’ex-violoniste hésita à juste ignorer… Pourquoi perdre son énergie pour ça ?
    « - C’est p’t-être pas lui… Il est p’t-être d’jà mort…
    - Ils sont de moins en moins résistant les nouveaux… Est-ce que cette garce... Tous les prisonniers crachèrent par terre au nom de leur bourreau... a renforcé ses moyens ? T’as vu qu’elle lui a causé ?
    - Serait-ce un toutou qui a mordu son maître ? Même les siens elle les respecte pas…
    - Je suis là pour les mêmes raisons que vous…
    - Oh ! Une nouvelle voix ! C’est l’nouveau ! Un mâle ! Bon dieu, un mâle ! Écoutez-moi ce beau baryton ! J’en tremble d’excitation ! Il est en vie ?! J’aurais pas parié un kopeck !
    - SILENCE ! Laissez le causer bande de tarés ! Mon cher ami, sache que ça m’étonnerais que tu sois là pour les mêmes motifs que nous… Sachant qu’entre nous, nous avons des histoires tellement différentes. Pas vrai les autres ?
    - Ouais ! Oui ! Carrément ! Yep ! Huhum !
    - Alors ? Raconte nous, divertis-nous pendant nos dernières minutes.
    - Je crains que mon histoire soit bien trop banale…
    - Un timide ! Allez ! Un relou ! T’es chiant ! Qu’il a une belle voix…
    - Vos gueules ! Tous râlèrent en chœur. Sache mon garçon que nous serons les dernières personnes que tu côtoieras. Ton histoire ira dans nos tombes. À qui d’autres pouvons nous le dire ? Certainement pas à cette chienne de Maxe. Tous crachèrent de dépit.
    - Connasse ! Salope ! Va en enfer ! ‘Spèce d’Asura de mes deux… !
    - Un peu de respect pour les Asuras connard !
    - J’leur pisse à la raie !
    - SILENCE !
    - Il doit être tout timide le petit chéri… Vous lui faites peur bande de sauvages ! Laisse-moi commencer pour te donner envie. J’avais une compagne humaine, nous nous aimions d’une passion que même les Sexires ne peuvent imaginer. Tous les soirs, on se retrouvait pour baiser comme des…
    - Oh ! Y’en a qui sont en manque ! Abrège salope !
    - … Comme je disais, nous nous aimions. L’Exilé nous a retrouvées, m’a menacée si je ne cessais de la voir. C’est alors que je lui ai tout dit, elle était d’accord, s’en fichait de ma différence. Nous étions sur le point de partir de l’île que ces chiens... Tous crachèrent en maudissant l'Exilé. ...nous ont attrapées. Je suis accusée de trahison au secret perpétuel. Je ne sais même pas ce qu’ils ont fait de ma bien aimée… Je pense la retrouver bien vite lors de ma mort.
    - Courage Amour Triste… T’es pas la seule.. ! Ils doivent payer !
    - Moi, je n’avais rien en venant sur cette île et je m’y connaissais absolument pas en Mythe. Quand un Védin a volé à mon étalage, mon pouvoir s’est déclenché bien malgré moi et la foudre s’abattit sur la place faisant 5 morts et 26 blessés… Me voilà. Je ne savais pas, et je ne sais toujours pas. On m’appelle Tonnerre Perdu.
    - Vous êtes tous des cafards ! Moi, j’contaminais tous ces déchets d’Humains, les rendant Moranys. Dans leur sommeil, crachant dans les verres, j’allais jusqu’à les fourrer pour les voir soit mourir, soit se transformer et être sous mes ordres. Hommes ou femmes, tous y passait… J’ai une quarantaine de vies sous mon commandement. Ils vont me sortir de là bande de croulants puants ! Et j’vous planterai là, comme les crevards que vous êtes !
    - Morany piegon… Punition Céleste… Cette fois-ci, ils pouffèrent tous de rire.
    - Bande de c…
    - Silence l’parasite ! T’es l’seul qui mérite son sort ! Laisse les braves gens discuter, va roucouler en bouffant ta merde !
    - Mes enfants, calmez-vous…
    - Mais si vous êtes un de ces volatiles… Pourquoi ne pouvez-vous pas passer entre les barreaux.. ? »

Tous éclatèrent de rire. Le Sexire se sentit perdu à cause de cette réaction générale… Tseuh… pourquoi perdrait-il plus de l’énergie pour eux.. ?
    « - Écoute petit, j’vais t’apprendre certainement la dernière chose que ton p’tit cerveau mou va engranger. C’est vrai qu’on t’a pas entendu tirer sur les barreaux, tenter de te sortir de là par ton pouvoir ou par ta force…
    - T’as vu dans quel état il était ?! Normal qu’il tente pas !
    - J’disais donc, si tu avais essayé, tu verrais qu’aucune magie ne passe entre ces putains de barreaux et que cette vulgaire caillasse est incassable malgré la force de bucherons d’certains. Un projectile est stoppé net, même entre les barreaux… Ça supprime tout, on est juste des fientes larguées là. Ceux qui ont tenté de se téléporter se sont pris cette foutue porte en pleine tronche. Les Moranys, même les plus petits, sont bloqués comme les rats qu’ils sont… Mais aussi emmerdant que c’est, ça nous protège aussi de ceux de dehors.
    - Un bâtiment magique ?
    - C’est Flavius… L’Exilé abrite en ses entrailles cette âme qui a perdu son corps et sa pensée. Ainsi, elle éclaire ceux qui ont porté allégeance… Ces murs sont hantés… !
    - Flavius… le protecteur de l’île ?
    - Lui-même.
    - Il est tombé bien bas si vous voulez mon avis…
    - Ne lui manque pas de respect insecte..! Sans lui, nous serions perdus bien avant qu’on arrive dans ces clapiers ! Et qui sait… peut-être t’entend t-il encore… »

La salle frissonna…
    «- D’où savez-vous tout cela ?
    - Je suis un Asura qui a le pouvoir de la résurrection. Tous les mois je meure, puis je renais. Je suis dans ces geôles depuis leurs créations.
    - Quel a été ton crime vieillard ?
    - D’avoir prétendu à la paix entre les Humains et les Mythes… »

Stupeur générale…
    « - Tout ça pour te faire dire pourquoi t’es là gamin.
    - Je ne puis le dire malgré vos encouragements…»

Silence... puis tous explosèrent de rires. Le brûlé avait bien l’intention d’en sortir… Aussi impromptu que cela puisse paraitre. Et ces dires ne peuvent qu’être délétères à leurs propriétaires en ce cas. Il ne voulait pas laisser des traces de son passage... Il vaut mieux être trop prudent vu les évènements.
    « - Et bien Silence Étrange, nous te souhaitons tous bonne chance en ces ténèbres…
    - Silence Étrange ! Quel beau surn…
    - Vos gueules les cadavres ! Vous êtes pas à une réunion Tupperware ! Crevez en silence bordel ! »

Un des gardes était entré et repartir en fracassant la porte. Un silence de mort plomba l’ambiance.

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MessageSujet: Re: Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé} Sam 28 Mai - 14:25
Une quinzaine de voix, voilà ce qu’il avait entendu… Sans compter ceux qui n’avaient plus la force de parler. Étaient-ils une bonne vingtaine au final ? D’une certaine manière, bien égoïste je vous l’accorde, ça lui mettait du baume au cœur de ne pas se savoir seul dans cette galère. Des hommes, des femmes, des histoires à découvrir… Se passer le temps… Le tuer. La question qui se posait en boucle dans la petite tête de notre héros était la suivante : Est-ce que cela vaut la peine de perdre son énergie et vivre moins longtemps mais rendre ses dernières minutes de sa vie plus agréable par la présence d’inconnus ? Le violoniste avait été, il y a un temps, quelqu’un d’agréable, de gentil et de joyeux… Non pas qu’il ne le soit plus c’est juste qu’il se recentre sur le strict nécessaire au vu de son histoire. Toutefois, la réponse qui revenait toujours en écho était : no. Si ces types sont faits pour mourir ici, lui, non. Il ne gâchera pas de l’énergie pour des broutilles… même si cela pourrait lui sauver sa santé mentale.

L’ex-boxeur daigna de bouger son corps avec lenteur et délicatesse. S’il y avait un brin de lumière, on verrait la souffrance que ces gestes provoquaient. Son dos ne refroidissait pas, suintant, perdant d’autant plus vite ces protéines si importantes à sa survie… Il a été démontré qu’un homme survit 65 jours sans nourriture mais avec de l’eau. Comment le sait-on ? Bobby Sands, un prisonnier irlandais, s’était retourné contre Margaret Thatcher (premier ministre britannique de l’époque) et avait entamé une grève de la faim… et ne l’avait jamais finie. Sous l’ordre du politicien : « Si Mr. Sands persiste dans son désir de mettre fin à ses jours, c'est son choix. Le gouvernement ne souhaite pas lui imposer une intervention médicale»… Bref, il alla contre le mur, pour se rafraîchir et boire à même la pierre cependant… Bien que ce ne soit pas la solution la plus gastronomique, il sentit un changement de goût…

Ploc… Ploc… Plic… PLOC !

    « Putain les gars ! Il pleut ! »

Et des cris, acclamations, rires chantèrent en canon durant les quelques autres minutes.
    « NE BUVEZ PAS !!! »

Silence de mort…
    « - Qu’est qu’tu nous veux Connard ? On a soif !
    - Ne buvez pas cette eau si vous voulez vivre.
    - Ah ouais ? Et pourquoi ça nabot ? On a pas tous la meilleure place hein ?
    - Les cages du couloir sont beaucoup plus humides ! C’est toujours vous qui survivez le plus longtemps. Alors ta gueule et laisse nous trinquer !
    - Nan mais sérieux mec, c’est qu’d’l’eau ! Ça a jamais tué personne !
    - Mais c’est de l’eau salée !
    - Ahahaha ! Quel esprit de déduction ! On est en dessous de la mer, crétin ! Normal ! Tu crois pas qu’on s’en bat les couilles ?! De l’eau c’est de l’eau et fais pas chier alors ferme la et va sucer tes cailloux !
    - Mais vous ne comprenez pas ?! En buvant cette eau vous accélérez votr…
    - Silence Etrange, qu’avons-nous à perdre.. Sincèrement ? Si je meure plus rapidement, je souffrirai moins et je retrouverai mon amour d’autant plus rapidement… Laisse-nous. »

Que rajouter à cela.. ? Sherlock se tut, vaincu.
Selon vous, quelle est notre première réaction en voyant la mer après un passage long et difficile à travers un désert ? On est tenté de la boire pour étancher notre soif non ? Don’t. En buvant cette eau, notre corps emmagasine le sodium qui s’y trouve. Une fois dans nos vaisseaux, le sel va attirer l’eau qui se trouve dans nos cellules augmentant la déshydratation délétère à notre organisme entrainant… la mort. Car oui, le sel appelle l’eau et pour s’en débarrasser, il faut le diluer avec… de l’eau ! C’est par ce biais qu’on conversait la viande et les légumes, les recouvrant de sel, les asséchant. Mais la seconde utilité de l’eau salée c’est : se désinfecter. C’est ainsi que le Sexire décida d’utiliser cette eau : il se mit sous une source et lava ses plaies. Cela éveilla ses maux perforants, rouvrit les quelques croutes qui s’étaient formées avec difficulté et eut l’effet d’un coup de fouet pour notre bagnard. Alors que sa souffrance s’ancrait de plus en plus dans sa chair, cela activa ses systèmes de survie : tachycardie, hyperventilation et surtout et avant tout, l’intelligence. Le voilà assez secoué pour recouvrer toutes ses facultés.

