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Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé}

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Maire Sexire
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Quartier d'habitation :: Humain.
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MessageSujet: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Mar 12 Juil - 22:26
    « L’amour Mathieu… L’amour. »

Sherlock sentit une pression sur son épaule qui, secoué par son instinct de survie, le fit sauter sur ses jambes et il se mit en garde. Il entendit des rires moqueurs alors qu’il essayait vainement de se repérer dans ce monde qu’il ne connaissant plus. L’enfant se leva trop vite alors qu’il sortait de mort apparente : hypotension orthostatique. Le Sexire voyait des lucioles et se sentait comme dans du coton. Le long de la paroi, il glissa. Doucement, ses yeux lui envoyaient des images de plus en plus nettes. Un orbe éclairait l'endroit de façon assez violente.
    « - Ton nom gamin.
    - Il ne t’intéresse pas.
    - Je parierai pas là-dessus. Ton nom où j’te cuis le p’tit doigt.
    - Sh-Sherlock Rechel.
    - Ahahahaha ! C’est toi l’type qu’on doit sortir d’ici ?! C’est une blague ! T’es qu’un minus ! LES GARS, IL EST LA. Bon, on a pas tellement le temps pour te remettre les yeux en face des trous. TERPA, vient récupérer l’paquet !
    - Quoi t’es sérieux ? C’est lui ? T’es sûr de ça ?
    - Attends j’vais voir… … … C’est bien lui. Sherlock Rechel, Sexire, 107 ans… Quoi le Fraudeur s’appelle Arnold ?! Hahahaha ! Un rire léger fendit la quasi obscurité.
    - Qu-qu’est ce qui se passe ? Qui êtes-vous… ? »

Un homme d’une musculature exemplaire vint et le prit comme s’il était plus léger qu’une plume. Ses sens revenaient et ses souvenirs avec… doucement.
    « Rusé, fais lui l’topo. On continue les gars ! En avant ! »

Soudainement des images passèrent dans son cerveau sans qu’il ne puisse rien y comprendre. C’était clairement du bourrage de crâne et une violente migraine acheva l’explication fulgurante et non verbale. Quand le mal cessa, tout était aussi clair que de l’eau de roche. Ces hommes ont pour ordre de le faire sortir d’ici sain et sauf sur la parole du Fraudeur. Terpa, le petit charpenté (non je ne parle pas d’un vin) avait pu créer des clefs de bois et les sortir d’ici après seulement deux jours. Étant un matériel froid, les caméras infrarouges ne pouvaient en comprendre le fonctionnement. Une fois sa cellule ouverte, il ne s’en échappa pas pour tromper les veilleurs de la salle de contrôle et tenta par ses racines de délivrer Volt, un Esertari qui grilla illico presto toute la technologie de l’Exilé une fois sa cage de faraday ouverte. Car si les murs ne peuvent être transpercés par un pouvoir, les câbles qui relient le circuit électrique sont de parfaits conducteurs. Donc les gardes avaient une très grosse panne sur les bras.

Sherlock comprit que c’était eux qui le réveillaient régulièrement par leurs entrées… Ils s’étaient délibérément laissés enfermer pour lui. Il reconnaissait là la patte du Fraudeur : toujours dans l’excès. La joyeuse bande avait ouvert quasiment toutes les cellules. C'était de Volt que la lumière naissait dans cet endroit : sa foudre éclairait tout. Le violoniste se débattit pour sortir de l’étau du Gemma quand celui-ci esquissa un mouvement. Finalement, il le posa sur le sol, toujours un œil sur lui.
    « - Délivrez-les tous.
    - On a pas l’temps.
    - Délivrez-les. Si on se noie dans la masse, l’action sera d’autant plus discrète et les retombées encore plus dangereuses. Ils vont devoir tous les rechercher et donc diviser leurs forces. Obéissez. On est pressé. »

Les gars réfléchissaient à ses propos et se concertèrent du regard. Pas con l’type mais cassant. Non sans murmures désapprouvés, ils se mirent en route pour le faire tandis que le Sexire reprenait sa véritable taille : un adulte de trente ans, sec mais musclé, la peau halée, les cheveux courts et blonds, les yeux bruns, des cicatrices un peu partout sur le corps. Pour seul vêtement, il enfila son jean déchiré à l’avant. Il n’allait pas reprendre sa forme originelle ! Il ne fallait pas attirer les regards. Les 5 devinrent les 8.
    « - Cette cage est vide !
    - Laisse, on a pas l’temps !
    - Ouvrez-là ! C’était la cellule de l’Asura de la résurrection. Vous m'appelez William maintenant. Plus questions d’entendre mon ancienne identité. Sa voix était grave, glauque, caverneuse et surtout, d’un ton indiscutable.
    - Opération : Sauver Willy ! Je répète, opération : Sauver Willy ! »

Lui ne comprenait pas la blague mais les autres pouffèrent de rire. Sans attendre, Will chercha une toute petite ombre qui traînait dans la cage, ce n’avait rien d’Humain… Il lui rappela la petite fille prématurée… Sans attendre, il vola un pan de tissu à un type qui râla et s’en fit un sac de toile serré en bandoulière avec dedans, l’Asura.
    « On avance. »

Après un crochetage dans les règles, les 8 hommes ouvrèrent la porte du couloir et tombèrent sur des escaliers en colimaçon. Bien entendus, ils montèrent : Volt et Terpa devant, William au milieu, Rusé et Lancelot à l’arrière. Les trois autres suivaient avec ardeur.

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Pourquoi mon pseudo ne colle pas à mon avatar ? Pourquoi j'écrivais en disant 'Sherlock' et à présent c'est 'Esteban' ?
Simplement car je suis censé être mort pour l'Exilé mais que je ne le suis pas... Mais chuuuuut, c'est un secret entre toi et moi...!
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Mer 13 Juil - 20:13
    Sauf que l’escalier ne montait que jusqu’au niveau supérieur, et non au-delà. Pour continuer, il fallait traverser l’étage afin d’atteindre le prochain escalier qui ne permettra d’accéder qu’au pallier suivant.

    Et au niveau -5, trois agents parcouraient déjà l’étage à la recherche de l’origine de la panne. Le même phénomène se produisait à chaque niveau, tous devant balayer la zone avant de progresser plus en profondeur.

    Mais ces agents n’étaient pas le seul obstacle des évadés, car s’ils avançaient en l’état, ils se feront pourfendre par des projectiles en tout genre…
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Maire Sexire
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Mar 19 Juil - 22:27
    « - Que-Quel jour sommes nous ?
    - 9 Mai mec. »

C’est donc ça… oui, ça qui lui coupait les jambes et le souffle, ça qui faisait gronder son ventre et perdre toute fraîcheur, ça qui le rendait aussi endurant qu’un obèse morbide : le temps. S’il avait toujours eu une bonne condition physique de par sa nature de Sexire, il n’avait cependant pas la force ou l’endurance de ce corps : il devait le travailler, se faire du mal, suer. Ainsi, si ces dernières péripéties s’étaient déroulées en début Printemps, voilà un mois et demi d’écoulé entre sa prestance et sa déchéance. Un mois et demi… Normalement, il serait déjà mort de soif si l’endroit n’était pas si humide et enfoncé… et il aurait perdu tellement plus de plumes s’il n’avait sa technique de mort apparente. Cette révélation eut la force d’un coup de tonnerre.

À mi escalier, la faiblesse de son corps eut raison de son esprit et il dut faire une pause sous les reproches de ses partenaires. Son souffle était rauque et sa vision floue. Cependant, il malmenait son corps autant que cela se peut pour ne pas trop enrayer les avancées. Plus ils perdent de temps, plus ils risquent de tous y passer…

Et cela ne calmait en rien son cœur mal en point.

    « T’veux pas être à nouveau un gamin endormi ? Tu nous seras plus utile comme ça ! »

Critique qui lui alla directement percer son âme. Mais il ne pouvait les blâmer.
    « - Enfant, je suis reconnaissable… c-c’est une mauvaise idée… Il soufflait. Il souffrait. De toute façon, nous n’irons pas plus loin…
    - Tu te fous de ma gueule PUTAIN ?! C’est pas parce que toi tu renonces que nous on doit crever la bouche ouverte alors tu te bouges le train et tu avances ! Fit Volt en lui chopant le bras violemment.
    - Idiot… Il n’y a pas plus vivant que moi… Jamais je ne me laisserai mourir… Je veux sortir d’ici avec plus d’intensité que vous tous réunis, sois en certain… Mais moi, j’ai passé près d’un mois dans cette obscurité…
    - Pas mon problème. Avance.
    - … et je sais comment marche cet établissement encore mieux que vous. Le Fraudeur ne sait certainement pas tout et ses ordres ont été assez évasifs pour que vous deviez vous remettre à mon jugement. Alors arrête de gueuler et écoute. Ce bâtiment est régi par l’âme d’…
    - Hahahahaha ! En plus tu crois au fant…
    - Écoute Esertari. Ta survie, j’m’en contre fous. Si tu veux survivre à cet enfer : apprends à faire moins de bruit for the God sake ! .... .... Comme je disais, ce phare est habité par l’âme d’un Asura : vous savez tous que les pouvoirs ne peuvent traverser les murs… il en va de même pour l’éclairage. Seul les gardiens peuvent espérer une torche qui s’allument au devant de leurs pas. Il en va peut-être de même pour les portes… Et au pire, ils ont toujours des trousseaux sur eux.
    - T’es en train de dire qu’il faut qu’on s’en chope un ?
    - Avec moins d’élégance, oui, c’est l’idée. Pour l’instant, par vos pouvoirs, ils ne peuvent se douter de notre évasion, nous avons donc un coup d’avance. Gardons-le aussi longtemps que possible.
    - Dans un escalier, faire le guet pour récupérer un cadavre c’est pas l’mieux…
    - Mais… Peut-être que l’Exilé a déjà mis tout le monde au courant ? Si cette… chose sait tout, alors peut-être qu’on est déjà découvert ? Ils sont en train de mettre des barrages ?!
    - Chuuut. On verra bien. Espérons que la chance nous tiendra chaud. Rusé et Volt, vous restez dans l’escalier à chercher un homme qui descend. Nous, on attend plus bas. »

Ainsi furent les choses.