Un sourire dément étira ses lèvres. Quand il se disait bête à manger du foin… Pourquoi n’y a-t-il pas pensé plus tôt ? Quel idiot… Soudainement, son corps se mit à fondre, se réduire, rétrécir. Son âge poussé laissa place à un visage rondouillard, enfantin. Ainsi, Sherlock, l’homme d’une certaine prestance s’était transformé en un gamin en mauvais état mais… bien plus fourni en énergie que sa précédente apparence : 1m30 à tout casser, 11 ans environ. Par ce biais, il allait perdre moins d’énergie thermique, en consommer beaucoup moins vu sa taille et avait gardé l’énergie en surplus pour l’utiliser pour la suite, pour sa survie. En retrouvant un peu d’énergie, il retourna sur sa paillasse et se recouvrir de la ruine de son jeans ainsi que de pailles. Il en profita pour refermer ses brûlures au troisième degré, trop délétères pour continuer ainsi : c’est un investissement à long terme.

Grâce à l’avancée de ses blessures, il sut qu’il n’était là que depuis deux jours… Ses voisins commençaient à délirer… Pas de place pour le désespoir, oh que non. L’enquêteur était confiant, serein, boosté. C’est ainsi qu’il s’endormit pour une cession de mort apparente… jusqu’au prochain passage des gardes.

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MessageSujet: Re: Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé} Jeu 2 Juin - 16:31
Impatient, stressé, je pianotais nerveusement sur la valise sur laquelle j’étais assis. Je patientais maintenant depuis bien une heure et, si j’étais venu confiant et détendu, le temps jouait avec moi comme un chat avec une souris. Je savais bien que la ponctualité de cette race n’avait pas la même définition que la mienne mais je n’imaginais pas ça. Encore une fois, je glissai un regard sur ma montre à gousset pour bien m’assurer que le temps passait, bien que trop lentement. La patience n’a jamais été une de mes vertus même si je m’efforce à la pratiquer de plus en plus. Avec délicatesse, j’en refermai le clapet, caressant avec tendresse cet objet qui m’avait toujours été cher. Depuis le temps que je l’avais sous le nez et que je la désirais en secret, la voilà mienne… Bon, j’ai peut-être un peu triché pour l’obtenir mais le fait est là : elle est maintenant à moi. Toute son histoire, sa signification, sa beauté… C’est le genre d’objet dont je me délecte lors de mes petites séances de devinettes, il y a tellement de choses à savoir et comprendre. Ce bijou d’argent appartenait à mon grand-père et on lui avait offert de bon cœur pour le remercier de son amitié. Elle vient d’un grand homme, d’une intelligence exemplaire. Je l’aimais car, en plus d’avoir fait les poches à mon bien aimé grand-père, elle signifiait aussi ma liberté, signait ma malice fourbe et ma détermination. À cela, elle m’ancrait dans le temps, me rappelant d’où je venais et ce que j’avais fui avec brio.
    « Docteur Richert ? »

Cette voix était sortie de n’importe où et me coupai dans mes pensées : je levai la tête et croisai le regard d’un jeune homme : Esertari serviteur et garde fidèle du Nomade Ed’falrah, une femme qu’il aime, trois enfants, 150 ans de vie et des capacités au combat exemplaires…
    « - C’est moi.
    - Entrez. »

Pas d’excuses pour l’attente interminable..? Pas de ‘‘s’il vous plait’’ ? C’est quoi cet impératif ? Instinctivement, je levai un sourcil perplexe : moi et ma politesse anglaise, je vais être bien dépaysé : ça promet ! Je retirai mon chapeau et pris fermement ma valise ainsi que mon manteau.
    « Laissez vos affaires ici, vous n’en n’aurez pas besoin. Je lui lançai un regard suspicieux… Nous ne sommes pas des voleurs Docteur. »

Plions-nous à leurs habitudes mais c’était tout de même avec un pincement au cœur que je délaissai mes affaires. Here we are… Finalement, j’arrivai enfin à entrer dans cette tente que j’ai eu le loisir de décrire des millions de fois. Alors que je passasse enfin le pas de tissus, je compris que je devais retirer mes chaussures. Alors que je m’exécutais, j’eus tout le loisir de décrire cette pièce.

La toile qui servait de toit était d’une qualité indéniable, récemment changée et que j’évalue valant une bonne bourse claquante d’or. Les pics qui l’ancraient en terre étaient eux très vieux vu les coups qu’ils ont subit et les déformations à leurs pieds : ils n’étaient point ornés, montrant la simplicité des Esertaris. Le tapis sous mes pieds était moelleux, doux, à peine usé mais décoloré dans bien des endroits : ce lieu n’était utilisé que pour quelques occasions officielles. En repoussant mon regard vers le fond de la pièce, je pus voir quelques éléments supplémentaires : que le Nomade avait une femme qui prenait le pouvoir en son absence, une fille ainée, un garçon puis deux autres filles cadettes, que ce-dit Nomade était un bon vivant, appréciant les sucreries mais que cela le perdait déjà et qu’il aimait les bonnes choses et ce dès le matin. Dans la continuité des choses, je compris qu’au pied du trône, je devais m’y agenouiller : le tapis était écrasé à cet unique endroit : ça me permettra de ne pas avoir l’air trop peu au courant et peut-être gagner des points sur ma requête. Droit et fier, je m’avançai au devant du Nomade : un gaillard d’une vingtaine d’année, teint halé, bedaine cachée sous des habits amples, yeux, cheveux et lèvres noires. De grosses parures d’or pesaient encore plus que sa propre carcasse, l’alourdissant plus que l’embellissant. Il avait tellement de bagues aux doigts que je me demandais comment il pouvait encore les utiliser. Une barbe noire dévorait ses joues, ornées de tresses et de bijoux. Ne m’avait-on pas dit que les Esertaris ne vivaient que de troc et de services ? Que les objets n’avaient aucune valeur dans leur culture..? Cependant, je ne me laissai déstabiliser par cet imposant homme. Ces quelques déductions évidentes faites, je m’exécutai : j’allais jusqu’à l’endroit prévu et m’agenouillai et baissai les yeux :
    « - Nomade Ed’falrah…
    - Docteur Richert, j’ai entendu vos souhaits et avec précision, j’ai analysé les faits. Il est vrai que notre médecin est maintenant débordé par la Famille importante que nous sommes et un second nous serait nécessaire. Cependant, pourquoi devrais-je vous prendre vous au lieu d’un des miens ?
    - J’ai été diplômé en France il y a bien des années Nomade, il est vrai. Mais lors de mon exil en Suède, j’ai pu exercer et me forger une expérience forte et efficace. Lors de l’obtention de mon doctorat, j’avais déjà eu les félicitations du jury et mes patients du Nord ne se sont jamais plaints de mes méthodes. Cependant, je n’aurais jamais le culot de dire que je suis meilleur que les vôtres.
    - Les titres ne veulent rien dire Docteur. Les bons médecins sont ceux qui sont humbles et soucieux de leurs patients. Qu’en savez-vous sur les Esertaris, vous qui êtes Sexire ?
    - Pas grand-chose, je dois le reconnaitre. Mais je ne désire qu’en apprendre plus.
    - Et qu’est-ce qui me dit que vous ne voulez pas juste voler mes filles et mes femmes ? »

Ahn, le coup bas ! Mon cœur loupa un battement de colère et de frustration : les Sexires ont pour sale cliché d’être des manipulateurs et des menteurs, des voleurs, des violeurs… Une sale race qui exacerbe la jalousie des autres, amplifiant d’autant plus leurs défauts. Mais je l’avais prévu…
    « - Cher Nomade, même si mon cœur est libre, je ne désire en rien vous voler quoique ce soit. Si cela permet de vous apaiser, je vous promets de ne toucher à aucune de vos filles : j’irais dans les villages adjacents pour me nourrir.
    - Hummm… Qu’est qui me dit que cela sera fait ?
    - Vous demanderez à vos femmes et filles. Les Sexires font toujours parler.
    - Relevez-vous Docteur, regardez moi et jurez le. Ce que je fis :
    - Je jure sur mon honneur, sur ma fierté et tout ce qui m’est cher que je ne désirerai aucune de vos femmes.
    - Vous savez que la confiance est une qualité indispensable dans le clan des Esertaris ? Si vous brisez cette promesse, l’exil sera la plus clémente des punissions.
    - Je souhaite prendre le risque.
    - Vous me semblez de bonne foi Docteur. Aucun de mes fils ou de mes filles ne veulent suppléer ce cher docteur Lohg’Fa, je n’ai que vous. Je vous laisse un an d’essai. Sachez que nous sommes une Famille très proche et qu’au moindre faux pas, cela sera retenu et raconté. J’hochai du chef. Très bien. Sachez que vous outils sont sous votre responsabilité et que nous n’utiliserons pas notre peu d’or pour vous aider. Si vous n’avez pas le nécessaire, il faudra vous débrouiller.
    - Très bien. Le peu d'or ?! C'est une blague ?
    - Sinon, dites-moi pourquoi avez-vous choisi notre Famille au lieu de vous assurer une retraite tranquille dans un endroit idyllique ? »

Vaste question. ‘Parce que je suis un fugitif et que me réfugier dans un clan qui n’est pas le mien, mobile de plus, est la meilleure des stratégies. Oh, non, ne vous inquiétez pas, votre peuple n’aura rien, c’est moi qu’il veut. Je peux toujours travailler pour vous ?’ C’est la vérité. Mais toute vérité n’est pas bonne à dire, et certainement pas de cette façon là. Ayant encore une fois prévu le coup, je pris une inspiration et…

CLANG !

Un énorme bruit tira Sherlock de son sommeil quasi éternel, voyant soudainement des gens dans le couloir, les torches allumées. Encore dans le flou de ses souvenirs, il souffrit de la lumière mais une fois habité, il se releva doucement, ralenti par ses techniques de survie. Quand il arriva enfin au niveau des barreaux, une vision de mort le frappa de plein fouet : douze cadavres empilés les un sur les autres, se vidant de leur sang, tous une balle entre les yeux. Ce fluide rouge se déversait lentement, trop visqueux pour qu’il soit frais… ils étaient morts il y a maintenant un bon bout de temps. Certains avaient déjà commencé à pourrir selon l’odeur nauséabonde qui agressa soudainement le petit garçon. Depuis combien de temps dormait-il ? Un sentiment de désespoir et de tristesse enserra le cœur de l’enquêteur.
    « - Au moins ils sont légers, pas de lumbagos demain matin !
    - C’est sûr. Ma fille de cinq ans est plus difficile à contenir. Ils rigolèrent.
    - Voilà un bon nettoyage de fait : plus que 6 dont quatre en train de claquer hein ? Le surveillant tapa violemment sur leurs cages. Allez, crevez, laissez place au suivant ! Oh, mais qu’est ce que tu fais là toi ? On enferme des gamins maintenant ?
    - Te fais pas avoir, il a tué 19 personnes.
    - T’es un précoce dit donc… j’te croyais mort pourtant. Nos caméras sont cassées ?
    - C’est un biologique, pas touche.
    - En plus t’es une saloperie ! Mais crève ! »

Sherlock ne répondit rien, la mort dans l’âme. Il alla se recoucher. Il allait sortir… il devait sortir… mais pas de cette manière…

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MessageSujet: Re: Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé} Sam 4 Juin - 16:25
    « - Docteur Richert, quel plaisir d’enfin vous rencontrer ! Le Nomade me parlait si souvent de vous mais jamais il n’avait fait mention de votre physique ou encore de vos capacités. J’ai hâte de pouvoir me faire une opinion de vous.
    - Docteur Logh’Fa, enchanté. » Nous échangeâmes une poignée de main.

Comme un bon nombre d’Esertaris que j’ai eu le loisir de croiser jusqu’ici, il était jeune au teint halé, une vingtaine d’année physiquement mais dans ses yeux, on pouvait y lire une sagesse vieille de 200 ans, minimum. Il ne m’a pas été fréquent de côtoyer des gens pluri-centenaires donc mon jugement est encore balbutiant, veuillez m’en pardonner. Il aspirait au calme et à la confiance mais une étincelle d’intelligence brillait malicieusement derrière ses lunettes rondes. Ses cheveux noirs étaient coupés au cordeau cependant une dreadlock ornée de quelques anneaux pendait sur son côté gauche. Ses habits étaient occidentaux : un jean, un T-shirt mais, noué autour de ses épaules, un kéfié jaune et noir pendant sur son épaule gauche. Il était orné d’un certain nombre de pièces, toutes différentes. Je ne comprenais pas leurs significations toutefois tout ce que je ne sais expliquer m’attire. De plus, détail qui m’étonnera toujours : les pieds nus. À croire que c’est aussi un habitus de cette race…
    « - Dites moi, avez-vous l’habitude des traditions de cette famille ? Les coutumes Esertaris vous sont connues.. ?
    - Pas le moindre du monde. Dis-je dans un sourire embarrassé. A-t-il lu dans mes pensées ?!
    - Je m’en doutais. D’abord, laisse-moi me présenter : Guillaume Logh’Fa dit Ed’Falrah, appelle moi Guillaume. Laissons tomber les titres, c’est bien trop pompeux. Je t’en prie, entre et fais comme chez toi. Installe-toi à ton aise. »

Le passage au tutoiement m’avait très sincèrement déstabilisé : bien que le français ne soit pas ma langue maternelle, le vouvoiement était quelque chose d’essentiel pour moi. Encore la politesse anglaise qui me hantait ? À vrai dire, je ne saurai l’expliquer. Un peu troublé et quelque peu intimidé, je m’exécutai et me posai dans les coussins moelleux. Ils n’avaient pas grand-chose, mais ces coussins là, c’est de la tuerie !
    « - Puis-je t’appeler Mathieu ? J’hochai du chef. Très bien. Les Esertaris n’ont pas cette culture du titre, rang ou quoi que se soit d’autre. Nous sommes tous de la même famille, au même niveau que mes frères et sœurs. Le vouvoiement est banni entre nous, ce n’est que pour les étrangers. Il aperçut mon froncement de sourcils et avec un sourire, il répondit à ma question muette. Pour moi Mathieu, tu n’es pas un étranger. Tu veux donner ton âme à la communauté, tu veux soigner, aider, supporter et élever les nôtres. Tu fais le même métier que moi et tu n’aspires à aucune gloire ni bien en venant ici. Qu’est ce qui me différentie de toi si ce n’est ce teint pâle et un tatouage ? Rien.
    - V… tu ne crains pas que le terrible Sexire que je suis va mettre à feu et à sang v… votre équilibre ? Guillaume rit de bon cœur.
    - Notre équilibre, frère, notre équilibre. Je sais bien que nous ne sommes pas tous un modèle d’indulgence ou d’égalité. Mais ta place est chez nous et quoi qu’ils disent, tu es parmi nous, fils du Nomade Ed’Falrah, notre père protecteur. Tu vas subir le racisme primaire de certains, c’est sûr mais tu vas aussi comprendre comment nous marchons, amener tes particularités à notre clan, nous amuser de tes histoires, de ta musique, de ton intelligence… »

Mon cœur se serra et la peur m’envahissait soudainement. Mon corps se crispa en quelques secondes, prêt à fuir en cas de besoin. Quand ai-je mentionné que j’étais violoniste ? Avait-il lui aussi des capacités de déductions ? C’est donc ça que les gens vivent quand j’empiète dans leurs esprits ?
    « - Tu n’as pas à être effrayé. Tes secrets sont sous bonnes gardes, je ne dirais jamais rien à personne. Tutoie-moi…
    - V-vous…
    - Je lis dans les pensées… Je sais qui tu es, je sais ce que tu vaux, je sais d’où tu viens, tes pires peurs, tes plus beaux exploits, tes espoirs les plus enfouis… que même toi tu ne sais pas encore Sherlock Rechel. Je gaspai, cherchant mon air. Il me posa amicalement sa main sur mon épaule : quelle chaleur ! Ce que tu as subi chez toi est révolu, ton grand-père ne te fera plus jamais de mal et il ne te retrouvera pas. Tu n’as pas à t’en vouloir, tu n’as pas à être angoissé, tu n’as pas à te cacher. Que tu changes de nom, d’identité, libre à toi. Ton cœur est pur, tes réactions maladroites mais ton histoire ne peut que toucher ceux qui la connaissent… Tutoie moi, arrête avec ton ‘vous’.
    - V… Tu… Tu ne diras rien.. ? Si tu le di…
    - Père n’en saura rien. Je suis soumis au secret professionnel mon frère. Fit-il en me tapotant la joue avec malice.
    - C’est pour ça que…
    - Oui. Je te tutoie déjà car je sais que tu le mérites, que tu es quelqu’un dont on a besoin. Je ne suis pas ton ennemi, tu ne me piqueras pas ma clientèle, ni mes droits ni mes envies. Je suis surchargé et toi, tu n’espères qu’apprendre et entrer dans la ronde. On est fait pour s’entendre.
    - Effectivement. Un peu abasourdi par cette nouvelle, je le reluquai tout en réfléchissant. Je ne pouvais que lui faire confiance maintenant qu’il savait tout. Ce doit être terriblement pratique comme faculté.
    - Pas tellement tu sais… Je ne l’ai dit qu’à peu de personnes et très souvent, je ne dois pas tiquer sur ce qu’ils pensent ou disent, je dois faire l’idiot. Comme ta réaction l’a démontrée, ça inspire la peur et ça déstabilise. Je sais mais je ne dis rien. Mais j’avoue que pour avoir une fille, ça aide.
    - Pourquoi me le dire alors ?
    - Car tu es quelqu’un qui sait. Tu l’aurais su un jour ou l’autre car contrairement aux autres, je ne te connais pas de longue date et tu es assez méfiant. Et puis, je ne te fais pas peur contrairement aux autres. D'un côté, je sais pour toi et tu sais pour moi : nos secrets ne peuvent qu'être bien scellés non ?
    - C’est pour ça que tu voulais absolument me voir en personne… et que les autres ont été virés du village. Tu nous tries pour le Nomade ? Il est au courant ?!
    - Disons que oui mais aussi que non… Fit-il évasivement… Un peu de vin ? T’inquiète pas, tu résistes mieux que moi.
    - Pourquoi pas. » Conclus-je peu convaincu par sa réponse.

Et nous échangeâmes toute la nuit entre les rires, les histoires et les coupes qui ne cessaient de se remplir. Même si le début avait été chaotique, la suite fut rafraichissante : je n’ai jamais été aussi détendu de ma vie. J’avais enfin rencontré quelqu’un qui me comprenait, avec qui je pouvais être simplement moi, qui ne me jugeait pas… Guillaume gagna ainsi facilement ma confiance.
    « - Sinon, j’ai 256 ans, oui les pieds nus sont une habitude et cette écharpe annonce mes titres pour moi. Toutes les pièces ont des significations comme tu l’avais pensé. T’as un sens de l’observation assez incroyable.
    - Une de mes seules qualités. Dis-je en finissant mon verre. Diantre, qu’il était bon ce vin !
    - Dis, tu as de quoi vivre ici ? Une roulotte ou une tente ? Il me resservit dans la foulée, le sourire aux lèvres.
    - Nop. Faudrait que je regarde mes finances et combien ce genre de choses coûtent…
    - J’te laisse mon ancienne. Pour un homme célibataire, ça suffit amplement.
    - Pour comb…
    - Gratos mon frère, tu crois quoi ? Que je vais te racketter alors que tu vas augmenter mon niveau de vie de façon exponentielle ?
    - Je ne m’y habituerai jamais à…
    - Ce que je finisse tes phrases avant que tu ne les penses ? Faudra bro.
    - Hey ! C’est moi l’Anglais !
    - Et moi Français. Faudra aussi que j’t’apprenne les bonnes prononciations car t’es une catastrophe…
    - À ce p…
    - Tu n’imagines même pas…
    - Holy Crap…
    - T’es pas un linguiste… Faudra aussi que je t’apprenne quelques astuces en Lapharia, sinon tu vas être paumé.
    - Je ne demande qu’…
    - À apprendre ?
    - Stop it ! Le vin me faisait perdre pied de plus en plus.. et mon français !
    - Si t’es un des seuls avec qui je peux l’faire, compte pas sur moi ! »