Quand Éric revint les voir, c’était pour une bonne nouvelle et une mauvaise : ils en avaient deux. Avec son pouvoir mental, il avait pu en déconnecté un de la réalité sans qu’il puisse appeler du secours sur son talki le temps que Volt lui envoie une décharge de son cru. Mais le second pu riposter sans pour autant appeler les renforts. Le second subit le même traitement avec un peu plus de force : la colère et la douleur d'Éric empoigna avec plus de vigueur son âme. Les hommes étaient dans les vapes. Pas de clefs en poche, un mouchoir et… Bon DIEU ! Une barre céréalière ! Un goûter ! En accord avec les autres, le violoniste s’en délecta. Il jeta un coup d’œil à la blessure du Rusé : des griffes de l'ombre lui avaient laissé 5 sillons ensanglantés partant de la joue jusqu'à la dernière côte. Rien de profond mais sa discrétion en prenait un coup. L'Anglais lui referma ses plaies juste pour qu'elles acceptent les mouvements sans se rouvrir et lui donna un jeu de vêtement. Sherlock prit le second sans l’apparence du type. Par la suite, il les rétrécit en enfants : plus légers, plus transportables. Il en profita aussi pour les paralyser.
    « - Les vêtements font pas l’affaire ?
    - Une m’a rendu visite avec une tenue de civile et les éclairages fonctionnaient. C’est le corps qui l’intéresse. On embarque et on monte. »

Terpa le nain en prit un comme s’il était une plume, un lambda le second et ils avancèrent. Une fois devant la porte, l’enquêteur jeta un œil sous la porte et dans la serrure de celle-ci : aucune lumière. Si agent il y avait, il devait être loin. Puis une idée tordue traversa l’esprit embrumé de notre héros. Il prit le talkie-walkie et réfléchit à sa réplique :
    « Étage -5, j’aurais besoin d’aide. Je ne pense pas que ça soit ça la cause mais j’ai besoin d’un second avis. »

La lumière viendra à ses pas et quand il sera sur le pas de la porte, il fera le même coup qu’à un petit chat…

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Dim 24 Juil - 9:53
    Etage -5 ? Pourquoi ne l’appelait-il pas par son nom ? Après tout, ils discutaient ensemble à peine une dizaine de minutes auparavant, lorsqu’ils descendaient les étages les uns après les autres où un agent restait alors à chaque palier.

    Et malgré la modification de la voix par le talkie-walkie, l’agent du niveau -5 remarqua qu’elle n’appartenait à aucune des deux personnes ayant poursuivis vers l’étage inférieur.

    A moins qu’il se signale comme étant au niveau -5 et qu’il a trouvé quelque chose ? Sauf qu’il était le seul à cet étage et il n’avait rien trouvé de suspect pour le moment. Rien hormis ce coup de fil. Jean Emar modifia le canal de son appareil avant d’y parler.

    « Transmission suspecte. Je répète : transmission suspecte. Ca n’est pas la voix du bon agent, ni sa façon de parler. Que fait-on ? »
    « Vous vous faites probablement des idées, il ne peut rien arriver en ces murs. Mais par mesure de sécurité, nous allons vous envoyer du renfort. Attendez-les à votre niveau avant d’aller apporter votre soutien à l’agent demandeur. »
    « Très bien. »

    Jean Emar abandonna le canal d’urgence et retourna sur l’onde générale.

    « Je finis mon inspection et j’arrive. Veuillez patienter. »

    Le temps que les renforts arrivent…
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Lun 25 Juil - 15:53
Un temps infini se passa, les nerfs n’étaient plus à vifs, ils étaient complètement disloqués. Le plan n’avait pas été évoqué à voix haute et mis à part les quelques murmures pour rappeler le silence, aucun mot n’avait été échangé durant ce laps de temps. Leurs yeux se firent au noir, leurs oreilles s’aiguisèrent et quand le salut vint, ils se tendirent comme un seul corps. La lumière passait sous la porte et dans la serrure, puis des pas foulaient les pierres. À vu de nez, comme ça, 7 personnes. Sans bruit, William indiqua en soupirant le nombre retenu. Cela ajouta un bon coup de tension et d’adrénaline. Ceux du fond ne savaient rien mais les quatre de devant étaient sur le qui vive.

Les pas étaient proches… Très proches… Pas encore.. Pas encore… Attendez… Pas encore… Non… Et quand la poignée tourna, la porte vola en pleine tronche de celui qui avait juste voulu passer son pas. Assommé sur le coup. Puis vint la seconde ligne : Volt et Terpa. L’électrique cuit un des membres mais le bois rata l’agent d’entretien : le Gemma se fit touché sur le coup. Son sang sembla bouillir à même son corps et cela lui arracha un hurlement. L’Esertari mit au tapis le résistant d’un coup de poing éclair. Étrangement, deux autres hommes qu’ils n’avaient touchés étaient au sol, une sale bosse sur la tempe. Ah, ils n’étaient que 6 au final… Le seul qui restait debout leva bien haut les mains, son pistolet en main et s’empressa de dire avant de se faire violenter :
    « - J’suis avec vous. L’Fraudeur m’envoie. Qui est Poirot ? L’détective. Will leva la main. Très bien.
    - T’as quelque chose pour nous ?
    - Je devais être discret. Mais j’bosse là depuis assez de temps pour avoir la confiance de mes supérieurs.
    - As-tu les clefs de ces cellules.. ?
    - Pour qui me prenez-vous.. ? Bien sûr. Fit-il dans un sourire carnassier. Si vous n’aviez pas demandé des gens, je serai venu à vous. Attention, les étages sont piégés. Il faut que toutes les 5 personnes, il y ait un agent de l’Exilé sinon, Il vous attaquera. Ne vous éloignez pas de nous à vos risques et périls. Maintenant, prenez et ouvrez. »

En un premier temps, Sherlock prit soin de Terpa alors que les autres fouillaient les corps sans vie. Rien de très probant : des pansements, des cailloux, des chewing-gums usés dans des mouchoirs inutiles et utilisés, des téléphones, des porte-monnaies… Puis nos protagonistes aidèrent les prisonniers à sortir. Quand ils arrivaient devant les cellules, ils intimaient le silence pour ne pas faire plus de vagues et étrangement, aucun de leurs futurs comparses ne dérogèrent à la règle. Volt n’oubliait pas de temps en temps de vérifier qu’ils ne mettaient rien en marche. Normalement, il avait fait sauter la centrale mère et cela prenait plusieurs jours de changements. Mais il se devait d’être prudent.

Soudainement, un hurlement se fit entendre et glaça le couloir d’effroi. Puis un second et beaucoup d’autres donnèrent le glas d’un instant tragique. Un groupe qui était autour d’un agent dans les vapes s’étaient retrouvés découpés en petits morceaux par des haches à balancier venues du plafond. Les quelques prisonniers qu’ils n’avaient encore délivrés avaient subit l’empalement… Des javelots avaient traversés toutes les cellules, même les vides, même celles à l’opposé du groupe tranché. Le vacarme fut impressionnant et le silence qui s’en suivit fut encore plus destructeur. Rusé avait eu du sang sur lui du bagnard qu’il tentait de faire sortir. Cela provoqua une crise de panique auprès de ceux qui se trouvaient le plus proche des victimes. L’Asura pesta dans sa barbe.
    « C’est quoi s’bordel ?! Hey, l’connard, t’veux notre mort ?! T’expliques tout ça dans les prochaines secondes sinon j’te jure que de ton cerveau, j’en fais du pop-corn !»

Les armes balançaient toujours dans un tempo mortel, des lames suintant de liquide rouge. Tous les Capiens saignèrent ensemble mais aucun ne fut pris d’une violence envie de cannibalisme. La menace lancée eut l’effet d’un vent de rébellion envers l’Asura qui tentait de garder son sang froid.
    « - J-je ne sais pas… Vous aviez le corps près de vous.. ? Pourqu…
    - T’as intérêt à trouver une bonne excuse mec… Trois…
    - Je ne sais pas !
    - Deux...
    - Je suis là depuis peu ! Je ne sais pas tout ! J’vous serai plus utile vivant que mort !
    - Un…
    - Att-attendez ! Y’avait quoi dans ses poches ?
    - Téléphone, une photo de sa femme et de sa fille, un caillou et un mouchoir usé !
    - Un caillou ?
    - Ouais, j’crois qu’ils l’avaient jeté…
    - Mais oui ! La Pierre ! Laissez les corps et prenez cette pierre sur vous, c’est ça l’agent protecteur !
    - T’fous pas de moi…
    - Je vous jure ! On nous la donne au début de nos services en disant que c’est un fragment d’âme ! J’y ai jamais cru ! Mais apparemment, c’est vrai…
    - On est pas dupe mec… »

Très septique, Volt prit la Pierre d’un garde, la mit dans sa poche et chopa le corps. Il le déposa près des lames et loin du groupe restant puis s’en éloigna. Dès qu’il fut à une distance respectable, le plafond s’abattit sur le type, le réduisant à l’état de crêpe. Cela déclencha à nouveau les javelots des cellules, re-trouant les cadavres qui n'avaient rien demandé. Un frisson glaça l’assemblée et un sifflement impressionné passa les lèvres de Terpa. De huit bagnards ils passèrent à une douzaine, les plus reconnaissables prenaient les vêtements des gardes restant et ils se partagèrent les six Pierres. Puis l’officier parla au talkie qu’il avait dans sa poche.
    « Étage -6 vérifié. Plus de peur que de mal : il n’y a ni failles électriques, ni sorties. Rien non plus au niveau 5. Nous continuons de chercher. »

L’Asura avait bien attendu pour que cela fasse vrai. Pas qu’il l’annonce juste après leur rencontre, que le temps de ‘fouille’ soit respecté. Doucement, il commençait à entrevoir l’énormité de la chose et se forçait à garder son calme. Quand tous les hors la loi se massèrent devant la porte des escaliers, il prit la parole :
    « Une fois en haut, personne ne passe la porte sans que j’en donne le feu vert. »