Ronds comme des tonneaux, nous nous endormirent sur ces mêmes coussins. Avant de finir de cuver notre alcool dans un sommeil de plomb il ajouta :
    « Tu sais mon frère… j’ai toute confiance en toi, tu sauras te trouver une place et… une famille. »


-----♫-----

C’est alors qu’une pâle lueur le tira de son sommeil… Une Asura se trouvait sur le pas de sa geôle… Qu’est-ce qu’elle lui veut ?
Suite de cette rencontre ici !

~~~~~~~~~~~~


Pourquoi mon pseudo ne colle pas à mon avatar ? Pourquoi j'écrivais en disant 'Sherlock' et à présent c'est 'Esteban' ?
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MessageSujet: Re: Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé} Sam 18 Juin - 11:41
HAN !!!


En sueur, Sherlock se réveilla malgré l’absence de signes extérieurs. Encore dans les choux et refusant de le croire, il passa ses deux mains dans les cheveux et resta là, prostré. Il devait être sacrément en manque pour rêver de sa voisine de cette façon… Il suçota quelques cailloux et retourna se faire bercer par la mort… quelque peu apeuré par la puissance de son subconscient.
-----♪-----
    « Voilà ton nouveau chez toi ! »

La roulotte était plus longue que large, permettant de se déplacer sur les routes communales sans souci avec les voitures. En son fond, un lit superposé, au dessus de la cuisine encastrée. À l’opposé, un vide que l’on pouvait aménager comme bon nous semblait, selon les humeurs et les utilités. Une pièce à part pour la salle de bain ainsi que les toilettes. Rangements optimums, confort assuré…
    « - Ce que je faisais : je prenais cet endroit pour recevoir les patients. Quand tu es fermé, tu peux très rapidement remettre tout en place. Les Esertaris n’ont pas besoin de superflu. Je l’avais mise à neuf au cas où je devais la vendre, je suis bien content de t’offrir un bout de ma vie.
    - Maiisss…
    - Ouaip, faut que tu t’achètes deux chevaux. Je tiquai. Au pire tu les empreintes aux Lavaché lors des déplacements, en quelques consultations ils auront pris le pli.
    - Je n’…
    - Ouais je sais bien… Mais on s’y habitue vite. C’est des gros chiens tu sais.
    - Comm…
    - Les Esertaris ne payent pas en monnaie. On troc. Donc une action contre une autre, simplement. D’abord, ça va être assez dur pour toi car tu vas te demander quand tu vas pouvoir manger. Tu vas un peu souffrir au début puis quand tu auras assez de dettes tu vas être submergé de cadeaux et de petites attentions. Tu gères ça avec tes patients, leurs générosités et leurs capacités. En deux semaines tu auras de quoi vivre encore mieux que notre Père.
    - Quels sont les carac…
    - Tout ce qui est relatif à la fièvre pour vous, c’est en négatif pour nous. Considère que 34°, ça sent déjà pas bon… Sinon, on est pareil que vous, je dirais. Au pire, tu sais où me trouver.
    - Il me manq…
    - Chouliot a tout ce dont tu as besoin. Il viendra demain en premier patient. Tu vas devoir tout retenir ou faire des dossiers… mais connaître les prénoms/noms et métiers est indispensable frère.
    - Comment veux-tu que je fasse des progrès en français si tu ne me laisses même pas parler ! C'est irritant à la fin !
    - C'est vrai. Mais c'est tellement amusant. Son regard pétillait et je n'avais pas la cruauté de le lui interdire. Pas après tout ce qu'il faisait pour moi.
    - Je ne sais comment te remercier…
    - Tu m’apprendras à choper de la femme. Tu dois être un expert ! »

Et voilà, à nouveau… tout avait un prix, même l’amitié. Mais vu le ton jovial de mon ami, je ne m’en offusquai pas. C’était de bonne guerre non ? Et puis si ce n’était que ça… Étonnant qu’il ne se soit pas déjà renseigné à travers mes souvenirs. La nuit était jeune et je voulais me retirer dans mon nouveau chez-moi, y prendre mes marques, mettre en place mes quelques affaires, me poser dans mon lit froid…
    « - Merci Guillaume. Je serai perdu sans toi. Si c’est ce que tu désires, je t’en expliquerai les détails mais pas ici. Il eut un blanc entre nous. Il éventrait mon passé, je le sentais.
    - Comment ça ? T’as réellement fait cette promesse ?! Mais tu vas jamais la tenir ! Non non ! Je ne voulais pas te blesser, je ne mets pas en doute ta capacité à résister à la tentation. Je sais que tu es un Sexire et les Esertaris s’en nourrissent au moins autant que vous mais les femmes d'ici ont le sang chaud… En voyant ta tête d’ange, elles vont se battre pour toi, surtout que tu es de la chair fraîche. Il te faudra être prudent mon ami car Père va être redoutable sur ce sujet…
    - J’y prendrai garde.
    - Bon, bonne nuit à toi Math’ ! Et non ! Pas de clefs chez la Famille ! Nous n’avons rien à prouver… et rien à cacher. »

Je détestais de plus en plus cette faculté. Chouette… Si je mets une serrure je vais passer pour un parano et si je n’en mets pas, n’importe qui peut entrer et sortir de chez moi comme dans un moulin. « Le camouflage est l’art de passer inaperçu à la vu de tous… » je sais Grand-père. Plie-toi à ces règles. Ce fut avec fatigue et céphalée que je rangeais mes biens et que je me couchais. La journée promettais d’être longue demain…

____♫____
    « - Bonjour, je suis Mathieu Richert, le nouveau médecin envoyé par le Nomade.
    - Bonjour jeune homme. C’est donc vous l’étranger ?
    - Venez, installez-vous. Comment vous sentez-vous ?
    - Ne t’en inquiète pas mon fils, je ne suis pas là pour. D’où tu viens ? Tu es pâle comme un pis de vache. C’est toi qu’il faudrait soigner.
    - Dites moi ce que je peux faire pour vous.
    - Écoutez Docteur, j’ai siiiii mal au cœur… vous voulez pas l’écouter..?
    - Êtes-vous fatiguée précocement lors d’effort ?
    - Chuis plus résistant qu’un Gemma de diamant, c’est pas toi qui va m’faire dire le contraire étranger !
    - Fumez-vous ?
    - Je peux m’y convertir si vous voulez…Surtout à la pipe.
    - Est-ce que d’autres personnes de votre famille se plaignent de ces signes ?
    - Tu laisses immédiatement mes filles en dehors de tout ça putain. Sinon je te casse chacune de tes dents et j’en fais une prothèse pour ma mère. Me suis-je fais comprendre ?!
    - Avez-vous de la famille pour prendre soin de vous chez vous ?
    - Quelle belle manière pour me demander si je suis célibataire huhu. Pour vous, je le suis. Vous êtes sûr de ne pas vouloir écouter mon cœur ?
    - Avez-vous des allergies ?
    - Non, pas à ma connaissance. À mon tour : quel âge avez-vous ?
    - Je vais vous prendre la température si vous voulez bien.
    - Et moi, je pourrais toucher ton tatouage ?
    - Écoutez Monsieur Morrel, je ne peux que vous conseiller de prendre quelques heures de repos avant de bûcher à nouveau.
    - Je ne suis pas malade, je suis là pour apprendre à vous connaître Docteur.
    - Si ça se dégrade, n’hésitez pas à revenir me voir ou aller chez mon confrère. Je suis toujours disponible.
    - Vous êtes ouvert aux heures de la lune.. ? J’espère que ce ne sont pas les mêmes soins que vous prodiguerez à ce moment là… »

Quand la dernière passa le pas de ma porte, je soupirai. Aucun n’était là pour mon métier mais juste pour voir ma tête ou entendre ma voix. Chose normal quand on s’installe mais cela était éreintant et si peu... utile. Pour passer cette interminable journée, je me permis de fumer une cigarette assis sur les marches de mon entrée. Guillaume vint prendre de mes nouvelles et s’instruire sur ma première journée. Belle attention.
    « - À ce point ?
    - Tu ne peux même pas imaginer…
    - Effectivement... Tu me donnes presque envie d’essayer avec ton intoxication.
    - Tu n’as qu’à pas lire mes pensées à cet instant précis. »

Goulûment, je tirai sur ma récompense. Je m’étais toujours dit que je devais arrêter mais cela était plus fort que moi. Au moindre stress, à la moindre contrariété, elle me faisait du bien, me détendant, me permettant de neutraliser mes pensées et mes actes. Comment arrêter après 60 ans d’addiction ? Dire que c’est à cause de lui que je me brise la santé… Je suis bien faible. Lorsque je ne pus plus rien récupérer d’elle, j’écrasai mon mégot contre le sol et le jetai dans ma poubelle intérieure. Nous échangeâmes quelques remarques et données confidentielles dans la roulotte quand soudainement…

Toc Toc


Promptement, je me levai pour ouvrir alors que Guillaume prenait un air sérieux au cas où c’était un nouveau patient… ou plutôt visiteur.
    « - Mes salutations Docteur Richert.
    - Ma demeure vous est ouverte ma sœur. » Dis-je en la laissant entrer.

Phrase stéréotypée très utile pour avoir la confiance de ces gens perclus dans leurs traditions. Gui’ avait oublié ce détail significatif lors de mon premier apprentissage sur la race complexe des Esertaris, me faisant perdre toute crédibilité devant la dizaine de personnes que j’avais vu aujourd’hui. Merci Lohg’Fa…La jeune femme faisait environ 1m70, avait de longs cheveux noirs indomptés et soyeux de visu. Sa bouche était tendre et finement dessinée. Ses yeux étaient tellement noirs qu’ils contrastaient tout de même avec sa peau halée. La vingtaine physiquement et pas tellement plus en terme de vécu.
    « - Que puis-je pour vous ?
    - Je viens d’être nommée infirmière et je me disais que si vous avez besoin de mes services un jour… Guillaume a déjà sa flopée d’aides donc je me disais que…
    - Voilà une idée intéressante. Mais je n’ai pas encore de patientèle aussi imposante.
    - Oh oui… sûrement. La demoiselle semblait intimidée. Je lui souris sincèrement pour la rassurer.
    - Laissez-moi vos coordonnées pour que je puisse vous joindre le jour où ça sera le cas.
    - Oh ! Oui ! Roulotte jaune Sud-Est, famille Naloka… Anah Naloka Docteur Richert.»

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MessageSujet: Re: Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé} Jeu 30 Juin - 23:01
De plus en plus souvent Sherlock se réveillait à cause des torches qui s’allumaient lors du passage des gardes. Comme le niveau s’était vidé sous le coup de la pluie, les remplaçants affluaient de plus belle, encombrant les cellules vides, augmentant la chaleur ambiante et en renforçant l’humidité. Des gens qu’il avait connu lors de son arrivée, il ne restait que l’immortel. En y réfléchissant, ça donnait un sacré coup au moral : le boxeur était supposé être le prochain sur la liste… Ne cherchant pas à comprendre les aboutissants, le violoniste se rendormit quasi instantanément pour se blottir dans ses souvenirs.

Voilà maintenant trois mois que je suis installé en tant que médecin dans cette ‘petite’ famille. Doucement, les gens apprenaient à me connaître, à me reconnaître et à m’apprécier. Toujours à la même vitesse, les cœurs s’ouvraient, la confiance s’échangeait et la reconnaissance était de mise. À présent, tous les matins, le boulanger me laissait un petit pain au chocolat chaud sur le pas de ma porte, le journal arrivait au même moment. Je laissais couler un café et avec délice, je prenais un petit déjeuner qui m’emplissait de bonheur. Il n’y a pas de petit plaisir : dogme que j’ai appris bien vite au sein de cette communauté. Par mon origine, on me verrait plus attiré par quelque chose de salé mais il n’y a rien de mieux que les viennoiseries chaudes au réveil. Les Anglais ont tout à apprendre. La gourmandise est un vilain défaut… mais faut bien que je tire un quelconque bénéfice de ma race ! Pour une fois qu’elle m’est réellement utile. La suite était millimétrée comme du papier à musique, j’organisais mon intérieur pour mon métier et j’ouvrais. Les plus motivés venaient toujours plus tôt mais avaient la courtoisie de me laisser me réveiller convenablement. Prises de sang, auscultation de cœurs et des poumons, demander des nouvelles, chercher à faire les liens entre eux, guérir et soigner… Bien souvent, mon action n’était que psychologique : on raconte que les médecins sont souvent plus bénéfiques que les médicaments qu’ils prescrivent.

Alors que j’étais avec M.Polichon, l’on toqua. Sans attendre mon ordre, une fine silhouette se glissa dans ma roulotte et empoigna des ponctions en attente de résultats.
    « - Je les rapporte. Je repasse plus tard avec les comptes-rendus.
    - Passe chez Mlle Loucki, elle ne m’avait pas l’air bien hier et une présence féminine lui ferait du bien. Prends aussi des nouvelles de la famille MacBotch. Surtout la mère. Normalement, avec ça, tu n’attendras pas beaucoup.
    - MacBotch ? Parfait, je vais pouvoir avoir un bon verre avec eux ! »

Je lui lançai un sourire alors qu’elle partait avec sa lourde cargaison. Mlle Naloka était bien vite devenue mon infirmière attitrée. Au bout d’une semaine, j’avais eu besoin d’aide pour pouvoir raccorder les wagons. Comment est-ce que Guillaume avait-il fait pour tenir un tel rythme seul ?! À nouveau, on toqua :
    « Dis moi Mathieu, t’as quelque part où manger ce midi ? Je fis non de la tête tout en restant concentré sur la tique que je retirais. Bah viens à la maison alors ! J’ai préparé un truc énorme avant de venir. Assez pour combler ton appétit d’ogre, j’te le garantis ! »

C’était Salomé, une des filles du Nomade. Depuis que j’ai mis les pieds dans cette famille, elle me suivait partout, me posait des questions incessantes et tenait à savoir tout ce que j’aimais et faisais. M’espionnait-elle pour son père ? Pourquoi alors m’avait-elle demandé ma couleur préférée, mon jour d’anniversaire et si j’avais déjà acheté des coussins.. ? Cela n’avait aucun sens. Je tentais désespérément m’en procurer… à croire qu’une malédiction s’était abattue sur moi pour que je ne puisse en avoir.
    « - Je ne peux accepter Salomé, ce midi j’ai encore beaucoup à faire.
    - Alllleeeerrrrr !!! S’teuplaiiiiiiiiit ! T’es trop sérieux Math’ ! Sors un peu, viens ! C’est de mon père que tu as peur ?
    - Je n’ai jamais dit ça. Je n’ai pas peur du Nomade Ed’falrah.
    - Vous devriez Docteur. Je levai mes yeux de glace pour les vriller dans ceux de l’homme, le sondant… il serait capable de tout manger avant que vous n’ayez avalé une miette. Nous rîmes de bon cœur.
    - De toute façon il sera pas là. Juste toi et moi.
    - Je te le répète : je ne peux pas. Ce matin a été rentabilisé, j’ai tellement de choses à trier que je vais sans doute me nourrir de café et d’eau.
    - Tu veux que je te le rapporte ici ? Je pris le temps de considérer l’offre.
    - Tu sais, je ne ferai rien de passionnant pour un néophyte… Tu vas t’ennuyer avec moi.
    - Pas grave ! Je viendrai quand même ! À bientôt alors ! »

Elle claqua la porte, chantonnant. Je ne comprenais pas tout à cette fille mais sans tenter de me lancer dans des débats infinis, je pris soin du brave monsieur qui attendait. Une légère étincelle éclairait ses yeux, un mélange de malice et de mélancolie.
    « Ah les jeunes… » Je ne compris pas cette remarque.

Encore une fois la lumière l’agressa et le réveilla. Un prisonnier donnait du fil à retordre devant la cellule du Sexire et se laissa faire quand leurs regards se croisèrent. L’enfant se retourna, visage vers le mur, histoire que la lumière ne l’atteigne plus.

18 Novembre… Un jour gris, comme beaucoup de cette saison, froid et terne. Je me levai sans grande conviction et m’étirai comme un chat. Au passage, je fis craquer mon épaule et quelques unes de mes phalanges. La nuit avait été agréable mais courte. Surtout que le lit n’avait pas le confort du mien. Doucement, je m’échauffai les trapèzes et ma nuque meurtris par ces folles positions. La demoiselle dormait encore, emmitouflée dans la couverture, ne m’en laissant qu’un centimètre carré. Tendrement, je lui caressai les cheveux. C’est tout de même incroyable : je ne me souvenais même plus de son prénom… L’animal qui est en moi s’était à nouveau exprimé mais d’après ce léger sourire sur ses lèvres, elle l’avait apprécié. Et je dois confesser que moi aussi. Silencieusement, je partis m’habiller et manger quelque chose en le piquant dans son frigo. Quand le café coulait, elle vint dans la cuisine à peine habillée et entoura de ses bras mes hanches.
    « - Tu reviendras ?
    - Rien n’est moins sûr.
    - Pourquoi ? »

Je sortis deux mugs et les emplis. Mon silence en disait long et je le lisais dans ses yeux. J’en tendis un vers elle, la mine sombre.
    « Car je suis un nomade. Je ne reste jamais au même endroit. »

D’une traite, je bus mon petit déjeuné et après l’avoir saluée, je partis sous son regard résigné. Je pris la route vers la famille, remontant mon col sur mes joues… Tristes et mornes journées… Promesse d’hiver, de grippe, de froid, de mort… Je me hâtais, détestant les jours à venir. Mes pas s’allongeaient de plus en plus. Avec bonheur, je retrouvais ma roulotte et m’engouffrai dans mon chez moi. Cependant, je sursautai quand une foule de gens derrière moi hurlèrent quelque chose. Alors que je repris mon souffle contre ma porte, je vis les personnes qui m’avaient fait subir une attaque cardiaque : Guillaume, Salomé, Naloka, certains de mes patients, beaucoup de mes patients… ! Je les regardai, perplexe.
    « Joyeux anniversaire mon vieux ! Tu crois quoi ? Que je ne savais pas ? C’est mal me connaitre ! Aller viens !»

Gui’ me prit le bras et un sourire franc franchit mes lèvres. Nous passâmes une superbe soirée à boire, manger, raconter nos histoires, à m’offrir des cadeaux tous plus beaux les uns que les autres. Je ne connaissais pas cette coutume ou pas avec cette puissance. Cependant, quelque chose me réchauffait le cœur, rendait mon sourire plus sincère, mes yeux plus pétillant… serait-ce donc ça l’amitié ? Ce sentiment de bonheur que l’on ressent quand on est accompagné de gens qu’on apprécie ? Qu’on se languisse d’une autre soirée de cette envergure alors qu’elle n’est pas encore terminée ? De rire, sourire, pleurer sans avoir peur d’être jugé et de se sentir supporté qu’importe nos choix ? Si c’était cela alors oui, ce sentiment, cette assurance, j’y perdrai volontiers pied.

Un énorme bruit le réveilla : le vacarme de deux portes qui se ferment de concert. Le choc repartait en écho effrayant et assourdissant. À ce rythme, ils vont bien vite remplir l’étage…

    « - C’est qui Salomé pour toi, Monsieur le grand Docteur sauveur du village ?
    - C’est pas parce que j’ai guéri un cancer que je suis ‘Le grand Docteur’. J’ai eu de la chance. Pourquoi cette question ?
    - Tu vois ? Là encore tu esquives ! Réponds-moi.
    - Reformules ta question. Je ne vois pas ce que tu veux que je réponde.
    - T’aimes bien Salomé ?
    - Comme une… amie ? Elle est une cuisinière hors pair, elle prend soin à ce que je mange à ma faim et chaud tous les jours.
    - Pas plus.. ?
    - Qu’entends-tu par ‘plus’ ? »

Je triais des fichiers, la blouse sur mes épaules, Mlle Naloka était couchée sur les coussins bleus et or que m’avait offerts Salomé lors de mon anniversaire. Agacé par cet interrogatoire, je me retournai, m’adossai à ma petite cuisine, croisai mes bras et la sondai.
    « - Pose-moi les questions franchement. C’est irritant à la fin. Nonchalamment, elle se reposait convenablement dans les coussins et vrilla son regard dans le mien.
    - Es-tu amoureux de cette fille ?
    - Amoureux ? Pas que je sache. »

J’en avais entendu parler, j’avais un peu lu sur le sujet mais rien d’extraordinaire. Heureux d’avoir percé l’abcès, je repris la longue corvée de ranger les dossiers.
    « Nan, nan, tu peux pas t’en sortir comme ça… »

L’Esertari se leva et me força à la regarder droit dans les yeux. Dans ses yeux noirs.
    « - Es-tu amoureux ?
    - Qu’est ce que cela signifie ?
    - Es-tu impatient de la retrouver tous les jours ?
    - Quand j’ai faim, je dois admettre que sa présence est un soulagement.
    - Impatient ou non ?
    - Disons oui.
    - Es-tu heureux de la voir ?
    - Avec ou sans repas ?
    - Mais t’es pas possible ! Sans repas !
    - Comme n’importe qui..? Dis-je en tentant de voir où elle voulait en venir.