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Ven 29 Juil - 23:33
    « Très bien, vous pouvez donc revenir nous faire votre rapport tandis que les autres continuent à chercher la source de la panne. »
    « Jean, tu t’es encore fait des idées. Tu paieras la prochaine tournée ce soir. »

    « Jean, tu réponds pas ? »
    « Laisse, il se sent sans doute trop gêné. »
    « Gêné ou pas, il paiera quand même. »
    « Y en a qui travaillent, utilisez un autre canal pour ça. »
    « Oh ça va Rob Lochon, lâche nous la grappe. Finis plutôt de vérifier ton niveau. J'espère que tu auras fini quand les renforts repasseront à ton étage. »
    « Fais silence que je m'entende penser, alors j'y parviendrais peut-être. »
    « Peut-être que le vieux Flavius a simplement eu le coup de foudre... Haha ! »
    « La ferme Jerry ! »
    « Pourquoi m'arrêter si tu ris ? »
    « Tu ris, tu ris... Continue et tu vas l'avoir ta tuerie. »
    « Vous manquez d'humour les gars... »
    « Et tu manqueras bientôt de dents. »
    « Haha, bien envoyé Rob. »

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Mar 9 Aoû - 22:05
Échange rapide sur les talkies, rien de très fou mais l’Asura grinça quand son supérieur hiérarchique les convoqua.. tous. Comment dire : un des types était la réincarnation d’une galette bretonne et que tous les autres étaient plus ou moins dans le même état. Hum.
    « J’arrive. J’ai leurs avis, ils restent avec les autres pour les aider dans les recherches. »

Est-ce que ça va passer ? Il avait vraiment peu d’espoir. Avec un sourire pincé, il lança un dernier regard aux bagnards qui attendaient ses ordres et partit gravir les escaliers. C’est alors, après avoir monté une demi-douzaine de marches qu’il en loupa une. Une fois la tête protégée par ses réflexes, une stupeur sinistre le paralysa. Il en avait entendu parler mais jamais il n’avait cru ces légendes. Livide, il se releva et dégringola les marches vers ses compagnons de fortunes qui attendaient patiemment. À son arrivée, des yeux plein d’espoir le couvraient de questions muettes.
    « - C’tait quoi c’truc ?!
    - Y’a des séismes dans l’coin !? Manque plus qu’le volcan pour avoir toutes les tortures ici !
    - Pourquoi les lumières se sont éteintes ?! On avait les cailloux pourtant !
    - Hey, respire, t’as vu un fantôme ou quoi ? On peut monter ?
    - Respiration très forte Là, là… »

Un vent de sérieux se propagea comme un poison entre les prisonniers. Cette panique ne présumait rien de bon… Sherlock alias William s’avança.
    « - Parle. Que se passe-t-il ? Quel est le plan ?
    - Plus de plan… On s’casse ! »

Quoi ? Comment ? Pourquoi ?! Qu’est-ce.. ? Et là, l’Asura prit ses jambes à son cou. Sans réfléchir, ils le suivirent, escaladèrent ce colimaçon, arrivèrent au quatrième et la vague d’émoi heurta de plein fouet l’agent qui se trouva là. Si deux des condamnés sont tombés, blessés, les autres lui marchèrent littéralement dessus. Il fut assommé sur le coup. Les prévenus encore en cages hurlèrent à l’injustice en voyant leur collèges courir dans le couloir. Mais ils n’avaient le temps… s’ils n’étaient pas déjà perdus. Ils entamèrent l’escalier du -3.

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Mar 9 Aoû - 23:54
    L’Oracle s’était éclipsé de la réunion, l’écourtant immédiatement suite au tremblement de terre, ou plutôt de bâtiment. Elle se rendit sans tarder à son bureau où elle demeura debout, longeant les murs de sa tour et pièce, caressant des doigts plusieurs pans de l’Exilé.

    « Voilà des lustres que tu t’emmures dans ton silence, alors pourquoi maintenant, Flavius ? »

    Les chandelles s'éteignirent et s'allumèrent avant qu'un grondement rocailleux ne s'élève dans la tête de l'Oracle.

    « Le mal… il s’échappe… »
    « Des évadés ? Qui ? Comment ? … Que comptes-faire ? »
    « Structure corrompue… Balayer le mal… »




    « A tous les agents, évacuez les différents niveaux… Si vous tenez à la vie. »

    Dans le premier niveau sous la mer, l’océan commença à s’engouffrer vivement à l’intérieur de la tour, et ce ne sont pas les quelques portes qui empêcheront l’immersion de toute la tour souterraine.

    Dans le même temps, au niveau le plus haut, de la lave semblait s’écouler des murs de tous les couloirs. Le magma brûlera tous les résidents des niveaux supérieurs et continuera son écoulement jusqu’aux fondations de la tour, ôtant probablement la présence de l’océan lors de son cheminement. Mais nous n’y étions pas encore.
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Maire Sexire
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Lun 22 Aoû - 18:00
La fuite en avant se révéla difficile. Enfin pas pour tout le monde. Si certains étaient encore frais, ce n’était pas le cas de notre héros. Mais à force de vous le rabâcher, je pense que vous en avez compris le principe. Plus il s’activait, plus le temps qui lui était imparti s’égrenait. Il sentait que ses jambes n’allaient pas tenir le rythme malgré la détermination dont il faisait preuve. Il avait beau se retrancher dans ses dernières réserves, ça fait bien deux-trois postes que je le dis, il faut bien qu’un moment je sois réaliste. Du milieu du groupe, il fut parachuté en queue de peloton, sifflant comme une locomotive à vapeur alors que les autres étaient lancés tels des TVG en retard. Suffoquant, Sherlock s’adossa hors d’haleine à une grille du -3. Le trentenaire était livide et cyanosé. Très loin était son ère d’or : son corps endurant, son appartement chaleureux, son violon chéri… Les retrouvera t-il ? Sera-t-il à nouveau paisible ? Saura t-il sortir de ce problème et être serein ou sera-t-il traqué jusqu’à la fin de ses jours ? Un énorme doute l’assaillit soudainement, sapant son moral et détruisant son monde de certitude… Finalement, est-ce que tout cela en valait la peine ?

Son cerveau, moins nourrit par son cœur épuisé, échafaudait des hypothèses qu’il n’était plus en mesure de trier avec son flegme habituel. Des visions d’horreur lui hérissaient le corps, des cicatrices invisibles le lançaient et les plaies béantes de son esprit se déchiraient en écho de ses doutes. Valait-il toute cette peine ? Cette sueur ? Cette… souffrance ? Un seul homme pour tant de vies. Ce n’était pas seulement ces prisonniers qu’il avait exécuté dans cet acte égoïste, mais aussi tous leurs collègues, leurs connaissances, leurs amis, leurs familles. Et tout cela pour un but précis : sa survie. À cause de son intellect froid, le compte fut vite fait et la vérité le poussa littéralement dans la culpabilité : en admettant qu’une vingtaine d’âmes fut rendue à un quelconque dieu, il n’y avait pas moins d’une centaine de personnes qu’il brisait par sa simple incompétence. Ayant un pied dans la criminalité et l’autre en médecine, donc son entièreté dans la mort, il ne pouvait que connaitre parfaitement les symptômes du deuil : un poison qui, une fois dans le corps, rongeait petit à petit son porteur jusqu’à la guérison ou la folie. Il n’y avait guère d’autres possibilités. Mais pis que cela, Sherlock en connaissait personnellement chaque coup, chaque blessure, chaque espoir, chaque désillusion : l’ayant vécu lui-même. Rectification : le vivant lui-même. Pourquoi ? Pour qui ?

Pour Elle bien sûr. La seule et l’unique. Celle qui dicte à son cœur d’être à la fois trop sentimental mais aussi l’être le plus froid que la Terre puisse porter. Celle qui illumine son monde autant qu’elle l’obscurcit. Celle qui, d’un regard, rend cet homme heureux et qui pourtant, porte en son sein la pire de ses déchéances. À la fois sa bénédiction et son fléau. Le but de sa vie et la raison de sa mort. Pour Elle, il tuerait… Pour Elle, il tuera… Pour Elle, il tue. Dans cet espoir fou, qui poussait le Sexire à commettre parfois les pires atrocités, il s’enchainait délibérément. Il s’acharnait à rester en vie alors que tout dans son présent et son passé le poussait à la mort… ou à la folie. Dans quelques accès de faiblesse, il avait déjà songé à s’offrir à Dame La Mort pour enfin trouver l’apaisement dont il avait besoin. Être au calme, bercé par les limbes, ne plus souffrir de son intellect, de ses actions, ne plus réfléchir au moindre de ses mouvements inconscients, cesser de mentir et être en paix avec lui-même. Mais cela était la solution de facilité : tout laisser en plan sans chercher à trouver des solutions, en faire don à des héritiers qui n’avaient rien demandé, se débiner, tout bonnement. Et vous savez comme moi qu’il lui est impossible, de par sa fierté et son devoir, d’abdiquer de manière si banale. Non. Si l’Anglais cherchait à vivre d’amour et d’eau fraiche, il n’aurait jamais cherché à être détective ou fugitif mais boulanger. Qu’est-ce qu’il aurait été bien derrière ses fourneaux, gavant sa gourmandise de gâteaux et d’une femme qu’il apprécierait pour sa beauté ou son âme. Simplement.

Or ce n’était pas le cas. Sa vie devait être compliquée et ce, depuis l’espoir de le voir naitre un jour. Avait-il pu, ne serait-ce qu’un jour, être lui, juste lui ? Est-ce qu’à force de mentir et de se mentir, ne s’était-il pas perdu dans le labyrinthe des désillusions ? Se connaissait-il vraiment ? Pouvait-il se présenter à quelqu’un sans mentir à l’un des interlocuteurs ? En fuyant toute forme de chaleur, était-ce réellement un moyen de se protéger… ou plutôt pour se punir ?

À trop se poser des questions, on se perd en conjoncture, en non réponse, en de nouvelles interrogations encore plus alambiquées… Pourquoi avait-il cette maudite manie ?!