    - Tu n’as pas envie de lui faire des cadeaux, la rendre heureuse ? La protéger ?
    - On est pas supposé faire ça avec des amis ? Dis-je un peu perdu.
    - Que dirais-tu si elle te faisait du rentre dedans ?
    - Du quoi ? Elle soupira…
    - Tu fais l’idiot là non ?
    - Non. Mon Français n’est pas parfait… Tu devrais le savoir.
    - Mais tu connais épiphysiodèse mais pas rentre dedans ?
    - Comme tout le monde.. ? Répondis-je, septique.
    - Non ! Bien sûr que non ! Rentre dedans c’est draguer, flirter !
    - Ah.. Oh. Non. Non ! Je refuserai comme toutes.
    - T’es gay ?
    - Pardon ?
    - Je n’ai rien contre les personnes de ce bord soit en certain, je ne le dirai à personne. Fit-elle en un clin d’œil.
    - Mais n-non ! J’aime les femmes, pas les hommes. Enfin pas de cette manière… Mais pourquoi me poses-tu toutes ces questions ? Dis-je piqué au vif. Ce penchant ne me gêne pas, mais je ne suis pas d’eux. Mais, je ne sais pas pourquoi mais ma fierté était touchée à chaque fois qu’on faisait l’amalgame.
    - Tu ne la trouves pas belle, c’est ça ?
    - Si. Non. Enfin… Je ne me suis jamais posé la question. Las, je me mis à retrier mes papiers.
    - Tu te poses pas la question normalement ! C’est instinctif.
    - Je pense que la beauté est un critèr…
    - Belle ou pas ? Me coupa-t-elle.
    - Moins que toi. » Dit-je en glissant le dernier dossier dans la ‘bibliothèque’, désinvolte.

Un silence étrange s’était installé. Bon, je ne cache pas que j’étais vraiment content de l’avoir fait taire mais je ressentais autre chose. La demoiselle se tenait là, bouche bée.
    « - Ai-je dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Ça va ? Si tu as froid, prends mon peignoir. Satisfait, je me frottai les mains en regardant la masse de travail accompli. Puis je reportai mon regard sur elle. Un souci ?
    - Tu viens de me faire un compliment. C’est… perturbant.
    - Bah symétriquement parlant, tu remplis parfaitement les canons de la beauté actuels. C’est un fait indéniable.
    - T’es vraiment étrange… Je lui lançai un regard suspicieux mais elle n’éclaircit pas sa pensée. Alors, prêt pour ton intégration ?
    - Dans un mois. Onze mois que j’attends ce moment.
    - Stressé ? Mlle Naloka croisa mon regard flegmatique. Pardon, question con. Alors chef, qu’est ce qu’il faut encore faire aujourd’hui ?
    - Une prise de sang pour la roulotte 5, un dextro avant le repas à la 15, vérification du cheval de la 66, le suivit gynéco de Mme Gressi, un passage chez les Calam, acheter de nouvelles seringues et compresses.
    - Wahou…
    - Et moi je suis appelé par Guillaume pour un avis médical.
    - Et ho coco ! Je sais que ça, c’est un message codé pour dire ‘Soirée entre pote, murge !’ Tu vas pas me laisser tout ça !
    - Rappelle-moi qui t’a ramassée la dernière fois qu’on t’a demandé un ‘avis médical’ ?
    -
    - Combien de temps j’ai du bosser seul pour cause de ‘gastro’ ou de ‘vomissements idiopathiques’ ?
    - Tais-toi et casse-toi. J’m’occupe de tout.
    - Je te remercie. Bonne soirée à toi Mlle Naloka. »

J’enfilais mon manteau et mon chapeau pour aller chez mon ami passer une ‘petite’ soirée ensemble.

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MessageSujet: Re: Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé} Ven 8 Juil - 15:51
Devant le miroir, j’enfonçais ma chemise dans mon pantalon. Ce n’était pas la première fois que je mettais un costard mais les dernières étaient empreintes de douleur et de tristesse. Elles dataient encore de l’époque de mon grand-père, des dimanches ennuyeux, des coups de sang : des mauvais souvenirs. Or ici, c’était complètement différent, même à l’opposé. Aujourd’hui est un jour de joie, de bonheur, de fraternité. Aujourd’hui, je deviens Mathieu Richert dit Ed’Falrah. J’aurais le droit à mon étoffe, à un rang reconnu, à être un frère et un fils. J’entrais dans La Famille. Quelque chose en moi se réchauffait à cette idée et fleurissait inlassablement un sourire à cette pensée. Une Famille. Plus de soixante ans que j’attendais ce moment. J’étais à la fois intimidé et excité bien que mon esprit cartésien me répétait que cela ne changerait rien à mon quotidien actuel. Que ce n’était que des formalités et que j’étais déjà intégré depuis un certain temps. Septique, mon intellect froid se demandait à quoi cela servait si ce n’était avoir de nouveaux problèmes, dévier du droit chemin, d’avoir l’esprit embrumé par des banalités et d’avoir des points de pression utile à mon ennemi. Stop ! Pas de ça aujourd’hui ! D’un revers de main virtuel, je chassai ces mauvaises ondes. Je veux profiter, je veux vivre, ressentir ce que mon corps peut m’apporter, me délecter de ce bonheur et endormir mes sens pratiques pour le plaisir d’une amitié solide. Je veux me soucier d’eux, je veux pleurer lors de leur mort, prendre tous les risques pour les sauver, ressentir la joie d’une guérison ou d’une réussite. Je veux ces défauts, ces points noirs, ces aspérités auxquelles m’accrocher. Je veux vivre.

Une fois la chemise bien positionnée, j’enfilais ma veste. Contrairement à l’Angleterre, les pièces sombres étaient chocolats et ma chemise beige : cela changeait de l’éternel noir et blanc et de plus, cela mettait mes cheveux cuivrés ainsi que mes yeux en valeur. Le tailleur de la famille me l’avait offert après que j’eusse sauvé sa fille d’une amputation certaine : l’écrasement par des chevaux, ça pardonne peu. Je repositionnais le col, mis en place les poches… puis foudroyai le nœud papillon qui m’attendait. Il y a peu de choses que je ne savais pas faire et en nouer un en faisait parti. Bien sûr qu’on m’a appris, une centaine de fois, mais je m’arrangeais toujours pour qu’il soit hideux : je déteste avoir quelque chose autour du cou, j’ai réellement l’impression de suffoquer. Je checkais mes dents, mon haleine, mes sourcils, mon parfum distillé à la perfection, mes boucles qui séchaient encore mais qui avaient bonnes formes…
    « C’est vrai que cette couleur te va bien. »

Ah, Anah. Je l’ai vue dans le reflet du miroir et son arrivée furtive ne m’avait point surpris. Doucement, je me retournais pour qu’elle puisse en voir toutes les coutures. Son regard tiqua et elle s’approcha : je savais qu’un détail m’avait échappé. Les femmes sont de terribles observatrices. Elle ajusta la poche du cœur.
    « - Du fait sur mesure… y’a des chances pour que tu sois le plus beau rapatrié qu’on ai jamais eu.
    - Je suis le plus beau rapatrié.
    - Ça va les chevilles ?
    - Pardon ?
    - Pas trop vantard, non ?
    - C’est un fait, vous n’avez pas d’autres Sexires. Donc, je serai le plus beau rapatrié.
    - T’es terrible quand tu veux. » Fit-elle moqueuse en plaquant ses deux mains sur mon torse pour en lisser le col.

Quelque chose en moi faisait que quand elle souriait, je la mimais. Je sentais une espèce de chaleur quand elle était présente, un bonheur intense quand elle était heureuse. Est-ce donc ça l’amitié ? Je sentais ses doigts à travers mon costume, d’eux émanait une douce chaleur qui me calmait. Je fermais les yeux quand sa main alla sur mon cœur.
    « - Stressé ? T’es en tachycardie.
    - À croire que c’est possible. Répliquai-je ironique. Elle ajusta une énième fois mon col, remonta une de mes boucles et hocha du chef.
    - T’es prêt. Quand nous nous reverrons, tu seras obligé de m’appeler par mon prénom.
    - Allons-y Miss Naloka. » Conclus-je, la malice dans les yeux.

En soi la cérémonie ne sera pas grandiose. Ce qui importait, c’était le festin derrière et la soirée qui s’en suivrait. Pour l’occasion, une énorme tonnelle fut installée et tout le village vint. Nous étions en Grèce à ce moment là et la chaleur était présente mais sèche. Le soleil berçait la terre de ses rayons bienfaisants, pas un nuage à l’horizon. Une magnifique journée… J’étais à l’extérieur, attendant que Guillaume vienne me chercher. Étrangement, alors que je devais être inquiet et le ressentir, j’étais calme et serein. Alors pourquoi avant étais-je dans cet état.. ?
    « Aller, c’est l’tour de la mariée. » Fit mon ami en relevant le tissu.

Un sourire sincère fendit mon visage et je passai le lourd pan pour me retrouver seul, un demi-millier d’yeux sur moi. Je pris un grand bol d’air et me mis en route vers le trône. Ma démarche était lente, mesurée, respectueuse. Cependant, en moi, un gamin hurlait de joie en voyant ma future étoffe. Serait-elle douce ? Sans doute jaune et verte comme Guillaume. Y’aurait-il déjà des pièces dessus ? Qu’allait-il dire ? Qu’allait-il faire ? Je jubilais en voyant tous ces gens qui avaient fait la route pour moi. J’en connaissais personnellement une bonne partie. Une fois devant le Nomade, je m’agenouillai, le regard vers le tapis. Je sentis le sol trembler quand il se redressa et se mit sur ses pieds. Un silence religieux planait et la voix rauque de mon futur père emplit soudainement la salle.
    « Mes filles, mes fils ! Nous voilà rassemblés pour accueillir un être de plus dans notre Famille. C’est un jour d’une rare intensité. Monsieur Richert, vous êtes venu en tant que Docteur me demander une place dans ma Famille en échange de vos soins. J’avais répliqué qu’il devait y avoir une année d’écoulée pour cela et nous y revoilà. Il y a eu des hauts, des bas, des joies et des pleurs et ce, des deux côtés. Je vous avais averti, dis nos closes, que cela allait être dur pour vous mais vous avez tenu bon. Vous voilà devant moi, me demandant à nouveau la même requête. Jamais je n’ai entendu de critiques à votre égard. Vous avez fait preuve d’une infinie bienveillance envers nous. Je serai un bien mauvais ami si je ne respectais pas mes propres engagements. »