Boulanger… Ça aurait tellement mieux…



Brutalement, une sensation désagréable l’arracha de sa spirale infernale. Le violoniste avait l’impression d’être étranglé et libre à la fois. Son corps entier se crispa quand son subconscient reflua entrainant une quinte de toux lancinante : quelque chose lui brulait la gorge et lui laissait un goût âpre en bouche : du sel. Que… quoi ? Pourquoi ? Comment ? D’où ?
    « - La marmotte est réveillée !
    - Un poids en moins ! Aller, au travail ! »

Son corps était ankylosé et faible : il n’avait même plus la force pour trembler de froid. Ses vêtements étaient trempés ainsi que ses cheveux et, pour marquer sa souffrance sourde, ses extrémités s’étaient parées de bleu. Lui qui hait le froid… Cependant le Sexire daigna d’ouvrir les yeux pour comprendre le tableau. Doucement, il remit les voix et les silhouettes : l’espoir que tout cela ne fut que pour de faux s’envola. Un cauchemar lui aurait tellement plus sied. Or, il y avait encore tellement de zones d’ombre mais il n’avait plus l’énergie pour lire entre les lignes…
    « Il est trop faible les gars. On pourra rien en tirer. » Fit une voix très proche de lui.

Bien que quelques grognements retentirent, peu s’en formalisèrent, trop occupés par leurs activités. Ils étaient tout aussi détrempés que lui mais cela ne pouvait être simplement de la sueur. Mais, qu’est ce qu’ils faisaient.. ? C’est quoi cette eau ? Ce bruit vrillant ses oreilles ? Cette brûlure dans ses yeux ? Et… qui le portait ainsi ? Rechel ne chercha pas une seule seconde à sortir de cette étreinte protectrice et chaude. Pourquoi faire ? Soudainement, un hurlement le fit sursauter.
    « AAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAhhhhhhhhhhhhhhh !!! TERPAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaa »

Malgré le vrombissement étrange, une espèce de silence tomba telle une chape de plomb. Une seconde après, les efforts et les précautions des prisonniers redoublèrent. Pris de pitié, la voix précédente se matérialisa devant le regard vide de l’enquêteur : le Capien. Ses yeux, lessivés par l’ire de la prison, portaient encore le stigmate d’une trainée pourpre avait été essuyée à la va-vite, d’un revers de main. Son air n’avait rien de rassurant et le rictus qui tordait ses lèvres nerveuses, était de mauvaise augure.
    « - T’es tombé dans les pommes au troisième. Si j’t’avais laissé là bas, j’aurais pu dire adieu à ma femme. J’t’ai récupéré alors que les autres étaient déjà au -2 voire dans l’escalier menant au -1. Mais ils sont bien vite revenus : l’Exilé se fait submerger par la mer. J’les ai vus rappliquer dans la seconde où j’t’avais dans les bras. Terpa créa une grille de bois pour qu’on ne dégringole pas plus bas, entre le troisième et l’escalier descendant. Dans la bataille, le garde du -2 fut bloqué avec nous alors qu’un autre se fit entrainer plus bas. L’Asura avait choppé Terpa, l’empalant du pied jusqu’au nombril. Si je ne l’avais pas brisé en deux pour le faire rejoindre l’autre dans les tréfonds, j’pense que Terpa aurait eu le cœur embroché. Est-ce que c’est la folie ou la détermination qui le fait tenir ? En tout cas, là, il a crée ce rafiot ainsi que des tresses de bois qu’on tracte comme des forcenés pour remonter dans les étages. Là, on a passé l’escalier du -3, on est dans le -2.
    - Lancelot ! Un d’plus ! » Ordonna une voix rocailleuse.

Tranquillement le Capien qui était assis devant lui sembla se dédoubler sans le moindre effort. Cela tira un regard intrigué de notre fugitif : voilà comment il pouvait le porter, parler en face de lui et tirer aux cordes : la multiplication.
    « C’est Eric qui est passé par dessus bord… » Fit-il en bravant la mer en furie du regard.

Personne n’avait la force de le rechercher parmi l’écume furieuse. Ce rapide était lancé avec la hargne d’un Léviathan tricentenaire. Tout se brisait à son contact : il brinqueballait les plus courageux comme des fétus de paille, tuait à petit feu les plus résistants qu’ils soient femmes, enfants, criminels ou innocents et érodait les plus optimistes. La force du désespoir poussait ces quelques âmes à défier cette créature endiablée qui se dressait devant eux. Si David n’avait pas réussi contre Goliath, jamais les mousses improvisés n’auraient l’énergie pour vaincre ce démon abyssale. D’ailleurs, ‘William’ comprit bien vite que ce n’était pas que l’écoulement violent de l’eau qui créait l’illusion d’un grondement monstrueux, mais qu’il y avait aussi l’horreur d’entendre des voix humaines lutter contre la mort. Les prisonniers encore enfermés dans leurs geôles hurlaient, juraient, suppliaient… Ils se faisaient happer par cette gueule noire et froide, cherchant en vain de l’air au lieu de liquide qui remplissait leurs corps… jusqu’à la dernière alvéole. Tout se mélangeait en un concerto sinistre : les pierres qui crissaient, l’eau qui râpait, les chœurs à la fois graves et aigus… Une symphonie qui résonnait comme un requiem. Ça expliquait les mines renfermées et les esprits retranchés. Il ne fallait pas réfléchir au risque de se tirer une balle dans le crâne. Sherlock voulut se frotter les yeux ou se pincer : la scène était tellement improbable qu’il avait du mal à se croire hors d‘un cauchemar. Mais il n’y a rien de plus lugubre que la réalité…

Mais l’instinct de survie était tellement plus fort que la peur ou la douleur. Il chassait les idées noires et déformait la réalité pour qu’un espoir, même infime, continue à embraser notre détermination. Terpa, malgré son état catastrophique, continuait de mener la barque avec poigne. Pour éviter qu’il ne tombe à l’eau, il s’était fusionné avec le radeau de fortune et avait remplacé ses bras par les tresses. Celles-ci s’accrochaient aux barreaux des prisons et il ne restait plus qu’à tirer. Ainsi, doucement, voire péniblement, le bateau avançait. Les hommes s’abimaient dans cette lueur infime, brisant leur corps à la tâche… au point de ne plus avoir assez de combustible pour garder cette étincelle en vie.
    « Aaaahhhhhhh…. ! »

Encore un qui avait chaviré. La fatigue et l’eau de mer l’avait rendu imprécis et, tapi dans l’ombre tel un prédateur, le serpent aquatique l’avait gobé lors de son unique maladresse. Mais son avidité n’était point comblée. Qui sera le prochain.. ? Le malheureux n’avait même pas eu la force de hurler tant il avait usé son corps. Un double prit le relai sans que l’homme ne soit regretté. Ils n’avaient pas le temps ni la force de pleurer leurs morts. Du moins, pas pour l’instant. Les plus rationnels se justifieraient en disant qu’ils n’étaient que de simples criminels… Mais leurs muscles leur manquaient. Et pour ça, ils leur en voulaient.

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Pourquoi mon pseudo ne colle pas à mon avatar ? Pourquoi j'écrivais en disant 'Sherlock' et à présent c'est 'Esteban' ?
Simplement car je suis censé être mort pour l'Exilé mais que je ne le suis pas... Mais chuuuuut, c'est un secret entre toi et moi...!
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Ven 26 Aoû - 21:55
Si en courant l’étage était vite franchi, c’en était une autre paire de manche contre ces trombes d’eau. Lentement mais sûrement, comme dit un adage bien sage. Mais la patience n’était pas la qualité à privilégier en ce moment même. Quoique… Car ils en manquaient cruellement. Cependant, l’escalier menant au -2 était à portée de main : cela encourageait les hommes à tirer avec plus force. Ils savaient bien que la montée allait être dure, que le -1 avait toute les chances d’être aussi immergé et pourtant… Se dire qu’on avançait, que les étapes se déroulaient et que finalement, le but n’était plus si loin..! Et ils y croyaient. Ils voulaient y croire ! Malgré les circonstances lugubres, les prisonniers voulaient s’en sortir. Pour vivre pardi ! Et secondairement, s’en enorgueillir. Ils ne voulaient pas penser à leur mort potentielle, même si inconsciemment, cela rendait leurs mouvements très précis. La peur est un terrible paralysant. À cause d’elle, personne n’ose et rend gauche… Mais l’espoir, quel beau sentiment ! Voilà ce qui pousse tant de gens dans leurs retranchements pour une pensée, un rêve, un amour : pour un rien. Une chaîne de vie capable de maintenir la position malgré les coups durs, pousser n’importe quelle âme à monter toujours plus haut, toujours plus loin et ce malgré les difficultés. Une formidable bouffée de détermination. Et une fois encastré, personne ne saurait la déraciner.