Ses mots me réchauffaient le cœur et je me promis de tous les retenir, à la virgule près. J’étais impatient, je voulais entendre la suite, regarder autour de moi… la curiosité me démangeait. Cependant, je n’osai relever les yeux sans son autorisation, frôlant du doigt ce que j’espérais depuis bien trop longtemps. Une erreur pouvait encore rallonger ce délai et je ne pourrais m’en pardonner.
    « Par mon pouvoir de Père de la Famille Ed’Falrah, je vous montre ce kéfié que je vais remettre à notre nouveau frère… et fils. Le jaune signifie la chaleur, la joie, l’amitié et la connaissance. Dans nos rangs, nous pourrons ajouter un érudit de plus. Ajoutons à cela un damier noir, symbolique de l’élégance, de la simplicité, de la rigueur et du mystère. Mais que serait Mathieu sans le pourpre, signe d’amour, d’ardeur et de passion. Car nous le savons tous, ton métier est ton unique compagne. Mathieu, lève-toi. Je m’exécutai, dévorant des yeux mon écharpe. J’eus le plaisir d’y voir deux pièces accrochées. Mon fils, je t’offre cette étoffe, signe de ton appartenance à notre Famille. Il me fit le nœud sous l’aisselle droite et la pointe du kéfié tombait sur mon épaule gauche. Porte-la avec fierté et bravoure. Sur tes épaules repose à présent le sort de tes frères et sœurs mais sa légèreté te rappellera aussi qu’ils te soutiennent tous et que nous sommes autant là pour toi que toi pour nous. Père se redressa et acclama : Souhaitez tous la bienvenue à Mathieu dans nos rangs ! Fêtons mes enfants ! Buvons ! Mangeons ! Chantons ! Faisons honneur à cet homme qui nous a tant donné cette dernière année et espérons, pour bien des années encore ! Musique ! »

La foule s’avança vers moi, m’aspirant, me caressant, me congratulant. J’étais aux anges. Un sourire idiot ne cessait de me coller. J’étais simplement.. heureux. Certains me baptisaient d’un verre d’eau, signe de prospérité. D’autres me cajolaient la joue en me souhaitant du bonheur et de l’amour. Les derniers me tiraient par la manche pour que je puisse ouvrir le festin. Un calice d’or dans la main, je trinquais avec mes frères et sœurs, buvais, m’alcoolisais, mangeais jusqu’à étouffer ma gourmandise. Chacun venait me dire un petit mot d’encouragement, une belle parole ou juste pour me faire boire cul sec mon verre.
    « Félicitations Mathieu, mon frère… »

Anah m’enlaça, je sentis son corps contre le mien et quelque part, ce fut une des plus belles récompenses que je n’ai jamais eu.
    « - Anah… Merci pour tout. Sans toi je n’aurais sans doute pas réussi à tenir.
    - Balivernes ! ... Que c’est étrange d’entendre mon prénom de ta bouche.
    - Faudra t’y habituer Anah...»

Elle se défit de mes bras, le regard chaleureux et partit en direction du buffet. Je la suivais du regard sans même m’en rendre compte.
    « Tu vas faire une connerie. Fais gaffe. »

Cette pique me gela surplace et subitement, je fis face à l’homme qui m’avait adressé la parole. Guillaume se tenait là, devant moi, le regard froid.
    « - Fais pas l’con…
    - Je ne vois pas de quoi tu veux parler.
    - Consciemment pas encore… Évite-la.
    - Atte…
    - Mathieu. Évite-la. » Dit-il en articulant chaque syllabe.

Qu’avait-il lu ? Elle voulait me faire du mal ? Était-elle une espionne depuis le temps ? Pourquoi me prévenir que maintenant ? Anah ne serait pas capable de me faire du mal, enfin, je crois… Jouait-elle un double jeu ? Suspicieux, je lançai un regard perdu à mon meilleur ami qui m’avait déjà tourné le dos.

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MessageSujet: Re: Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé} Lun 11 Juil - 19:41
Peu après ma « promotion », un énorme problème m’était tombé dessus. Je m’en souviendrai sans doute toute ma vie tellement l’inquiétude m’avait consumé... Je ne me pensais pas capable d’avoir peur à ce point pour ce type de chose… Comme quoi, on en apprend tous les jours. Très souvent, j’y repense en me demandant ce que j’aurai pu faire de mieux… Mais l’action avait eu lieu et ça, je ne pourrais rien y changer.

Alors que je sirotais tranquillement un café après mon diner, les pieds sur la table, regardant de nouvelles partitions pour mon violon, une voix me tira de mon état de transe.
    « Au secours ! Au secours ! De l’aide ! Docteur !! Docteur !! » Hurlait un pauvre homme perdu.

À peine entendis-je la première supplique que je compris que quelque chose de grave se passait, avant la fin de la seconde, j’étais sur mes deux pieds et au premier appel de mon rang, j’étais déjà prêt, les indispensables en main. Quand la main de l’inconnu descendit la poignée de ma porte, j’avais déjà sur le dos mon écharpe, une blouse et mon manteau en main et me dirigeai vers lui. La panique dans ses yeux était sans appel, l’homme était livide, tremblant, prêt à faire un malaise vagal sur le pas de ma porte. Il avait couru avec une telle ardeur que son souffle manquait pour m’expliquer la chose. Mais l’urgence lui donnait tant d’énergie qu’il trouva entre deux respirations le temps de me le faire comprendre.
    « Ma femme… Bébé… Arrive… Cri… Sang… Je… je… »

Pour le calmer, je posai une main ferme sur ses épaules et lui dis.
    « Repose-toi ici. Dès que tu seras calme, va chercher Anah. »

Le futur papa écumait, au bord de l’asphyxie. Sans attendre un mouvement de sa part, je courus vers sa caravane, à l’autre bout du village. C’était un jeune couple qui attendait un heureux évènement… mais pour dans 4 mois ! Le fait que ce soit si précoce me donna la chair de poule, sachant pertinemment que la moyenne de survie est très voire trop basse pour y avoir une lueur d’espoir. Et même s’il s’en sortait, cela n’était pas dit que les séquelles ne seraient pas au rendez-vous. Pourtant tout allait bien il y a 3 jours ! Anah me l’avait confirmé ! Moi-même à bout de souffle, je puisais dans mes réserves en pensant à cette famille qui pouvait basculer dans l’horreur. Sans toquer, j’entrai dans la demeure que je connaissais. La femme était là, dans les coussins, en train de hurler, baignant dans le sang et le liquide amniotique.

Je la positionnai, cherchai de quoi éponger, la rassurai comme je pouvais, vérifiai l’état du col, lui posai les questions conventionnelles… Heureusement que le travail se faisait rapidement, la dilatation du col était parfaite et les contractions efficaces. Pour un premier, les choses étaient quasi idylliques si nous ne prenions le temps de gestation en ligne de compte. C’est alors que je compris le pourquoi du comment quand…
    « Mathieu ! J’suis là ! »

À bout de souffle, elle aussi, Anah se jeta sur la pauvre femme. Elle vit mon visage blême et m’interrogea du regard pour que la femme enceinte ne soit pas affectée par l’inquiétude qui transpirait de moi. Je serrai et desserrai la mâchoire, preuve que je réfléchissais à outrance…
    « C’est des jumeaux… » Soufflai-je.

Le visage de mon amie se ferma autant que le mien. Tous deux, nous hochâmes la tête, entendus sur le fait de tenter de réussir l’accouchement puis de sauver ce qui est secourable. L’enjeu était de taille et nous devions agir comme un seul corps. Un énorme professionnalisme et lien se tissa entre nous. L’un disait, l’autre exécutait et ce, dans les deux sens. Le père revint et tomba dans les pommes en voyant tant de sang. Nous le laissâmes dans son coin sans perdre de temps. La première tête arriva, le corps entier suivit, spontanément, je le pris et me retirai dans la salle de bain pour prendre le poids et estimer les dégâts. 630 grammes… une fille, la respiration était balbutiante, les lèvres bleues, trop froide pour une Esertarie, son pouls n’était pas assez fréquent : une mort apparente pour un bébé. Les poumons ne devaient pas être matures et le cœur ne pouvait suivre. Que puis-je faire ? Que puis-je faire ?! Que faire ! Maintenant ! Il me faut une solution ou cette petite va mourir ! Maintenant… ! Une solution ! Une solution !!! Je ne peux pas rester là imbécile et les bras ballants. Putain ! Il me la faut maintenant !! Et là, je décidai de faire quelque chose que je ne faisais jamais… J’insufflai à la petite une ou deux cellules de mon corps et priais pour que cela marche sans faire plus de dégâts… Mais doucement, le bleu disparaissait de ses lèvres, son pouls s’accélérait et sa respiration se stabilisa. Mes jambes faillirent lâcher sur le coup. Un soupir de soulagement passa mes lèvres quand la petite se mit à hurler à plein poumon. Quel plaisir de l’entendre. Cependant le combat n’était pas fini.

Je sortis de la pièce, l’enfant dans les bras, le bonheur à peine caché par le sérieux que je reprenais. Mais un énorme poids s’abattit sur moi en entendant le silence de mauvais augure qui régnait dans la pièce, le visage fermé d’Anah, le corps de la femme… Précipitamment, ne comprenant pas encore tout, je déposai le bébé plein de vie dans un landau avant de revenir, l’angoisse rongeant mes entrailles.

La mère pleurait, secouée de violents spasmes et Anah était plantée là, immobile comme la mort. Que ce passe-t-il ? Un frisson immonde me passa dans le dos et hérissa tous les poids de mon corps. Un mauvais pressentiment oppressa ma poitrine, tel un étau. Je ne voulais comprendre. Dans les mains ensanglantées de mon infirmière, il y avait un autre bébé. D’instinct, je pris l’enfant de ses bras, pris le pouls (que je ne détectais pas au niveau des carotides), cherchai le mouvement de son thorax, sentant entre mes doigts ce froid infiltrant et si significatif pour les Esertaris… Sans attendre, je me mis à faire un massage cardiaque, cherchant à redonner la vie à cet enfant qui avait sans doute un bel avenir pour lui. Avec la force de désespoir, je battais, battais encore et encore… Ce petit garçon était encore plus petit et léger que sa sœur. Et je massais encore et encore, m’acharnant comme un pauvre diable. Je soufflai dans cette bouche si petite, si douce, si froide… J’implantai mes cellules mais…
    « Mathieu arrête ! Arrête… ! Arrête… »