Tiketi …Tiketi… Tiketi…

Mais où serait le plaisir des ténèbres si personne ne coupait cette vulgaire corde ? Et puis, elle est si fragile, si facilement coupée…

Tiketi… Tiketi… Tiketi… Tiketi… Tiketi… Tiketi…

D’étranges cliquetis étaient étouffés par le mugissement de la bête et ils s’intensifiaient au fur et à mesure que le bateau s’approchait de l’escalier. Sherlock l’avait entendu mais… Il savait qu’il aurait besoin de son énergie par la suite et donc s’économisait au maximum. Car quand il devra à nouveau marcher, ça sera sans doute pour le sprint final. Toutefois, cela devint presque entêtant…

Tiketi… Tiketi… Tiketi…
CLANG


Sans qu’ils ne puissent rien y comprendre, le rafiot se fit soudainement envoyer par le fond. Le bois lutta en un premier temps, aidé d’Archimède mais la contrainte ainsi appliquée était trop forte. Un pan du plafond s’était ‘écroulé’ sur le radeau, le poussant jusqu’au plancher pour le réduire en miette. Les matelots qui étaient juste en dessous colorèrent quelques secondes le flot, aussitôt dévorés par le Léviathan. Et il s’en délecta. Les plus chanceux se firent juste désarçonnés, gobés par le courant incessant. Des hurlements percèrent le vacarme du torrent mortel alors que le radeau crissait et se déchirait. La panique fit perdre tout sens pratique aux mousses de fortune et un bon nombre pensait leurs dernières heures arrivées. À l’instar des autres, Sherlock se fit happer sans ménagement. L’eau l’entourait, le cocoonait comme une nymphe… Durant une folle seconde, il se dit que finalement, ça devait se finir ainsi. Il se sentait bien… Mais la fraîcheur de l’instant réveilla toutes ses terminaisons nerveuses jusqu’à délivrer un message nociceptif. Ses yeux n’appréciaient guère le sel et ses oreilles souffraient de la pression. Sans oublier ses multiples blessures qui doivent vraiment apprécier la présence du sodium. La douceur du moment se mua en une douleur transfixiante. Un film à l’eau de rose ferait qu’Anah se matérialise devant lui en lui intimant de la rechercher. Or ici, tout n’était qu’instinct. Alors il lutta en vain, ne sachant plus où était le haut du bas, la gauche de la droite… Ses mouvements avaient consumé bien trop rapidement ses quelques réserves d’oxygènes, lui donnant l’impression que ses poumons allaient exploser. Un sentiment d’urgence l’oppressait et rendait ses dernières tentatives plus agressives et désespérées. Rien ne venait et lui se sentait partir. Le Sexire voulut hurler mais seules quelques bulles sortirent de sa bouche. De ses mains délicates, il cherchait misérablement quelque chose à quoi s’accrocher, caressant la carapace du monstre. Le vaniteux se sentait si petit et faible contre cette épreuve… Dans une autre vie, il s’en serait gaussé ouvertement. C’est alors qu’il cessa tout mouvement, offrant son corps au flux… Si une dizaine d’homme avaient échoué, qu’était-il pour provoquer la bête seul.. ?

Cependant, Sherlock se fourvoie entièrement. Et oui, il en fait souvent des erreurs ! S’il n’en cherchait pas, cela ne voulait pas dire qu’il n’avait pas d’épaules sur qui se reposer. Car il n’était pas seul.

Un quelque chose l’agrippa et le tracta en dehors de l’eau dans une direction qui lui parut incongrue. La surface ! Bon dieu de l’air ! Goulûment, il inspira tout en crachant et toussant. Il sifflait, battait des bras pour rester au niveau de son salut. Grâce à un effort vigoureux, Lancelot tracta l’Anglais sur un morceau de bois. Il était lessivé, à bout et pourtant, il était bien… en vie. Une vague de sérénité apaisa son cœur stressé. Une douce sensation interféra sur ses sens, le revitalisant doucement en le déconnectant de son environnement. Mais cela ne dura pas : pourquoi ne dévalaient-ils pas les étages ? Pourquoi l’eau monte ?
    « Accrochez-vous !!!! »

Dans un dernier ressaut d’énergie, Terpa créa un opercule qui obstrua totalement le niveau. La déferlante ainsi maîtrisée enfla dans le petit volume. En bon physicien, le Capien comprit l’idée du Gemma et hurla pour couvrir le vrombissement :
    « Nagez vers l’escalier!! »

Permettez que j’use d’une métaphore pour vous expliquer le principe. Prenez une bouteille vide. Mettez un bâton dedans. Puis remplissez-la avec de l’eau. La petite brindille va certes de temps en temps replonger, mais surtout, va suivre la montée des eaux ! S’ils arrivaient à s’engouffrer dans l’escalier au moment du remplissage, ils montraient sans effort. Sinon… ils seraient bloqués par le plafond et se noieraient. Les quatre naufragés restant n’avaient pas tellement le temps de tergiverser : il fallait agir vite ! À la force de leurs bras, Lancelot, Volt et un anonyme usaient des barreaux comme d’une échelle horizontale. Ils s’engouffrèrent dans l’escalier non sans mal puis sentirent le soulagement provoqué par l’espoir. La lumière au bout du tunnel ! Mais l’ascension ne fut pas vraiment un plaisir : ils n’avaient jamais autant bu la tasse. Plus le -1 s’approchait, plus le courent les martyrisait : sa violence était telle que dès qu’ils revenaient à la surface, ils se faisaient à nouveau catapulter dans les tréfonds. Rien n’était ménagé : les respirations n’étaient qu’au strict nécessaire, les yeux toujours fermés, les gorges labourées et pire que tout, l’incessante impression de se noyer à chaque descente. Cela venait à bout de toutes les patiences. De la moindre détermination qui n’avait pas encore été érodée par les horreurs du -2. De la plupart des hommes…

Une fois au -1, ils eurent la mauvaise surprise de voir l’étage tout autant immergé que les précédents.
    « - J’en peux plus… Ça ne finira jamais !
    - Courage, on y est presque…
    - Presque ?! T’appelles ça presque ?!
    - Ta gueule et avance !
    - Non… Il se fit défigurer par les trois hommes. Non… je n’avancerai plus… J’en peux plus…
    - On a déjà un poids, pas deux ! Avance ou j’te balance à la flotte !
    - Et pourquoi pas lui ? Rétorqua t-il avec la force du désespoir.
    - Si tu t’y remets pas j’te transforme en pop-corn… Il n’y avait aucun doute possible quant à la véracité de cette promesse.
    - J’en peux plus…
    - 3…
    - On va de toute façon tous mourir alors à quoi bon.. ?
    - 2…
    - … Adieu mais on s’retrouvera vite. »

Et il lâcha. Sherlock et Lancelot firent un mouvement pour le retenir mais Volt les défia du regard.
    « Celui-là mérite de crever ! Il se focalisa sur le Sexire. Si t’es capable de bouger pour sauver des crétins, tu pousses princesse ! Puis menaça : et le premier qui se lamente, il aura une fin moins heureuse… Compris ?!»

Un frisson immonde remonta de leurs flans jusqu’aux vertex. Était-se à cause de la cruauté de l’homme devant eux ou de cet acte de désespoir… ? Dans ses yeux, il n’y avait plus aucune lueur, plus aucune vie. Tout n’était qu’opacité et vide. Comment juste de l’eau pouvait noyer la civilité d’une personne censée ?! La limer jusqu’à n’en laisser que le néant, que les pulsions de mort ? Est-ce que ce lâche avait au moins pensé aux gens qui l’attendaient dehors ? Avait-il fait ça par pur acte égoïste ? Non… On ne peut leur en vouloir. On ne peut pas réfléchir dans ces cas. La souffrance est trop importante et la réussite, trop illusoire. Le mal, voilà une arme encore plus fourbe que le deuil. À force de le côtoyer, on devient lisse de tout : imperméable aux émotions, aux joies, à la réflexion, au bonheur… Une spirale usante qui détruit à petit feu et rend l’homme fou. L’anonyme n’eut même pas envie d’hurler, il disparut simplement, comme s’il n’avait jamais existé. Et pourtant, dans le cœur d’au moins deux naufragés, ce regard restera à jamais figé.

Est-ce que ce qu’ils faisaient avait encore un sens.. ? Qui serait le prochain ? Et pourquoi pas Sherlock ? Aurait-il assez de puissance mentale pour aller par delà les obstacles ? Vivre avec ces remords et ses innombrables images d’exécutions ? Cet homme ne leur avait pas seulement fait perdre une paire de bras mais aussi l’insouciance qu’il leur restait ainsi qu’un bon fond d’espoir. Se mettraient-ils à douter réellement de leur sortie… ?
Petite note:
 

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Lun 29 Aoû - 11:20
Non.

Simplement non.

Ils avaient trop souffert pour s’arrêter là, il y avait eu trop de pertes pour baisser les bras et même si les corps étaient usés, l’esprit lui, hantait les pensées et les noyait d’indications. Sans mauvais jeux de mots, bien entendu. Si ce fou avait renoncé à la vie, eux, non. Lancelot pensait à sa femme qu’il aimait passionnément. Il s’était promis qu’après cette épreuve, il la demanderait en mariage à la lueur de la lune sur la plateforme Zéphyr. Et quand elle dira oui, il l’emmènera au Brésil pour voir les chutes d’Iguaçu : le rêve de Rebecca. Puis lui faire l’amour et lui donner son sang dans un bungalow de luxe. Et peut-être avoir un enfant ? Partir loin de toute cette merde, du Fraudeur et de ces histoires toxiques. Oui, voilà ce à quoi il se raccrochait. Sherlock, vous connaissez ses convictions et pour Volt… ce n’était que pour faire un bon gros doigt d’honneur à la mort. Le trio se remit en route, usant toujours et encore les barreaux. Mais l’eau montait rapidement et le courant était, comme je n’arrête pas de le dire, puissant. Mais le bout se voyait : par la porte brinquebalée par les flots, ils virent la cascade : c'est-à-dire que derrière ce flux, il y avait la terre ferme !

Cette vision les requinqua avec vigueur et même Sherlock mit la main à la pâte. Usant de leurs bras, tractant leurs corps allégés autant qu’alourdis : le mouvement était plus fluide mais le sens inverse de la procédure renforçait les contraintes. Les hommes y mettaient tout leur cœur, s’écorchant les doigts, buvant l’eau furieuse, écumant eux aussi, se tendaient et se détendaient comme un seul et unique muscle. Mais leurs râles ne passèrent pas inaperçu.

Alors qu’ils prenaient de la vitesse, rôdés à présent, l’Anglais glissa de la barque et se rattrapa in extrémis avec l’aide de ses compagnons. Une belle frayeur pour eux, un stress supplémentaire pour lui.
    « - Qu’est-ce que tu fous ?!
    - Je suis… bloqué !
    - Quoi ?! »

Le Sexire tirait de toutes ses forces, cherchant un moyen de libérer sa jambe… et il voyait le plafond se rapprocher dangereusement de leur rafiot… tout comme sa tête de l’eau.
    « - Get … off !
    - Délivre-moi ou j’te mords… ! »

Un prisonnier avait attrapé sa cuisse et au vu de sa gueule de rat, quand il disait ‘mordre’, il voulait dire ‘Transformer en Morany’. Un frisson de dégoût passa dans l’échine du Capien alors que le principal intéressé lui lançait un regard de son cru.
    « - J’ferai personnellement ton éloge funèbre.
    - J’veux vivre connard ! Ouvre-moi ! » Fit le rongeur en tirant sur la jambe.

L’impertinent but la tasse alors que les autres le remontaient sur le bout de bois. Mais ce vilain bagnard se prit un coup de pied en pleine gueule, lui déchaussant quelques dents au passage. Le choc l’avait fait lâché et sans attendre une seconde de plus, une fois délivrés, ils avancèrent pour laisser ce futur cadavre dans sa m… ses problèmes. La culpabilité de le laisser là ? Pas même une once. Avec tout ce qu’ils avaient vécu avant, cela n’était qu’une goutte d’e… sans mauvais jeu de mots. Au point où ils en étaient, un d’plus ou un d’moins…

Avec cet incident en plus, le temps pressait. Ils n’accédaient quasiment plus aux barreaux tant le niveau montait vite et à la stricte force de leurs bras, ils se feraient balayer. Ils devaient se faire minces car à présent leurs dos frottaient contre le plafond. Plus vite…! Le sentiment d’urgence s’immisçait petit à petit dans le cœur de chacun, augmentant les débits et rythmes physiologiques. Du stress naissait des idées et rendait les hommes plus efficaces. C’était à deux pas quoi ! Un dernier effort bordel ! Aller ! Et en boucle, ils se le disaient, comme pour s’en convaincre.

Dernière étape : le chambranle : chose très ardue avec ce courant. Mais cela était irréalisable… impossible. S’ils lâchaient, ils finiraient au second contre l’opercule de bois avec tous les autres cadavres. Cependant, en ne bougeant pas, ils allaient être simplement noyés… Escalader ? La force ne sert à rien sous l’eau… Que faire… Que faire ?! Des solutions… ! Il faut des solutions ! La panique se faisait sentir au moment où l’air n’était quasiment plus à portée… Peut-être en prenant un angle impromptu pour avoir une chance de se rattraper à cette aspérité ? Alors que l’intellectuel cherchait, Lancelot fit le saut de l’ange. Suivit de très près par Volt. Sont-ils tarés ?! Mais… Mais… Ils n’ont aucune chance ! Et Sherlock restait là, à faire l’apologie du bien sur le mal en quinze exemplaire. À présent, il était en apnée. L’ire de la cascade rendait les eaux troubles et il ne savait ce qu’était devenu ses compagnons. Morts ? Vivants ? Passés ou noyés ? Devait-il faire pareille… ? Mais les secondes s’égrenaient et ses poumons le tourmentaient : pouvaient-ils réellement exploser ?

Ta gueule et saute ! Folie ou raison ? Personne ne sait mais il le fit. Secoué par la queue du monstre, il ne comprit rien… Mais ce fut là. Cette chose qui, à nouveau, lui chopa le col et le tira de ses eaux avec conviction. Tellement d’ailleurs qu’il se heurta à l’escalier avec violence. Il n’avait jamais été aussi heureux de lécher ces satanées pierres. Du sol dur ! Bon dieu ! Le plancher des vaches ! La douleur de l’atterrissage se mua en plaisir : un espoir réalisé, un rêve matériel, un… bref vous avez compris l’idée. Tout en crachant l’eau de ses poumons, il put voir la chaîne de multiples qu’avait créés Lancelot pour combattre la furie et ainsi, faire survivre ses partenaires. N’avais-je pas plus haut parler de chaîne de vie..?
    « P’tain les gars… on l’a fait… »

Les trois gus étaient allongés sur le sol, trempés, lessivés mais vivants. Jamais le sol n’avait été si confortable. Je gage que si l’un fermait les yeux, il aurait encore la sensation de tanguer. Venant de nulle part, un fou rire les submergea (sans mauvais jeu de mots !) : sans doute le trop plein de stress qui s’exprimait en plus des cerveaux épuisés. Pendant une ou deux minutes, ils rirent, encore éberlués de leur aventure : même s’ils ne disaient que la stricte vérité, personne ne pouvait les croire. Des caméras infrarouges, des clefs en bois, des cailloux protecteurs, une prison raz-de-marée… Avouez que dit comme ça, on dirait le scénario d’un mauvais film d’espionnage. Que ce rire était réparateur ! Qu’est-ce qu’il faisait du bien à ces êtres éreintés. Toute l’angoisse disparaissait et cela fut autant plaisant que brisant : sans ce moteur, ces jeunes gens se sentaient vidés de toute énergie. C’est d’ailleurs ainsi que ce finit cet instant fort plaisant. Terrassés par la fatigue, ils n’avaient plus la force de se relever pour continuer. Un peu comme nous après un réveil trop tôt "Aller maman, encore quelques minutes..".
    « Hum.. ? »

Lancelot fit un geste. Les autres l’avaient entendu mais ils étaient trop flemmes pour tourner la tête pour regarder.
    « Putain ! Will ! Ta jambe ! Il t’a mordu ce fils de pute ! »

Ah… oui… peut-être… Tout était flou dans l’esprit cartésien de Sherlock. Volt, se redressa, cherchant du regard la blessure après avoir aperçu la larme de sang de l’autre gus. L’Esertari trouva rapidement la plaie : rien de grave ni de profond mais assez pour avoir une sale tronche (à l’image de son agresseur) et inquiéter sur l’efficacité du dit-membre. Mais il se laissa choir et répliqua d’une voix blanche :
    « Fraudeur le veut lui. Il nous a pas indiqués de quelle race il devait être… »

Mais l’amoureux n’était pas convaincu. Devait-il sucer la plaie pour prendre le virus ? Est-ce encore temps ? Est-ce qu’il ne ferait que se contaminer lui en plus de l’autre ? Est-ce que cela intéressait réellement le Fraudeur ? Rebecca.. ? Alors qu’il se disait qu’il n’avait rien à perdre, le Sexire fit un geste de la main faiblard.
    « No… worries… S’il était là… pas maitrisée… »

Hein ?
    « Si tu pouvais arrêter de parler en devinette tu nous ferais gagner du temps ! »

La fatigue qui se transforme en colère.. ? Un peu à bout le monsieur ? Mais en tout cas, il avait encore de l’énergie à revendre : il avait chopé le blessé par le col pour lui hurler dans les oreilles. L’Anglais se mit à murmurer et le sang chaud rapprocha son oreille… Puis le lâcha.
    « T’as raison. Encore. »