Anah m’avait pris les bras, m’empêchant de continuer la réanimation, pleurant. Je me débattais mais elle tint bon, fixant son regard noir dans le mien, me glaçant sur le coup. Mon corps entier se détendit, frappé par le désespoir et la noirceur. Je me sentais si impuissant… Si injustement impuissant… Si j’avais été là lors de la délivrance, il aurait peut-être vécu… S’il était sorti en même temps que sa sœur ou avant elle… La petite aurait tenu quelques minutes de plus que lui sans soin, j’aurais pu sauver les deux… J’aurais pu… J’aurais dû… Le monde s’effondra autour de moi. Je ne voyais plus que ce petit corps froid. Ce souffle qu’il n’aura plus jamais, cette chaleur qu’il ne ressentira plus, cet amour que sa mère lui donnait sans compter à jamais perdu… Cette famille à demi-réjouie, à demi-endeuillée… Ce petit garçon qui aurait pu devenir astronaute, pompier, médecin… Effondré, mes yeux se fermèrent et des larmes roulèrent sur mes joues. Oui, ce petit garçon est mort et je n’ai pas pu le sauver. Et j’aurais pu… C’était de ma faute.

Mais… un sourire fleurit timidement sur mon visage quand mon monde se reconstruisit. Oui… Les cris d’une petite fille qui réclamait l’amour de sa mère, voilà ce que j’entendais, voilà ce à quoi je me raccrochais. D’un revers de manche, je tarissais mes larmes pour prendre cette poupée et la tendre à sa mère terrassée par nos mines effroyables. Les deux femmes se virent, se reconnurent et s’aimèrent instantanément. Une nouvelle larme coula le long de ma joue, non pas de terrassement mais de bonheur. C’était beau… simplement beau.

Anah posa une main sur mon épaule alors que je couvrais d’un regard tendre la nouvelle famille qui se formait devant moi. Doucement, je posai mes yeux bleus dans les siens. Elle pouvait y lire la foultitude des sentiments qui m’emplissait. De la joie, de la tendresse, de la fatigue mais aussi un abysse de tristesse et de regret. L’Esertarie me caressa la joue, touchée elle aussi par ce qu’on venait de vivre, et elle y effaça les traces de tristesse. Timidement, elle me sourit, cherchant à me rassurer. Je lui répondis de la même manière. Puis nous nous séparâmes. Elle finissait la délivrance et moi, je cherchais à réveiller le père.

Cette expérience m’a souvent taraudé. J’avais échoué. Une vie que j’étais censé sauver m’avait filé entre les doigts. Ma confiance en moi en avait prit un sacré coup et les jours suivant, je me réfugiais dans l’alcool doux et les femmes faciles des environs. Mais j’étais inconsolable. Je me sentais mal, je n’arrivais pas à dormir, je n’arrivais à me le sortir de la tête. Étais-je tout de même un bon médecin ? Ne devais-je pas quitter cette famille sur laquelle j’avais jeté la malédiction d’un frère fantôme ? Allais-je pouvoir regarder les parents dans les yeux lors de notre prochaine rencontre ? Comment annoncer à Père que j’avais tué un de ses enfants..? J’étais réellement torturé. Cela dura une semaine… où tous les soirs j’allais chez Guillaume pour me changer les idées et pour avoir ses conseils avisés. Mais rien n’y fit.

Entendant mon état mental par le biais de l’autre médecin de la Famille, Anah vint un soir me rendre visite. À sa vue, mon cœur se serra à la fois de bonheur et de réminiscence.
    « - Mathieu… J’ai-je… Bonsoir.
    - Bonsoir Anah.
    - Je-j’ai ramené de quoi grignoter…. … Je peux entrer ?
    - Oh oui… oui… »

Je lui ouvris la porte pour la laisser passer. J’avais sur le dos un vieux jeans et une chemise délavée. Pas de chaussures ni de chaussettes. Peut-être même une barbe de quelques jours. Les cernes rongeaient mes yeux et ma coupe de cheveux était encore plus désordonnée que d’habitude. Mais quelque chose me frappa chez elle : pourquoi son regard était si fuyant ? Connaissant l’endroit, elle posa la nourriture sur la table et se posa dessus, à côté du panier. Intrigué, je la regardais, cherchant à comprendre ce comportement si lointain. Le silence s’étira. Je ne voulais pas le briser. Pendant ce temps là, je pus la contempler un peu plus. Ses longs cheveux noirs, soyeux que j’adorais regarder voler au vent mais encore plus quand elle dansait. Vous ai-je déjà parlé de sa grâce et de sa beauté lorsqu’elle mettait son corps en rythme ? Elle est enchanteresse. Elle est magnifique. Elle est…
    « Tu ne pouvais rien faire de plus. »

Un regard interrogateur la transperça de part en part. Oui, bien sûr que je voyais de quoi elle parlait mais comment pouvait-elle l’affirmer ?
    « Ce… cet enfant était mort né, le liquide amniotique était trouble. Tu n’aurais rien pu faire de plus… »

Cette affirmation me foudroya. Mort né ? Ça voulait dire qu’avec un meilleur timing je n’aurais rien pu faire tout de même? Que mon pouvoir n’aurait de toute façon pas marché, que je n’avais aucune implication de près ou de loin à la mort de cet enfant : mère nature l’avait rappelé à elle sans qu’il ait le plaisir de voir le visage de ses parents. C’est donc à cause de cela que l’accouchement ce fut bien plus tôt, dû au choc septique que cela aurait pu entraîner. Mon cœur se remit à battre, tellement plus léger, tellement plus libéré. Ce n’était pas ma faute. Un magnifique sourire naquit sur mon visage, tellement heureux de sortir de cette chaîne de désolation et de morbidité. Quel soulagement ! Quel plaisir ! Bon, pas tellement pour cette pauvre famille… Je me sentais tellement mieux. Mais quand je reportai mon attention sur elle, Anah gardait sa mine lugubre. Olah, y’a quelque chose qui cloche…
    « Mais.. ? »

Et elle éclata en sanglot. Ah. Doucement des scénarii se mettaient en place dans mon imaginaire dont le plus plausible me fit grincer des dents. Doucement, je m’approchais d’elle, suspicieux.
    « - Anah.. ? Qu’as-tu fait.. ?
    - Mathieu, je suis si désolée… Je-je ne savais pas. Je n-ne pensais pas que ça allait si mal se finir. J-je… Les larmes l’étranglaient mais je ne pouvais me permettre d’attendre plus.
    - Anah… ! Fis-je sévèrement.
    - Lors de ma visite y’a trois jours… Elle me parlait déjà de mouvements qui manquaient, d’une fièvre qui commençait. Mais j’avais mis ça sur la grippe ! Sur une vulgaire grippe… Je ne pensais pas à mal… Je-je ne savais pas… ! »

J’étais sidéré... Interdit… Bouche bée. Et son compte rendu avait été : va très bien, suite dans 2 mois. La colère me tenaillait mais vu dans quel état elle était, je ne pouvais en rajouter une couche. À vrai dire, elle me brisait le cœur. Ses pleurs me scarifiait, je n’avais qu’une envie : la prendre dans mes bras pour la rassurer et lui susurrer que ce n’était pas grave (ce qui est totalement faux). L’Esertarie venait de décrédibiliser totalement mes compétences et ces gens pourraient me demander dédommagement. Sans le savoir, elle venait de briser ma carrière par sa négligence. Mais là, à cet instant précis, je m’en contre fichais. Tendrement, je vins auprès d’elle, lui écrasai une larme sur sa joue rouge de honte et de tristesse et remis une de ses mèches rebelles derrière son oreille. Je ne pouvais la rassurer sans lui mentir alors, je ne lui dis rien. Doucement je lui pris la main, elle était fraiche… Et une drôle d’envie me tirailla soudainement. De peur je lâchai sa paume et me reculai de quelques pas. Anah leva ses yeux sur moi, complètement perdue.
    « - Mathi….
    - Sors de chez moi.
    - Qu-quoi ? Mathieu, non, s’il te plait… Je-je ne ferai plus ! Les larmes noyèrent à nouveau ses magnifiques yeux.
    - S’il te plait, sors. »

Elle sauta sur ses pieds et s’approcha de moi, inquiète. Je connaissais cette sensation mais je ne savais pas que cela pouvait avoir cette puissance.
    « - Mathieu, ça va.. ?
    - Je t’en prie, sors d’ici. J-je viendrais te chercher. »

La fille du désert était troublée mais elle exécuta mes ordres. Quand la porte claqua, je ravalai le péché qui m’incendiait le corps. J’étais là, branlant, blême, ne comprenant pas ce qu’y m’arrivait. Je m’avachis sur mes coussins, vide de toute énergie. Que m’arrivait-il.. ?

------------♫--------------

    « Je n’ai jamais ressenti ça… Je ne mange plus, je ne sors plus, je ne dors même plus. J’ai beau être avec des femmes, je n’ai que ce manque… Et pourtant j’ai essayé, j’ai même tenté des choses que je n’avais jamais voulu faire… C’est… C’est incompréhensible. Pourquoi ? Pourquoi ?! Une dépression à cause de cette histoire d’enfant ? Une grippe qui me fait dire de ralentir le rythme ? N’est-ce que psychosomatique ? »

Un sourire mesquin apparut sur le visage de Guillaume. Voilà encore une semaine que je me traînais. Dépité, je vins demander conseil à mon ami.
    « - T’as des connaissances pointues, tu sais reconnaître un plombier d’un manipulateur de tuyau par l’aspect de leurs ongles, tu vois tout, t’es un mec hors pair mais ça… ça tu sais pas… T’es déroutant…
    - Qu’est-ce que j’ai ? C’est grave ? Je dois commander des médicaments ?
    - Tu ne commanderas rien du tout, j’ai le regret de te dire que ça ne se soigne pas…
    - … Pardon ?! Genre… une SLA?
    - Oui, tout à fait. Ça reste à vie, ça change tes façons de te comporter, de vivre et même ton corps. C’est long, très long… et ça peut faire très mal. J’étais terrifié. Quand tu penses t’en être sorti, tu peux à tout moment faire une récidive et repartir pour de longues séances de douleur. »


    « - Le pire c’est que c’est une véritable pandémie actuellement. Impossible de vivre sans en souffrir. Et aucune immunité possible, qu’importe l’endroit où tu vis. Le point positif, peu de personne en meure mais les plus fragiles peuvent être à bout. C’est un véritable fléau.
    - M-mais c’est quoi ce truc.. ?
    - L’amour Mathieu… L’amour. »

~~~~~~~~~~~~


Pourquoi mon pseudo ne colle pas à mon avatar ? Pourquoi j'écrivais en disant 'Sherlock' et à présent c'est 'Esteban' ?
Simplement car je suis censé être mort pour l'Exilé mais que je ne le suis pas... Mais chuuuuut, c'est un secret entre toi et moi...!
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Un séjour cinq étoiles. [Solo]{Terminé}

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