Silence… enfin, autant qu’avec une cascade féroce à côté d’eux. Le cloneur s’assit contre le mur.
    « - Vous trouvez pas qu’il fait plus chaud ici.. ?
    - Tu sèches. »

~~~~~~~~~~~~


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Maire Sexire
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Jeu 1 Sep - 15:51
Pendant un petit instant, sans faire attention aux conséquences, les garçons restèrent là, à se reposer et réfléchir. Si Sherlock n’était pas un homme de raison, il se serait promis de ne plus jamais approcher d’eau de sa vie. Plus de bains, à la limite des douches, que du vin ou des sodas… Et la mer ? Même pas en peinture. Cependant il n’était pas faible d’esprit. Même si ces horreurs resteront dans son subconscient, cela ne se muera pas en phobie ou en lubie. Il savait ce qu’était la peur, la vraie… Et cette épreuve ne ferait qu’augmenter son cota de contes intrigants à raconter pour impressionner son public. Une histoire de chasse comme on dit. Si seulement il s’en sortait…

Il y aurait pu avoir des gardes, des gens qui descendent des étages mais, étrangement, ils se sentaient seuls. Le silence les englobait, l’eau s’était tarie. Plus rien.. Juste le bruit de son cœur et de l’air qui passe dans cette tuyauterie organique. C’était autant apaisant que stressant… Et la suite ? Pourquoi n’y avait-il personne ? L’ennemi était fourbe et ils avaient appris à douter de lui … surtout quand il est caché. Il faut se méfier de l’eau qui dort (sans mauvais jeu de mot).
    « - Sacrée fournaise quand même… Ils en perdent du fric dans l’chauffage…
    - On sort comment d’ici ? »

Ah… Vaste question. Bien sûr, le Sexire avait un plan, il y avait réfléchit et déjà peaufiné quelques détails… Lancelot retira son haut, s’épongea le front avec puis l’essora. Ce n’était pas de l’eau qui en sortait mais de la sueur. Était-ce le contrecoup de l’effort contre la marée ? C’était bizarre quand même…
    « William, t’as un avis sur la question ? William.. ? … … … Hé ? Oh ! On t’cause ! »

Inquiets par l’absence de réponse, les deux se levèrent de concert pour s’informer de l’état de santé de leur ticket de sortie : sans lui, le Fraudeur ne sera pas, mais pas du tout content. Pour un, sa femme serait saignée comme une truie et pour Volt, c’était la pendaison direct. Alors ce petit capricieux bah, fallait en prendre soin ! Le Capien cherchait s’il respirait ou si son cœur battait encore tandis que l’Esertari, de toute la douceur qu’on lui connaissait, le gifla pour le faire réagir.
    « - Réveille-toi ! Putain ! Debout feignasse !
    - Oh ! L’tue pas ! Il est en vie ! Calme-toi ! L’amant chopa le bandit pour le retirer de l’inconscient. Il a plus souffert que nous ! Laisse-le se reposer bordel !
    - On a pas de temps à perdre !
    - C’est pas ce que tu disais quand tu planais quelques secondes plus t… Putain ! Ça fait mal sa mère ! C’est quoi s’truc ?! Ça brûle putain ! »

Les deux gus se séparèrent lors des cris de douleur. Un truc était tombé sur l’épaule du sanguinaire et il avait été cramé à cet endroit. Un nouveau juron s’éleva mais cette fois-ci de la part du représentant du sable : sur son crâne. Sans attendre, ils mirent leurs blessures dans la flaque d’à côté. C’était cuisant ! Instinctivement, les deux blessés cherchèrent d’où cela provenait et ils virent avec effroi ce liquide visqueux qui s’écoulait lentement du plafond, passant entre les dalles. Une goutte tomba juste devant leurs pieds, rouge vif, creusant presque la pierre sous elle : de la lave !

Bordel de merde ! Une panique inimaginable les emporta. Même s’ils n’en avaient jamais vue personnellement, ils savaient. C’était donc ça cette chaleur ! T’m’étonnes qu’il y a plus un chat ici : c’est carrément maudit ! D’un commun accord, l’un prit les jambes de l’enquêteur et l’autre son buste et ils coururent. Mais par où aller ? Droite ? Gauche ? Cette porte ? Ou celle là ? Vers une sortie potentielle.. ? Quel boyau menait à la sortie ?! Bordel ! Il faut sortir de cet enfer ! Et Rusé qui disait encore « Y’a des séismes dans l’coin !? Manque plus qu’le volcan pour avoir toutes les tortures ici ! » … Connard. T’aurais pas pu dire des papillons au lieu de ça hein ?! À chaque fois qu’une goutte les touchait, un juron salé faisait écho dans ces dédales morts. William était encore dans les vapes malgré le liquide mangeur de chair qui s’acharnait sur son corps déjà frêle. Ils tentaient tant bien que mal d’esquiver les trajectoires brûlantes mais cela se révéla très difficile. Par moment, de réels filons sortaient des murs en une cascade infernale. La température battait tous les records et les trois protagonistes (même dans son inconscience) préférèrent la fraîcheur du Léviathan écumant.
    « Stop ! Arrête-toi ! »

Net, les deux porteurs posèrent leur fardeau. Contre le mur, il y avait un plan de sortie de secours : alléluia !! Que les politiques soient bénis pour ça ! Une petite flèche disait ‘Vous êtes ici’ et rapidement, ils mémorisèrent le chemin le plus cours pour la sortie. Comme une chanson à laquelle ils se raccrochaient, ils bravaient la fournaise en se répétant en boucle les instructions pour y réchapper. Mais pensez-vous réellement que c’était si simple ?

Les prisonniers se retrouvèrent devant une énorme boule de feu incandescente, ardante malgré les longs mètres qui les séparaient. La lave s’écoulait le long du couloir à la vitesse d’un chat paresseux. Ce spectacle était à la fois d’une beauté incontestable et d’une horreur paralysante. Pendant la seconde de stupeur, ils sentirent l’air leur consumer les poumons et la gorge. Tout en toussant :
    « On s’casse !!!! »

Toujours avec cette force du désespoir, ils couraient comme des dératés : leur mort coulait paisiblement derrière eux, inexorable. Ils devaient s’en sortir avant de ressentir ce que l’homard subissait à chaque cuisson… Peut-être même en pire. En retrouvant le plan sur le mur, rongé par la chaleur, ils jurèrent : illisible. Putain ! Ils n’en sortiront jamais ! C’est foutu ! Bordel ! Une horloge virtuelle tiquait dans leur esprit, rappelant que la Dame Mort arrivait nonchalamment.

Et qu’est-ce qu’on lui dit à la mort ? ‘Pas aujourd’hui !’.
    « - Sans lui on serait plus rapide !
    - Crève ! Jamais je n’le lâche !
    - Sans lui on peut s’en sortir !
    - Avec le Fraudeur qui te tuera dans ton sommeil ?! Si on est déjà mort, alors autant tenter avec lui ! Maintenant ta gueule et avance ! »

Les rôles s’inversaient-ils ? Hargneux, le Capien voulait sortir d’ici, le devoir accompli… ou il ne pas en sortir. Il créa un double qui allait de l’avant pour ouvrir les portes, visiter les couloirs et dès qu’il était touché par une goutte, disparaissait. Un autre prenait le relais. Ainsi, ils étaient guidés par procuration, tentant de se frayer un chemin en l’Enfer. Soudainement, alors que la température chutait avec la distance parcourue, ils virent un petit panneau ‘Exit’ en vert et blanc. Serait-ce le Cerber qu’ils attendaient ?! Montrant à la fois l’entrée mais surtout la sortie des enfers dans ce cas précis ?! Bon dieu de merde !!! Ils caressaient cette idée tout en ne se faisant attention à ne pas se faire mordre par la précipitation. Ils suivirent les flèches avec assiduité.

Or non, ils s’étaient enfoncés… La porte du Tartare : la sortie de secours devant eux. Sans mauvais jeu de mots, ils étaient pris entre deux feux. Soit la lave se ferait un bon barbecue, soit ils mourront sous les coups et blessures des agents qui pouvaient être postés là. Peut-être qu’avec les uniformes volés, ils ne les reconnaîtront pas ? Que les Asuras se soient carapatés comme des lapins devant tant de pièges ? Ou bien sont-ils là, en joue, en attendant que quelqu’un sorte encore ? Il n’y avait pas d’autres solutions. Devaient-ils jouer la carte du déguisement et se faire passer pour des agents de l’Exilé ou bien créer un nombre faramineux de doubles pour se noyer dans la masse ? Non… Il n’en avait plus l’énergie. Impossible d’en faire plus de 6. Les lecteurs d’esprits vont les abattre à vue… Tous les tuer par un éclair ? Non… Volt était aussi hors service. Il haletait, le visage à moitié cuit par une goutte caustique. Ils se scrutaient, conscients qu’ils avaient plus de risque de mort que de survie. Que faire ?

Un regard. Un acquiescement. La porte s’ouvrit.

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Mar 6 Sep - 9:58
-----♫-----

Bob et Soso faisaient le pied de grue depuis le début du conseil des Héritiers. Normalement, ils ne travaillaient pas aujourd’hui mais avec cette réunion le niveau de sécurité devait être renforcé et cela, pour leur plus grand déplaisir. Les deux se connaissaient bien, travaillant dans les mêmes bureaux : les archives et la paperasse. Alors porter des armes à présent, ils n'étaient pas très assurés. Bob était plus jeune mais posé et calme… bedonnant aussi. Sofiaskalich, alias Soso, était vieille Asura mais qui ne tenait pas en place. Bavarde, blonde, dynamique, elle avait trouvé son parfait auditeur qui lui, en avait rien à foutre… Mais ça lui faisait plaisir donc il hochait la tête de temps en temps. En soi, un joli couple de boulot. En train de grignoter un bagel fourré au chocolat-noisette, l’homme continua :
    « - Huhum…
    - Et c’est là qu’il lui dit ‘‘Nan mais tu sais, c’est pas toi, c’est moi… Tu ne me mérites pas’’ comme dans les films ! T’imagines ? Le culot de ce type ?! Ni une, ni deux, l’autre tenta de le récupérer et apparemment, il était encore fougueux l’étalon… Si tu vois ce que je veux dire… Elle fit un clin d’œil.
    - Huhum…
    - Toute la nuit elle tenta, ils firent le compte des étoiles, parfois y voyageant grâce au plaisir… C’est beau dit comme ça hein ? ... ... Et, t’sais quoi ? Apparemment, y’a une étude qui a été faite et… Les Sexires seraient les mecs les mieux fournis à cet endroit là ! Mieux que les personnes noires de peau ! Doit y avoir une sélection naturelle là-dessous… Contina t-elle pensive.
    - Huhum…
    - T’imagines un black Sexire ?! Ça lui ressort par le nez chez la nana ! Roooh mais fais pas cette tronche ! C’était une blague ! … … Direct les spermato dans la trompe avec cette taille… Hihihi ! T’as déjà fait ‘‘ça’’ avec une Sexire ?
    - Huhum…
    - Bob ! Je te pose une question !
    - Hein ?
    - Nan… toi de ta vie t’as jamais touché une gonz’, ça se voit…. » Conclut-elle dépitée.

Le silence s’étira quelques secondes… Puis la jeune femme repartit dans un monologue aussi long qu’inintéressant. Bob lui, se demandait ce qu’il se passait dans ces murs, voyant bien que les couloirs ne luisaient pas de la même façon en haut du phare qu'en bas. Et ces fenêtres qui se brisaient les unes après les autres, comme sur le passage d’un vengeur invisible. Une lueur rougeoyante passait quelque peu après… Lui qui n’était qu’un simple fonctionnaire, il ne connaissait rien des soubassements de l'Exilé. Apparemment, il y avait une prison... Alors pourquoi eux pour cette sortie ? Car le plus gros de la troupe abattait à vue à la sortie principale. Ici, ce n’était qu’une issu de secours alambiquée. Personne n’était sorti par là… alors qu’il avait déjà pu compter 26 coups de feu pour l’autre groupe. Silencieusement, il espérait que l’arme qui lui brûlait la cuisse ne serve pas… Puis, il ne savait même pas comment l’utiliser et viser. Ils étaient des roues de secours déjà abîmées. Un regard glissa sur sa partenaire : elle non plus ne se servait pas de ces choses…

L’ordre était clair : si quelqu’un sort, tuez-le. Net, efficace, pas de place au doute.
    « La lave va bientôt atteindre l’eau… Je répète : la lave va bientôt atteindre l’eau… La mission sera finie à ce moment là. Tenez les positions. »

Même Soso se tut en entendant ça. Secrètement, ils espéraient que cela était des noms de code et non la réalité. Un frisson passa leurs échines. Mais, comment de la lave pourrait être ici ? L’eau à la limite mais ça ? Non. Sans doute un code pour dire qu’une troupe avait tout fouillé… Sans doute… sûrement… Mais sans coup de feu ? Et pourquoi les fenêtres alors… ? Et cette lueur rouge ?

Grriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii


Malheureusement pour le duo, ce fut bien leur porte qui grinça sinistrement. Instantanément, ils furent sur pied, l’arme en main, tenant en joue les personnes qui sortaient péniblement de l’édifice.
    « Ne bougez plus ! Levez les mains bien haut en l’air sinon on tire ! »

Soso avait toujours rêvé dire cette phrase ! Les deux gus posèrent doucement leur partenaire au sol puis s’exécutèrent. Ce dernier était désarticulé comme une poupée brisée. Il était vraiment amoché, sanglant, brûlé… Sa joue n’était qu’un énorme trou béant sur ses dents rougies par le sang. Sans parler de son buste où des coulées avaient laissés des sillons incandescents. Ils avaient tous l’uniforme des gens d’en dessous… et ni l’un, ni l’autre n’avaient envie de presser la détente… Trop de responsabilité… et c’est peut-être des innocents… Sûrement vu leur accoutrement…
    « Nous travaillons sur la faille électrique… On vient des prisons. On est des agents aussi, baissez vos armes… » Fit calmement le plus pâle des deux. L’autre tenta un pas en avant.

Mais sous les canons braqués sur lui, il n’alla pas plus loin. Quelqu’un sort, tuez-le… Quelqu’un sort, tuez-le… Cet ordre tournait en rond dans le cerveau du bureaucrate. Mais ils n’avaient rien d’anormaux… C’est des collègues quoi. Il avait beau cherché dans sa mémoire pour retrouver ces visages parmi ses confrères, il était tout à fait possible qu’ils travaillaient pour la même boîte sans s’en être rendu compte.
    « On était au -3 lors du verrouillage de l’Exilé… On s’est battu pour vivre… » Le second refit un pas.

Soso visa très ostensiblement le buste de l’homme qui s’approchait dangereusement. Dans son regard, on pouvait y lire ‘un pas de plus et t’es mort’. Il se figea. Dans un soupire de désespoir, le type continua, montrant qu'il allait bientôt se briser... Trop de stress, trop d'épreuves, trop d'enjeu...
    « Et on a un blessé… Si on fait rien, il va mourir. On a pas le temps de discuter ! Regardez-le ! C’est urgent ! »

En effet, ils étaient dans un état pitoyable. Rêveuse, elle semblait réfléchir. Le temps cessa de battre la mesure, ils étaient suspendus à ses lèvres... Sur un coup de tête, ils pouvaient rendre l'âme après ce calvaire. Lentement, elle chercha un talkie et l’amena à sa bouche. Ils ne respiraient plus...
    « - Demande de reconnaissance faciale par des collèges de la prison… Trois personnes avec uniforme sont sorties. Nous ne sommes capables de les identifier…
    - Abattez-les.
    - Mais ils ont les uniformes !
    - Abattez-les.
    - Je vous en prie ! C’est une erreur ! J’ai une femme et des enfants qui m’attendent chez moi ! Je vous en prie, ne nous tuez pas ! Pensez à eux ! Fit désespérément celui du fond.
    - Je demande des agents des prisons pour une reconnaissance…
    -
    - Laisse Evi, on y va. Ne faites rien avant que nous arrivons. »

Lancelot et Volt laissaient leurs mains en l’air, inquiets. Qu’allaient-ils devenir ? De combien serait les renforts… ? Et Sherlock qui mourrait à petit feu… Le temps pressait… Leur mensonge ne tiendra pas… Plus les secondes s’égrenaient, plus la boule dans leur ventre enflait… Et si Volt agissait maintenant…? Non. Ils se feraient courser comme des lapins et avec le boulet, ils seront de simple gibier sans aucune chance. Et pourtant, qu’est ce que ça le démangeait de juste fuir en délaissant les deux autres.

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Mer 7 Sep - 21:44
L’attente fut interminable… Dès qu’ils entendaient un bruit, ils sentaient leur dernière heure arriver. Ce laps de temps permit à leurs esprits malades et braqués de faire une infinité de scénarii pour s’en sortir sans perdre trop de plumes. Bien sûr, dans nos têtes, tous les plans sont parfaits et rien ne peut les contrecarrer. Or non, nous sommes dans la vraie vie et ça ne se passe jamais ainsi. Comme dirait un rappeur que je respecte énormément : « Mauvaise idée ». Sans pouvoir se concerter, aucun des deux gus ne prit l’initiative. Ils se sentaient au bout de leur corps et de leur mental, sentant qu’ils pouvaient basculer dans la folie à la moindre pichenette. La corde s’usait doucement… et ces armes au poing n’aidaient pas…

Combien de minutes se sont écoulées.. ? L’adrénaline consumée, la fatigue les cueillit. Lancelot sentait que ses respirations lui coutaient et avait hésité à s’agenouiller pour se reposer un peu. Mais le stress lié au pistolet lui intimait de ne pas bouger d’un millimètre. Volt lui, n’attendait qu’un signe pour les tuer… mais ils n’étaient pas autant à cran qu’eux et démontraient un calme olympien…

Ou bien c’est un très mauvais observateur. Soso et Bob sentaient leurs mains s’ankyloser et leurs genoux trembler. Combien de seconde tiendrait encore ce tableau nébuleux ?

Des hommes se pointèrent, la bouche en cœur, détendus et surtout, leurs calibres rangés. Les deux étaient de grande taille mais l’un était blond, yeux clairs et l’air enjoué tandis que l’autre était son antonyme : brun fatigué. On voyait du soulagement dans le regard des bureaucrates alors que les prisonniers montaient encore un cran dans l’échelle de la tension.
    « On s’en charge. Rejoignez l’escouade principale. » Fit le blondinet en sortant de sa poche le pistolet qu’il maitrisait bien mieux que ses collègues.

Sans demander plus de renseignements, jouant un peu à l’autruche, Soso et Bob se carapatèrent en se disant qu’ils avaient fait selon leurs valeurs et que si ces types mourraient, ils auraient fait tout ce dont ils étaient capables. Et ils ne voulaient surtout pas savoir si des coups seraient tirés…

Pendant ce temps là, les deux nouveaux protagonistes détaillèrent légèrement la troupe de joyeux brûlés et là, Volt fit volte-face (avec mauvais jeu de mot) : il se jeta contre celui qui était non armé, l’électricité le galvanisant. Lancelot fut hésitant le temps de la surprise puis tenta de récupérer Sherlock pour courir. Mais non. Aussi promptement et proprement que cela puisse se faire, le fougueux se fit mettre au tapis et sa tentative déraisonnable se solda par un bel échec. L’Asura l’avait récupéré par les cheveux après un coup dans l’estomac et posa la bouche de son canon contre la tempe du taré.
    « Toi, t’es Volt… Esertari criminel, l’électricité... »

PAN


Et il s’écroula… Le sang appelant le sang, une goutte brûlante suinta de Lancelot, en état de choc. Son corps entier tremblait… Il allait mourir là, après tout ça… Simplement mourir. Ils allaient l’abattre comme un animal, ils savaient, ils étaient foutus… Le désespoir embruma ses yeux et une larme dilua le sang coulant sur sa joue. Que faire ? Prendre ses dernières forces pour vaincre deux jeunes hommes en pleines possessions de leur moyen ? Avec des armes ? Des pouvoirs ? Le sien, n’en parlons même pas… Son regard glissa sur le cadavre de son partenaire : on dirait qu’il dort, qu’il était serein, au calme. Le Capien eut un petit pincement de jalousie avant de se rappeler que lui, il était encore en vie. Qu’allaient-ils faire de lui.. ? D’eux ? Et sa femme dans tout ça ?
    « - Tu m’en as mis dessus… Tu aurais pu faire plus gaffe… Tss… Bon, on fait quoi des autres ? Tandis qu’il essuyait le sang de ses mains.
    - Rien, c’est lui qu’on recherche. Fit l’autre en pointant de l’arme les restants.
    - T’es sûr ? »

Heu, hein quoi ?! Lancelot les regarda, perdu. Rechercher ? Mais pourquoi ? Comment ? Par qui ? Est-ce l’espoir qui lui joue des tours ? Avait-il bien entendu ?
    « Le Capien, on s’en fout. Pas de casier. Mais celui qui est couché, il est trop maigre pour être un simple agent. Puis, d’ici je vois son tatouage. Il n’y avait qu’un Sexire. » L’autre siffla. Observateur le bougre.

Et alors ?! Ça voulait dire quoi ? Qu’est ce que tu vas faire de nous bordel ?! Accouche !!! Et arrêt de nous pointer pour l’amour de dieu ! Putain ! Lancelot était dans un tel état émotionnel qu’il aurait pu hurler si un quelconque instinct de survie ne lui interdisait pas. La sueur se mélangeait à présent à sa larme. Que faire ?! Le blond leva son bras et tira deux fois. À chaque détonation, le pauvre amant se repliait encore plus dans son angoisse et sa peur… Il se tassait, espérant qu’on ne le vise pas sur un coup de tête. Quand le silence s’étira, il se toucha comme pour s’assurer qu’il était encore entier… en vie.
    « Toi, porte-le. C’est par là. »

Quoi ? Abasourdit, il n’en fit rien.
    « Oh ! T’as entendu ? Par là. » Fit le joyeux en montrant un chemin dans les broussailles de son arme.

Était-il en train de rêver ? Dieu avait écouté ses prières ? Avait-il bien entendu ? Mais devant l’impatience de ses sauveurs, il réalisa que c’était le moment. L’amant chargea Sherlock sur ses hanches et ses épaules : chose rassurante, il respirait encore. Et sans demander son rester, il fuyait à toute jambe vers le point de ralliement.

Thomas regarda le corps qui traînait là. Un seul sur trois, ça fait louche… Il lança un regard complice à Milo et les deux balancèrent cette preuve dans les flammes de l’enfer. Le travail réalisé, Miss Pendleton owned them.

Ma preuve:
 

~~~~~~~~~~~~


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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé} Jeu 8 Sep - 19:19
    Bilan des pertes : l’ensemble des prisonniers et 16 agents Asura. Un événement tragique, mais la suppression des captifs réglait le problème de l’effectif.



    « Qu’y a-t-il ? »
    L’Oracle effleurait encore la pierre de l’ancienne tour. Alors que le calme était revenu, elle s’était mise subitement à trembler encore une fois. Mais elle n’activa aucun piège.
    « Structure corrompue… Mal échappé… »
    Qu’entendait le murmure sépulcral par là ? Il y aurait eu des évadés ? Peut-être. Mais pour le corrompu ?
    Un agent vint au rapport dans le bureau. Avant qu’il ne puisse prononcer un son, un javelot sorti du mur le planta contre l’autre façade. L’Oracle était étonnée : d’une part elle pensait cette pièce sûre, et d’autre part, sa pierre aurait dû le protéger du mécanisme. Etait-ce cela qu’il voulait dire par structure corrompue ? Ses propres agents ?



    Bilan des pertes : l’ensemble des prisonniers et 17 agents Asura. Un événement tragique qui révélait des troubles plus obscurs encore.
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Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ! [Conteur]{Terminé}

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